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PRISONNIERS DU GRAND AUTRE. L'INGERENCE DIVINE
ALLOUCH JEAN
EPEL
23,00 €
Épuisé
EAN :9782354270551
Chasseur alpin sur le front italien, mon père revint, après la débâcle, dans le village méridional qu'il habitait, seul juif en ce lieu consacré à la vigne et au vin. Il rassembla alors ceux qui avec lui voulurent faire parvenir en Allemagne, aussi régulièrement que possible, des colis aux prisonniers. J'avais deux ans, puis trois, puis quatre. Je prends ici le relais avec un premier colis aux prisonniers de Dieu. Deux autres suivront : Schreber théologien (L'ingérence divine II) et Une femme sans au-delà (L'ingérence divine III). Des fantômes du Dieu mort hantent certains lieux stratégiques de l'analyse, inhibent leur exploration, perturbent l'exercice analytique qui, par là, tourne court. On ne l'apprend ici qu'au prix de quelques détours, en allant visiter certains auteurs et artistes qui, tel Lacan, ne méconnaissent pas que "Dieu n'a pas encore fait son exit".
À l'origine de toute oeuvre, artistique ou autre: une mort. Et l'oeuvre est censée effectuer le deuil, telle est aujourd'hui la vulgate. On sait moins que la mort en est aussi le terme, non pas tant la mort physique de l'auteur, car son oeuvre lui survit, mais cette seconde mort à laquelle tout un chacun est promis lorsque le temps vient où plus aucune trace ne subsiste de ce qui a été réalisé. Une question s'ensuit, d'autant plus vive que l'oeuvre produite sera davantage reconnue "immortelle": comment se prêter à cette seconde mort, geste générateur de l'oeuvre, alors même que l'oeuvre en barre l'accès? Chacun à sa manière, une romancière, Yoko Ogawa, un poète, Stéphane Mallarmé, un psychanalyste, Jacques Lacan, a tenté de résoudre cette difficulté. Selon quels biais? Et comment se présenterait l'amour s'il devait, lui aussi, être délesté de son parfum d'éternité? Biographie de l'auteur Jean Allouch exerce la psychanalyse à Paris. Il a notamment publié: Erotique du deuil au temps de la mort sèche (Paris, Epel, 1997), La psychanalyse est-elle un exercice spirituel? (Paris, Epel, 2007), Les impromptus de Lacan (Paris, Epel-Mille et une nuits, 2009).
Résumé : Moïse sauvé des eaux, prince à la cour de Pharaon, berger compatissant, libérateur des Hébreux, interlocuteur privilégié de Dieu, guide des Enfants d'Israël vers la Terre promise où il n'entrera jamais... Peu de vies de héros ont été si pleines de péripéties, de drames, de tensions. La littérature, les arts, et jusqu'au cinéma se sont saisis de la personnalité de Moïse pour nous livrer une palette infinie de visions du plus grand des prophètes. Fasciné par le seul homme ayant "connu Dieu face à face", Jean-Luc Allouche a voulu réécrire l'histoire du plus malheureux des hommes. Et du Moïse à "la langue embarrassée", il a fait un contestataire à la langue bien pendue devant l'arbitraire divin. Dans ce livre passionnant, nourri notamment du Midrach, ce trésor "romanesque" des commentaires des Sages, Jean-Luc Allouche ajoute sa part de fiction et révèle un Moïse inédit, dépouillé de tout cliché.
Le maître a donc un sexe ? Au sens où il en posséderait un, dont il userait à son gré, certainement pas. Bien plutôt en est-il l'esclave. Mais quel sexe ? La réponse peut surprendre, même si elle est historiquement attestée : non pas le flamboyant phallus (lui-même appelé " maître d'éros " ce qui prouve bien que le maître n'en est pas maître) mais l'anus. " Souverain ", en latin, se dit superanus. La sexualité du maître est assise dessus, hormis le fait que c'est un anus intouchable, interdit, moyennant quoi le maître manque de stabilité, de cette habileté qu'on lui prête fort illusoirement et que chacun - poussé par les idéaux modernes d'autonomie, de liberté, de contrôle de soi et d'autrui, de responsabilité - croit pouvoir endosser. La mort de Dieu le maître étant la fin véritable de l'immortalité, la sexualité moderne devrait se précipiter, à nouveaux frais, dans la maîtrise. C'est peine perdue, souligne ce livre qui, suivant quelques fils dépliés par Freud, Foucault, Lacan, mais aussi par certains travaux gays et lesbiens, tente de dire les conséquences de cet échec. " Il y a sur le sexe un secret bien gardé : la plupart des gens n'aime pas ça ".
