Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le milieu des appareils
Déotte Jean-Louis
L'HARMATTAN
24,00 €
Épuisé
EAN :9782296065550
Pour clore le programme de recherche "Arts, Appareils, Diffusion", la Maison des Sciences de l'Homme Paris Nord (Saint-Denis) a organisé en octobre 2006 un colloque franco-allemand afin de confronter la philosophie allemande des média et de la communication (Kittler, Krämer), à la philosophie française du psychosocial et de la technique qui certes dépend aussi beaucoup de l'Allemagne (Benjamin), mais aussi d'une réflexion contemporaine française sur l'esthétique (Simondon, Lyotard, Rancière, etc.). C'est ce qui a permis, d'une part, de distinguer les appareils d'autres prothèses techniques modifiant l'assiette de la sensibilité commune comme les instruments scientifiques, les média de communication, les outils techniques en général. Bref, de leur donner une place à part, esthétique, ce qui permet d'envisager un autre domaine que celui décrit par Simondon quand il analyse l'individuation psychosociale et la genèse des outils. Et d'autre part, d'affiner et de prolonger la réflexion sur les appareils par des études sur la vidéo et les arts contemporains, la cybernétique et l'ontologie de Heidegger, le cinéma de Sokourov, la photo (Rancière), l'édition (Descartes), l'architecture (la transparence), la musique (l'invention du concert), le téléphone (Proust).
Il y a une puissance d'art du musée - une poétique au sens fort - qu'il faut restaurer contre la critique inaugurale d'un Quatremère de Quincy ou d'un Valéry. Car l'ouverture de cette institution publique est indissociable de la critique esthétique, de l'histoire de l'art et enfin de l'art lui-même, qui, pour la première fois, accède à lui-même, dans la visibilité. Non pas que ce véritable cadre produise arbitrairement l'art. Mais au sens où, l'exposant, le suspendant, il le sépare d'avec ce qu'il n'est pas : la destination (théologique, métaphysique, politique, etc.). Et donc, peu à peu, le musée rendant absent le monde des hommes pour l'art, laisse place à une temporalité qui n'est pas celle des événements historiques. Celle de l'histoire de l'art, où l'art s'invente constamment, et plus énigmatique, une temporalité plus originaire, de donation des époques de l'art. Le musée ne serait donc pas un triste accident survenu à l'art au milieu du XVIIIème siècle : il en est le site. Cette analyse, s'appuyant sur Kant, Salles, Adorno, Benjamin, Malraux, Bataille, Blanchot, Lyotard, Derrida, Lacoue-Labarthe, Nancy, est nécessaire pour accéder à ce qui, même dans l'art le plus contemporain, en constitue toujours l'intérieur.
Les textes proposés ici ouvrent deux grandes questions : celle de la contemporanéité et donc du Présent de l'écriture du philosophe, celle du nouage entre foyer du sens, cinéma et philosophie. Benjamin rappelle dans Chronique berlinoise que le Présent à partir duquel doivent s'écrire non seulement l'histoire, mais aussi la connaissance, est dépendant de l'appareil dominant. En l'occurrence, au XXe siècle, le cinéma, alors que le XIXe était appareillé par la photographie. Dans une radicale philosophie de la temporalité comme la sienne, les appareils font chacun leur tour époque sans pourtant s'éliminer. Un appareil supplante les précédents, tout en les conservant dans leur vérité. Ainsi le Livre des passages aura-t-il été écrit en tirant les conséquences politiques de l'analyse de la perception cinématographique. La seconde question doit être abordée à partir de la pensée de Claude Lefort, qui décrit la démocratie moderne comme ce moment de la désintrication des pôles de la Loi, du Pouvoir et du Savoir. Dès lors, le lieu du sens n'est plus incarné, par exemple dans le corps du souverain. Il devient inlocalisable. On peut faire l'hypothèse qu'il revient au cinéma de configurer ce lieu selon les différentes " traditions " nationales : le cinéma anglo-saxon est soumis à la figure du procès comme source de la légitimité, l'allemand à celle de la communauté, le français à celle de l'articulation du privé et du public.
Les récentes destructions d'oeuvres au sein du musée de Mossoul, puis les attaques menées contre des touristes occidentaux devant le Bardo à Tunis et, dernièrement, la destruction partielle du patrimoine de Palmyre viennent rompre une certitude ancrée en Europe depuis la fin du XVIIIe siècle : celle de l'irréversibilité du mouvement "d'éducation esthétique de l'humanité" fort bien décrit par Schiller dans ses Lettres. Car le Musée, cette invention européenne (Londres, Dresde, Paris), a donné une nouvelle assiette à l'art, qui de cultuel est devenu culturel, qui de communautaire est devenu public, qui de réservé est devenu exposé au jugement de tous. Bref, le musée est cet appareil démocratique qui a inventé l'esthétique moderne.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.