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Amitié, temps & lumière. Lettres de la Méditerranée
ADONIS/ANALIS
OBSIDIANE
13,20 €
Épuisé
EAN :9782911914515
(...) Ils ne poursuivent pas un dialogue. Beaucoup plus tiennent-ils à tour de rôle leurs monologues en français qu'à égalité les deux pratiquent couramment, l'Arabe syrien avec la condescendance du grand frère, le Grec, pourtant vraiment guère plus jeune, avec l'ardeur du disciple. Mais en même temps celui-ci fait l'effet par instants d'être à peu près exclu du monde, et en plus quant à cette quasi universelle exclusion d'une part d'en être meurtri autant que d'autre part, au même moment, il s'en montre ravi-furieux. L'Arabo-Syrien au contraire parle comme depuis le coeur d'un monde, certes pas réalisé ou même " réal-politique ". Et de leurs deux monologues, lorsqu'aussi chacun répond à peine en particulier à l'autre, il y a finalement, dans leurs pauses, leur rythme et leur accord partagé, des dialogues ou face-à-face comme il ne s'en trouverait que quelques rares. Tous deux ont en commun, l'un dans sa furieuse excitation, l'autre dans sa mélancolique et invincible sérénité, une urgence, une auto-défense, une auto-distanciation, fondée sur les origines spatio-temporelles, dirigée contre le monde actuel, une confiance-en-soi-et-en-l'Orient (entendu comme pays du Levant). Ainsi, alla fin du repas au Al-Wadi, vient à celui qui écoute l'idée, que trois années et demie plus tard ont ici conduite à ce petit livre : " Ce qu'en ce moment vous vous dites l'un à l'autre, donnez-lui la dimension additive de l'écrit. Je le traduirai. " Peter Handke, Extrait de la postface à l'édition allemande (2001) traduit par Jacques Busse
Réédition d'un recueil du grand poète arabe à propos duquel Alain Bosquet écrivait à sa parution en 1991 : " En ce siècle, depuis les incantations de Rabindranath Tagore, les crucifixions intimes de Rainer Maria Rilke, les doutes sauveurs de Fernando Pessoa et les discours à la manière de Saint-John Perse, on n'a parlé avec autant d'autorité de ce qui en l'homme bouscule l'homme, terreur et grâce conjuguées. "
En quittant sa rive natale, l'antique Phénicie, pour le vaste monde, Adonis porte son interrogation à la mesure de la quête des profondeurs qu'ont entamée ses premiers poèmes, et qu'il déploie aujourd'hui dans une oeuvre considérable. Le particulier et le général s'y retrouvent, comme en témoignent les treize pièces rassemblées dans Soleils seconds, où les échos des poètes du désert se reconnaissent, mêlés à une diction intense et elliptique, qui pourrait évoquer Rimbaud ou René Char. Pour la première fois, peut-être, une poésie arabe fait reverdir ses propres sèves et assume les valeurs de l'universalité". Jacques Berque.
Poète méditatif, Adonis est l'homme de toutes les migrations, ouvert aux courants qui se croisent, se combattent et paraissent irréconciliables. Le poème est pour lui le lieu même où la pensée se forme, se déforme et se divise en paraboles. Adonis est non seulement le poète des quatre horizons, du déplacement, du métissage des chants, mais aussi de la mouvance des corps, de la dispersion des atomes, des poussières, des cendres sous le soleil. Totalement inédit en français, traduit avec talent par Vénus Khoury-Ghata et Issa Makhlouf, ce nouveau recueil poétique s'inscrit dans le prolongement de Histoire qui se déchire sur le corps d'une femme paru en 2008 au Mercure de France.
La parole oublie la parole il est rare que la parole parle Aram arim ram rama Ararat De la montagne des neiges se sont tendues vers moi les mains d'une Histoire errante éparpillée dans le désert de l'époque mains qui cousent des oreillers aux étoiles qui saignent sur les cartes et l'impression de toucher des éclats de têtes et de corps dans les nuages qui les côtoient Né en 1930 en Syrie dans une famille paysanne, naturalisé libanais, Ali Ahmad Saïd Esber prend très tôt le nom d'Adonis pour devenir le plus marquant et le plus varié des poètes arabes de notre temps. Poète méditatif, il est l'homme de toutes les migrations, ouvert aux courants qui se croisent, se combattent et paraissent irréconciliables. Le poème est, pour Adonis, le lieu même où la pensée se forme, se déforme et se divise en paraboles.
Avec Sous la cendre les étoiles, Maurice Kamto nous dévoile "l'aube primordiale" d'un très grand chant où se mélangent l'enfance du poète et celle d'une nation. D'un côté, l'insouciance et le geignement de l'enfant bousculé par l'absence brève mais profonde des figures de l'amour. De l 'autre, la difficile parturition d'un nouveau pays. Alors se déploie un panorama où l'attention du poète se manifeste aussi bien à l'égard des enfants des rues, des femmes, des arbres que pour la geste continentale. L'espoir soutient chaque vers, cha - que syllabe. Ce pourrait être la définition du poème. Léopold Sédar Senghor trouve en Maurice Kamto un digne continuateur de la poésie épique, mais réinventée, transfigurée.
Un seul poème, trente-trois rebonds le long des rives du fleuve-frontière Amour (par exemple) où s'embusque le léopard des neiges. Trente-trois salutations aux forces sauvages qui donnent élan et s'arrachent aux méandres de la mélancolie. Une voix souple et prudente s'adresse au fauve aux aguets, salue à sa splendeur menacée de capture et de disparition, concentré dans sa chasse, loin de la solitude des dangereuses foules humaines... En contrepoint, le dessin espiègle de Sébastien Pignon, s'épèle comme on jette par-dessus l'épaule ce qui entravait la marche et le saut". Dessins de Sébastien Pignon
Rainer Maria Rilke offre un cas qui ne laisse pas d'être assez extraordinaire ; un poète profondément germanique, qui figure, sous sa forme la plus aiguë, la plus fragile, le rameau extrême du romantisme allemand au point où il va rencontrer les derniers prolongements du monde spirituel slave, découvre sa véritable identité au contact d'une ville française. Ce poète allemand trouve à Paris non seulement un domicile passager et des amitiés plus ou moins durables, mais une inspiration qui le guide vers les formes secrètes de son être. Pendant douze ans il y reviendçra presque année après annés, heureux et malheureux d'y retrouver des joies ou des souffrances toujours neuves et un paysage presque éternel. Cette ville lui prêtera le cadre et les thèmes d'une oeuvre par laquelle il a le sentiment de s'exprimer jusqu'au bord de l'indicible, jusqu'à envisager et accepter d'un coeur tranquille la mort au terme d'un livre dans lequel il a conscience d'avoir concentré toute la sève d'une vie.
DONA (du latin Donum, don, présent, offrande) est une série de 46 poèmes dédiés principalement à des personnes, mais aussi à des lieux et des heures. Ce sont des envois, des hommages, à des vivants et des défunts, commémorés avec une certaine "piété" . Les destinataires peuvent être des amis chers, des parents, des poètes aimés (contemporains et classiques), des prophètes, des philosophes admirés ; mais aussi bien une nuit parisienne et un matin de février, un quartier de Lyon ou une station balnéaire normande ou un village breton... Tous et toutes m'ont parlé, inspiré, ouvert à une réalité autre qui est celle de la poésie, produit d'une interaction entre l'espace intérieur et le monde extérieur. Un va-et-vient incessant parcourt ce livre, entre la sphère de l'intime, du présent, et le murmure du passé, que nous transmettent la tradition et la mémoire". Gravures de Frédéric Couraillon