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L'autre N° 65/2021 : Des dessins qui soignent
Baubet Thierry ; Mestre Claire ; Minassian Sevan
PENSEE SAUVAGE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782859193478
Ce dossier de la revue L'autre est consacré aux dessins d'enfants. Ces dessins colorés, tantôt savoureux et complexes, tantôt figés ou sommaires, nous fascinent et attirent notre regard d'adultes, qu'on soit cliniciens, chercheurs, enseignants ou parents. Pour laisser une trace qui leur appartient ou pour projeter une trace en dehors d'eux-mêmes, le dessin est nécessaire aux enfant afin d'élaborer les différents mondes qui les traversent et métisser les cultures qu'ils habitent. Unetelle complexité nous invite à nous questionner sur les cadres, les et les méthodes d'analyses qui pourraient nous permettre de mieux appréhender et comprendre le dessin des enfants afin de l'inscrire dans le cadre de nos accompagnements. Que ce soit dans un groupe ou lors d'un suivi individuel, au cours d'une recherche ou dans un contexte humanitaire, les enfants du monde, pluriels et métissés, nécessitent donc que nous envisagions et pensions leurs dessins sous un angle profondément transculturel. Le dessin se retrouve donc, comme médiation, au centre des soins psychiques des enfants, quelle que soit leur culture ou leur parcours migratoire. A travers le regard de professionnels qui se mettent à hauteur d'enfants, le lecteur est convié à la découverte de créations moins anodines qu'on ne le pense. Il permet de dégager l'intérêt d'un processus de coconstruction créatif qui s'appuie sur le croisement de différents regards et sur la coexistence de plusieurs cultures. Entretien : avec Sou ABADI par Daniel DELANOË Dans l'oeil de Sou Abadi : la poésie et l'humour dans le cinéma iranien. Sou Abadi est une cinéaste française d'origine iranienne. Elle a en particulier réalisé SOS à Téhéran en 2002, sur la situation des femmes en Iran, et le film Cherchez la femme en 2017, récompensé par plusieurs prix. Dans cette dernière comédie, elle développe une voie intéressante pour désarmer l'islamisme radical avec humour, délicatesse et empathie Sou Abadi a dû quitter l'Iran quelques années après la révolution islamique. Nous l'avons rencontrée à Paris et avons évoqué avec elle sa famille, l'Iran, l'islam et la question du voile ici et là-bas. Nous avons également parlé de poésie, et de sa rencontre déterminante avec Jean Rouch. "
Baubet Thierry ; Lombard Jacques ; Mestre Claire ;
Le monde contemporain est traversé de conflits et de questions suscitées par la rencontre des hommes et des cultures au sein de sociétés modernes, mouvantes, migrantes, plurielles et métissées. L'autre, revue transculturelle et transdisciplinaire, créée par des cliniciens et des praticiens des sciences humaines, se veut l'instrument de cette réflexion. Elle s'adresse aux professionnels de la santé, du social, de l'école, de la justice et à tous ceux qui se sentent concernés par l'altérité, les rencontres, les métissages. Elle paraît trois fois l'an.
La psychopathologie transculturelle concerne tous les professionnels du soin. Chacun est amené à rencontrer des migrants, des réfugiés, leurs enfants nés ici, et de nombreux praticiens partent exercer à l'étranger. Cette discipline est peu enseignée, alors qu'elle nécessite des connaissances spécifiques. Cet ouvrage synthétise les problématiques actuelles du champ transculturel dans une optique théorique et pratique, afin de répondre aux questions que se posent les praticiens et aborde les différentes approches en psychopathologie transculturelle, les effets psychiques de la migration et de l'exil, la question de l'évaluation clinique, celle des tests psychologiques ainsi que certains aspects de la psychopathologie aux différents âges de la vie (de la périnatalité à la vieillesse), avant de donner quelques éléments pour la recherche. Cette nouvelle édition de Psychopathologie transculturelle a été revue et actualisée, et de nouveaux chapitres sont traités, comme les troubles du comportement alimentaire. Loin de tout universalisme rigide, de tout relativisme absolu et de toute fascination pour "l'exotisme", cette contrainte à penser l'altérité des patients est créatrice d'idées, de sens, de métissages et de nouvelles pratiques de soins.
Le monde contemporain est pluriel, métissé, créole, traversé de questions identitaires individuelles et collectives. L'autre, revue transculturelle et pluridisciplinaire, est un lieu de réflexion sur la diversité et les migrations et leurs effets en clinique et dans la société. Elle s'adresse à tous ceux qui, curieux ou professionnels, se sentent concernés par les rencontres, les métissages, l'altérité. Elle parait trois fois l'an.
