Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Territoire et profession. Essai sociologique sur les formes de constructions identitaires modernes
Aït Abdelmalek Ali
EME MODULAIRES
22,50 €
Épuisé
EAN :9782930342498
La question de l'identité nous fournit, ici, plus qu'une unité de la thématique traitée. Mais, dans ce registre, la notion mérite un nouvel éclaircissement ; en effet, l'utilisation du terme " identité " a été, à juste raison, critiquée : si l'identité est partout, elle n'est nulle part ; ranger sous le terme d'" identité " tout type d'affinité et d'affiliation, toute forme d'appartenance, tout sentiment de communauté, de lien ou de cohésion, toute forme d'auto-compréhension et d'auto-identification, c'est s'engluer dans une terminologie émoussée, plate et indifférenciée. Le but est ici d'apporter une contribution au concept d'identité comme " catégorie analytique " ; on suggère qu'entre les tendances à " signifier trop " (sens fort) et à " signifier trop peu " (acception faible), on peut satisfaire aux exigences de l'analyse sociale, en spécifiant deux facettes -parmi d'autres -de l'appartenance et de l'identité (le territoire et la profession). Notre approche a consisté à démêler le noeud de significations qui se sont accumulées autour de la notion, polysémique, d'identité, et à répartir le travail conceptuel effectué par le terme, entre un certain nombre de mots peut-être moins "chargés". Nous avons, ainsi, proposé deux groupes terminologiques : " identité territoriale / identité professionnelle" et "idéologie nationale / utopie communautaire". On voit bien que ces dimensions n'épuisent, loin s'en faut, pas l'ensemble des significations et des emplois possibles du terne "identité" ; nous prétendons, toutefois, qu'une distinction fondamentale peut et doit être faite entre les modes d'identification territoriale et professionnelle. On peut identifier ou s'identifier à une autre personne, en fonction de sa position dans un réseau relationnel (local, régional, national ou international), dans un espace territorial. D'un autre côté, on peut s'identifier, ou identifier une autre personne, en fonction de son appartenance à un groupe de personnes partageant un attribut catégoriel, un même travail (métier, profession, classes sociales). On soutiendra ici que, alors que les modes d'identification territoriaux demeurent encore importants dans de nombreux contextes, l'identification catégorielle - on veut parler du métier ou de la profession - a acquis une importance encore plus grande dans les sociétés contemporaines (modernes et urbanisées).
Nous sommes dès notre plus tendre enfance invités à penser qu?un fossé sans fond sépare à jamais les « scientifiques » des « littéraires ». Cette idée est d?autant plus infondée qu?à ses origines, il y a tout au plus quatre siècles, la science s?est construite grâce à des stratégies rhétoriques et littéraires, l?usage de la fiction en particulier: certains textes savants de l?époque sont à mi-chemin entre le récit d?aventures et la fable utopique. De ce paradis de l?imaginaire scientifique nous sont parvenus d?étranges récits de voyages sur une Lune peuplée de « Lunariens », d?anges et de démons, récits dont le but, très scientifiquement prosaïque, était de voir la Terre tourner, conformément à ce qu?impliquait la théorie de Copernic. Mais cette science romanesque fut de courte durée: dès la fin du siècle, les envols poétiques de Kepler, Wilkins et Cyrano étaient entravés par les exigencesrationalistes de Fontenelle et de Huygens. Encore fructueuse deux siècles plus tard, pendant l?âge d?or de la vulgarisation des sciences que fut le XIXe siècle, l?ancienne alliance entre science et littérature s?est aujourd?hui dissoute: la littérature ne s?empare que très marginalement des avancées scientifiques et la science, y a-t-il lien de cause à effet? souffre à l?évidence d?un certain tarissement de ses sources d?inspiration. Peut-être ses tenants n?ont-ils pas assez lu Kepler et Cyrano, qui constituent pourtant, quatre siècles après, un véritable bain de jouvence. A mi-chemin entre l?histoire des sciences et l?analyse littéraire, un essai original et très fouillé (notes et références) sur un thème hélas toujours actuel: le fossé entre les « deux cultures ».
