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Hagard
Bärfuss Lukas ; Felchlin Lionel
ZOE
18,00 €
Épuisé
EAN :9782889275090
Des ballerines bleu prune, une fourrure, une nuit froide dans une voiture, un porte-monnaie égaré, une pie, une chaussure perdue, un mathématicien japonais décédé... Au fil du récit et de ces faits épars, le narrateur suit Philip, un promoteur immobilier dans la fin de la quarantaine, à travers Zurich. Lui-même suit, sur un coup de tête, une femme aux ballerines bleu prune, d'abord par jeu pour tuer le temps avant un rendez-vous professionnel, puis par obsession. Il abandonne sa vie ordinaire, mû par cette idée fixe, et perd tout au fur et à mesure que la batterie de son téléphone se décharge : son argent, une chaussure, sa voiture, le sens des réalités. Lukas Bärfuss livre un roman haletant et lucide sur notre dépendance à la technologie, l'individualisme de la société contemporaine, l'amour et le fil très ténu auquel tient notre existence.
Bärfuss Lukas ; Chartreux Bernard ; Spreng Eberhar
Alice a un but dans la vie: trouver la mort. Mais il faut se rendre à l évidence: seule, elle ne pourra pas mettre son projet à exécution. Elle entre en contact avec un médecin euthanasiste de Zürich à la réputation trouble. À l heure des technologies les plus avancées et des médecines modernes, à l époque où la fiction arrive encore parfois à surpasser la réalité, Lukas Bärfuss interroge notre capacité à affronter l inéluctable. La mort peut-elle s acheter? Le rôle du médecin est-il de nous aider à l affronter? Et le désespoir des uns peut-il faire l avenir des autres? Eva et Herbert Kahmer, les protagonistes de Pétrole, ont voyagé dans de nombreux pays, à la recherche de nouveaux gisements. Obsédé par ce désir, Herbert voyage sans cesse avec son associé Edgar, tandis qu Eva perd peu à peu le sens de son existence et s adonne à des pensées floues. Seule dans un pays inconnu avec pour seule compagnie Gomua, une domestique mystérieuse, elle se mure dans sa propriété. Lukas Bärfuss compte parmi les auteurs dramatiques allemands les plus importants de sa génération. « Les imaginaires caractéristiques de ses textes et la prégnance de la langue de Bärfuss font de lui un poète parmi les dramaturges. Ce qui en outre distingue ses pièces: elles décrivent sans pédanterie les impasses sociétales et sans voyeurisme les abîmes humains. » (Die Welt)
Bärfuss Lukas ; Chartreux Bernard ; Spreng Eberhar
David plonge une louche dans la casserole et je vois que ce sont des tripes qu'il nous sert, des tripes toutes préparées achetées chez le boucher, les meilleures tripes qu'il ait jamais mangées, affirme-t-il, avant d'engloutir sa généreuse portion, avec un appétit presque indécent. Après tout ce qu'il avait vécu, je me serais attendu à ce qu'il soit devenu végétarien, mais non content de manger de la viande, il mange aussi des abats, de la panse de vache, et je me demande s'il ne veut pas ainsi me faire comprendre quelque chose, sur sa constitution peut-être, sur le fait qu'il était indemne, et qu'aussi effrayante qu'ait pu être toute l'affaire, elle ne l'empêche pas de manger des viscères à la sauce rouge.
Qui sont les Coré? Ils sont une famille. Ce postulat est bancal. D ailleurs Pierre, fils unique d Hélène et Simon, met en doute sa propre paternité et recourt à un test. Le résultat est évidemment dévastateur. Pour lui et pour le reste de la famille, dont les liens se délient aussi rapidement qu ils sont prétendument solides. Le Test révèle. Mais quoi? Une certaine vérité. La lâcheté des uns, l égoïsme des autres. La face cachée d un individualisme qui ronge depuis longtemps les fondations vieillies de la famille. Il fait d un politicien bien sous tous rapports, ce brave Simon Coré, un homme de chair et de sang en proie à la plus contagieuse des maladies: le doute.
