Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Nature et puissance. Giordano Bruno et Spinoza
Ansaldi Saverio
KIME
20,30 €
Épuisé
EAN :9782841743896
Il existe sans doute entre Giordano Bruno et Spinoza une " affinité élective " qui dépasse toute tentative d'établir une filiation philologique ou une dérivation textuelle entre les deux auteurs. En effet, indépendamment d'une certaine " convergence " biographique (la persécution de la part des autorités politiques et religieuses, l'exil, la renommée sulfureuse des écrits), Giordano Bruno et Spinoza partagent des problématiques et des questionnements philosophiques d'une grande envergure conceptuelle. En effet, au-delà d'une herméneutique d'origine idéaliste et historiciste visant à souligner une forte homogénéité conceptuelle entre Giordano Bruno et Spinoza, il nous semble que ces deux auteurs tentent de répondre à une même question, extrêmement précise : quelles sont les conséquences anthropologiques de l'infinitisation de la nature ? Cette question est pour ainsi dire immanente aux thématiques et aux tensions qui gouvernent leur philosophie respective et en même temps elle est implicite aux contenus et aux débats caractérisant la culture philosophique de leur époque. Les conséquences anthropologiques de l'infinitisation de la nature deviennent particulièrement évidentes, aussi bien chez Bruno que chez Spinoza, lorsqu'on se focalise sur la notion de " puissance ". Que signifie d'abord l'affirmation d'une puissance infinie au sein d'un univers infini, autrement dit d'une productivité naturelle inépuisable abolissant les principes de la transcendance divine ? Que signifie penser Dieu dans les choses ? La théorie de l'immanence oblige ainsi Bruno et Spinoza à inscrire cette puissance dans l'effectivité même du réel et à définir les propriétés et les caractères d'une productivité infinie agissant à l'intérieur des processus naturels et façonnant par là la totalité de l'univers.
Résumé : La prière passe aujourd'hui, dans l'environnement culturel qui est le nôtre, par une crise grave. C'est que l'homme moderne, tout imbu de sa science et fier de ses techniques, accepte mal de s'en remettre aveuglément à une Providence qui viendrait combler tous ses besoins. Alors qu'on s'est souvent préoccupé de savoir comment prier, la question, actuellement, pourrait bien être plutôt de savoir pourquoi. Mieux, de savoir à qui l'on s'adresse. Et de découvrir que la prière nous conduit, au-delà de nos demandes souvent infantiles, à désirer toujours davantage la présence de Dieu, fût-elle enracinée, en Jésus-Christ, dans la fragilité et dans la mort. Aussi, que peut-elle être, la prière, sinon un lent et nécessaire travail appelé à transformer peu à peu notre regard sur Dieu ? Un combat pour sûr, rude et persévérant. Ce petit livre a choisi de prendre au sérieux les critiques de la modernité. Conjuguant avec bonheur le témoignage biblique et l'apport des sciences humaines, il voudrait apporter aux croyants du XXIème siècle une toute nouvelle raison de prier.
Biographie de l'auteur Jean Ansaldi est Doyen honoraire et ancien professeur à la Faculté de théologie protestante de Montpellier, ancien enseignant à l'Université Montpellier III (DEA de psychanalyse). Il est l’auteur de nombreuses publications à l’articulation de la théologie, de l’éthique et de la psychanalyse.
Résumé : S'il est vrai que le XVIe siècle italien, ou Cinquecento, correspond à une affirmation extraordinaire des pouvoirs de l'image, il est également incontestable que cette profusion s'accompagne d'une stratification théorique réunissant, par exemple, la théologie et la philosophie, la magie naturelle et la morale, la médecine et la politique. Peut-on définir un fil directeur dans cette diversité thématique ? Peut-on définir une "unité systématique" ou une homogénéité, permettant de mettre en évidence la spécificité de la notion et de la pratique de l'image à la Renaissance, ou bien faut-il accepter l'hétérogénéité des perspectives ? C'est de telles questions que part l'auteur pour interroger la pensée de Renaissance, en construisant une cartographie des images à partir d'un corpus d'auteurs précis : Nicolas de Cues, Marsile Ficin, Pic de la Mirandole, Le Tasse, Giordano Bruno. Au terme du parcours, qui implique un réexamen d'ouvrages majeurs comme les Essais d'iconologie de Panofsky, Devant l'image de Georges Didi-Huberman et Pouvoirs de l'image de Louis Marin, il apparaît que la différence des approches et des questions traitées n'empêche pas de déterminer une vision d'ensemble dans la pensée de la Renaissance.
Depuis la célèbre " querelle sur le panthéisme ", à la fin du XVIIIe siècle, l'étude des rapports entre Spinoza et la pensée de la Renaissance occupe une place centrale dans l'historiographie spinoziste. Les travaux que nous présentons dans cet ouvrage renouent avec cette tradition herméneutique, en apportant des éclairages nouveaux sur la question et en ouvrant des perspectives de recherche inédites. Chantal Jaquet analyse la notion d'amour chez Léon l'Hébreu et Spinoza. Saverio Ansaldi procède à une mise en parallèle du Traité théologico-politique de Spinoza et de l'Expulsion de la bête triomphante de Giordano Bruno. Hans Van Ruler s'interroge sur le sens d'une appartenance possible du système spinozien à la tradition humaniste de l'Europe du Nord. Gunter Coppens met en lumière la différence entre Descartes et Spinoza à partir de la pensée de Juste Lipse. Ces études permettent ainsi de définir le spectre des thématiques et des concepts traversant les philosophies de la Renaissance et de l'âge classique, tout en insistant sur la spécificité spéculative de chaque auteur et sur la constitution théorique singulière qui caractérise le déploiement d'une pensée autour de son noyau problématique et de son engendrement historique.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.