Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Vert dragon
Barthelet Philippe
PG DE ROUX
24,99 €
Épuisé
EAN :9782363713155
Roman de la langue", avons-nous dit quand la manie définisseuse de notre époque nous serrait de trop près, pour désigner sous un seul titre, générique, sept chapitres ou épisodes - L'Etrangleur de perroquets, Baraliptons, L'Olifant, Fou Forêt, Salut aux bêtes sauvages - dont voici le dernier, ce Vert dragon pour conclure, encore que la conclusion referme, comme son nom l'indique, et qu'ici il n'y ait rien à refermer, tout au contraire. La langue est le plus étrange des pays natals, on la connaît d'avance, par coeur ; il reste à la découvrir en l'explorant, et l'explorateur ne se distingue pas du pays qu'il explore ni de l'instrument de son exploration... Il se trouve enfin que cette langue est le français, qu'il fut jadis la merveille du monde et qu'il faudrait aujourd'hui l'oublier, le laisser aux anges d'Hoffmann ("parler français comme des anges") ou aux bêtes de M. Jourdain (" Quelle étrange chose de parler à des bêtes ! "). Ou peut-être aux amateurs de romans, qui tiennent de celles-ci autant que de ceux-là.
"Nous t'avons trouvé pâle et calme, étrangement couronné de fleurs, beau et secret comme un enfant..." Dans ce chant funèbre d'un jour qu'il a aimé, Day that I loved, Rupert Brooke se trahit dans cette parenthèse, trahit cette intime prophétie du poète qui sait ce qu'il dit, d'une science obscure et définitive : c'est un jour qu'il a aimé dont il décrit l'embarquement de la dépouille sur quelle mer ténébreuse, et là-bas nulle clameur de gloire comme chez Lord Tennyson, mais le dernier feu sur l'abîme, flame ultimate on the deep" Rupert Brooke (1887-1915) fut le prince de la jeunesse et aussi, à son corps défendant, le prince du paradoxe : l'auteur d'un des plus beaux poèmes jamais écrits sur l'amour de la patrie, The Soldier ("Le Soldat"), qui fit de lui le plus célèbre "poète de guerre" anglais, n'a pas eu le temps de combattre. Il est mort le 23 avril 1915, deux jours avant le débarquement des Dardanelles, et a été enterré sur nie de Scyros. Un hymne à la gloire du dernier chantre de la poésie immortelle.
Dès 1999, le Manifeste Contrelittéraire et la revue Contre littérature avait anticipé le mouvement culturel de grande envergure qui se dessine aujourd'hui dans le monde: l'émergence d'une authentique écologie de l'esprit. L'ambiguïté même du terme "contrelittérature" veut exprimer cette logique du paradoxe qui est celle de la pensée rebelle. Le combat du rebelle est un combat pour l'esprit. La finalité de l'art - Pourquoi l'art? - pose le problème de l'homme: "Qu'est-ce que l'homme?" Le retournement à une conception anthropologique ternaire - corps, âme, esprit - vise à réintroduire, sur les ruines de l'art moderne, la dimension spirituelle de la liberté. La littérature, au sens moderne, fut le choc en retour du rejet de la dimension mystique qui se mesure à la forclusion des textes de la mystique chrétienne, à l'effacement de la musique sacrée, à la disparition du tragique au théâtre. L'esprit demeurera toujours le "matériau le plus avancé" de l'art. En réintroduisant la mystique dans l'ordre artistique, la contrelittérature ouvre le futur d'une antériorité oubliée. Le Manifeste pour l'esprit tente de rétablir le sens obvie de l'art que le nihilisme avait arraisonné: les contrelittéraires combattront d'une main et construiront de l'autre!
C'est ainsi que les aéroports ont maintenant des"lignes domestiques"et non plus intérieures; que les divers guichets ne donnent plus de renseignements, mais des"informations"et qu'on n'occupe plus un lieu, mais un"site", qui deviendra un "sanctuaire", si peu qu'on le défende avec des armes décalquées,"conventionnelles"ou non, comme les"missiles de croisière"." Le français ne s'apprend pas, il se conquiert. C'est un éternel hors-la-loi dont le domaine d'action rejoint un monde plus vaste que l'Hexagone. Fuyant les "autoroutes" du langage automatisé que préconisent les ministères; ruant dans les brancards du style académique, le français, traqué de toutes parts, riposte et tend ses embuscades? poétiques. Gare à "feu follet": à l'autre bout du monde, il devient soudain "Fou forêt". "Coloquintes!Volubilis! hé, clématites!" ne sont plus de vulgaires injures dans la bouche de Céline, mais tout un jardin extraordinaire aux réminiscences théologiques. Quant aux "âmes chaudes" de Strasbourg, c'est un paradis introuvable que dissimule le délicieux plat de saucisses qu'elles désignent. Promesses bien françaises? Tant pis si les "péripéties" invoquées par le général de Gaulle au cours de la guerre d'Algérie firent oublier leur sens initial de "catastrophe". Qu'importe si le célèbre "J'ai la haine" des cités,- qui ranime le mot de César - dépasse la sociologie? Le français a du coeur. Ne résista-t-il pas longtemps à la "mort", en lui opposant le "trépas"? II est vrai qu'il tient essentiellement son savoir-vivre de la saveur: à mi-chemin entre le savoir et la sagesse? Une leçon de panache, de poésie et d'humour signée Philippe Barthelet.
