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Lacan : points de repère
André Serge
BORD DE L EAU
25,40 €
Épuisé
EAN :9782356870896
L?objet de ce livre, c?est lire Lacan. Or, l?enseignement de Lacan peut faire « mur de langage » pour les élèves. Que l?on ne puisse emprunter d?autre voie pour aborder Lacan, que celle qui consiste à passer par ses signifiants, n?entraîne pas automatiquement cette conséquence qu?il n?y aurait qu?à le réciter. D?ailleurs, quand on le récite, c?est toujours de travers?Trois grandes périodes marquent l?enseignement de Lacan: celle de l?identification imaginaire, celle de la systématisation du symbolique, et la plus récente: celle de la rencontre du réel. Plutôt que ces distinctions, il y a lieu de le relire en suivant le fil d?un concept. Celui du sujet par exemple. Comment Lacan passe-t-il de sa thèse sur la paranoïa au Je du stade du miroir, puis au « sujet enfin en question », puis au sujet divisé du fantasme? De même pour la chaine signifiante, avec le déplacement qui porte Lacan d?une interrogation sur le symbole et le langage, puis à l?hypothèse d?une chaine formelle, et de là à l?écrit du signifiant jusqu?à la chaine borroméenne. Quant à l?objet, on voit se préciser, au fil de son enseignement, son hétérosexualité: de l?objet de pulsion et de l?objet du désir, à l?objet a. L?intérêt de ce « programme » n?est pas tant de l?établir et ensuite de le meubler de références à l?oeuvre de Lacan, que de le faire fonctionner, d?éprouver la cohérence (ou l?incohérence) de cette oeuvre.
C?est de la perversion que Freud part pour tenter de cerner ce qu?est la sexualité spécifique à l?être humain. La sexualité de l?homme, contrairement à celle de l?animal, est une sexualité essentiellement déviante par rapport à ce que serait le processus d?un instinct. Sadisme et masochisme ne font pas couple comme le pense l?opinion commune, ou comme le croit, ou l?espère, le masochiste qui, lui, rêve d?un sadique qui serait à ses ordres. Si le partenaire du masochiste est généralement un bouffon, un acteur ou un roublard, qui est donc le partenaire du sadique ? Lacan nous le désigne dans le texte de Sade : c?est l?innocent. Entre le sadique et l?analyste, la rencontre n?a pas lieu. C?est plutôt le cabinet du magistrat que le sadique fréquente. Un décryptage lisible du Kant avec Sade de Lacan.
L'impératif de toujours plus, l'incitation à consommer et à être en pleine forme, la prolifération des objets condensateurs de jouissance contribuent à l'élaboration d'une société désexualisée, où la séduction devient "viol" et le/la partenaire une victime potentielle. Si, à l'origine, les législations qui se sont penchées sur le harcèlement sexuel visaient la notion plus vaste d'abus de pouvoir, les lois visent désormais de simples agissements en vue d'obtenir des faveurs sexuelles. On oublie ainsi que la relation de désir n'est pas égalitaire et que le désir sexuel comporte toujours une part de violence et d'agressivité. Et on néglige que le désir sexuel est, par nature, une sorte de harcèlement. La relation sexuelle doit-elle nécessairement faire l'objet d'un contrat légal ?
Qu?est-ce que le masochisme pervers pour la doctrine analytique ? Serge André part de son expérience clinique avant de parcourir les élaborations successives de Freud et de Lacan. Freud situait le masochisme comme l?une des faces d?un processus à double polarité qu?il appelait le sado-masochisme. C?est la thèse des "Trois essais sur la théorie de la sexualité". Plus tard, avec "Un enfant est battu", il met en évidence la structure du fantasme masochiste. Ensuite, dans "Au-delà du principe de plaisir", il nuance l?idée selon laquelle le masochisme serait un mode de fonctionnement de la pulsion sexuelle, par l?introduction de la pulsion de mort. Enfin, il reformule la question et la reprend au niveau fondamental dans "Le problème économique du masochiste". Lacan, quant à lui, insistera sur ce que Freud n?a pas aperçu : le rôle signifiant de l?instrument de la douleur masochiste. Le fouet, c?est le signe du maître et de la loi à qui ont doit obéissance. Quant à la douleur, les mélancoliques nous en donnent la plus belle expression lorsque leur délire en arrive à concevoir qu?en tant que sujets, il leur est impossible de mourir. Le masochiste se situe d?emblée au nom de cette douleur d?exister, au nom de la déchéance corrélative de l?amour du père ou de la loi signifiante lorsqu?il n?y est pas reconnu comme sujet. La question que le masochiste met à l?épreuve de sa pratique, c?est de savoir ce qu?éprouve le corps dont on jouit à coups de signifiants, à coups de discours du maître. Ce qu?il met en scène, c?est une caricature mimétique de la jouissance que l?homme suppose à la femme. Le contrat masochiste a pour fonction de faire désirer au-delà de la jouissance aberrante qu?il propose. Au niveau de la jouissance, le masochiste est l?esclave, mais au niveau du désir, le vrai maître, c?est lui.
Le transfert de Lacan. La communauté analytique est déterminée par ce que l'on appelle, sans trop savoir ce que ces termes recouvrent, le transfert sur Lacan. Convenons que ce n'est pas la personne de Jacques Lacan qui est en jeu, mais bien la position qu'il occupe dans la psychanalyse, car nul n'indique et n'incarne, comme Lacan, la voie éthique de la psychanalyse dont le désir du psychanalyste est l'accomplissement. La question du contrôle. Certains psychanalystes ont été amenés à interrompre un contrôle en cours, d'autres se demandent avec qui en entreprendre un. Que disent les psychanalystes du contrôle ? La littérature analytique à ce sujet est rare. Lacan lui-même n'a pas beaucoup parlé du contrôle et n'en a jamais fait une doctrine. Les pratiques du contrôle méritent d'être interrogées. Ce court essai tente d'en faire un recensement critique.
