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Le patrimoine monumental. Sources, objets et représentations
Andrieux Jean-Yves ; Chevallier Fabienne
PU RENNES
32,00 €
Épuisé
EAN :9782753534124
Qu?est-ce qu?un monument ? Autour de 1770, sous-tendu par l?idée moderne de bien public, il recouvre peu ou prou ce qu?il signifie aujourd?hui : un objet architectural, mais encore virtuel, car rien ou presque n?est fait pour le préserver. Le voeu de l?associer à un héritage culturel, propriété de tous les citoyens, garanti par le gouvernement issu du peuple, est l?oeuvre de 1789. Fils de la violence révolutionnaire, investi à ses dépens d?un sens idéologique, le monument contient alors tous les ingrédients dont est née la France moderne. L?ouvrage dresse, des origines à nos jours, un tableau complet de la façon dont les monuments sont pris en compte tant par le citoyen que par le politique. Il analyse aussi les impacts qu?ont pu avoir les conflits mondiaux sur la gestion du monument, sa perception, sa valeur. Que veut dire le monument historique pour les Français d?aujourd?hui ? Quel rôle la liste du patrimoine mondial joue-t-elle à l?ère du tourisme de masse ? Les lieux de mémoire ont-ils un sens pour l?Europe ? Telles sont les grandes questions auquel ce livre, à la fois bilan et traité, propose une réponse. Questions de civilisation, questions sur le présent autant que sur le passé. L?histoire des monuments aide à comprendre le destin de la France de demain.
L'exaltation des richesses gastronomiques des terroirs précède la venue des touristes. Mais la solution de continuité entre alimentation quotidienne (ou populaire) des espaces investis et gastronomies touristiques n'est pas linéaire, pas plus qu'elle n'est figée dans le temps. Les goûts changent autant que les lieux gourmands ou leurs vecteurs. Etrangers aux pays (fonctionnaires notamment), voyageurs, villégiateurs, touristes enfin, n'ont ni les mêmes saisonnalités, ni les mêmes besoins ou aspirations: les uns cultivent un art consommé de l'économie - ou de l'identique -, les autres s'adonnent aux plaisirs recherchés de la table. Les guides enregistrent ces besoins de bonnes (et parfois moins bonnes) surprises. Mais si butinage et cabotage alimentaires prennent une place croissante dans l'invitation au voyage, le "terroir gourmand" peut-il, à lui seul, faire tourisme? Outre que la nationalisation des cuisines régionales est plus ou moins constante, l'artisanat gustatif est souvent devenu vitrine d'industries alimentaires. S'il existe donc bien une carte des saveurs - décor préalable au ravissement des papilles qui contribue à la construction des envies d'ailleurs -, la question est alors de savoir ce qu'il reste d'authentique dans une alimentation "des vacances", traversée de métissages et de bricolages. Au carrefour du local et du global, les frontières culturelles et culinaires ont-elles en définitive vocation à prévenir les situations de conflit au sein des identités régionales?
Patrimoine et Histoire, Patrimoine et Société, tels sont les titres des cours publics qui furent donnés à l'université de Rennes 2, entre 1995 et 1997. Les conférences alors prononcées par les historiens François Hartog, Jean-Pierre Rioux, François Loyer, Pierre Nora - peu après que ce dernier eut achevé de publier la somme des Lieux de mémoire - ont laissé un souvenir vif. L'ouverture de la Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris, à l'automne 2007, montre comment notre héritage commun s'est affirmé, depuis, comme un objet de pratiques culturelles et comment le présent se nourrit des métamorphoses du passé, sous les auspices du marché. Sur la colline de Chaillot, les mécènes se pressent pour éponger les 80 millions d'Euros qu'a coûté la Cité. Le portail de Vézelay, hérité de l'ancien Musée des monuments français, y côtoie la cité radieuse de Marseille. Alors, Viollet-le-Duc et Le Corbusier, même combat ? Mais l'intégration des modernités dans l'inventaire des valeurs consacrées suit-elle un parcours aussi linéaire ? On a vu avec quelle brutalité ces valeurs ont envahi l'arène politique, lors des élections présidentielles du printemps 2007, et avec quelle enflure elles ont prospéré depuis. Pourtant, les conceptions de la Nation et de la République qu'elles sous-tendent, sont, à l'évidence, plurielles. Il existe la France mais aussi des France, pour reprendre la distinction de Pierre Nora. Comment incarner cette diversité sans la dénaturer ? Le commissaire Maigret, disait-on récemment, est le véritable ministre de l'identité française. Or, voici qu'à présent ces thèmes surgissent au coeur de la mondialisation. Si l'identité s'est rêvée nationale au XIXe siècle, puis découverte régionale au siècle suivant, chacun d'entre nous est désormais porteur d'identités multiples, de moins en moins réductibles à la couleur du drapeau. Que faut-il attendre de la mutation des identités collectives ? Choc ou enrichissement ? Ouverture pacifiée ou confrontation ? C'est en explorant les systèmes de représentation symbolique du passé proche - ici et ailleurs, en Afrique du Nord ou dans l'ancien empire soviétique notamment - que les contributions à ce cours public (2007-2008) nourrissent le débat d'idées.
Depuis sa naissance, il y a quelque trois mille cinq cents ans, le forgeron est investi d'une puissance sacrée. Maître du feu, il dompte la matière et métamorphose le minerai, substance symbolique issue de la Terre génitrice. Cette suprématie ne s'exerce pas sans douleur: le travail dans les ateliers de la forge est un des plus durs et des plus implacables qui soit. Conté par Jean-Yves Andrieux, le destin des hommes du fer nous parle certes de techniques, de plus en plus maîtrisées, de luttes économiques et d'enjeux politiques, mais aussi de misères et de souffrances, de traditions et de fiertés.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.