La langue française a pourtant plus d'un tour dans son sac. Tantôt formelle à pleurer, tantôt enguirlandée à outrance, tantôt prisonnière d'un jargon ou d'une posture, tantôt ludique et lumineuse... La voilà prise en chasse par Philippe Barthelet dans un paysage et une Histoire aux étymologies fuyantes et complices. C'est que le génie de la langue ne tient pas en bouteille mais nous saute volontiers au visage, capable de mordre à plaisir le fruit défendu. C'est que le français n'est pas une langue de "réserve", vouée aux bêtes sauvages mais un "goût", une joie du palais qui a ses entrées partout en fin diplomate, en séducteur aguerri, en inlassable pâmeur de "sens".
Comment se transforme-t-on en Chinois virtuel, penché en permanence sur son smartphone ? Comment devient-on Charlie ? Comment peut-on être Kim Kardashian ? Tantôt rebelle consentant, hurlant en boucle des slogans préenregistrés, façon karaoké, tantôt icône de la Toile, incarnation d'une success story qui prolifère sur les réseaux sociaux sans qu'on sache pourquoi au juste. C'est l'histoire d'une contagion, d'une lobotomisation générale, que nous raconte Jean-Louis Kuffer avec une rare et insidieuse férocité, dans le sillage de Philippe Muray ; célébrant la cour des miracles qui se croit à la pointe de l'humanité et illustre notre prétendue prospérité, avec ses auteurs-cultes, plasticiens de génie, polémistes au petit pied, parvenus, charlatans et bouffons de tout poil.
Les marins dénouent les cordes qui nous relient à la terre ferme. Ils courent pieds nus, le bas de leur galabeya coincé entre leurs dents, d'une bitte d'amarrage à une autre. Ils s'interpellent, des rires fusent, des noms, Ashraf, Mohammed. Ils jettent les bouts sur le pont. Le petit remorqueur auquel nous sommes attachés ronronne, la corde entre les deux bateaux se tend, nous nous écartons de la rive. [...] Nous quittons Esna. [...] Les deux voiles latines, rayées rouge et blanc, s'ébrouent, se gonflent d'air, grandissent encore. Le cordage qui nous relie au remorqueur est lâché. [...] Le voyage sur le Nil commence." Et le roman de remonter aux sources mêmes du récit... Gaia l'Ardéchoise grandie au coeur d'un village de pierre sombre, très jeune prise par le désir de voyager. Luis le brillant avocat new-yorkais, né au Mexique. Leurs chemins qui se croisent pour se nouer à Gurnah. Le début d'une formidable aventure humaine, portant témoignage à la fois fies soubresauts de l'histoire contemporaine et de l'indéfectible charme de l'Egypte.
La dignité humaine est une notion aujourd'hui captive d'une forte instrumentalisation idéologique qui tend à rendre son concept de plus en plus flou.Quelle est son histoire et quel a été son cheminement ? Cette étude qui s'enracine dans le droit, la théologie et la philosophie, est particulièrement éclairante.
Philippe, brillant conseiller politique, est de permanence, cette nuit-là, à l'Elysée. Le standardiste du Palais, un ancien du GIGN, se charge de filtrer les appels importuns. Détournement d'avion, panique boursière en Asie du Sud-Est, prise d'otages à la mairie de Nanterre, frasques nocturnes de personnalités en perdition, etc. aucune situation de crise ne semble résister au savoir-faire de Philippe, modèle de sang-froid et d'habileté. Gérer une liste improbable d'événements sans avoir à réveiller le Président fait partie de sa routine. Mais quand le téléphone sonne à cette minute précise, il est loin de se douter que c'est son propre passé, hanté par la mort et les occasions manquées, qu'il va devoir affronter. Une femme en pleurs est à l'autre bout du fil. Elle est une amie proche du Président. Pas une maîtresse mais une amie. Elle lui doit la vie et s'apprête à la lui rendre. Philippe, bouleversé, poussé dans ses derniers retranchements, écoute cette inconnue, Marie, évoquer son suicide. La carapace de cet homme, rendu cynique et froid à force de servir le pouvoir, cède d'un coup au souvenir d'autres vies brisées, celles des fidèles amis qu'il n'a pas su dissuader de passer à l'acte. Décidé à sauver Marie, il cherche à la faire parler, à l'amener à raconter son histoire. A gagner du temps... Une longue et douloureuse "négociation" à haut risque commence.