Spectateur assidu, véritable amateur de ciné-clubs et de salles populaires, le cinéphile Henri Matisse se passionne pour ce qui compte en son temps de plus original et de plus lointain, de Jean Renoir à Robert Flaherty, de René Clair a F. W. Murnau, des films scientifiques à Tarzan... Si Matisse aborde légitimement le cinéma comme un divertissement, son oeuvre en reçoit une influence décisive. En retour, le cinéma moderne lui a manifesté de la gratitude et particulièrement la Nouvelle Vague française (Jacques Rivette, Eric Rohmer, Jean-Luc Godard, Jacques Demy, Agnès Varda...). Cette génération novatrice a élu Henri Matisse comme l'un de ses "patrons", aux côtés de Roberta Rossellini et Jean Renoir. L'art actuel ne s'y est pas trompé. Certains artistes contemporains ont déjà dévoilé les liens profonds qui unissent le peintre passionné de séries graphiques et décoratives avec l'image-mouvement : Jean-Michel Alberola, Pierre Buraglio, Henri Foucault, Madeleine Roger-Lacan, Raymond Hains, Jacques Villeglé, Ange Leccia ou encore Alain Fleischer.
Dans le cadre de la Biennale des Arts Nice, le musée Matisse de Nice présente un dialogue inédit entre David Hockney et Henri Matisse ayant pour point de départ la nouvelle série des Fresh Flowers - encore jamais montrées au public - de l'artiste britannique. En effet, ses dessins sur palette graphique rejoignent l'approche de Matisse qui cherche toujours à restituer, en dehors du seul aspect visuel, le principe végétal de la plante : sa floraison. Au-delà, le texte de Claudine Grammont, directrice du musée Matisse de Nice, s'attache à montrer comment ces deux géants des XXe etXXIe siècles racontent la modernité en s'appropriant les mêmes codes, les mêmes signes et entrent en résonnance dans leurs recherches et préoccupations formelles.
Grammont Claudine ; Coron Anne ; Alliez Eric ; Boi
Résumé : Ce dictionnaire Matisse est le premier consacré à l'un des peintres majeurs du XXe siècle, qui fut tout autant graveur, dessinateur et sculpteur de génie. Très prisé du grand public, le chef de file du fauvisme continue de jouir d'un rayonnement exceptionnel en France et dans le monde, comme en témoignent les innombrables expositions qui lui sont consacrées. L'ouvrage présente l'ensemble des connaissances sur son oeuvre et sa vie à travers plus de 1000 entrées portant aussi bien sur ses créations que sur les personnes, les lieux et les concepts qui leur sont rattachés. Il traite d'environ 270 peintures, sculptures, gouaches découpées, décors ou réalisations architecturales, présentés et étudiés en fonction du parcours de Matisse et de l'évolution de son art. Plus de 500 entrées sont consacrées aux multiples amis, artistes, collaborateurs, écrivains, marchands et éditeurs qui ont suivi sa carrière, se sont intéressés à son oeuvre ou ont été influencés par elle, sans oublier les femmes qui furent ses confidentes et ses inspiratrices. Ces relations professionnelles, amicales ou sentimentales sont ici racontées à partir des témoignages et correspondances qu'elles ont suscités. Sont également répertoriés les villes et résidences où Matisse a habité ou séjourné, ainsi que les notions, idées, principes et thèmes récurrents qui ont façonné son univers esthétique et permettent de saisir son processus créatif. Ce dictionnaire sans équivalent s'impose comme le guide indispensable pour appréhender dans toute son ampleur l'oeuvre monumentale du maître de la lumière.
Interroger la puissance de l'image est au coeur de la démarche matissienne. En rupture avec la tradition occidentale de la figuration, le tableau s'impose chez lui comme un environnement vivant et stimulant, une présence plus qu'une représentation. L'élément narratif, le sujet, importe peu, même si certains thèmes se dégagent tels que la fenêtre, l'atelier, l'odalisque ou les poissons rouges. Car le monde de Matisse n'appartient pas au réel, il est une rêverie permanente, toujours réactivée par le regard qui se pose sur elle, et cette mobilité insaisissable fait sans doute son actualité. S'appuyant sur de nouvelles approches interprétatives, les auteures abordent le rôle de la biographie et des échanges créatifs au sein de l'avant-garde, les dialogues avec les traditions de l'art en Europe et au-delà, par le biais d'objets africains, islamiques et asiatiques, l'impact de l'environnement des ateliers à Paris et à Nice, les questions relatives au genre et à la sexualité, ainsi que les ambitions architecturales et décoratives de la peinture. Peintures, sculptures, dessins, gravures, papiers découpés, illustrations, décors de théâtre et conception de costumes, textiles, céramiques et vitraux, plus de 300 oeuvres, éclairés des écrits de l'artiste, donnent ici la mesure de l'apport inestimable de l'artiste à l'art du XXe siècle.
