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Valeurs et matérialité. Approches anthropologiques
Keck Frédéric ; Taylor Anne-Christine
ULM
24,00 €
Épuisé
EAN :9782728806546
Si la vie sociale est orientée par une diversité de valeurs, parfois conflictuelles, celles-ci deviennent visibles dans les choses que fabriquent, échangent et collectent les individus. Comment la diversité des valeurs s'insère-t-elle dans l'hétérogénéité de la matière pour lui donner une consistance sociale ? En quoi la matérialité d'un objet donne-t-elle prise à plusieurs formes de valorisation ? Ces questions ouvrent un champ d'étude au croisement de l'anthropologie des arts et de la culture matérielle. A partir d'enquêtes de terrain menées sur tous les continents, ce livre collectif élabore une réflexion commune dans le cadre du musée du quai Branly, en l'ouvrant à d'autres espaces dans lesquels les choses sont conservées et exposées avec des valeurs différentes. Les matérialités analysées dans ces études peuvent servir à la fabrication d'objets d'apparat (maisons, parures, statues) ou résulter de dégradations organiques (restes d'humains ou d'oiseaux) ou apparaître dans des infrastructures technologiques (séance de cinéma). En les inscrivant dans des biographies culturelles au cours desquelles les valeurs se transforment, l'étude de ces matérialités permet de suivre la genèse de valeurs que leur exposition dans un musée peut faire voir comme contradictoires. En revenant sur leur provenance, elle en dessine des futurs possibles.
La pandémie de grippe est un des événements qui suscitent une mobilisation au niveau global. Le caractère cyclique des pandémies ? la « grippe espagnole » en 1918, la « grippe asiatique » en 1957, la « grippe de Hong Kong » en 1968 ? a conduit les experts à penser qu?une nouvelle pandémie était imminente, et qu?elle tuerait des millions de personnes. La question, selon les autorités de santé globale, n?était pas de savoir quand et où la pandémie commencerait, mais si nous étions prêts pour ses conséquences catastrophiques. Il faut donc se préparer aux pandémies pour limiter non seulement le nombre de victimes humaines mais aussi ses effets politiques et moraux. Une pandémie commence quand un pathogène infecte une population humaine non immunisée. On considère que les microbes mutent à travers les espèces animales, où ils se développent habituellement de façon asymptomatique dans leurs « réservoirs animaux », avant de passer aux humains, où ils produisent infection et contagion. Les virus de grippe, en particulier, mutent et se réassortissent chez les oiseaux, notamment aquatiques, et les porcs, décrits comme des « véhicules intermédiaires » parce qu?ils ont des récepteurs dans leurs voies respiratoires qui peuvent s?attacher aux virus aviaires et humains. Quand les microbiologistes suivent les pathogènes dans leurs réservoirs animaux pour anticiper leur émergence chez les humains, ils introduisent ainsi les animaux dans la société. Ce livre montre, avec les méthodes de l?anthropologie sociale, comment les techniques de préparation pour une pandémie de grippe ont transformé nos relations aux oiseaux. Des milliards de volailles ont été tuées à travers le monde pour éviter que des pathogènes potentiellement pandémiques ne passent la frontière d?espèces. Les oiseaux migrateurs ont été surveillés pour comprendre la diffusion des virus de grippe en-dehors de leur lieu d?émergence. L?anthropologie sociale, en tant qu?elle produit du savoir sur les similarités et les différences entre les humains et les autres animaux, peut prendre les pathogènes franchissant les barrières d?espèces comme point de départ pour une enquête sur les transformations des relations entre humains et non-humains. La connexion entre les relations hommes/animaux et les mesures de santé publique s?opère dans les deux sens?: de nouvelles relations entre hommes et animaux (comme l?intensification de l?élevage industriel) a produit de nouveaux risques d?