Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
LA VIE LACUNAIRE
BARBARAS
VRIN
18,00 €
Épuisé
EAN :9782711623877
Nous avons établi dans notre Introduction à une phénoménologie de la vie que, loin de s'ajouter à la vie que nous partageons avec les autres vivants, la subjectivité devait au contraire être comprise privativement, comme la négation d'une vie qui la déborde toujours et la rapporte à la profondeur du monde: nous avons nommé désir la trace en nous et l'épreuve de cette profusion. Cependant, cette négation ne devient véritablement pensable qu'à la condition de montrer qu'elle n'est pas tant le fait de l'homme que celui de la vie même, qu'elle s'enracine dans une auto-limitation de la vie. Ainsi, la vie recule en nous parce qu'elle est elle-même caractérisée par une lacune fondamentale, dont nous montrerons qu'elle renvoie en dernière instance à l'archi-événement d'une scission et d'une dérive par rapport à cette vie plus originaire encore - vie qui n'est encore la vie d'aucun vivant - qu'est la Vie de la manifestation.
Résumé : La phénoménologie de Sartre peut être comprise comme une tentative de fonder radicalement l'intuition husserlienne de l'intentionnalité. " Toute conscience est conscience de quelque chose " : la conscience naît portée sur un être qui n'est pas elle, elle n'est pas constituante mais révélante et c'est en tant quelle est Néant qu'elle peut s'ouvrir à l'Être sans cesser de s'en distinguer. Or, définir la conscience par la néantisation revient à mettre au c?ur de l'existence humaine une liberté qui, tout en s'appuyant sur la facticité du pour-soi, demeure absolue et inconditionnée. Cependant, ce mouvement de néantisation est fondé sur une théorie du désir qui constitue la clé de voûte de L'Être et le Néant et rend compte des différentes modalités d'existence du pour-soi. Le pour-soi ne peut en effet sortir de lui-même vers le monde que parce qu'il est traversé par un désir insatiable, un manque qui ne peut être comblé : celui de réaliser l'impossible synthèse de l'en-soi et du pour-soi, bref le désir d'être Dieu. Tous les textes réunis ici tentent d'aborder la philosophie phénoménologique de Sartre à la lumière de cette articulation fondamentale entre la liberté et le désir.
Bien que la perception soit ce qui nous initie originairement à l'Etre sous la forme d'un "il y a" primordial, la tradition en a le plus souvent manqué la spécificité. Il est donc nécessaire de repenser la singularité de l'événement perceptif, reconnue pour la première fois par Husserl sous le titre de "donation par esquisses", au lieu de la soumettre à la loi de l'objet. Une telle exigence requiert une réduction radicale, qui ne va pas de la suspension de la thèse d'existence du monde à la subjectivité transcendantale mais de la critique du néant - toile de fond de toute ontologie de l'objet - au monde comme a priori de tout apparaître. A ce monde, totalité imprésentable, correspond un sujet dont le sens d'être fait problème puisqu'il est à la fois un moment du monde et en rapport avec la totalité comme telle. Un tel sujet doit être abordé à partir du mouvement vivant et son être caractérisé comme désir.
Résumé : Renaud Barbaras compte parmi les philosophes vivants les plus importants. Il a reçu le Grand Prix de philosophie de l'Académie française en 2014 pour l'ensemble de son oeuvre. Cet ouvrage constitue un tournant dans l'analyse philosophique du désir, et noue un dialogue entre les traditions philosophiques (phénoménologie) et psychanalytiques (Freud, Lacan). Tout désir est désir du monde, non pas au sens où il se rapporterait à un monde déjà là, mais bien parce qu'il en est la condition d'apparition.
Alors que le problème de la perception n'est autre que celui de notre rapport même à l'être, la tradition philosophique l'a largement négligé. La chose perçue est le plus souvent confondue avec une collection de qualités sensibles ou rabattue sur l'objet intelligible : la perception est méconnue au profit de la sensation ou de l'intellection. Il revient à la phénoménologie husserlienne d'avoir mis en évidence, avec la théorie de la donation par esquisses, l'originalité de la présence perceptive : le propre du perçu est de s'absenter de ce qui le présente, d'excéder toujours ce dans quoi il se donne. La question que Husserl permet alors de poser, sans parvenir à la résoudre complètement, est celle de la nature véritable du percevant et du sens d'être du perçu. Cet ouvrage tente d'esquisser une réponse en rapportant la perception à l'activité d'un sujet vivant et en opposant par conséquent à la plénitude de l'objet, sorti du néant par un regard purement théorique, un monde dont la profondeur répond à l'insatisfaction qui caractérise la vie.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.