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La langue allemande sous la croix gammée. Le singulier dictionnaire de Trübner
Aron Jacques ; Rastier François
PULG
24,00 €
Épuisé
EAN :9782875621009
Cet essai est consacré au plus important dictionnaire historique et étymologique allemand conçu sous le IIIe Reich par une équipe de linguistes ralliés au régime. Engagé dès 1934, ce projet sans précédent n'a pu être mené à son terme du fait de la Seconde Guerre mondiale. Quatre volumes en ont été publiés entre 1939 et 1943. Après la défaite du nazisme, lu matière des tomes suivants a dû être complètement remaniée ; les quatre derniers volumes paraîtront entre 1954 et 1957, adaptés vaille que vaille au nouveau contexte politique : occupation militaire, entrée dans lu guerre froide et division du pays en deux Etats rivaux. Ce mélange d'érudition, d'opportunisme et de compromissions politiques représente un témoignage d'autant plus précieux sur une période de l'histoire européenne, que cet ouvrage de référence a été acquis ou fur et à mesure de sa parution par toutes les bibliothèques universitaires et utilisés par des générations de philologues germaniques. Il engage dès lors à une réflexion renouvelée sur le rôle de la langue et de ses rapports complexes avec tous les enjeux de société, qu'ils soient économiques, politiques, culturels. Il remet en question les limites de la recherche scientifique dans les sciences humaines.
Après la Première Guerre mondiale, trois généraux, un Allemand, un Français et un Anglais, ayant pris une part active au conflit, comprennent qu'il est plus ardu et plus utile de préparer la paix que la guerre qui ne résout jamais aucun problème de l'humanité. Le général allemand Paul baron von Schoenaich publie en 1924 le manifeste pacifiste traduit et présenté ici : De la guerre précédente à la suivante. Ses collègues Alexandre Percin et Ian Hamilton le soutiennent et le préfacent. La Seconde Guerre mondiale interviendra un peu plus tard qu'ils ne l'avaient craint. Leur démarche demeure cependant d'une grande actualité.
Constantin Brunner (1862-1937), philosophe allemand d'origine juive, inspiré par l'oeuvre de Spinoza, antinazi de la première heure, est contraint par l'arrivée au pouvoir d'Hitler, à s'exiler aux Pays-Bas avec sa famille. Grâce à de nombreux amis, il s'établit à La Haye, où il poursuit son oeuvre jusqu'à son décès. C'est là qu'il rédige en 1934-1935 son Testament philosophique, synthèse de la pensée globale qui le caractérise, prenant en compte les représentations autant que la réalité qu'elles reflètent. Après l'occupation du pays, sa veuve et sa fille furent déportées et assassinées au camp d'extermination de Sobibor.
Constantin Brunner (1862-1937), philosophe allemand d'origine juive, inspiré par l'uvre de Spinoza, a d'abord tenté une synthèse de la dialectique hégélienne et d'un courant de la philosophie judaïque basé sur l'unité fondamentale de l'existence et de la pensée. A partir de 1928, il affirme dans Matérialisme et Idéalisme, que ces deux approches sont fondamentalement indissociables. Aussi entend-il traduire ce principe moniste de toutes les manières possibles, en ce compris la forme poétique. Avec la traduction de ses poèmes, nous abordons ici cette problématique singulière.
Ce livre clôture une longue réflexion sur la soi-disant "question juive" européenne, qui se serait radicalisée sous le Reich allemand de 1871, après sa défaite militaire de 1918, au cours de la république de Weimar, pendant les premières années du IIIe Reich, pour culminer dans un génocide spécifique des populations juives durant la Seconde Guerre mondiale. Jacques Aron pense que ce phénomène ne s'éclaire que dans l'évolution de son contexte historique et en référence avec le rôle mythique disproportionné attribué au judaïsme, terreau de tous les monothéismes. Ces derniers, en effet, se réservent encore dans les institutions politiques, même démocratiques, un rôle d'instance morale "extérieure" échappant par nature à toute décision rationnelle des individus concernés. L'analyse fait appel à des témoignages d'époque, dont plusieurs enquêtes publiques sur le sujet, menées en 1894, 1907 et 1932, soit 6 mois avant l'arrivée des nazis au pouvoir.
Résumé : Bien moins nombreux que les papyrus grecs, les papyrus latins présentent néanmoins un grand intérêt pour l'étude des contacts entre les deux langues officielles du bassin méditerranéen antique, à savoir le grec et le latin. Ces contacts se manifestent non seulement par l'existence de papyrus bilingues, mais sont aussi perceptibles à d'autres niveaux : les emprunts lexicaux dans les papyrus documentaires et l'influence d'une écriture sur l'autre. Ces aspects ont été fortement renouvelés ces dernières années. Les Actes de la Table Ronde organisée à Liège les 12 et 13 mai 2011 proposent non seulement des pistes de réflexion sur les phénomènes inter-linguistiques en Egypte gréco-romaine, mais font également le bilan des avancées récentes de la papyrologie latine en prenant en considération deux phénomènes étroitement liés, le bilinguisme et le digraphisme.
Comparer les comparables ? Comparer les comparatismes ? Pourquoi et comment comparer ? La première interrogation a été formulée par E. Lésinas dans le questionnement sur les relations avec autrui ; elle a été transférée récemment dans le domaine de l'anthropologie culturelle, et plus particulièrement dans celui de l'histoire des religions. Les doutes entretenus par les grandes entreprises comparatistes, de J. G. Frazer à Cl. Lévi-Strauss en passant par M. Eliade ou G. Dumézil, ont suscité la seconde, plus récemment encore. Quant à la troisième elle est l'objet, pour les religions antiques, des contributions réunies dans le présent volume, dans des tentatives devenues désormais plus modestes et plus expérimentales. En effet, pour l'Antiquité, les principes de l'analyse structurale dans l'anthropologie culturelle et sociale des années 1960 ont conduit soit au paradigme indo-européen des trois fonctions, soit à un renouveau du paradigme sémitique : approche moins diachronique que synchronique dans le premier cas ; fréquente perspective historique de dérivation dans le second. Déconstructionisme et relativisme postmoderniste ont contribué à déstabiliser la belle assurance des oppositions et schémas structuraux. Ils ont montré les risques d'un universalisme et d'un essentialisme naturalisants. Désormais, la démarche comparative est revenue à des pratiques moins ambitieuses, soit sur le mode du questionnement et de l'expérimentation autour d'un problème, soit sur le mode de la comparaison différentielle à la recherche de spécificités définies par contraste, soit encore sur le mode dialogique et réflexif qui est aussi devenu celui de l'anthropologie culturelle et sociale. A l'exemple des phénomènes que nous plaçons sous l'étiquette de la religion, comment réhabiliter une démarche comparative à la fois rigoureuse et critique ? Questionnements donc, à partir d'exemples précis, sur les modèles d'intelligibilité dont nous nous inspirons, dans la dialectique parfois conflictuelle entre catégories "émiques" et catégories "étiques", pour refonder une analyse comparative productive, en histoire des religions en particulier et en sciences humaines en général.