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Soigner malgré tout. Tome 1, Trauma, cultures et soins
Baubet Thierry
PENSEE SAUVAGE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782859191825
Soigner malgré tout, quelles que soient les situations, ici et ailleurs. Tel est le propos de ce livre adressé à tous ceux qui - médecins, psychologues, travailleurs sociaux, para-médicaux, enseignants, juristes, anthropologues, etc. - s'intéressent au trauma, à l'interculturalité, aux situations de violences organisées, aux interventions humanitaires, et à la prise en charge des migrants en France. Écrit par des professionnels de terrain, il porte un regard rétrospectif sur plus de dix années de pratique de soins psychiques en situation humanitaire. Quelle est l'influence de la culture sur la souffrance traumatique? Quels sont ses effets sur la demande d'aide? Est-il possible d'articuler programmes thérapeutiques destinés à l'individu et soutien aux communautés affectées? En d'autres termes: quelles sont les interventions possibles et souhaitables? Ces questions, dont la portée n'est pas seulement théorique, appellent des réponses multiples et complexes. Abordées au travers d'exemples concrets, qui reflètent le quotidien du travail de soignant, elles soulèvent aussi le problème de la souffrance psychique chez les soignants exposés à un danger extrême ou à la violence. En situation humanitaire - où l'intervention psychologique peut s'avérer prioritaire au même titre que les interventions médicales, sanitaires, nutritionnelles - on se doit d'agir mais aussi de penser, parce que nous sommes invités en permanence à mieux comprendre les effets du trauma sur les populations, afin d'ajuster nos dispositifs d'action et de soins.
Le monde contemporain est pluriel, métissé, créole, traversé de questions identitaires individuelles et collectives. L'autre, revue transculturelle et pluridisciplinaire, est un lieu de réflexion sur la diversité et les migrations et leurs effets en clinique et dans la société. Elle s'adresse à tous ceux qui, curieux ou professionnels, se sentent concernés par les rencontres, les métissages, l'altérité. Elle paraît trois fois l'an.
Tout d'abord, penser : A la barbarie du monde, il faut opposer la pensée. S'il s'agit de comprendre, ce n'est pas pour excuser, mais pour trouver une voie. Cette pensée sera nécessairement complexe, c'est à dire intégrant tous les paramètres, sociaux, culturels, psychologiques et politiques.
La psychopathologie transculturelle concerne tous les professionnels du soin. Chacun est amené à rencontrer des migrants, des réfugiés, leurs enfants nés ici, et de nombreux praticiens partent exercer à l'étranger. Cette discipline est peu enseignée, alors qu'elle nécessite des connaissances spécifiques. Cet ouvrage synthétise les problématiques actuelles du champ transculturel dans une optique théorique et pratique, afin de répondre aux questions que se posent les praticiens et aborde les différentes approches en psychopathologie transculturelle, les effets psychiques de la migration et de l'exil, la question de l'évaluation clinique, celle des tests psychologiques ainsi que certains aspects de la psychopathologie aux différents âges de la vie (de la périnatalité à la vieillesse), avant de donner quelques éléments pour la recherche. Cette nouvelle édition de Psychopathologie transculturelle a été revue et actualisée, et de nouveaux chapitres sont traités, comme les troubles du comportement alimentaire. Loin de tout universalisme rigide, de tout relativisme absolu et de toute fascination pour "l'exotisme", cette contrainte à penser l'altérité des patients est créatrice d'idées, de sens, de métissages et de nouvelles pratiques de soins.
Dans les sociétés traditionnelles, la frayeur est une des notions les plus communément rencontrées pour penser la maladie. En Afrique noire, les crises d'agitation sont parfois expliquées comme résultant d'une rencontre terrifiante avec un génie de la brousse. Chez les Quechua du Pérou, ce sont au contraire les états dépressifs qui sont expliqués par une frayeur (susto) ayant provoqué l'envol de l'âme du sujet. On retrouve cette étiologie au Mexique, au Maghreb, en Malaisie... La frayeur est aussi une thérapeutique traditionnelle : les guérisseurs la déclenchent délibérément pour obtenir une métamorphose du sujet. Contrairement aux premiers écrits de Freud, actuellement la psychopathologie occidentale se protège de la frayeur — du moins dans les théories qui rendent compte des prises en charge. Il s'agit là d'une notion injustement négligée. Ce numéro a donc pour objectifs de montrer l'importance de la frayeur pour comprendre nombre de pathologies de nos patients issus de cultures non-occidentales et pour les soigner. Mais aussi, de mettre en évidence la nécessité d'analyser minutieusement ce concept pour nos propres théories et nos techniques thérapeutiques. Nous publions ici, dans son intégralité, le texte de Gilles de La Tourette écrit en 1885. C'est un texte princeps remarquable. Il décrit la maladie des tics et surtout, analyse avec une méthodologie ethnopsychiatrique avant la lettre, les liens entre le jumping américain, le latah malais et le myriachit sibérien (trois maladies de la frayeur).
