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Outis 2 : Ou Est Oussama Ben Laden ? Le Spectre De L'Ennemi
Amato Pierandrea
MIMESIS
18,00 €
Épuisé
EAN :9788857511986
La mort d'Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011, victime au Pakistan d'un guet-apens mené par les corps spéciaux des marines américains, fixe un point de non retour - symbolique et matériel - pour le destin des démocraties occidentales : le crime devient justice. L'ennemi est hors de l'humanité. Ben Laden représente le cas le plus éloquent de la réalisation d'une justice divine démocratique : la Kill list que le président des Etats-Unis consulte chaque semaine, pour établir quel terroriste suspecté doit être éliminé, avec une sentence sans appel de vie ou de mort, révèle que le sort de Ben Laden concerne potentiellement tout le monde. Quiconque peut devenir le corps spectral de l'ennemi. Le deuxième numéro d'O?ti? ! questionne le sens de la fin d'Oussama Ben Laden. Une fin, en réalité, sans fin : la disparition de son corps sert à faire tenir debout son fantôme. La manifestation publique de Ben Laden, avec le 11 septembre, n'était-elle pas l'apparition du fantôme de l'ennemi que l'Occident cherchait après l'écroulement du communisme d'Etat entre 1989 et 1991 ? Ben Laden a toujours été un spectre. Son apparition rend la guerre "infinie" , la démocratie "sans limites", l'illégalité planétaire "légale", la justice du plus fort "raisonnable". Elle représente l'occasion pour incarner la domination de l'incertitude qui gouverne une planète qui n'est pas gouvernable, et pour cette raison, du moins pour certains, terrorisante. La guerre contre la terreur, au fond, n'est autre qu'une guerre contre tout ce que nous ne connaissons pas. Contre le Néant. Contre la possibilité de dire Non.
Hauser Philippe ; Amato Pierandrea ; Lopez Petit S
Dans le quatrième numéro d'O?ti? ! on ébauche une analytique de la démocratie contemporaine en rupture ouverte avec les courants dominants de la philosophie politique. Il ne s'agit pas en effet de s'y demander ce qui définirait un vrai régime démocratique, quelles seraient les normes de la culture démocratique, à quelles valeurs se réfèreraient les usages de démocratie, en quoi consisterait la vie démocratique, quelles en seraient les institutions appropriées. On affronte plutôt un autre genre de question : de quelle espèce est l'opération contemporaine consistant à faire valoir le nom de la démocratie comme celui de la seule figure d'organisation et de vie politique acceptable et conforme aux exigences d'une vie civilisée ? De quoi cet usage du mot démocratie est-il la manifestation ou le symptôme ? Evidemment, une déconstruction de la démocratie doit se lier à la recherche d'un autre nom pour penser une autre politique encore à inventer qui ne se laisserait pas capturer sous un terme comme démocratie bon pour tous les usages. Ce qu'il faut destituer ce n'est pas "la démocratie", objet introuvable, mais, avant tout, les pratiques discursives impliquées dans ce mot/fétiche.
Qu'est-ce que le pouvoir destituant ? Le pouvoir destituant est une notion ouverte, fatalement ambiguë, insaisissable et destinée à se former au fur et à mesure des événements. Il défait la souveraineté, les hiérarchies, les formes de possession, les relations cimentées par la nécessité, il dynamite toutes les identités, même celles qui font de la différence, sans le savoir, leur identité. Mais il va plus loin : dans cet exercice, il s'interroge aussi inlassablement sur lui-même, sur sa propre altérité, sur ses prétentions éthiques, sur son innocence et sa spontanéité. Le pouvoir destituant représente avant tout un contrecoup conceptuel en vue d'enregistrer la condition et la réalité des formes de la politique contemporaine, qui, reconnaissant la catastrophe à laquelle nous sommes condamnés, refusent de céder à la logique de la politique du pouvoir, tout à fait semblable à celle de l'administration d'une copropriété. Le pouvoir destituant n'est donc pas un objet d'étude mais un dispositif, qui implique totalement sa propre définition dans sa manifestation concrète. Ce livre, toutefois, a pour ambition de tenter d'offrir une constellation généalogique de thèmes, de problèmes, de figures, de matériaux liés à la notion de pouvoir destituant. Textes de : Pierandrea Amato, Alain Brossat, Mariavita Cambria, Alessia Cervini, Georges Didi-Huberman, Fabio Domenico Palumbo, Luca Salza, Giuliana Sanò, Gianluca Solla. Conversations avec : Etienne Balibar, Toni Negri, Rossana Rossanda, Mario Tronti, Paolo Virno. Pierandrea Amato est professeur de philosophie à l'université de Messine (Italie). Il a notamment publié en français : Philosophie du sous-sol. Hypothèses sur le dernier Foucault (2022) ; avec Luca Salza, La fin du monde. Pandémie, politique, désertion (2021) ; La révolte (2011) ; Antigone et Platon. La "biopolitique" dans la pensée antique (2008). Il dirige avec Luca Salza "K. Revue trans-européenne de philosophie et arts" . Melinda Palombi enseigne la Littérature et la civilisation italiennes en tant qu'ATER à l'Université de Lille. Elle a publié l'ouvrage Perspectives lunaires dans l'oeuvre de Giacomo Leopardi (2015). Luca Salza est maître de conférences en Histoire des idées et Littérature italienne moderne et contemporaine à l'Université de Lille. Il dirige avec Pierandrea Amato "K. Revue transeuropéenne de philosophie et arts" .
