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La destitution de la nature. Sur Lucrèce
Amato Pierandrea ; Salza Luca
MIMESIS
15,00 €
Épuisé
EAN :9788869763496
Lire Lucrèce est une expérience vertigineuse : nous assistons à la guerre entre atomes qui voltigent dans l'espace infini, nous voyons se former des tourbillons et des ouragans, et ensuite des mondes, et puis les ruines de cette " nature " lorsque de nouveaux heurts se produisent. Mais aussi, nous découvrons que notre pensée, à la recherche d'un fondement (l'atome ? ), ne trouve aucune assise, aucun fond. Dans l'infini, dans l'espace infini, seul un principe de vacuité (donc un non-principe, un non-fondement, un sans fond) fonde anarchiquement la réalité. La nature n'existe pas. Il n'y a que des " chosesA ". Cette philosophie du vide signifie que le vide est primordial, e qu'il faut faire le vide, c'est-à-dire : partir de rien. Lucrèce nous invite à destituer toutes les questions classiques de la philosophie. Or, comme l'enjeu ontologique est pour lui surtout éthico-politique, sa poésie laisse émerger aussi la question de la destitution du pouvoir, de tout pouvoir.
La mort d'Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011, victime au Pakistan d'un guet-apens mené par les corps spéciaux des marines américains, fixe un point de non retour - symbolique et matériel - pour le destin des démocraties occidentales : le crime devient justice. L'ennemi est hors de l'humanité. Ben Laden représente le cas le plus éloquent de la réalisation d'une justice divine démocratique : la Kill list que le président des Etats-Unis consulte chaque semaine, pour établir quel terroriste suspecté doit être éliminé, avec une sentence sans appel de vie ou de mort, révèle que le sort de Ben Laden concerne potentiellement tout le monde. Quiconque peut devenir le corps spectral de l'ennemi. Le deuxième numéro d'O?ti? ! questionne le sens de la fin d'Oussama Ben Laden. Une fin, en réalité, sans fin : la disparition de son corps sert à faire tenir debout son fantôme. La manifestation publique de Ben Laden, avec le 11 septembre, n'était-elle pas l'apparition du fantôme de l'ennemi que l'Occident cherchait après l'écroulement du communisme d'Etat entre 1989 et 1991 ? Ben Laden a toujours été un spectre. Son apparition rend la guerre "infinie" , la démocratie "sans limites", l'illégalité planétaire "légale", la justice du plus fort "raisonnable". Elle représente l'occasion pour incarner la domination de l'incertitude qui gouverne une planète qui n'est pas gouvernable, et pour cette raison, du moins pour certains, terrorisante. La guerre contre la terreur, au fond, n'est autre qu'une guerre contre tout ce que nous ne connaissons pas. Contre le Néant. Contre la possibilité de dire Non.
Le troisième numéro d'Outi? ! entend vérifier et relancer une notion qui est actuellement très utilisée dans le débat philosophique, politique et culturel : le pouvoir destituant. Nous tentons de clarifier les choses : le pouvoir destituant est une figure représentant un contrecoup conceptuel face aux milliers de révoltes, de gestes, de raisonnements politiques qui alimentent l'action de tous ceux qui, en évitant la capture de la part du pouvoir, pratiquent la défection par l'esquive du principe du pouvoir politique et de son renversement dialectique, la résistance. L'expansion globale du pouvoir, la diffusion tentaculaire et supranationale des agences économiques et politiques destinées à gouverner le monde, ont épuisé la validité de la logique politique moderne qui a imposé l'opposition entre un pouvoir et un contre-pouvoir. La constellation inédite de subjectivités politiques, liées à de nouvelles formes de production cognitive, impose d'imaginer des pratiques de résistance originales à même de délégitimer l'ordre du moderne. Outi? ! ambitionne de trouver un fil rouge qui pourrait lier dans une série de conduites refusant la logique du pouvoir les milliers de formes de rejet du capitalisme sauvage - les luttes de précaires, d'étudiants, de clandestins, de migrants, d'ouvriers - qui essaient d'inventer de nouvelles institutions capables de garantir le développement générique de la singularité humaine. C'est la raison pour laquelle O?ti? ! présente treize Thèses sur le pouvoir destituant et une longue enquête sur les mouvements qui, au niveau global, adoptent la praxis destituante, en tant que déclinaison fondamentale de leur existence.
Les images des prisons d'Abu Ghraib, prises et diffusées par les geôliers américains, sont à l'origine de cet essai. Le philosophe s'interroge sur le rapport qu'entretient la culture occidentale avec l'étranger, avec l'autre.
