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Le Visiteur N° 23, mars 2018
Basbous Karim
INFOLIO
20,00 €
Épuisé
EAN :9782884747875
Ce numéro du Visiteur s'intéresse aux rapports entre l'architecture et le marché. Il s'agit d'interroger en premier lieu la relation que la discipline architecturale et la pratique entretiennent avec les puissances économiques et, à travers celles-ci, avec les instances politiques. Tout " marché " implique un échange ; de quel échange de valeurs l'architecture est-elle le théâtre ? Quels critères président aux choix des projets ? Par ailleurs, le goût des élus, la décision régalienne, les " jurys " aux motivations complexes, la doxa architecturale exercent ? de manière concentrée ou diffuse, manifeste ou implicite ? un pouvoir qui façonne nos villes. L'histoire des concours elle-même est riche d'enseignements sur le rapport que la société, à travers la commande publique, a entretenu avec les grands projets. En 1971, le concours du Centre Pompidou, international, ouvert et anonyme, était gagné par deux jeunes inconnus. En 2012, le nouveau palais de justice de Paris est attribué en partenariat public-privé au groupe Bouygues, qui s'était assuré pour l'occasion les services de l'un des deux inconnus de 1971, à la tête désormais de la plus grosse agence de France : en quarante ans la place du projet architectural s'est vue considérablement réduite au profit de la seule notoriété. Le " petit monde " de la commande d'Etat était déjà à l'oeuvre dans l'Italie du XVe siècle. Pour Philippe Potié, la naissance conjointe, alors, du capitalisme et du projet architectural n'a rien de fortuit : au morcellement du temps propre au capitalisme, l'architecture oppose un " éternel retour " à un temps archaïque dont l'auteur nous explique la nécessité.
Depuis sa renaissance en 2008 [après cinq ans d'interruption], la revue Le Visiteur entend donner la parole au discours critique et installer un espace de pensée au service d'un réel débat, où l'on pourra notamment discuter la question - souvent éludée - de la réussite architecturale, en s'appuyant sur des cas précis. Cette revue tentera l'alliance entre un certain appétit littéraire et la culture du projet. SOMMAIRE : - Editorial (Karim Basbous) - Visites architecturales (Italie, Espagne) Sur l'ouvre d'Alberto Campo Baeza (titre non communiqué) (Laurent Salomon) La promesse de l'architecture (sur l'ouvre de Mauro Galantino) (Marco Mulazzani) - " Architecture et politique " Forme, champ, connexion (Jean-Christophe Bailly) L'architecture du grand nombre et la politique moderne (Paul Chemetov) Dix propositions pour une nouvelle Charte d'Athènes (Andrea Branzi) L'architecture entre le politique et la politique (Jean-Pierre Garnier) L'art du don, esquisse pour une architecture démocratique (Olivier Gahinet) Pour une archi-tectonique contemporaine de la ville et de l'oikos (Yann Moulier Boutang) Où est l'architecture engagée ? (Franco La Cecla) Le politique à l'épreuve de l'espace en islam : entre désert et harem (Nadia Tazi) Des Halles de Napoléon III à celles de Delanoé : les visions politiques de l'architecture du cour de Paris (Virginie Picon-Lefevre) Prométhée dans la ville (Alvaro Sevilla Buitrago) La fabrique du projet à l'épreuve du Grand Paris (Nathalie Roseau) Construction et politique (Joseph Rykwert) - Entretien (par Alessandro delli Ponti) (Herman Hertzberger)
Résumé : La forme d'une ville raconte l'idée que la société se fait d'elle-même, de ses valeurs, de ses institutions et de ses modes de vie. Cette forme repose entre autres sur l'espace public, thème auquel ce numéro du Visiteur est consacré. L'espace public mérite de ne pas être réduit à une définition juridique - ce qui n'est pas privé. Hormis les fonctions pratiques de cet espace public, que représente-t-il et que porte-t-il ? D'où vient-il et comment s'est-il transformé au fil des siècles ? Quelles différences fondamentales peut-on relever d'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre ? Comment s'est-il adossé à l'architecture, à la géographie, aux infrastructures et au droit pour s'établir ? Est-il aujourd'hui le seul vecteur de l'urbanité contemporaine ? Appartient-il au passé, ou peut-il se réinventer ? La notion même d'espace public a-t-elle