Les images des prisons d'Abu Ghraib, prises et diffusées par les geôliers américains, sont à l'origine de cet essai. Le philosophe s'interroge sur le rapport qu'entretient la culture occidentale avec l'étranger, avec l'autre.
Amato Pierandrea ; Dini Tristana ; Primi Paolo ; S
Trois ans après, les révoltes françaises de l'automne 2005 n'ont pas cessé de représenter une énigme politique et théorique de première importance. Elles recèlent toujours un potentiel critique que l'on peut difficilement évacuer et qui va bien au-delà de l'expérience d'une turbulence urbaine qui relèverait d'un mal-être social commun à toutes les banlieues du monde. Elles désignent probablement un blocage bio-politique de l'ordre du monde contemporain à l'époque de la fin de la politique classique. Mais les révoltes françaises apparaissent surtout comme la plus vive émergence dans nos métropoles (Los Angeles, Seattle, Gênes) d'un pouvoir de refus qui semble rompre avec la confrontation dialectique entre un pouvoir constituant et un pouvoir constitué. A travers les contributions d'auteurs français et italiens dont les travaux comptent parmi les plus significatifs en matière de philosophie politique, le numéro 3 de La Rose de Personne définit ce pouvoir de rejet comme une force destituante. Ce concept renvoie à une tension matérielle et symbolique vers la sécession et l'esquive de la part d'une singularité plurielle, capable de déjouer toute prétention au gouvernement institutionnel de la vie. Les auteurs de ce numéro en examinent le statut (s'agit-il d'un phénomène politique ?) et la puissance (s'agit-il d'une disposition ontologique ?). Ils en explorent le caractère problématique et la singularité. Ils interrogent la consistance d'un pouvoir qui, tout en se situant hors de la logique du pouvoir politique, est peut-être capable de suspendre la dérive biologique de rapports sociaux qui n'admettent pas l'événement de la transformation.
La question "qui suis-je ? " occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Les spécialistes de la pensée de Hobbes ont souligné l'importance de son troisième grand tour à travers l'Europe (1634-1636) et de son séjour à Paris, pour le développement de son système philosophique. Cette étude analyse les débats philosophiques et scientifiques qui ont eu lieu dans la capitale française pendant ces années là, et qui se révélèrent décisifs pour la naissance de la philosophie de Hobbes. Un travail qui compare pour la première fois et de façon détaillée les pensées de Mersenne et de Hobbes, dont on souligne les analogies et les différences au niveau méthodologique et épistémologique. Cette étude porte également sur la figure de Descartes, dont on évolue la contribution essentielle au développement de la pensée hobbesienne.
L'esthétique du cinéma muet américain des années 1910-1920 révèle non seulement une fonctionnalité mais également une intelligence des formes filmiques. Les assemblages non conventionnels laissent place à une reprise inventive des formes en usage : cut-backs, flashes, enchaînés, surimpressions. Si les films étudiés dans cet ouvrage partagent l'ambition de créer un cinéma d'idées, ils n'abandonnent cependant jamais les modes propres de la cinématographie hollywoodienne de l'époque : l'action et le spectacle. Comment composer alors ces trois éléments, l'idée, l'action et le spectacle, dans une harmonie de formes et contenus ?
Dalmasso Anna Caterina ; Carbone Mauro ; Bodini Ja
La culture humaine a toujours interrogé les pouvoirs des images. Mais qu'en est-il des pouvoirs des écrans ? Oui, ces surfaces intimement liées aux images d'une manière aussi évidente que mystérieuse, et qui montrent et cachent à la fois le visible. Le moment est venu d'interroger également leurs pouvoirs, car c'est précisément notre temps qui, de manière incontestable, nous fait vivre par(mi) les écrans. Cependant, ce même temps nous fait indirectement comprendre que les rapports des êtres humains aux écrans ne sont pas qu'une affaire de notre époque. C'est pourquoi une exploration collective, transhistorique et transdisciplinaire de ces rapports est conduite dans le présent volume par un groupe international de spécialistes en philosophie, culture visuelle, théorie du cinéma et des médias, neurosciences, psychologie et littérature.