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Philosophie et cinéma
Déotte Jean-Louis
L'HARMATTAN
26,50 €
Épuisé
EAN :9782296545656
Les textes proposés ici ouvrent deux grandes questions : celle de la contemporanéité et donc du Présent de l'écriture du philosophe, celle du nouage entre foyer du sens, cinéma et philosophie. Benjamin rappelle dans Chronique berlinoise que le Présent à partir duquel doivent s'écrire non seulement l'histoire, mais aussi la connaissance, est dépendant de l'appareil dominant. En l'occurrence, au XXe siècle, le cinéma, alors que le XIXe était appareillé par la photographie. Dans une radicale philosophie de la temporalité comme la sienne, les appareils font chacun leur tour époque sans pourtant s'éliminer. Un appareil supplante les précédents, tout en les conservant dans leur vérité. Ainsi le Livre des passages aura-t-il été écrit en tirant les conséquences politiques de l'analyse de la perception cinématographique. La seconde question doit être abordée à partir de la pensée de Claude Lefort, qui décrit la démocratie moderne comme ce moment de la désintrication des pôles de la Loi, du Pouvoir et du Savoir. Dès lors, le lieu du sens n'est plus incarné, par exemple dans le corps du souverain. Il devient inlocalisable. On peut faire l'hypothèse qu'il revient au cinéma de configurer ce lieu selon les différentes " traditions " nationales : le cinéma anglo-saxon est soumis à la figure du procès comme source de la légitimité, l'allemand à celle de la communauté, le français à celle de l'articulation du privé et du public.
Il y a une puissance d'art du musée - une poétique au sens fort - qu'il faut restaurer contre la critique inaugurale d'un Quatremère de Quincy ou d'un Valéry. Car l'ouverture de cette institution publique est indissociable de la critique esthétique, de l'histoire de l'art et enfin de l'art lui-même, qui, pour la première fois, accède à lui-même, dans la visibilité. Non pas que ce véritable cadre produise arbitrairement l'art. Mais au sens où, l'exposant, le suspendant, il le sépare d'avec ce qu'il n'est pas : la destination (théologique, métaphysique, politique, etc.). Et donc, peu à peu, le musée rendant absent le monde des hommes pour l'art, laisse place à une temporalité qui n'est pas celle des événements historiques. Celle de l'histoire de l'art, où l'art s'invente constamment, et plus énigmatique, une temporalité plus originaire, de donation des époques de l'art. Le musée ne serait donc pas un triste accident survenu à l'art au milieu du XVIIIème siècle : il en est le site. Cette analyse, s'appuyant sur Kant, Salles, Adorno, Benjamin, Malraux, Bataille, Blanchot, Lyotard, Derrida, Lacoue-Labarthe, Nancy, est nécessaire pour accéder à ce qui, même dans l'art le plus contemporain, en constitue toujours l'intérieur.
L'élaboration de l'avant-dernier livre de Jean-Louis Déotte (Walter Benjamin et la forme plastique. Architecture, technique, lieux, L'Harmattan, 2012) avait pris une dizaine d'années, en rapport constant avec des thèses ou des mémoires de recherche auxquels il participa comme directeur ou comme membre de jury. Aujourd'hui, avec ce W Benjamin, littéralement, nous proposons de relater les différentes étapes d'un travail fondamentalement collectif où il est bien difficile de savoir qui s'inspira de qui. Ou qui parasita qui. Certes, dans une relation de recherche, l'"étudiant" parasite le maître, mais l'inverse est tout aussi vrai. Un livre de ce type est donc poreux parce qu'il est le résultat d'une réversibilité des échanges et donc d'une compénétration des pensées. Le parasite peut être éliminé par les anti-corps de l'hôte. A l'inverse, le parasite peut déprogrammer son hôte, le conduisant à l'anéantissement, parce qu'il ne peut se développer que dans son cadavre. Dès lors, on dira que l'assimilation d'un parasite par un corps-hôte est réussie quand il lui devient indispensable : c'est un enrichissement "réciproque". W Benjamin a été un parasite du second ordre pour le marxisme alors qu'il n'avait pas réussi avec les écrivains français des années trente, qui l'ignorèrent. Même s'il se désigna des "ennemis" comme Jünger ou Heidegger, ce n'est pas un penseur de l'affrontement ou de la résistance. La négativité dialectique est chez lui dissolution des formes acquises. C'est le sens des différentes critiques esthétiques et littéraires qu'il nous légua : de l'apparence, par la mise en marche, faire surgir l'apparition.
Pour clore le programme de recherche "Arts, Appareils, Diffusion", la Maison des Sciences de l'Homme Paris Nord (Saint-Denis) a organisé en octobre 2006 un colloque franco-allemand afin de confronter la philosophie allemande des média et de la communication (Kittler, Krämer), à la philosophie française du psychosocial et de la technique qui certes dépend aussi beaucoup de l'Allemagne (Benjamin), mais aussi d'une réflexion contemporaine française sur l'esthétique (Simondon, Lyotard, Rancière, etc.). C'est ce qui a permis, d'une part, de distinguer les appareils d'autres prothèses techniques modifiant l'assiette de la sensibilité commune comme les instruments scientifiques, les média de communication, les outils techniques en général. Bref, de leur donner une place à part, esthétique, ce qui permet d'envisager un autre domaine que celui décrit par Simondon quand il analyse l'individuation psychosociale et la genèse des outils. Et d'autre part, d'affiner et de prolonger la réflexion sur les appareils par des études sur la vidéo et les arts contemporains, la cybernétique et l'ontologie de Heidegger, le cinéma de Sokourov, la photo (Rancière), l'édition (Descartes), l'architecture (la transparence), la musique (l'invention du concert), le téléphone (Proust).
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.