Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le carton de mon père. Réflexions sur l'héritage
Bärfuss Lukas ; Felchlin Lionel
ZOE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782889073481
A la mort de son père, il y a vingt-cinq ans, Lukas Bärfuss refuse l'héritage, constitué essentiellement de dettes. Il ne garde qu'un carton, rempli d'une triste paperasse. Quand, à la faveur d'un grand rangement, il l'ouvre et passe en revue ce qu'il contient, c'est toute son enfance précaire qui défile. A la lumière de la Bible, Darwin, Claude Lévi-Strauss ou Martine Segalen, l'écrivain décortique les notions de famille et d'origine, ces obsessions dangereuses de notre civilisation. Il en profite pour évoquer les "biens jacents" , ces biens sans propriétaires que sont les océans, les animaux sauvages, et surtout les déchets. Dans cet essai qui est sans doute son livre le plus personnel, Lukas Bärfuss démontre une fois encore son esprit critique acéré. Né en 1971 à Thoune en Suisse, Lukas Bärfuss est aujourd'hui l'un des écrivains les plus connus de langue allemande. Romancier, dramaturge, essayiste joué et traduit dans le monde entier, il a reçu de nombreuses distinctions pour son oeuvre, notamment en 2019 le prix Georg-Büchner, la plus prestigieuse récompense littéraire germanophone.
Des ballerines bleu prune, une fourrure, une nuit froide dans une voiture, un porte-monnaie égaré, une pie, une chaussure perdue, un mathématicien japonais décédé... Au fil du récit et de ces faits épars, le narrateur suit Philip, un promoteur immobilier dans la fin de la quarantaine, à travers Zurich. Lui-même suit, sur un coup de tête, une femme aux ballerines bleu prune, d'abord par jeu pour tuer le temps avant un rendez-vous professionnel, puis par obsession. Il abandonne sa vie ordinaire, mû par cette idée fixe, et perd tout au fur et à mesure que la batterie de son téléphone se décharge : son argent, une chaussure, sa voiture, le sens des réalités. Lukas Bärfuss livre un roman haletant et lucide sur notre dépendance à la technologie, l'individualisme de la société contemporaine, l'amour et le fil très ténu auquel tient notre existence.
Lorsque Dora, une jeune fille depuis toujours abrutie par les médicaments destinés à dissimuler sa "fêlure aux étages supérieurs" , cesse son traitement, elle exerce cette liberté retrouvée avec une naïveté et un appétit que son entourage - parents, psychiatre, patron - ne parvient pas, malgré ses principes affichés d'ouverture et de tolérance, à accepter.
Lukas Bärfuss va dans sa ville natale pour donner une conférence sur un grand poète allemand, Kleist, dont la fin choisie nous est connue. Il y retournera quelques mois plus tard après le suicide de son frère. Comment expliquer un tel acte et le silence qui l'entoure ? Bärfuss cherche des réponses aux questions que son frère lui a laissées. Il passe de l'incompréhension à la colère, puis à la culpabilité, à la recherche de motivations et de points de comparaison dans l'histoire et dans la littérature. En se souvenant du surnom de son frère à l'adolescence, il part à la découverte du koala et de l'histoire tragique de l'Australie, comme si un nom pouvait influencer un destin. Tout en sondant l'insondable, il décrit l'occupation d'un territoire où s'affrontent hommes et nature. Un roman sur la violence, envers soi-même et autrui, qui remet en question notre ambition et notre mode de vie industrieux.
Résumé : Il y a So Ra, la grande soeur douce et rêveuse ; Na Na la cadette, déterminée et libre ; et Na Ki, le frère de coeur, qui cache un lourd secret derrière son sourire fêlé. A tour de rôle, ils prennent la parole et racontent : leur rencontre et l'enfance dans l'appartement commun, un demi-sous-sol divisé en deux par une cloison ; le séjour de Na Ki au Japon d'où il est revenu changé ; la grossesse de Na Na, enceinte d'un homme qui n'est pas encore son mari. A travers le récit croisé de ces voix qui reflètent chacune un imaginaire propre, événements et situations se déploient dans toutes leurs nuances. Lumineuse ou mélancolique, d'une fraîcheur candide ou d'une sourde violence, l'écriture de Hwang Jungeun saisit la trajectoire de ces personnages tellement attachants, capte leurs contradictions et leurs espoirs.
La France est secouée par des émeutes. Patrick, policier suisse dépêché par Europol, se trouve en Seine-Saint-Denis, département 9-3, dans la couronne parisienne. Il mène l enquête au c ur d organisations mafieuses chinoises, mais les circonstances vont le rendre témoin du fossé qui se creuse entre la police française et la population, notamment en banlieue. Patrick nous entraîne dans le sillage de bandes de jeunes Français et dans l univers d un commissariat, et il constate que son métier de flic de banlieue disparaît pour ne laisser place qu au seul maintien de l ordre, par une police qui se comporte comme une armée d occupation. Une histoire de flics, écrite par un flic, qui oscille entre la nostalgie des romans policiers style Quai des Orfèvres et les défis que doivent maintenant relever les polices d Europe. Troisième récit de Patrick Delachaux, Grave Panique est la véritable histoire de l une des dernières missions du policier Delachaux.
C'était au mois de juin de l'année 1976. C'était le début des grandes vacances de mes treize ans. C'était l'année de la sécheresse.Des wagons-citernes acheminaient de l'eau puisée au fond des lacs vers les villages; sous un ciel aussi jaune que du papier maïs, les militaires avec leurs camions et leurs motopompes s'occupaient des arrosages de secours pour sauver les plantations qui pouvaient encore l'être. Les autorités avaient activé le plan ORCA.Il ne pleuvait plus depuis des semaines; comme il n'avait pas neigé sur les montagnes durant l'hiver, les nappes phréatiques ne s'étaient pas remplies au printemps. Tout était sec en dessous, tout était sec en surface et notre campagne ressemblait à un vieux biscuit dur. Certains disaient que le soleil s'était soudain rapproché de la Terre; d'autres disaient que la Terre avait changé d'axe et que c'était elle qui, au contraire, était attirée par le soleil. Je pensais que cette chaleur particulière était causée par un astéroïde tombé non loin de chez nous, par un gros corps céleste constitué d'un métal inconnu dégageant des vapeurs toxiques invisibles. Comment expliquer autrement que par des gaz lentement diffusés vers les maisons du village nous empoisonnant à notre insu la modification insidieuse du caractère de maman, sa transformation en une autre personne, la perte de la maîtrise de nos vies au cours de cet été, la fin du monde de mon enfance?Depuis quelques jours, Rudy me disait que l'herbe sentait mauvais. Quand je lui avais demandé pourquoi, il m'avait répondu triste et sérieux que c'était parce qu'elle souffrait. Rudy était exactement le genre d'individu capable d'imaginer une végétation qui manifesterait son inconfort par une transpiration malodorante. Dans l'air de notre arrière-cour parsemée de brins d'herbe malingres piétines par le bétail, il planait une odeur de céleri et de soufre. Le vert terne du lierre agrippé au muret du jardin potager était devenu presque noir. Le soleil chauffait la pierre, froissait ses feuilles, en tordait les tiges ratatinées qui faisaient un dernier effort pour ne pas se détacher de leur branche et basculer dans le sol sablonneux. En m'approchant pour observer les crampons de la plante, pareils à de minuscules poings serrés par le désespoir, je devais bien admettre qu'elle puait.