Cet ouvrage clôt l'ensemble des événements ayant eu lieu à l'occasion de "Picasso-Méditerranée" . Son contenu retranscrit les sujets de réflexion exhumés et développés au cours des expositions et des quatre séminaires de la manifestation, et propose des ouvertures plus larges sur le rapport conceptuel qu'entretenait Picasso avec la Méditerranée. Les textes, essais transversaux, notices biographiques de lieux et de personnages, focus d'expositions et de sujets thématiques, sont accompagnés d'une illustration généreuse et de cartes blanches commandées à des créateurs contemporains. Ces grands ensembles permettent de reconsidérer l'oeuvre de Picasso sous le prisme de la Méditerranée et des lieux emblématiques qui associent cet espace vécu et rêvé à l'artiste. "Picasso-Méditerranée" est une manifestation culturelle internationale qui s'est tenue du printemps 2017 à l'automne 2019. Plus de soixante-dix institutions ont imaginé ensemble une programmation autour de l'oeuvre "obstinément méditerranéenne" de Pablo Picasso. A l'initiative du Musée national Picasso-Paris, ce parcours dans l'oeuvre de l'artiste et dans les lieux qui l'ont inspiré a offert une expérience culturelle inédite, souhaitant resserrer les liens entre toutes les rives.
Sarmant Thierry ; Barbier Muriel ; Caude Elisabeth
Résumé : Premier consul de la République puis empereur des Français, Napoléon Bonaparte a fait siennes les "maisons royales" de l'Ancien Régime. Entre 1800 et 1815, architecture, beaux-arts et arts décoratifs ont été convoqués pour offrir à un nouveau maître résolu à "finir la Révolution" un cadre tout à la fois luxueux et porteur d'un message d'ordre et de grandeur. Au désir de créer un écrin prestigieux pour Napoléon et son entourage s'est ajouté un dessein politique et économique : occuper artistes, artisans et ouvriers des manufactures, c'était pacifier une société à peine sortie de la tourmente révolutionnaire tout en promouvant l'industrie française face à ses concurrentes européennes. Trois des principaux palais ainsi réinventés - les Tuileries, Saint-Cloud et Meudon - ont brûlé en 1870 et 1871, durant la guerre franco-allemande et la Commune. De nombreux meubles et éléments de leurs décors mis à l'abri avant le conflit sont parvenus jusqu'à nous. Leur réunion, dans la galerie des Gobelins, ressuscite pour la première fois ces palais disparus et révèle l'inventivité des créateurs du premier XIXe siècle : de nouveaux types de meubles apparaissent, les arts du métal atteignent une sorte d'apogée, les murs des salons et les garnitures des sièges se parent de coloris acidulés d'une fantaisie absolue ; reconstitutions in situ et restitutions virtuelles évoquent les ensembles décoratifs surprenants conçus sous l'égide des architectes et des administrateurs du Garde-meuble. Palais disparus de Napoléon nous ramène ainsi deux siècles en arrière, dans le grand théâtre d'un Empire entre deux mondes, étonnante synthèse de l'ancienne monarchie et de la France nouvelle.
Avec pour fil rouge le lien entre la couleur et la lumière, cet ouvrage offre un regard sur l'ensemble du parcours de Pierre Bonnard, de sa période nabie à ses tableaux des années 1920 et 1930 où son style s'affirme pleinement, jusqu'aux chefs-d'oeuvre de la fin de sa vie. Les différents thèmes abordés permettent d'explorer les lieux qui l'inspirent - Paris, la Normandie, la Méditerranée - et ses sujets de prédilection : les intérieurs avec personnages, les nus, les paysages, les natures mortes, avec une attention toute particulière portée à la lumière, naturelle ou artificielle, qui était l'essence même de sa peinture. Traversé par une douce mélancolie à laquelle l'âge donne peu à peu une plus grande gravité, l'art de Bonnard demeure avant tout une ode à la beauté du monde et à celle du corps féminin. C'est aussi l'une des rares oeuvres du XXe siècle à offrir autant de bonheur à ceux qui la découvrent.
Moreau Gustave ; Forest Marie-Cécile ; Fauriac Lil
Résumé : L'histoire commence comme l'un de ces contes qui ont bercé notre enfance. Il était une fois un collectionneur, Antony Roux (1833-1913), natif de Marseille et grand amateur d'art, qui commanda à Gustave Moreau (1826-1898), peintre d'histoire fameux, des illustrations pour les Fables de La Fontaine (1621-1695). Réservés, à l'origine, à la seule jouissance du collectionneur et destinés à composer un unique livre, soixante-quatre chefs-d'oeuvre à l'aquarelle virent le jour à Paris, au 14, rue de La Rochefoucauld, entre 1879 et 1884. Exposées, pour vingt-cinq d'entre elles, en 1881 dans le salon particulier que la Société d'Aquarellistes français occupait chez Durand-Ruel, au 16, rue Laffitte, puis, dans leur ensemble, à la galerie Boussod et Valadon (ancienne maison Goupil), au 9, rue Chaptal, et à Londres dans la succursale londonienne de cette même galerie en 1886, ces aquarelles furent réunies dans leur quasi-totalité une ultime fois en 1906 sous l'égide de Robert de Montesquiou et de la comtesse Greffulhe. Trente-cinq d'entre elles - les vingt-neuf autres ayant disparu - reviennent aujourd'hui, à l'occasion de l'exposition qui leur est dédiée au musée national Gustave Moreau, autrefois atelier qui les vit naître. Notre souhait, en publiant, à l'orée du XXIe siècle, ces trente-cinq fables et les illustrations qu'en fit Gustave Moreau, est de les rendre aussi populaires que celles de Gustave Doré en leur temps et de retrouver ce bonheur d'enfance de la seule illustration en regard du texte de La Fontaine.