Certains de ces aphorismes ont vu le jour à l'occasion d'une situation de malaise, d'autres lors d'un moment de plénitude, et d'autres suite à une méditation ou une observation. Un jour, sur le chemin du retour chez moi, j'ai vu un agent de police arrêter un conducteur qui était passé au feu orange. Le chauffeur galérait pour convaincre que c'était un feu orange et non un feu rouge... Le policier lui a collé en fin de compte une infraction ! Cela m'a inspiré un de mes premiers aphorismes : "Sans justice, pouvoir est amer. Sans pouvoir, justice est galère" . Ce livre est le fruit d'une longue période de réflexions, non continuelle, qui a duré dix ans, dont l'objectif est d'exprimer mon intime conviction sur des situations, des sujets et des valeurs communes. Loin d'être un dogme, il s'agit bien là d'une tentative de compréhension, partagée.
Domaine privilégié de la réflexion socio-anthropologique, la question de l'identité était, au siècle dernier, généralement envisagée sous un angle utilitariste : la dimension professionnelle et le marché primaient sur la territorialité. La revalorisation du territoire dans la pensée contemporaine témoigne de la nécessité de s'interroger sur les rapports énigmatiques qui lient ces deux notions. Le présent ouvrage, qui rassemble des textes inédits interrogeant à la fois la manière dont l'homme s'inscrit dans son environnement et la notion même de territoire, étudie ces rapports dans toute leur complexité. Par ailleurs, une meilleure connaissance de l'enjeu communautaire et de ses " paliers en profondeur ", ainsi que du sens des dynamiques revendicatives locales, devrait permettre aux décideurs de mettre en ?uvre des politiques d'aménagement et des modèles de développement qui puissent tenir compte des nouveaux impératifs européens et mondiaux. Les formes inédites de démocratie qui devraient ainsi pouvoir émerger de ce processus ont également retenu toute l'attention des auteurs. C'est donc ici, en somme, un ouvrage de mémoire et de modernité : une contribution essentielle - à la fois sociologique, ethnologique, économique, géographique et juridique - à la connaissance des fondements du " territoire ".
« Edgar Morin: être sociologue et enseigner l humanité »Edgar Morin, Philosophe et Sociologue (C.N.R.S.), a montré ses qualités exceptionnelles comme chercheur, son immense culture, sa vaste érudition, son inlassable curiosité intellectuelle, son audacieuse imagination en même temps que son extrême attention aux faits... insoucieux de ses intérêts de « carrière » et de sa propre gloire, aux antipodes du chef d école sûr de lui et dominateur, cherchant d abord, dans une relation pédagogique de type socratique à éveiller. La plus grande partie de ses travaux concernant la Méthode et l analyse du 20ème siècle, c est le concept de complexité, comme on l a vu, qui est le fil conducteur d une pensée qui n a rien de dogmatique. L unité de la science, pour l auteur, est parallèle à l unité de l objet, qui essaie ainsi de penser une humanité enrichie de toutes ses contradictions: l humain et l inhumain, le repli sur soi et l ouverture aux autres, la rationalité et l affectivité, la raison et le mythe, l archaïque et l historique, le déterminisme et la liberté.Durant toute sa carrière, Edgar Morin a bataillé pour « relier les connaissances » sur l humain, dispersées dans les sciences et les humanités; il s agit, en effet, de les articuler, les réfléchir afin de penser la complexité humaine à la fois dans son identité biologique (naturelle), son identité subjective et son identité sociale (culturelle). Parmi les sociologues contemporains, il est certainement l un des plus connus et des plus médiatisés. Auteur de nombreuses publications académiques, il a aussi utilisé, pour répandre ses idées, les ouvrages de vulgarisation, les journaux et périodiques populaires, les émissions de radio et de télévision... Chercheur, enseignant et conférencier efficace, Morin est aussi un polémiste i.e. la « dispute » socratique (dialogue philosophique, épistémologique et scientifique) redoutable. Persuadé que le terme de complexité, au sens réducteur et inexact de complication, servait d excuse au manque de théorie et d explication, Morin place au premier rang le concept de complexité: de justification, il est devenu problème, lui-même objet d étude.L uvre d Edgar Morin renverse ainsi la tendance peu théorique du début de la sociologie française. Ses ouvrages majeurs restent les six tomes de La Méthode où il construit une théorie générale qui se veut une synthèse, qui a parcouru « la cohérence d une uvre » et « les expériences vécues qui la nourrissent ». Dans cet ouvrage, on a tenté de déployer l éventail des fondements de la pensée complexe en articulant les thèmes des uvres d Edgar Morin sur le statut de la connaissance et sur les méthodes d élaboration de ces savoirs. L ambition est ici d «enrichir le regard », comme dit Jean-Louis Le Moigne, du lecteur méditant sur le bon usage de la pensée complexe, de ces connaissances que sans cesse il transforme en actions.