encore un sens dans les mégapoles ? Comment la religion, la justice, le pouvoir, le marché se sont-ils associés au parvis, à la place ou au boulevard autrefois, et comment les institutions et le commerce le font-ils aujourd'hui ? De jour ou de nuit, d'un quartier à l'autre, les comportements diffèrent et le trottoir change d'aspect. C'est aussi par le dévoiement que l'espace public vit, lorsque la prostitution, les lieux de rencontre, le trafic, le campement ou la barricade instaurent leurs propres règles. Quel est son destin à l'heure des objets autocentrés, du tout numérique, de la privatisation des quartiers, des politiques sécuritaires, du divertissement, de l'excès normatif dans la gestion des flux ? Ce numéro du Visiteur explore les dimensions historique, politique, sociale, technique et esthétique de l'espace public
Tous les six mois, la revue Le Visiteur entend donner la parole au discours critique en architecture et installer un espace de pensée au service d'un réel débat, où l'on pourra notamment discuter la question - souvent éludée - de la réussite architecturale, en s'appuyant sur des cas précis. Le Visiteur tente l'alliance entre un certain appétit littéraire et la culture du projet. SOMMAIRE - Karim Basbous, Editorial - " Le projet en question " : - Arnoldo Rivkin, L'invention inactuelle - Franco Purini, Architecture et politique - Rémi Rouyer, Le pixel et le surplus - Rémi Rouyer, Les figures de transposition du projet - Laurent Salomon & Judith Rotbart, N'être qu'un peintre égaré dans l'architecture - Benoît Goetz, La maison du projet - Joseph Abram, La terre et la pierre. La référence à l'Egypte antique dans le rationalisme architectural du XXe siècle - Mike Davis, Qui bâtira l'Arche ? - dossier sur l'architecte chilien José Cruz-Ovalle : - Fernando Pérez Oyarzun, José Cruz Ovalle, architecte : approche d'une situation - Alejandro Gabriel Crispiani, Hériter de l'avant-garde, ou l'empreinte de la forme - Jose Cruz-Ovalle, Quatre coordonnées simultanées, l'université Adolfo Ibánez AUTEURS : Ont collaboré à ce numéro : Joseph Abram, Karim Basbous, Alejandro Gabriel Crispiani, Jose Cruz-Ovalle, Mike Davis, Benoît Goetz, Fernando Pérez Oyarzun, Franco Purini, Arnoldo Rivkin, Judith Rotbart, Rémi Rouyer, Laurent Salomon
Depuis sa renaissance en 2008 (après cinq ans d'interruption), Le visiteur entend donner la parole au discours critique, et installer un espace de pensée au service d?un réel débat, où l?on pourra notamment discuter la question, souvent éludée, de la réussite architecturale, en s?appuyant sur des cas précis. Cette revue tentera l?alliance entre un certain appétit littéraire et la culture du projet.
Techniques centrales de la modernité occidentale, la photographie et l'horlogerie reposent toutes deux sur la maîtrise fine de la durée. Littéralement et symboliquement, elles mettent le temps en boîte. Leur proximité est telle que Roland Barthes parlait de la photographie comme d'une "horloge à voir". Reste que leurs liens intimes ont été étonnamment peu considérés jusqu'ici. Dans l'entre-deux-guerres, face aux crises économiques, le savoir-faire horloger suisse trouve une diversification dans la fabrication d'appareils photographiques. De la photographie à l'horlogerie, il y a certes le pas de l'optique et de la chimie, mais surtout la base commune de la mécanique de précision avec ses rouages, ses ressorts, ses leviers, ses compteurs, ses emboîtements millimétrés. De la vallée de Joux à l'Argovie, des entreprises se lancent dans la réalisation d'appareils photo haut de gamme. LeCoultre propose le Compass (1937), chef-d'oeuvre de technologie miniaturisée. L'Alpa de Pignons (1944) est porté par le slogan de "la caméra des horlogers suisses". L'appareil photo pour pigeons Michel (1937) est l'ancêtre de la caméra des drones. Le Tessina de Siegrist (1960) est l'un des appareils fétiches des espions pendant la guerre froide. Le photofinish est développé dans l'après-guerre par Omega, Longines et bientôt Swiss Timing. Ce livre propose des études de cas, des essais thématiques et l'approfondissement des rapports entre photographie et horlogerie. Il procède d'un projet de recherche mené par l'Université de Lausanne et le Musée suisse de l'appareil photographique - Vevey.
