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Spinoza et la Renaissance
Ansaldi Saverio
SUP
15,00 €
Épuisé
EAN :9782840504771
Depuis la célèbre " querelle sur le panthéisme ", à la fin du XVIIIe siècle, l'étude des rapports entre Spinoza et la pensée de la Renaissance occupe une place centrale dans l'historiographie spinoziste. Les travaux que nous présentons dans cet ouvrage renouent avec cette tradition herméneutique, en apportant des éclairages nouveaux sur la question et en ouvrant des perspectives de recherche inédites. Chantal Jaquet analyse la notion d'amour chez Léon l'Hébreu et Spinoza. Saverio Ansaldi procède à une mise en parallèle du Traité théologico-politique de Spinoza et de l'Expulsion de la bête triomphante de Giordano Bruno. Hans Van Ruler s'interroge sur le sens d'une appartenance possible du système spinozien à la tradition humaniste de l'Europe du Nord. Gunter Coppens met en lumière la différence entre Descartes et Spinoza à partir de la pensée de Juste Lipse. Ces études permettent ainsi de définir le spectre des thématiques et des concepts traversant les philosophies de la Renaissance et de l'âge classique, tout en insistant sur la spécificité spéculative de chaque auteur et sur la constitution théorique singulière qui caractérise le déploiement d'une pensée autour de son noyau problématique et de son engendrement historique.
Cet ouvrage interroge le sens de la relation entre lien magique et métamorphose en essayant de dégager des perspectives philosophiques et politiques spécifiques à la Renaissance et à l'âge classique. La pensée de Giordano Bruno demeure dans cette optique une référence essentielle. Le philosophe nolain n'a de cesse de réfléchir sur le sens de cette relation, puisque c'est à travers elle qu'il construit aussi bien l'art de la mémoire que la pratique magique comme art du lien. Des thèmes comme celui de la fureur héroïque, de la différence entre l'homme et l'animal, de l'action magique ne sont compréhensibles qu'à partir de la relation constitutive entre le lien et la métamorphose. C'est par conséquent en étudiant les "liens de la métamorphose" que l'on peut faire apparaître la constitution d'un spectre de savoirs (magie, philosophie, politique) traversant l'histoire européenne de la Renaissance et de l'âge classique. Cela permet également d'insister sur le rapport que ces savoirs entretiennent avec les pratiques sociales. La philosophie et la magie, loin d'apparaître comme des savoirs abstraits et purement nominaux, s'affirment en réalité comme des discours performatifs légitimant la constitution des liens civils et sociaux. Il s'agit en définitive ici de reconstituer à nouveaux frais des séquences historiques et philosophiques qui tracent les relations entre une sphère des savoirs et une pratique de l'institution du social, dans une perspective comprenant aussi bien des auteurs de la Renaissance (Machiavel, Giordano Bruno) que de l'âge classique et baroque (Hobbes, Gracián).
Biographie de l'auteur Jean Ansaldi est Doyen honoraire et ancien professeur à la Faculté de théologie protestante de Montpellier, ancien enseignant à l'Université Montpellier III (DEA de psychanalyse). Il est l’auteur de nombreuses publications à l’articulation de la théologie, de l’éthique et de la psychanalyse.
Résumé : S'il est vrai que le XVIe siècle italien, ou Cinquecento, correspond à une affirmation extraordinaire des pouvoirs de l'image, il est également incontestable que cette profusion s'accompagne d'une stratification théorique réunissant, par exemple, la théologie et la philosophie, la magie naturelle et la morale, la médecine et la politique. Peut-on définir un fil directeur dans cette diversité thématique ? Peut-on définir une "unité systématique" ou une homogénéité, permettant de mettre en évidence la spécificité de la notion et de la pratique de l'image à la Renaissance, ou bien faut-il accepter l'hétérogénéité des perspectives ? C'est de telles questions que part l'auteur pour interroger la pensée de Renaissance, en construisant une cartographie des images à partir d'un corpus d'auteurs précis : Nicolas de Cues, Marsile Ficin, Pic de la Mirandole, Le Tasse, Giordano Bruno. Au terme du parcours, qui implique un réexamen d'ouvrages majeurs comme les Essais d'iconologie de Panofsky, Devant l'image de Georges Didi-Huberman et Pouvoirs de l'image de Louis Marin, il apparaît que la différence des approches et des questions traitées n'empêche pas de déterminer une vision d'ensemble dans la pensée de la Renaissance.
Résumé : Spinoza naît dans le milieu hispano-portugais d'Amsterdam, où apparaît ce mélange étonnant de tradition religieuse, de savoir-faire commercial, de culture littéraire et de pensée philosophique que les familles d'exilés continuaient d'exprimer dans leur vie, plus d'un siècle après leur expulsion de la péninsule ibérique. C'est dans ce milieu constitué de commerçants prospères et de savants subtils, versés dans l'interprétation de la Torah et dans la lecture des classiques espagnols, que se situent la genèse ainsi que la formation de la philosophie de Spinoza. En effet, dans la bibliothèque du philosophe, figurent les ouvrages des grands auteurs espagnols de l'époque baroque, parmi lesquels Quevedo, Gongora, Graciàn et Saavedra Fajardo. Peut-on dès lors supposer une confrontation serrée et un approfondissement continu de Spinoza avec le baroque ? Spinoza éprouvait-il la nécessité, le besoin ou, tout simplement, le désir de réfléchir sur et avec ces auteurs ? Dans quelle mesure ont-ils modelé sa pensée ? En d'autres termes, il ne s'agit pas de décider si Spinoza est un philosophe baroque ou non, mais d'établir si nous pouvons relever, dans ces ?uvres, la présence des auteurs espagnols de l'époque baroque, et de déterminer l'usage éventuel qu'il en a fait et la manière dont il les a repris ou repensés. S'il est vrai que le système de Spinoza se construit et se déploie dans une confrontation étroite avec la culture juive marrane, avec le cartésianisme, avec les sciences physiques et la philosophie de Hobbes, la pensée baroque espagnole se révèle comme un facteur important pour comprendre la constitution de cette " anomalie philosophique " qu'est le spinozisme.
Carraud Vincent ; Bayle Claire ; Meyer-Bisch Gabri
L'un des traits caractéristiques de Leibniz est son rapport, positif, érudit et essentiel à toute la tradition philosophique antérieure. Le rapport qu'il assume à celle-ci peut s'entendre par analogie avec les parties célèbres où les joueurs d'échec apprennent leur art : un bon joueur, instruit de l'histoire des échecs, reconnaît aux premiers coups l'ouverture choisie par son adversaire. Il s'épargne ainsi supputations et hypothèses. Se trouvent ici non seulement restitué ce que Leibniz a pensé des auteurs antiques et médiévaux mais encore analysé son bon usage de l'histoire de la philosophie. "
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.