Il y a bientôt trois siècles, le curé athée, Jean Meslier, nous laissait un volumineux "Mémoire... où l'on voit des démonstrations claires et évidentes de la vanité et de la fausseté de toutes les divinités et de toutes les religions du monde pour être adressé à ses paroissiens après sa mort et pour servir de témoignage de Vérité à eux et à tous leurs semblables". Son argumentation s'articule autour d'une triple critique : critique théologique des dogmes chrétiens, dictée par le bon sens, irréfutable et ravageuse, faisant apparaître leur inconsistance, leurs flagrantes et ridicules absurdités, leur instrumentalisation aux fins de maintenir les peuples dans la soumission et la servilité ; critique de la société de son temps, dénonçant la situation déplorable des populations et la gouvernance tyrannique des "grands", débouchant sur une visée révolutionnaire, communisante et sur un appel pressant et vibrant à l'union et la libération des peuples ; critique philosophique par laquelle il fonde son matérialisme radical : tout est matière, "le monde est par lui-même ce qu'il est", "la nature se suffit à elle-même". Ce petit ouvrage propose un choix d'extraits du Mémoire et tend à s'en faire l'écho le plus fidèle possible afin de conduire à la rencontre de l'auteur et de sa pensée, qui garde encore aujourd'hui toute sa portée et son actualité.
Cet ouvrage, fruit d'une étroite collaboration entre enseignants-chercheurs et praticiens appartenant à diverses institutions, est consacré à l'examen de la thématique de l'autonomie et de la dépendance. Les contributions retenues, présentées pour la plupart lors d'un colloque pluridisciplinaire qui s'est tenu à Besançon les 31 mars et l'avril 2011, peuvent être regroupées en deux grandes parties. La première, fournissant des éléments de problématisation et prenant appui sur des études de cas, privilégie une optique à la fois réflexive et comparative. L'accent est mis notamment sur les troubles cognitifs et le vieillissement, les situations de handicap et de vulnérabilité, les dispositifs de réadaptation ou de prise en charge. La deuxième, en fonction des contextes et des champs d'investigation, s'intéresse plus spécifiquement aux relations entre conjoints ou entre communautés, à la protection sociale et à la solidarité intergénérationnelle, aux pratiques sportives et aux jeux de hasard.
L'hospitalisation, avec la coupure radicale qu'elle entraîne par rapport à l'activité normale, familiale, professionnelle et sociale, est une situation à laquelle nous sommes tous probablement confrontés, un jour ou l'autre. Cette "coupure" souvent soudaine est, c'est l'évidence, fréquemment génératrice d'isolement du patient ou du résident qui se trouve confronté sans préparation à l'inactivité, au sentiment d'impuissance, à la souffrance, à la solitude et à l'angoisse...