Qu'y a-t-il de commun entre le rituel de puberté chez les Beti du Cameroun et la prostitution homosexuelle des jeunes garçons dans les faubourgs parisiens ? Peut-on comparer le fonctionnement de l'initiation dans les rituels "thérapeutiques" du Candomblé de Bahía et la modification de la personnalité de jeunes gens engagés dans les sectes charismatiques en Occident ? Dans toutes ces situations, l'on observe une modification radicale de l'identité : une métamorphose. Ces transformations mettent-elles en oeuvre des processus fondamentaux de nature psychique ou mémo biologique ? Question insolite ! Pourtant les fourmis Raptiformica réussissent à maquiller leur odeur chimique pour mener à bien, incognito, leur entreprise de colonisation des Serviformica. La Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie propose ici une idée originale née au confluent de disciplines diverses : toute entreprise de modification de la mémoire, psychique et biologique, se construit sur une utilisation systématique d'expériences traumatiques.
Le tabou attribue à une personne, un objet ou un mot un caractère à la fois interdit et sacré. Mais lorsqu'il est fonctionnel, le tabou inscrit dans l'univers du sujet qui s'y soumet une discrimination logique qui prend sa source dans des sensations physiques. Un juif pieux vomira à l'idée qu'il a pu ingérer de la viande de porc, une femme baoulé enceinte avortera en mangeant du fruit proscrit, un homme bété développera un véritable syndrome d'influence pour avoir eu des jeux sexuels avec sa cousine parallèle. Mais après cette expérience, ils se penseront davantage juif pieux, baoulé ou bété. Cliniquement, l'imposition du tabou est donc une opération complexe qui transforme des catégories culturelles en représentations psychiques par l'intermédiaire de sensations corporelles. On comprend donc aisément que les thérapies traditionnelles, dans des situations de grands désordres psychologiques utilisent de telles prescriptions. Ainsi, les shamans apaches guérissent-ils les maladies des tics, dont nous savons qu'elles sont notoirement réfractaires à toute psychothérapie, par la mise en place de systèmes individuels de tabous alors que les cheiks musulmans du Maghreb ont plutôt tendance à faire appel aux tabous religieux. De même, un patient gravement perturbé, mélancolique ou schizophrène, pourra-t-il créer un univers à la logique singulière par une organisation obsessionnelle du monde structurée autour de tabous privés. Quoi qu'il en soit, on attend toujours du tabou qu'il réinstaure de tordre là où régnait le désordre du fait de la maladie, de l'acculturation ou de la déstructuration du groupe social. Nous invitons les cliniciens et les chercheurs à approfondir la notion de tabou injustement négligée, à explorer le fonctionnement de thérapies organisées selon la logique du tabou et à s'interroger sur la place qu'il occupe, parfois à notre insu, dans nos psychothérapies.
Qu'y a-t-il de commun entre le rituel de puberté chez les Bété du Cameroun et la prostitution homosexuelle des jeunes garçons dans les faubourgs parisiens ? Peut-on comparer le fonctionnement de l'initiation dans les rituels "thérapeutiques" du Candomblé de Bahia et la modification de la personnalité de jeunes gens engagés dans les sectes charismatiques en Occident ? Dans toutes ces situations, l'on observe une modification radicale de l'identité : une métamorphose. Ces transformations mettent-elles en tenure des processus fondamentaux de nature psychique ou même biologique ? Question insolite ! Pourtant les fourmis Raptiformica réussissent à maquiller leur odeur chimique pour mener à bien, incognito, leur entreprise de colonisation des Serviformica. La Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie propose ici une idée originale née au confluent de disciplines diverses : toute entreprise de modification de la mémoire, psychique et biologique, se construit sur une utilisation systématique d'expériences traumatiques.