Passer de l'immobilité à la plus rapide possible des mobilités : cette obsession humaine est immémoriale. De tous temps les humains ont cherché à se mouvoir le plus vite possible, à quitter le statut d'êtres immobiles, posés là quelque part à la surface du monde, pour conquérir celui d'êtres mouvants, en déplacement — un déplacement autant que faire se peut exceptionnel par sa vitesse. par la distance parcourue en un éclair, par la capacité à faire valoir l'espace contre le temps et le temps contre l'espace. Le dragster, dans cette entreprise anthropologique, est le vecteur par excellence approprié. Qu'il compte deux, trois ou quatre roues, cet engin mécanique né avec le XXe siècle est conçu pour l'accélération et pour elle seule. Le dragster, ce sont des prises de vitesse insensées, un parcours sur piste, en ligne droite, réduit au minimum (quelques centaines de mètres tout au plus) et, pour son pilote, des sensations à la fois brutales et complexes. Brutales, car le corps du dragstériste, lors du "run", peut encaisser en quelques secondes 7 G — sept fois la charge de son propre poids — ou plus encore. Complexes, car la compétition dragstérienne vise cet objectif aussi héroïque qu'absurde, annuler le temps écoulé en ne gardant que l'espace conquis.
Le jardin occidental prolonge l'imaginaire de la maison et de l'intimité mais ne s'y limite pas. Il entoure. Ce faisant, il est un trait d'union entre soi-même et les autres, le lieu d'expérimentations de relations au vivant et d'ordonnancement d'un bout d'univers. Cultiver son jardin. Au coeur de cette activité ordinaire s'entremêlent des problèmes techniques, esthétiques, cosmologiques, économiques, politiques. Ici, rien n'est pur. De l'antiquité grecque à nos jours, l'histoire retracée dans cet ouvrage nous l'enseigne : derrière les haies, se déploient une fantaisie active et une variété de façons d'apréhender "l'usage de la nature". Aujourd'hui, plus que jamais, bousculant l'ordre institué, s'inventent d'autres modes d'intervention humaine. Une métaphysique par les mains pour une éthique renouvelée ?
Avons-nous (vraiment) bien lu Durkheim et bien saisi toute la radicalité de son geste fondateur de la discipline sociologique ? A lire Anne Rawls, et relire avec elle De la division du travail social, rien n'est moins sûr. Peut-être alors le temps est-il venu, cent ans après la mort de Durkheim, de faire revivre ce texte inaugural. Telle est l'invitation du présent ouvrage. Textes à l'appui. La contribution de la sociologue américaine peut être lue comme une nouvelle préface à l'édition originale de La division du travail social. A ce titre, Durkheim lui aussi et tout autant l'auteur du présent livre, notamment par la publication de sa longue introduction oubliée de 1893. Plus encore, tel un palimpseste, orage convoque tout un ensemble d'auteurs contemporains pour esquisser à l'ombre de l'histoire officielle, une histoire en quelque sorte clandestine de la sociologie, attentive à la créativité des pratiques sociales et à la morale propre aux interactions. Pour autant, cette invitation à découvrir un autre Durkheim, jamais lu (ou presque) - à relire cette Division du travail social revisited -, n'intéressera pas seulement les sociologues, mais aussi les philosophes. En effet, un autre texte s'enchâsse dans cette intrigue, la fameuse Théorie de la justice de John Rawls, le père de l'auteur. Car ce qui est avant tout en jeu dans cette relecture de l'ambition sociologique durkheimienne, c'est aussi et surtout sa dimension politique et toute sa pertinence aujourd'hui pour penser les formes et les conditions d'une société juste. Cette audacieuse lecture de l'oeuvre de Durkheim ne manquera pas de susciter des réactions contrastées tant elle bouscule bien des interprétations convenues de la sociologie durkheimienne. Voire de la sociologie tout court. Elle invitera par ailleurs les philosophes à nouer un dialogue renouvelé entre science sociale et philosophie morale et politique.
Les big data sont devenus un impératif pour mener une campagne électorale. La campagne pour l'élection présidentielle française de 2017 a été marquée par le rôle majeur joué par des plateformes de gestion et d'analyses des données massives, telles que NationBuilder ou 50+1. Qu'est-ce que change le recours au big data électoral dans les manières de faire campagne ? Introduit-t-il des pratiques " innovantes " pour mobiliser les électeurs ? Voit-on apparaître de " nouvelles " formes de militantisme ? Comment sont construits les algorithmes prédictifs ? Sommes-nous réellement fichés sur Internet ? Comment protéger ses données personnelles ? L'auteure interroge l'efficacité de ces techniques, en mettant au jour les enjeux économiques, la construction de croyances autour des big data et les jeux d'influence internationaux. L'intérêt porté à la récolte des données n'est pas neuf. Il s'agit de retracer l'intégration de certaines évolutions techniques que ce soit chez nos voisins américains ou dans les campagnes françaises de 2002 à 2017, en déconstruisant les fantasmes entourant l'usage des bases de données en politique. Mais il s'agit surtout d'armer le citoyen face à la montée en puissance d'une nouvelle ère de la donnée.