La France est secouée par des émeutes. Patrick, policier suisse dépêché par Europol, se trouve en Seine-Saint-Denis, département 9-3, dans la couronne parisienne. Il mène l enquête au c ur d organisations mafieuses chinoises, mais les circonstances vont le rendre témoin du fossé qui se creuse entre la police française et la population, notamment en banlieue. Patrick nous entraîne dans le sillage de bandes de jeunes Français et dans l univers d un commissariat, et il constate que son métier de flic de banlieue disparaît pour ne laisser place qu au seul maintien de l ordre, par une police qui se comporte comme une armée d occupation. Une histoire de flics, écrite par un flic, qui oscille entre la nostalgie des romans policiers style Quai des Orfèvres et les défis que doivent maintenant relever les polices d Europe. Troisième récit de Patrick Delachaux, Grave Panique est la véritable histoire de l une des dernières missions du policier Delachaux.
C'était au mois de juin de l'année 1976. C'était le début des grandes vacances de mes treize ans. C'était l'année de la sécheresse.Des wagons-citernes acheminaient de l'eau puisée au fond des lacs vers les villages; sous un ciel aussi jaune que du papier maïs, les militaires avec leurs camions et leurs motopompes s'occupaient des arrosages de secours pour sauver les plantations qui pouvaient encore l'être. Les autorités avaient activé le plan ORCA.Il ne pleuvait plus depuis des semaines; comme il n'avait pas neigé sur les montagnes durant l'hiver, les nappes phréatiques ne s'étaient pas remplies au printemps. Tout était sec en dessous, tout était sec en surface et notre campagne ressemblait à un vieux biscuit dur. Certains disaient que le soleil s'était soudain rapproché de la Terre; d'autres disaient que la Terre avait changé d'axe et que c'était elle qui, au contraire, était attirée par le soleil. Je pensais que cette chaleur particulière était causée par un astéroïde tombé non loin de chez nous, par un gros corps céleste constitué d'un métal inconnu dégageant des vapeurs toxiques invisibles. Comment expliquer autrement que par des gaz lentement diffusés vers les maisons du village nous empoisonnant à notre insu la modification insidieuse du caractère de maman, sa transformation en une autre personne, la perte de la maîtrise de nos vies au cours de cet été, la fin du monde de mon enfance?Depuis quelques jours, Rudy me disait que l'herbe sentait mauvais. Quand je lui avais demandé pourquoi, il m'avait répondu triste et sérieux que c'était parce qu'elle souffrait. Rudy était exactement le genre d'individu capable d'imaginer une végétation qui manifesterait son inconfort par une transpiration malodorante. Dans l'air de notre arrière-cour parsemée de brins d'herbe malingres piétines par le bétail, il planait une odeur de céleri et de soufre. Le vert terne du lierre agrippé au muret du jardin potager était devenu presque noir. Le soleil chauffait la pierre, froissait ses feuilles, en tordait les tiges ratatinées qui faisaient un dernier effort pour ne pas se détacher de leur branche et basculer dans le sol sablonneux. En m'approchant pour observer les crampons de la plante, pareils à de minuscules poings serrés par le désespoir, je devais bien admettre qu'elle puait.
Les lettres d'Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) à son ami Claude Bourdet - futur grand Résistant et journaliste politique qui deviendra en 1950 l'un des fondateurs de l'ancêtre du Nouvel Observateur - permettent de suivre l'évolution de cette femme écrivain, journaliste et photographe depuis ses premiers pas en littérature jusqu'à la veille de son fameux voyage Genève-Kaboul en voiture avec Ella Maillart. Certes, la voix de Claude Bourdet manque cruellement - ses lettres ont été détruites par la mère d'Annemarie après sa mort -, mais elle n'est pas totalement absente, car on en trouve des échos passionnants dans ses lettres à sa mère, la poétesse Catherine Pozzi, dont se nourrissent les notes du présent ouvrage, et dans un texte émouvant qu'il écrivit en son souvenir et qui est publié ici pour la première fois dans son intégralité. Au fil de ces lettres, envoyées des quatre coins du monde, se révèlent les multiples et parfois surprenantes facettes de la personnalité d'Annemarie Schwarzenbach: femme engagée dans la lutte contre les nazis et contre toute idéologie, femme secrète, torturée par les doutes et un mal-être profond, femme de terrain, toujours ouverte au monde, femme d'une brûlante actualité, éprise de liberté, vivant au rythme de l'écriture et d'incessants départs.
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.