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La Rose de Personne N° 3/2008 : Pouvoir destituant. Les révoltes métropolitaines
Amato Pierandrea ; Dini Tristana ; Primi Paolo ; S
MIMESIS
16,00 €
Épuisé
EAN :9788884836816
Trois ans après, les révoltes françaises de l'automne 2005 n'ont pas cessé de représenter une énigme politique et théorique de première importance. Elles recèlent toujours un potentiel critique que l'on peut difficilement évacuer et qui va bien au-delà de l'expérience d'une turbulence urbaine qui relèverait d'un mal-être social commun à toutes les banlieues du monde. Elles désignent probablement un blocage bio-politique de l'ordre du monde contemporain à l'époque de la fin de la politique classique. Mais les révoltes françaises apparaissent surtout comme la plus vive émergence dans nos métropoles (Los Angeles, Seattle, Gênes) d'un pouvoir de refus qui semble rompre avec la confrontation dialectique entre un pouvoir constituant et un pouvoir constitué. A travers les contributions d'auteurs français et italiens dont les travaux comptent parmi les plus significatifs en matière de philosophie politique, le numéro 3 de La Rose de Personne définit ce pouvoir de rejet comme une force destituante. Ce concept renvoie à une tension matérielle et symbolique vers la sécession et l'esquive de la part d'une singularité plurielle, capable de déjouer toute prétention au gouvernement institutionnel de la vie. Les auteurs de ce numéro en examinent le statut (s'agit-il d'un phénomène politique ?) et la puissance (s'agit-il d'une disposition ontologique ?). Ils en explorent le caractère problématique et la singularité. Ils interrogent la consistance d'un pouvoir qui, tout en se situant hors de la logique du pouvoir politique, est peut-être capable de suspendre la dérive biologique de rapports sociaux qui n'admettent pas l'événement de la transformation.
Cet ouvrage cherche à dégager un horizon de pensée, de pratiques, d'expériences, visant à ce que la pandémie du Covid19, avec la suspension du fonctionnement ordinaire de la société et de l'économie, n'enchaîne pas sur un triste retour "à la normale". Il s'agirait, au fond, d'opérer une destitution des pouvoirs, par désertion : au mieux, ce pourrait être une forme de suspension d'existence, expérimentant de nouvelles manières d'être, ou, au moins, une attention portée au fait de ne pas donner d'armes au capitalisme, en vue de sa régénérescence. Peut-être serait-il possible d'inscrire cette démarche existentielle et politique dans le cadre d'une opération mimétique à l'égard du virus : reprendre sa capacité de blocage pour libérer des formes inédites d'existence individuelle et collective. Le Covid19 livrerait serait alors un pharmakon - à la fois poison et remède.
La figure de la révolu suscite la méfiance. On lui préfère généralement celle de la révolution. Pour Pierandrea Amato, la révolte constitue au contraire le présupposé ultra-politique de toute politique véritable, car elle est ontologiquement inscrite en chacun. L'être ne peut en effet, selon lui, s'exprimer de meilleure manière que dans sa propension essentielle à la révolte: il est l'être-révoltant. En partie suscitée par les émeutes survenues dans les banlieues françaises en novembre 2005, la réflexion que mène ici Amato se donne pour ambition de "saisir ce qui fait la valeur d'une révolte à ce point extrême que les mots lui font défaut."
La mort d'Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011, victime au Pakistan d'un guet-apens mené par les corps spéciaux des marines américains, fixe un point de non retour - symbolique et matériel - pour le destin des démocraties occidentales : le crime devient justice. L'ennemi est hors de l'humanité. Ben Laden représente le cas le plus éloquent de la réalisation d'une justice divine démocratique : la Kill list que le président des Etats-Unis consulte chaque semaine, pour établir quel terroriste suspecté doit être éliminé, avec une sentence sans appel de vie ou de mort, révèle que le sort de Ben Laden concerne potentiellement tout le monde. Quiconque peut devenir le corps spectral de l'ennemi. Le deuxième numéro d'O?ti? ! questionne le sens de la fin d'Oussama Ben Laden. Une fin, en réalité, sans fin : la disparition de son corps sert à faire tenir debout son fantôme. La manifestation publique de Ben Laden, avec le 11 septembre, n'était-elle pas l'apparition du fantôme de l'ennemi que l'Occident cherchait après l'écroulement du communisme d'Etat entre 1989 et 1991 ? Ben Laden a toujours été un spectre. Son apparition rend la guerre "infinie" , la démocratie "sans limites", l'illégalité planétaire "légale", la justice du plus fort "raisonnable". Elle représente l'occasion pour incarner la domination de l'incertitude qui gouverne une planète qui n'est pas gouvernable, et pour cette raison, du moins pour certains, terrorisante. La guerre contre la terreur, au fond, n'est autre qu'une guerre contre tout ce que nous ne connaissons pas. Contre le Néant. Contre la possibilité de dire Non.
