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Vive l'enfer
Bataille Christophe
GRASSET
20,75 €
Épuisé
EAN :9782246559115
Vive l'enfer nous conte l'histoire fabuleuse de Jocelyn Simarre. Jocelyn Simarre dit " dent-de-lion ", gueule d'amour et de mots, adolescent bagarreur, obsédé par les femmes. Avec sa mère Mathilde, Jocelyn ferraille les carcasses de voitures, les tubes de laiton, les usines d'autrefois. Dans ses mains d'esclave, les déchets du siècle reprennent vie. Et quelle vie ! Simarre Père, George le camionneur, monnaie ces formes recyclables vers l'Est maléfique, la Bohême, la Silésie. Le vendredi, il rentre les bras raides, les yeux tachés par le bitume. Mathilde et lui enfin tendres, défaits, plongent dans la soie et mettent Jocelyn dehors... Ainsi le fils court-il au théâtre, où il est homme à tout faire. Emperruqué, il frappe les trois coups, s'ennuie dans les coulisses... et tombe fou amoureux de Maël qu'il ne connaît pas. Il lance sa courte vie et ses mains crucifiées, toute son énergie vers l'actrice, la putain vague. Maël ! Maël ! Jocelyn bondit de répliques en rêve. Il découvre Paris, Londres. Il croise un peuple mafieux, la Lorelei à chaque page, un bâtisseur de bunkers, un portier de nuit parisien, une dynastie vinaigrière, tout un monde baroque, et Maël... Ah l'amour ! Et dans quel siècle !
Résumé : "Ma femme et ma fille savent que je ne suis pas mort. Mais le capitaine avait raison : nous ne sommes plus là". Avril 1961, dans le désert algérien. A trois kilomètres de ce point inconnu, une tour de cinquante mètres porte une bombe atomique. Le jeune soldat qui parle, accompagné d'une petite patrouille, participe à une expérience. Il est un cobaye. C'est cette zone d'intensité extrême que nous livre Christophe Bataille. Face à l'histoire et à la mort, il reste les mots, les sensations, la douceur du grand départ puis la lumière. Un texte dense et poignant sur les sacrifiés du nucléaire français. Sébastien Lapaque, Le Figaro littéraire. Une dénonciation à la fois belle et radicale. Emily Barnett, Les Inrockuptibles.
En 1787, l'évêque Pigneau de Bréhaine arme deux navires pour sauver le Viêt-nam de la guerre et de l'impiété. Après une longue et périlleuse traversée, soldats et missionnaires débarquent enfin dans l'épaisseur verdoyante et les marécages d'un nouveau monde. Ils ignorent encore qu'au bout de cette splendide quête initiatique surgiront la mort et l'oubli. Biographie: Né en 1971, Christophe Bataille a notamment publié Absinthe, disponible en Points, Le Maître des heures, Vivre l'enfer, J'envie la félicité des bêtes et Quartier général du bruit (Grasset).
Extrait Ce jour d'avril 1961, on s'est assis au fond de la tranchée : c'était dans le désert, au nord de Tamanrasset. Un nulle part enclos de barbelés. La terre était presque blanche d'abord, puis grise avec de longs traits carmin. Je me vois encore fixer ce paysage à un mètre de moi. Et le ciel comme une plaque bouillante et triste. La tranchée était courte. Trois mètres de profondeur, je pense. Elle se perdait assez vite dans le sable, ne conduisant à aucun réseau, à aucun abri souterrain. Mes hommes sont descendus par l'unique échelle. Le boyau était dans l'ombre, à cette heure du matin. J'ai découvert des étais tous les deux mètres : une masse de bois verticale tenait la plaine, qui pesait sur une autre masse mal dégrossie. Ce n'était pas une tranchée mais une fosse qui risquait de s'effondrer sur nous. Le capitaine a posé sa main sur ma poitrine. - T'as peur ? Ses yeux étaient bleu clair. Sans idée. On l'appelait «le nazi» parce qu'il avait survécu à tous nos combats, aux Allemands, aux Vietnamiens qui en 1946 avaient dépecé des femmes vivantes, et à cause de sa cruauté froide. J'ai haussé les épaules : - Et vous ? Il n'a pas semblé surpris. Il n'a rien dit mais sa main a glissé doucement comme s'il voulait échapper à mon coeur. Il a simplement saisi ma radio. - Donne. A partir de maintenant, silence. Il n'y a plus de voix. Il n'y a plus d'homme. On se retrouve au blockhaus. Il s'est approché et a murmuré à mon oreille : - Moi je n'ai plus peur. Je suis après. Je ne suis plus là. Il n'y a pas de jeunes chefs : il n'y a que des petits garçons. Donnez-leur un uniforme et un poignard. On dirait qu'ils sont à la tête de leur vie. Voilà ce que nous étions, alors, mes hommes et moi : des petits garçons à la tête de leur vie. Mais j'ajoute ceci : la possibilité de percer le coeur d'un homme ne fait pas un homme. Est-ce la peur du sang ? L'absence de méthode ? Ou l'idée même du poignard ? Les petits garçons plantent leur canif dans la terre ; et gravent sur les arbres le prénom des filles qu'ils n'embrasseront jamais.
« Tu te souviens ? Cet été-là si chaud, on le sentaità nos pieds sur les carreaux devant la prairie, à tes jambes campées, fines et transpirantes. Depuis octobre tout était doux. Pas d?automne, pas d?hiver, et ce vent tiède comme dans les contes? » En cette fin d?été, un homme grimpe à trente mètres dans un hêtre qui domine la campagne. Il est élagueur, puissant et concentré. Là-haut, il observe les plaines, la tour de la cathédrale, son enfance aussi.Mais un ennemi l?attend, qu?il n?avait jamais rencontré : des frelons par milliers, nouveaux venus en cette saison interminable. Dans sa descente vers la terre où l?attend son équipe, terrifiée, il est piqué plus de cent fois et tombe dans la douleur?La brûlure est le roman de cette chute et de cette traversée, racontées tour à tour par l?homme et la femme - rencontrée vingt ans avant, qui le soigne, l?attend, et ne cesse de l?aimer en images, souvenirs et gestes.Dans une langue somptueuse et tendre, Christophe Bataille dit la souffrance et le retour à la vie. C?est un conte mais aussi notre condition nouvelle : les prairies et les arbres sont brûlés par le soleil, la femme aimée contemple comme nous ce paysage. La voix du grimpeur d?arbre, qui a survécu et vit près de Bourges, clôt magnifiquement ce livre - car toute fiction a sa cause, offrant ici un diptyque audacieux.Notes Biographiques : Christophe Bataille est éditeur et romancier. On lui doit en particulier Quartier général du bruit, Le rêve de Machiavel, L?expérience, tous publiés chez Grasset. Il a écrit avec Rithy Panh La paix avec les morts (janvier 2020), prix Marguerite Duras et prix de l'essai des Ecrivains du Sud.
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).