On savait depuis des siècles que l'homosexualité masculine était honorée ou pratiquée dans la culture arabo-islamique. Des voyageurs occidentaux l'avait évoquée, des romans ou des études l'ont parfois décrite ou y ont fait allusion, mais il n'y avait jamais eu jusqu'alors de recherche approfondie ou systématique sur le sujet. Par ce travail qui réunit un grand nombre de données issues de textes poétiques, théologiques, coraniques, historiques, juridiques et littéraires, Khaled El-Rouayheb comble une importante lacune de notre savoir sur l'érotisme masculin dans le monde arabo-islamique à l'aube de notre modernité. David M. Halperin. Le livre de Khaled El-Rouayheb est un très utile correctif aux interprétations de ceux qui ont ignoré, mal compris ou dénaturé les rapports de l'Islam prémoderne à l'homoérotisme. C'est de plus une contribution bienvenue à l'étude d'une période de ['histoire de la littérature arabe qui n'a pas toujours fait l'objet de suffisamment de recherches. C'est un travail éminemment recommandable, impudique, provocant et sérieux. Geert Jan Van Gelder.
Reçue comme allant de soi, immuable, quasi naturelle, et essentielle au lien social, l'hétérosexualité n'a guère jusque-là été questionnée. Aussi aura-t-il fallu le développement des recherches gay et lesbiennes pour qu'elle apparaisse enfin dans son étrangeté et sa portée normative. Il y a une histoire de l'hétérosexualité, une identité, un genre hétérosexuel non pas inné mais produit par un certain nombre de lieux et de pratiques dont Hétéros, pour la première fois en France, dresse un inventaire critique. Les sites et chats de rencontres, les danses enlacées (une singularité proprement occidentale), les manières de divorcer, l'autobiographie, la littérature " psy " sur le couple, les sciences sociales nord-américaines, les discours sur la sexualité postnatale, les changements sociaux et législatifs, l'armée, les prisons, les centres d'observation pour délinquants, voilà où se construit, non sans difficultés désormais, l'hétérosexualité.
L'adolescence est une invention récente des sociétés occidentales, dont Le Grand Meaulnes fut un signe avant-coureur. Encore pris dans la crise dont il élabore le mythe, Alain-Fournier en offre le paradigme. Sa vie, vouée à l'adolescence par sa mort prématurée, en éclaire tous les ressorts. A quoi servent les chagrins d'amour? Pourquoi devient-on écrivain? Et comment devient-on vélocilecteur, avide de balades solitaires et de livres où s'inventer par les mots des autres? Un roman, écrit avant la Première Guerre mondiale, rencontre un demi-siècle plus tard un lecteur aussi jeune que son héros, lui ouvre un passage vers la psychanalyse et change sa vie. Biographie de l'auteur André Agard a enseigné dans les DESS "clinique et pathologique" et "enfance et adolescence" à l'université Paris V. Il est actuellement psychanalyste au CMPP de Fontainebleau. Il a publié chez Albin Michel Il aurait pu être bon élève et Dans les silences des mères.
Pour en avoir fait lui-même l'expérience et s'être par ailleurs engagé dans une pratique analytique, Sean Wilder interroge ici ce que la psychanalyse a pu dire de l'extase mystique. Freud, Lacan et Winnicott lui offrent des réponses diverses. Si chacun utilise le concept de moi, c'est en des sens très différents: Freud émet une condamnation qui assimile sentiment océanique et expérience religieuse; Lacan prête une oreille plus attentive aux élaborations mystiques et à leur mode de subjectivation; Winnicott forge te concept surprenant d'orgasme du moi pour désigner des états de non-intégration proches de ce que Henri Michaux - lui aussi convoqué - nomme le domaine du calme. Prenant un appui critique sur ces travaux, mais aussi sur sa pratique du zen, l'auteur revisite l'expérience mystique. Loin de ne concerner qu'elfe, sa contribution questionne ta consistance du savoir avec lequel l'analyste rend compte de sa pratique. Biographie de l'auteur Sean Wilder est américain, diplômé des Universités de Columbia et de Berkeley. Il vit en France depuis 1969. Il a acquis la nationalité française et exerce la psychanalyse à Montpellier.