Hauser Philippe ; Amato Pierandrea ; Lopez Petit S
Dans le quatrième numéro d'O?ti? ! on ébauche une analytique de la démocratie contemporaine en rupture ouverte avec les courants dominants de la philosophie politique. Il ne s'agit pas en effet de s'y demander ce qui définirait un vrai régime démocratique, quelles seraient les normes de la culture démocratique, à quelles valeurs se réfèreraient les usages de démocratie, en quoi consisterait la vie démocratique, quelles en seraient les institutions appropriées. On affronte plutôt un autre genre de question : de quelle espèce est l'opération contemporaine consistant à faire valoir le nom de la démocratie comme celui de la seule figure d'organisation et de vie politique acceptable et conforme aux exigences d'une vie civilisée ? De quoi cet usage du mot démocratie est-il la manifestation ou le symptôme ? Evidemment, une déconstruction de la démocratie doit se lier à la recherche d'un autre nom pour penser une autre politique encore à inventer qui ne se laisserait pas capturer sous un terme comme démocratie bon pour tous les usages. Ce qu'il faut destituer ce n'est pas "la démocratie", objet introuvable, mais, avant tout, les pratiques discursives impliquées dans ce mot/fétiche.
L'esthétique du cinéma muet américain des années 1910-1920 révèle non seulement une fonctionnalité mais également une intelligence des formes filmiques. Les assemblages non conventionnels laissent place à une reprise inventive des formes en usage : cut-backs, flashes, enchaînés, surimpressions. Si les films étudiés dans cet ouvrage partagent l'ambition de créer un cinéma d'idées, ils n'abandonnent cependant jamais les modes propres de la cinématographie hollywoodienne de l'époque : l'action et le spectacle. Comment composer alors ces trois éléments, l'idée, l'action et le spectacle, dans une harmonie de formes et contenus ?
Résumé : Un dimanche, une uvre, cycle de conférences initié en 1997 au Centre Pompidou par le critique d'art et commissaire d'expositions Marc Archambault, se voulait l'occasion de porter un regard approfondi et singulier sur une uvre choisie dans les collections du Musée, par un artiste, un conservateur, un écrivain, un historien ou un critique d'art. Cela avait lieu tous les dimanches à 11h30, à l'IRCAM d'abord puis dans la Petite salle, au premier sous-sol du Beaubourg. Vu le jour et l'heure, c'était un pari. Il a été gagné. Cet ouvrage, publié grâce à la complicité et à l'amitié des contributeurs, est un hommage à Marc Archambault et l'affirmation d'une conviction qui était la sienne : si l'amour de l'art existe, il ne se manifeste vraiment que dans les rencontres, toujours personnelles, avec des uvres, par définition singulières.
Les spécialistes de la pensée de Hobbes ont souligné l'importance de son troisième grand tour à travers l'Europe (1634-1636) et de son séjour à Paris, pour le développement de son système philosophique. Cette étude analyse les débats philosophiques et scientifiques qui ont eu lieu dans la capitale française pendant ces années là, et qui se révélèrent décisifs pour la naissance de la philosophie de Hobbes. Un travail qui compare pour la première fois et de façon détaillée les pensées de Mersenne et de Hobbes, dont on souligne les analogies et les différences au niveau méthodologique et épistémologique. Cette étude porte également sur la figure de Descartes, dont on évolue la contribution essentielle au développement de la pensée hobbesienne.
Cet ouvrage développe l'idée que la perception a une histoire et que notre manière de voir ne fut pas toujours la même selon les époques. De plus, la vision n'est pas une donnée invariable et elle est constamment réinventée par le contact avec l'environnement. Ce propos théorique - l'un des défis conceptuels majeurs en esthétique au XXe siècle - a engendré un vaste débat qui se trouve aujourd'hui au centre de l'actualité scientifique, du fait des recherches récentes en épigénétique, plasticité neuronale, anthropologie, et en relation avec la prolifération des dispositifs et des médias techniques contemporains. La philosophie de Merleau-Ponty a développé cette conception de la perception en tant que phénomène qui se métamorphose au sein de l'histoire et dont les changements se laisseraient entrevoir dans les formes d'expression humaines.