émergence, mais les techniques utilisées pour limiter ces risques (comme l?abattage massif de volailles ou l?usage de poulets sentinelles) a aussi changé la façon dont les hommes interagissent avec les animaux. Ce livre est basé sur une recherche ethnographique conduite à Hong Kong, Taiwan et Singapour entre 2007 et 2013. Ces trois territoires ayant été affectés par la crise du SRAS en 2003, ils ont investis dans les techniques de préparation à une pandémie de grippe. Mais ces trois territoires étaient aussi mobilisés contre un virus de grippe aviaire venant de Chine, où le nombre de volailles domestiques avait dramatiquement augmenté au cours des quarante dernières années. Hong Kong, Taiwan et Singapour sont trois points de passage pour la diaspora chinoise, qui pouvait ainsi s?identifier avec les oiseaux migrateurs accusés de propager la grippe à travers le globe. L?un des arguments soutenus dans ce livre est que ces trois territoires situés aux frontières de la Chine et connectés au reste du monde ont trouvé avec la grippe aviaire un langage pour parler des problèmes qu?ils ont avec le continent chinois, considéré comme une puissance émergente dont les conditions de vie manquaient de transparence. Ce livre associe un argument théorique en anthropologie sociale avec une ethnographie des relations entre hommes et animaux dans des techniques de santé publiques afin de saisir ce qu?est « la préparation au niveau aviaire » dans des territoires asiatiques singuliers.Table des matières : Introduction Première partie : Maladies animales Chapitre 1 : Abattre, vacciner et surveiller les animaux contagieux Chapitre 2 : Controverses sur la biosécurité dans la surveillance des zoonoses Chapitre 3 : De la santé globale aux écologies de la conservation Deuxième partie : Techniques de préparation Chapitre 4 : Sentinelles et signaux d?alerte précoce Chapitre 5 : Simulation et scénarios inverses Chapitre 6. Stockage ordinaire et prioritaire Conclusion Bibliographie
L?oeuvre de Lévi-Strauss (1908-2009) est un des monuments intellectuels du XXe siècle. Accessible par un grand nombre d?entrées, à la fois littéraire, esthétique, politique, morale, elle est la source de découvertes et d?étonnements toujours nouveaux, et d?un plaisir intellectuel assez rare. Cette oeuvre est surtout un des lieux majeurs de la pensée scientifique du XXe siècle. Témoin du siècle, non seulement de son histoire et de sa violence, mais aussi de ses espoirs et de ses avancées scientifiques, l?auteur de Tristes tropiques a redonné son prestige à une science qui a pu se présenter comme la synthèse de toutes les sciences humaines: l?anthropologie. Science de l?homme faite par l?homme, l?anthropologie porte l?espoir d?une science qui postule que « rien d?humain ne lui est étranger », et que tous les phénomènes humains dans leur apparente diversité pourront être ramenés à un petit nombre de principes intelligibles? ce que Lévi-Strauss a nommé des « structures ». Cette introduction à la pensée de Lévi-Strauss tient le pari d?une actualité de cette pensée, et ne la considère pas seulement comme une oeuvre du passé, appartenant à l?histoire figée des scienceshumaines. Elle présente d?autre part la pensée de Lévi-Strauss en cherchant l?unité de cette penséepar-delà la diversité des objets sur lesquels elle s?est éprouvée, et au travers des controversesphilosophiques et scientifiques qu'elle a suscitées.
Résumé : En quoi le " primitif " n'est-il pas un succédané de l'enfant, du rêveur ou du criminel auxquels veulent le cantonner les défenseurs de la " civilisation "? Comment comprendre que les Bororo puissent dire qu'ils sont des oiseaux Arara ? C'est la question que pose Lévy-Bruhl dans la Mentalité primitive en 1922. Cet historien de la philosophie, spécialiste des transferts culturels entre la France et l'Allemagne, intervient ainsi, au croisement de la philosophie, de l'anthropologie, de la psychologie et de la sociologie, dans le contexte des sciences humaines alors naissantes et déjà rivales. Aujourd'hui, ses travaux continuent d'alimenter les débats entre le structuralisme, la philosophie analytique et la phénoménologie. Qu'est-ce qui fonde, dans l'esprit humain, le principe de contradiction ? À quoi tiennent les sentiments et des croyances qui font percevoir un être naturel comme un être social ? Qu'est-ce qui rend possible la participation immédiate et affective au monde ? Voici enfin redécouvert un pan considérable de l'histoire de la pensée, qui lie le XIXe au XXe siècle, et qui permet de relire autrement Durkheim, Bergson, Lévi-Strauss.