Résumé : Célèbre comme écrivain du voyage, Nicolas Bouvier (1929-1998) a eu pendant la plus grande partie de sa vie pour activité principale celle d'iconographe, courant moins les routes lointaines que les bibliothèques, les musées et les archives pour y dénicher des images. Du début des années 1960 à l'orée d'Internet, il prend une part active à l'essor et à la reconnaissance d'un métier qui pendant un demi-siècle aura constitué un maillon essentiel de la fabrique de l'édition illustrée. Le présent ouvrage rappelle l'importance de ce travail pour l'écrivain, dont les services de documentaliste vont bientôt nourrir des projets éditoriaux personnels et une activité d'historien des images populaires. Le récit de son parcours remet en lumière le rôle majeur joué par les bibliothèques dans la conservation et la diffusion des images, l'inventivité visuelle des clubs de livres et des grandes encyclopédies illustrées des années 1960, ainsi que la vivacité d'un milieu genevois particulièrement intéressé alors par les potentiels de l'image reproductible, autour de Bouvier, John Berger, Jean Mohr ou Jean Starobinski. Documenté par un fonds de 40 000 pièces conservé au Centre d'iconographie de la Bibliothèque de Genève, son itinéraire permet de faire revivre ce que signifiait la recherche des images avant l'arrivée d'Internet et de rappeler ce que ce geste désormais si quotidien a pu porter en lui de richesses, jusqu'à devenir, dans son cas, un véritable projet esthétique, historique et intellectuel.
Ce livre tente de montrer l'homogénéité foncière d'une religion intimement liée à une mythologie et extrêmement variée du point de vue cultuel. La religion qui naît en milieu brahmanique dans les siècles précédant l'ère chrétienne est en nette rupture avec le monde védique, nonobstant l'indéfectible respect accordé à cet héritage. Avec, d'un côté, l'apport sapientiel des Upanishads et, de l'autre, l'amour divin prôné par les épopées et la Bhagavad-gîtâ, une foison d'idées originales font leur apparition : l'identité du Soi et de la Réalité ultime, la doctrine des quatre âges de l'humanité, la mythologie des avatars, la notion de dharma, etc. Ces nouveautés engendrent toutes les pratiques qui caractérisent la spiritualité de l'Inde médiévale et moderne au premier rang desquelles on peut citer le culte des images, la construction de temples, les pèlerinages, la récitation continue des mantras. Cet ouvrage tente de montrer comment ces éléments divers constituent un ensemble homogène où tout se tient dans le mariage indissoluble de la connaissance métaphysique et de la voie dévotionnelle. Il contribue ainsi à définir ce que Coomaraswamy nommait "l'hindouisme proprement dit" pour le distinguer définitivement de son substrat védique et du reliquat des traditions antérieures à l'immigration aryenne.
Le moment le plus acharné de l'affrontement entre la Révolution et le christianisme ne se déroule pas sous Robespierre, mais bien après la chute du révolutionnaire. C'est dans ce bouleversement qu'a lieu le processus d'intégration forcée de la croyance religieuse dans l'espace privé. La Révolution française n'a guère prisé la soutane et Dieu n'y a pas reconnu les siens. Entre un Peuple souverain et une Eglise toute-puissante, le conflit était programmé, pour la plus grande satisfaction de ceux qui voulaient en découdre pour la gloire de la République ou pour celle de Dieu. Après une recherche de longue haleine menée sans a priori, mais avec autant de passion que de détermination, les deux auteurs signent ici un ouvrage qui met au jour des faits négligés dans les terribles luttes qui ont marqué l'histoire de France à la toute fin du XVIIIe siècle. Le livre appréhende ce bouleversement à la fois dévastateur et inventif dans cette zone de contacts extraordinairement productive que fut la frontière franco-suisse. Les auteurs ont traité cette question par le biais original des activités secrètes et subversives déployées par le réseau religieux contre-révolutionnaire des frères Chaffoy, dont les ramifications se sont étendues dans le Grand-Est de la France, à commencer par la Franche-Comté, jusqu'en Suisse.