On peut admettre qu'un être humain soit défini par trois coordonnées : sa biologie, son psychisme et sa culture. Si les métis constituent une catégorie sociologique relativement bien définie et même, dans certaines sociétés, bénéficient d'un statut spécifique, en revanche aucune étude ne nous renseigne sur la façon dont se combinent deux univers culturels hétérogènes à l'intérieur d'un même sujet. Les patrimoines génétiques s'entremêlent, les identifications psychiques s'entrecroisent ; en va-t-il de même des systèmes culturels ? Jusqu'à quel point peuvent-ils se "métisser" tout en gardant leur cohérence interne et leur efficience ? A l'heure des déplacements massifs de populations et des émigrations généralisées, il s'agit d'une question première tant sur le plan théorique que sur celui des implications concrètes. La culture d'un sujet est partie constituante de son être-même ; du fait de sa cohérence, elle ordonne son univers du vrai et structure son fonctionnement cognitif. Y a-t-il un risque psychologique à mélanger ses références culturelles ? Pour soi-même ? Pour ses descendants ou les descendants de ses descendants ? Ou au contraire peut-on faire l'hypothèse d'une créativité délibérément choisie dans tout métissage culturel ? Au delà du métissage peut-on même aller jusqu'à penser que toute technique thérapeutique serait par essence syncrétique ?
Qu'y a-t-il de commun entre le rituel de puberté chez les Beti du Cameroun et la prostitution homosexuelle des jeunes garçons dans les faubourgs parisiens ? Peut-on comparer le fonctionnement de l'initiation dans les rituels "thérapeutiques" du Candomblé de Bahía et la modification de la personnalité de jeunes gens engagés dans les sectes charismatiques en Occident ? Dans toutes ces situations, l'on observe une modification radicale de l'identité : une métamorphose. Ces transformations mettent-elles en oeuvre des processus fondamentaux de nature psychique ou mémo biologique ? Question insolite ! Pourtant les fourmis Raptiformica réussissent à maquiller leur odeur chimique pour mener à bien, incognito, leur entreprise de colonisation des Serviformica. La Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie propose ici une idée originale née au confluent de disciplines diverses : toute entreprise de modification de la mémoire, psychique et biologique, se construit sur une utilisation systématique d'expériences traumatiques.
Le tabou attribue à une personne, un objet ou un mot un caractère à la fois interdit et sacré. Mais lorsqu'il est fonctionnel, le tabou inscrit dans l'univers du sujet qui s'y soumet une discrimination logique qui prend sa source dans des sensations physiques. Un juif pieux vomira à l'idée qu'il a pu ingérer de la viande de porc, une femme baoulé enceinte avortera en mangeant du fruit proscrit, un homme bété développera un véritable syndrome d'influence pour avoir eu des jeux sexuels avec sa cousine parallèle. Mais après cette expérience, ils se penseront davantage juif pieux, baoulé ou bété. Cliniquement, l'imposition du tabou est donc une opération complexe qui transforme des catégories culturelles en représentations psychiques par l'intermédiaire de sensations corporelles. On comprend donc aisément que les thérapies traditionnelles, dans des situations de grands désordres psychologiques utilisent de telles prescriptions. Ainsi, les shamans apaches guérissent-ils les maladies des tics, dont nous savons qu'elles sont notoirement réfractaires à toute psychothérapie, par la mise en place de systèmes individuels de tabous alors que les cheiks musulmans du Maghreb ont plutôt tendance à faire appel aux tabous religieux. De même, un patient gravement perturbé, mélancolique ou schizophrène, pourra-t-il créer un univers à la logique singulière par une organisation obsessionnelle du monde structurée autour de tabous privés. Quoi qu'il en soit, on attend toujours du tabou qu'il réinstaure de tordre là où régnait le désordre du fait de la maladie, de l'acculturation ou de la déstructuration du groupe social. Nous invitons les cliniciens et les chercheurs à approfondir la notion de tabou injustement négligée, à explorer le fonctionnement de thérapies organisées selon la logique du tabou et à s'interroger sur la place qu'il occupe, parfois à notre insu, dans nos psychothérapies.
Quiconque a approché les thérapies traditionnelles, s'est nécessairement rendu compte de la place centrale qu'y occupaient les objets tant dans l'établissement du diagnostic et le déroulement du processus thérapeutique que dans la résolution du transfert. Il s'agit tantôt de "faire parler" certains objets pour découvrir l'énigme du mal, tantôt de découvrir, puis d'annuler les objets maléfiques ou enfin de fabriquer des amulettes ou des talismans destinés à protéger la victime. Si les anthropologues se sont souvent attachés à décrire avec minutie la nature, l'industrie et l'utilisation des objets "enchantés", les psychologues en revanche n'y ont vu qu'une expression "symbolique" et naïve de désirs d'amour et de haine confusément perçus. Ce numéro prend naissance du triple constat suivant : 1) les thérapies traditionnelles semblent considérer que les objets constituent des opérateurs thérapeutiques spécifiques et efficaces ; 2) l'observation des processus montre que, sitôt qu'il apparait, l'objet contraint thérapeute et patient à modifier leur registre de fonctionnement ; 3) dans les conceptualisations occidentales, il n'existe aucune place pour traiter l'objet en dehors de l'univers du langage. Nous nous proposons donc d'explorer, et toujours de manière pluridisciplinaire, la fonction de l'objet dans les thérapies traditionnelles, sa possible utilisation dans les thérapies occidentales et enfin d'initier la nécessaire théorie générale de l'objet.