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L'étrange usine. Analyse et transcription des manuscrits retrouvés de Nouvelles impressions d'Afriqu
Bazantay Pierre
PU RENNES
30,00 €
Épuisé
EAN :9782753576384
Après sa disparition à Palerme en 1933, Raymond Roussel n'a laissé que peu d'indications sur la manière dont il a composé son oeuvre. Ou plutôt, en léguant Comment j'ai écrit certains de mes livres, il a fortement orienté ses lecteurs vers la recherche du "procédé très spécial" au risque de susciter une approche strictement herméneutique. Les brouillons retrouvés en 1989 ont ouvert la possibilité d'autres approches, dont l'étude des fragments de Nouvelles Impressions d'Afrique ; c'est le propos de cet ouvrage. L'Etrange Usine, l'expression est de Roussel, met en lumière l'étonnant travail d'écriture, loin du procédé, qui a présidé à l'élaboration de ce qui devait être le point culminant de son oeuvre. On touche de près à la frénésie qui s'est emparée de Roussel pour enfin créer une oeuvre en vers qui serait couronnée de succès. Il n'en eut point. La lecture et la transcription de ces brouillons permettent de toucher au plus près l'engagement poétique de celui qui rêva jusqu'au bout, sans y parvenir, d'obtenir la gloire.
Bazantay Pierre ; Reggiani Christelle ; Salceda He
Hier, en 1991, la découverte de plusieurs milliers de pages manuscrites préparait l'éclatement de l'obus Roussel et, à Cerisy, un colloque interrogeait la place de l'auteur dans l'histoire littéraire, sous le titre : Raymond Roussel, perversion classique ou invention moderne ? Aujourd'hui, au début du XXIe siècle, Roussel reste un auteur pour happy few, mais son oeuvre a su trouver, tout au long du siècle dernier, des lecteurs fervents, pour qui elle a représenté une sollicitation esthétique et théorique majeure. L'influence de Roussel parcourt l'art et la pensée du XXe et du XXIe siècles. Là où on pouvait l'attendre, accompagnant les réinventions littéraires successivement expérimentées par les Surréalistes, les Nouveaux Romanciers et les Oulipiens mais là, aussi, où elle était moins attendue, venant étayer la réflexion de grands penseurs comme Gilles Deleuze et Michel Foucault. Aujourd'hui, un deuxième colloque de Cerisy a apporté, vingt-et-un ans après, une réponse inattendue à l'interrogation formulée par le premier, en proposant d'inscrire l'auteur dans la postmodernité, en montrant comment la puissance inventive de ses oeuvres leur permettent d'inspirer des expériences artistiques hybrides et risquées ; en montrant aussi à quel point les textes de Roussel sont toujours des lieux donnant à penser des questions aussi fondamentales que la linéarité du signifiant, les contradictions entre la logique matérialiste du procédé et la vanité de l'ego, les limites du théâtre, la place des contraintes dans l'histoire littéraire, les différentes formes de transposition des textes dans d'autres domaines esthétiques, la remédiatisation des textes par les médias numériques.
Avec ce volume Ecritures du XXe siècle, c'est d'abord un hommage amical qui est rendu à deux professeurs, Francine Dugast-Portes et Jacques Dugast, lesquels ont assurément marqué l'université Rennes 2 et, plus largement, l'université française dans le dernier tiers du XXe siècle. Entre littérature française et littérature comparée, leurs domaines de recherche furent complémentaires et reprirent en cela la plupart des questions qui ont agité la modernité littéraire de l'Europe au xxe siècle, siècle de toutes les innovations, de toutes les expérimentations, de toutes les audaces textuelles. Si la création littéraire a été innovante, la pensée critique n'a pas été de reste. Et même, on peut l'affirmer sans crainte, la pensée critique française, qu'elle se soit intéressée aux oeuvres françaises ou à celles d'auteurs étrangers, a été l'une des plus créatrices au monde. Francine Dugast-Portes et Jacques Dugast ont eux-mêmes été des acteurs enthousiastes de ce qui apparaîtra sans doute comme un âge d'or du discours critique. C'est dire que les auteurs des essais rassemblés dans cet ouvrage ont tous travaillé dans un voisinage intellectuel, une proximité d'esprit pour offrir un panorama, certes incomplet, mais qui trace les contours d'un continent littéraire où l'on circule de Kafka à Toussaint en passant par Musil, Guilloux, ou Duras et quelques autres. C'est une vaste étendue de signes, un nouveau monde qui émerge peu à peu de la brume du temps pour apparaître dans toute sa diversité et sa richesse.
Depuis la parution de cet ouvrage il y a près de vingt ans, les recherches sur le yakuwarigo (le "langage de rôle") connaissent un engouement croissant. Le présent livre définit ce concept comme "le langage qui évoque ou qui est propre à un type de personnage dans les oeuvres de fiction" , et notamment dans le manga et les anime. Il y a ainsi le langage du savant, le langage du vieillard, celui de la jeune fille de bonne famille, de l'étranger, etc. Au-delà de la description des caractéristiques formelles - illustrées par une abondante iconographie -, l'auteur analyse les origines et la formation de ces stéréotypes langagiers, souvent issus de dialectes régionaux (au premier rang desquels figure le parler du Kansai), mais aussi les mutations de la société japonaise à partir de Meiji : développement de Tokyo, réforme de l'écriture et constitution de la langue standard, évolution de la place de la femme dans la société japonaise, développement des médias, ouverture du pays... Cet ouvrage retrace ainsi, par le biais de la fiction, l'évolution de la langue japonaise tout au long du xxe siècle.
Voilà un Balzac méconnu. Loin du cliché qui ne montrerait qu'un faiseur de descriptions interminables, cette Physiologie de l'Employé met en lumière un pamphlétaire incisif et virtuose. Les travers de la France administrative du dix-neuvième siècle y sont croqués avec la nervosité du caricaturiste. Il y a du Daumier chez ce Balzac qui excelle à pénétrer dans son oeuvre les secrets des types professionnels : là Grandet le tonnelier, Gobseck l'usurier, Séchard l'imprimeur, Bianchon le médecin, ici la catégorie des employés parisiens. La leçon est claire : Balzac ne veut pas de césure entre littérature et réalité. Et si la plume - non le plomb - pouvait changer le monde ? En ce sens, la Physiologie de l'Employé est un texte d'une étonnante actualité ; dans les marges de la Comédie Humaine, cette satire épingle avec humour les lourdeurs de l'Etat. Un texte jubilatoire.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.