En quoi les zoonoses, ces maladie infectieuses animales transmissibles à l'être humain, comme la rage, la tuberculose, la grippe aviaire ou la Covid-19, modifient-elles nos conceptions de la politique, du pouvoir, de l'émancipation ? Sans la récente pandémie de Sars-Cov-2, cette question n'aurait peut-être pas acquis l'acuité et l'urgence qui la caractérisent aujourd'hui. D'après de nombreux rapports scientifiques, le nombre et l'ampleur de ces zoonoses sont appelés à augmenter, leur place étant directement liée aux dérèglements climatiques et à la baisse rapide de la biodiversité. Il est fréquent, dans la mouvance écologiste, d'interpréter la prolifération des virus comme la revanche de la nature contre le mauvais traitement que les humains lui feraient subir. Une veine complotiste croit y voir une lutte entre puissances autour des armes biologiques. En s'intéressant aux pratiques contemporaines de préparation aux pandémies, ce livre emprunte une tout autre voie. Car, depuis vingt ans, la " chasse aux virus ", inventée il y a un siècle, a cédé la place à une autre approche, où l'animal occupe un rôle éminent d'émetteur potentiel de signaux d'alerte, dont les traces sont conservées dans des congélateurs et des bases de données. A travers la figure de la sentinelle animale, une autre relation entre humains et non-humains se dessine où la solidarité existe déjà tout en restant un idéal à réaliser. Un nouveau solidarisme, voire un nouveau socialisme, pourrait en découler.
Les seize textes réunis dans ce volume visent à aborder l'histoire des pouvoirs dans l'espace français au cours des deux derniers siècles du Moyen Age de façon à la fois variée et précise : historiographie, iconographie, lexicographie, approche quantitative des phénomènes, étude voire édition de textes didactiques et de documents d'ordre diplomatique ou administratif... Les différentes méthodes appliquées par les historiens récents du fait politique reçoivent ici application et illustration. Les exposés synthétiques voisinent à dessein avec les enquêtes menées autour d'une controverse ou d'une péripétie particulière. Figurent aussi bien les conceptions et les représentations des pouvoirs que les mécanismes qu'ils utilisent et les pratiques auxquelles ils ont recours. Sans doute le pouvoir des rois de France, sa nature, son exercice, occupent-ils la première place mais les réactions individuelles ou collectives de leurs sujets, leurs attentes et leurs craintes ont largement retenu l'attention, tandis que se trouve souligné le rôle déterminant des princes, qu'ils appartiennent ou non à la maison de France. Indissolublement liées, quelques questions majeures se posent à propos du royaume de France à la fin du Moyen Age : quels pouvoirs ses souverains étaient-ils en mesure d'exercer ? Quel type de gouvernement s'efforçaient-ils de promouvoir ? Quels contre-pouvoirs, quel autre modèle les princes pouvaient-ils ou souhaitaient-ils leur opposer ? A ces interrogations, des éléments de réponse sont fournis, à partir d'approches originales.
Qu'elle s'appuie sur l'ornement, la peinture corporelle, le masque ou le pictogramme, la mémoire des peuples "sans écriture" a toujours paru labile, désordonnée, vouée à l'échec. Les "supports mnémoniques" dont parlent les historiens de l'écriture à propos de ces traditions sont régulièrement décrits connue des tentatives avortées de reproduire la forme extérieure d'un objet, ou des moyens graphiques simples d'exprimer des concepts élémentaires. Ce livre nous présente les résultats d'une vaste enquête anthropologique menée en Amérique indienne et en Océanie. Il analyse nombre de ces dispositifs visuels, tout en étudiant les contextes d'énonciation rituelle qu'ils impliquent et démontre une tout autre hypothèse: il existe une voie de la représentation chimérique par laquelle s'inventent des arts de la mémoire non occidentaux. Rien d'imitatif dans ces "supports mnémoniques" dont la forme mobilise le regard et invite à les décrypter. Ils sont les témoins visuels d'une série d'opérations mentales condensées en images efficaces, intenses et fragmentaires à la fois. Un nouveau champ de recherche s'ouvre grâce à l'étude de ces traditions iconographiques et orales qui concerne l'histoire des arts autant que l'ensemble des sciences sociales - une anthropologie de la mémoire.
A la fin de la République romaine, deux figures contrastées ont dominé la scène philosophique le Romain Cicéron et Philodème de Gadara, un Oriental hellénisé. Le rôle de Cicéron est bien connu, au moins comme historien de la philosophie ; celui de Philodème, le maître épicurien de la baie de Naples, commence seulement à l'être, depuis que sont réédités scientifiquement les textes transmis par les papyrus d'Herculanum. Il restait à étudier de près les liens unissant ces deux contemporains dont les ?uvres présentent des problématiques qui méritent d'être comparées, sur la politique, l'éthique, la théologie et surtout sur l'esthétique (rhétorique, poétique et musique) tel est l'objet de ce volume qui rassemble une bonne vingtaine de contributions de spécialistes français et étrangers. Leurs travaux font apparaître la fécondité philosophique des polémiques conduites par Cicéron et par Philodème et dessinent des perspectives nouvelles et prometteuses pour l'étude de la polémique philosophique en milieu romain.