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Le ciel de Cambridge. Rupert Brooke, la mort et la poésie
Barthelet Philippe
PG DE ROUX
23,50 €
Épuisé
EAN :9782363711236
"Nous t'avons trouvé pâle et calme, étrangement couronné de fleurs, beau et secret comme un enfant..." Dans ce chant funèbre d'un jour qu'il a aimé, Day that I loved, Rupert Brooke se trahit dans cette parenthèse, trahit cette intime prophétie du poète qui sait ce qu'il dit, d'une science obscure et définitive : c'est un jour qu'il a aimé dont il décrit l'embarquement de la dépouille sur quelle mer ténébreuse, et là-bas nulle clameur de gloire comme chez Lord Tennyson, mais le dernier feu sur l'abîme, flame ultimate on the deep" Rupert Brooke (1887-1915) fut le prince de la jeunesse et aussi, à son corps défendant, le prince du paradoxe : l'auteur d'un des plus beaux poèmes jamais écrits sur l'amour de la patrie, The Soldier ("Le Soldat"), qui fit de lui le plus célèbre "poète de guerre" anglais, n'a pas eu le temps de combattre. Il est mort le 23 avril 1915, deux jours avant le débarquement des Dardanelles, et a été enterré sur nie de Scyros. Un hymne à la gloire du dernier chantre de la poésie immortelle.
Roman de la langue", avons-nous dit quand la manie définisseuse de notre époque nous serrait de trop près, pour désigner sous un seul titre, générique, sept chapitres ou épisodes - L'Etrangleur de perroquets, Baraliptons, L'Olifant, Fou Forêt, Salut aux bêtes sauvages - dont voici le dernier, ce Vert dragon pour conclure, encore que la conclusion referme, comme son nom l'indique, et qu'ici il n'y ait rien à refermer, tout au contraire. La langue est le plus étrange des pays natals, on la connaît d'avance, par coeur ; il reste à la découvrir en l'explorant, et l'explorateur ne se distingue pas du pays qu'il explore ni de l'instrument de son exploration... Il se trouve enfin que cette langue est le français, qu'il fut jadis la merveille du monde et qu'il faudrait aujourd'hui l'oublier, le laisser aux anges d'Hoffmann ("parler français comme des anges") ou aux bêtes de M. Jourdain (" Quelle étrange chose de parler à des bêtes ! "). Ou peut-être aux amateurs de romans, qui tiennent de celles-ci autant que de ceux-là.
Ces tulipes orageuses, c'est Henri Rochefort qui les ambitionnait aux jeux floraux de la littérature de son temps ; un temps qui le cantonnait dans le genre "pamphlétaire", parce qu'il prétendait que les mots publics pouvaient être autre chose que des formules de politesse. Quand la si mal nommée "langue de bois" interdit toute parole vive, le moindre propos pas encore tout à fait lignifié devient"polémique", et la qualification vaut flétrissure. Car les gardiens de la langue de bois sont de sourcilleux moralisateurs, le "correct" est la règle d'or à laquelle ils sacrifient tout avec un zèle sans reproche." Ces tulipes-épées jailliraient-elles d'une nouvelle botte secrète de Philippe Barthelet ? Convoquant sur-le-champ tous les excès ou "éclats" de langue dont est capable le français : polémique, persiflage, "dit" du droit, etc. Occasions parfois sanglantes d'apprendre d'insolites anecdotes quant à ces maux que donnent toujours les mots... Quand on les juge déplacés ou pire : dignes de véritables déclarations de guerre ! Erudit, gourmet et... bien frappé!
Dans les minutes de son procès - la plus belle ?uvre en prose jamais écrite en langue française, selon Jean Cocteau -, Jeanne d'Arc affirme : " Le Royaume de France durera mille ans et plus. " Vérité d'évidence, puisque le Royaume de France n'a été inventé ni par les politiques, ni par les historiens, que son temps et que sa vocation de " terre des hommes libres " ne dépendent pas plus de nos oublis que de nos craintes. Rien n'est plus raisonnable en France, rien n'est plus français, que d'attendre l'inattendu... Dieu merci.
La langue française a pourtant plus d'un tour dans son sac. Tantôt formelle à pleurer, tantôt enguirlandée à outrance, tantôt prisonnière d'un jargon ou d'une posture, tantôt ludique et lumineuse... La voilà prise en chasse par Philippe Barthelet dans un paysage et une Histoire aux étymologies fuyantes et complices. C'est que le génie de la langue ne tient pas en bouteille mais nous saute volontiers au visage, capable de mordre à plaisir le fruit défendu. C'est que le français n'est pas une langue de "réserve", vouée aux bêtes sauvages mais un "goût", une joie du palais qui a ses entrées partout en fin diplomate, en séducteur aguerri, en inlassable pâmeur de "sens".
La dignité humaine est une notion aujourd'hui captive d'une forte instrumentalisation idéologique qui tend à rendre son concept de plus en plus flou.Quelle est son histoire et quel a été son cheminement ? Cette étude qui s'enracine dans le droit, la théologie et la philosophie, est particulièrement éclairante.
Roland Jaccard raffole des cinéphiles, l'étant lui-même jusqu'au bout des ongles. Le problème est qu'il aime encore plus John Wayne, l'homme à abattre, jugé coupable de nombreux crimes par les petits censeurs de la bien-pensance anti-Trump. Réac, raciste, génocidaire... on ne compte plus les coups bas que dirige en permanence la charge de la grosse cavalerie idéologique contre le dernier des géants. Heureusement Roland Jaccard dégaine plus vite qu'eux et ne rate jamais sa cible. Et c'est une belle leçon de western - transposé à notre époque démissionnaire - qu'il va leur donner : celle qui sonne tôt ou tard le cinglant retour à la réalité et au savoir-vivre. On retrouvera ici toute l'insolence et l'acuité inimitables de Roland Jaccard.
Comment se transforme-t-on en Chinois virtuel, penché en permanence sur son smartphone ? Comment devient-on Charlie ? Comment peut-on être Kim Kardashian ? Tantôt rebelle consentant, hurlant en boucle des slogans préenregistrés, façon karaoké, tantôt icône de la Toile, incarnation d'une success story qui prolifère sur les réseaux sociaux sans qu'on sache pourquoi au juste. C'est l'histoire d'une contagion, d'une lobotomisation générale, que nous raconte Jean-Louis Kuffer avec une rare et insidieuse férocité, dans le sillage de Philippe Muray ; célébrant la cour des miracles qui se croit à la pointe de l'humanité et illustre notre prétendue prospérité, avec ses auteurs-cultes, plasticiens de génie, polémistes au petit pied, parvenus, charlatans et bouffons de tout poil.
Les histoires des vraies gens, on ne devrait pas les raconter autant à la légère." S'il y a bien une chose dont Ethel ne doute pas, c'est qu'elle est juive. Jusqu'au jour où Côme, son ami chercheur, lui montre en passant la photographie d'une adolescente disparue en 1944. Ethel y reconnaît sa grand-mère, Marie, mais non la croix bien chrétienne qui pend à son cou. Pourquoi sa merveilleuse grand-mère lui aurait-elle menti sur ses origines? Le désarroi de la jeune femme est d'autant plus fort que Marie, frappée d'Alzheimer, ne peut plus s'expliquer. Sous le choc, Ethel décide de mener l'enquête à la place de Côme. Une imposture qu'elle regrettera amèrement en découvrant ce que dissimule celle de Marie. Un récit sous haute tension et magistralement orchestré.