Qu'est-ce que le pouvoir destituant ? Le pouvoir destituant est une notion ouverte, fatalement ambiguë, insaisissable et destinée à se former au fur et à mesure des événements. Il défait la souveraineté, les hiérarchies, les formes de possession, les relations cimentées par la nécessité, il dynamite toutes les identités, même celles qui font de la différence, sans le savoir, leur identité. Mais il va plus loin : dans cet exercice, il s'interroge aussi inlassablement sur lui-même, sur sa propre altérité, sur ses prétentions éthiques, sur son innocence et sa spontanéité. Le pouvoir destituant représente avant tout un contrecoup conceptuel en vue d'enregistrer la condition et la réalité des formes de la politique contemporaine, qui, reconnaissant la catastrophe à laquelle nous sommes condamnés, refusent de céder à la logique de la politique du pouvoir, tout à fait semblable à celle de l'administration d'une copropriété. Le pouvoir destituant n'est donc pas un objet d'étude mais un dispositif, qui implique totalement sa propre définition dans sa manifestation concrète. Ce livre, toutefois, a pour ambition de tenter d'offrir une constellation généalogique de thèmes, de problèmes, de figures, de matériaux liés à la notion de pouvoir destituant. Textes de : Pierandrea Amato, Alain Brossat, Mariavita Cambria, Alessia Cervini, Georges Didi-Huberman, Fabio Domenico Palumbo, Luca Salza, Giuliana Sanò, Gianluca Solla. Conversations avec : Etienne Balibar, Toni Negri, Rossana Rossanda, Mario Tronti, Paolo Virno. Pierandrea Amato est professeur de philosophie à l'université de Messine (Italie). Il a notamment publié en français : Philosophie du sous-sol. Hypothèses sur le dernier Foucault (2022) ; avec Luca Salza, La fin du monde. Pandémie, politique, désertion (2021) ; La révolte (2011) ; Antigone et Platon. La "biopolitique" dans la pensée antique (2008). Il dirige avec Luca Salza "K. Revue trans-européenne de philosophie et arts" . Melinda Palombi enseigne la Littérature et la civilisation italiennes en tant qu'ATER à l'Université de Lille. Elle a publié l'ouvrage Perspectives lunaires dans l'oeuvre de Giacomo Leopardi (2015). Luca Salza est maître de conférences en Histoire des idées et Littérature italienne moderne et contemporaine à l'Université de Lille. Il dirige avec Pierandrea Amato "K. Revue transeuropéenne de philosophie et arts" .
Résumé : Un dimanche, une uvre, cycle de conférences initié en 1997 au Centre Pompidou par le critique d'art et commissaire d'expositions Marc Archambault, se voulait l'occasion de porter un regard approfondi et singulier sur une uvre choisie dans les collections du Musée, par un artiste, un conservateur, un écrivain, un historien ou un critique d'art. Cela avait lieu tous les dimanches à 11h30, à l'IRCAM d'abord puis dans la Petite salle, au premier sous-sol du Beaubourg. Vu le jour et l'heure, c'était un pari. Il a été gagné. Cet ouvrage, publié grâce à la complicité et à l'amitié des contributeurs, est un hommage à Marc Archambault et l'affirmation d'une conviction qui était la sienne : si l'amour de l'art existe, il ne se manifeste vraiment que dans les rencontres, toujours personnelles, avec des uvres, par définition singulières.
La question "qui suis-je ? " occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Les relations entre les deux arts du temps et du mouvement, danse et cinéma, ont déjà fait l'objet de divers travaux, mais les problématiques restaient générales : comment le cinéma montre-t-il la danse ? Comment le cinéma fictionne-t-il le monde de la danse ? Quelles sont les gains et les pertes de la rencontre entre ces deux arts (ce que le cinéma y gagnerait, ce que la danse y perdrait) ? L'hypothèse sera donc : comment parler de danse au cinéma au delà de l'évidence des performances ? Qu'entendre par les " danses idéales " créées par le cinéma selon le critique Ricciotto Canudo ?
Pourquoi, partout et de tout temps, les hommes ont-ils voulu offrir des sacrifices à leurs dieux ? Pour leur plaire et s´attirer leurs faveurs ? Pour les remercier sans rien demander en échange ? Qu´est-ce qui se cache derrière ce rite ? Hubert et Mauss, éminents spécialistes des religions, pensent que si le sacrifice est "l´instrument privilégié de communication entre l´homme et les forces supérieures" , comprendre son langage signifie cueillir l´essence de la religiosité primitive.