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La philanthropie en Amérique
Zunz Olivier,Barreyre Nicolas
FAYARD
25,71 €
Épuisé
EAN :9782213643014
Extrait de l'introduction«Il est facile de dépenser de l'argent, écrivit Wesley Mitchell en 1912, il est difficile de bien le faire.» Dans les pages de la très sérieuse American Economic Review, l'économiste se lamentait ainsi de «l'arriération des Américains dans l'art de dépenser», opposant «l'ignorance» du consommateur moyen au savoir empirique accumulé des grands industriels, qui leur avait permis de bâtir des empires. Certains d'entre eux, devenus très riches grâce à leurs innovations dans l'organisation et la gestion des entreprises, commençaient à les mettre au service du progrès social tel qu'ils l'entendaient. Cela mena à la création d'une institution nouvelle: la fondation philanthropique. Mitchell comprenait parfaitement l'importance du rôle de ce type d'organisation dans la transformation de la société américaine. Il en profita aussi directement, puisqu'il créa le Bureau national de recherche en économie, en 1919, grâce à une subvention du Commonwealth Fund.Un des fondateurs de la philanthropie américaine, celui qui la porta d'emblée à grande échelle, est Andrew Carnegie. Le magnat de la sidérurgie se lança dans ce projet avec la même énergie obsessionnelle qu'il avait consacrée à rationaliser la production d'acier. Au soir de sa vie, il raconta le jour où il «prit la décision d'arrêter d'accumuler» et d'entreprendre la tâche «infiniment plus sérieuse et difficile» de «distribuer [sa fortune] avec sagesse». Pour lui, c'était un devoir; et il tint à le faire savoir. Ce qu'il nomma l'«évangile de la richesse» exigeait de rendre à la société une partie de ce qu'il avait gagné. Mais il voulait le faire selon les principes qui lui avaient permis de devenir riche. La philanthropie était une entreprise, qu'il fallait aborder en homme d'affaires. Bientôt, et tout au long du siècle, de nombreux autres philanthropes suivirent Carnegie dans cette approche. Ensemble, ils perfectionnèrent l'art de dépenser l'argent pour le bien commun.Pour Carnegie et ses pairs, il y avait un sentiment enivrant à mettre leur fortune au service de grandes causes, aux États-Unis comme ailleurs. C'était exercer un vrai pouvoir que de créer de nouvelles institutions, comme les fondations, à partir desquelles mettre en oeuvre de grandes expérimentations dans l'enseignement supérieur, la science et la médecine. Leur innovation majeure était la suivante: concevoir le financement philanthropique comme tout investissement économique, et donc en minimiser les risques et en changer l'échelle. La charité traditionnelle, exigence chrétienne d'agir pour son prochain, était en général modeste et gratuite. La philanthropie américaine moderne était, au contraire, une entreprise capitaliste. À cette différence près: son but était le progrès social.Mais les riches magnats de l'industrie ne furent pas les seuls à s'engager dans la philanthropie et, partant, à la transformer profondément. Au tournant du XXe siècle, des millions d'Américains aux moyens beaucoup plus modestes se mirent à y participer. Grâce au soutien de son nouvel institut, Wesley Mitchell put mener des recherches sur les budgets des ménages: un nombre croissant d'entre eux incluaient les dons charitables dans leurs dépenses courantes. Des changements organisationnels rendirent possible cette nouvelle situation. Les caisses de communauté, les fondations de communauté et les organismes nationaux comme la Société américaine contre le cancer - toutes des formes institutionnelles nouvelles - supplantèrent les traditionnelles associations bénévoles. Pour faire face à des défis d'envergure - éradiquer des maladies, conduire des réformes sociales -, ils fédéraient leurs efforts locaux afin de mettre en place des collectes à l'échelle nationale. Le don de masse était né.
C'est le plus célèbre ouvrage de Leopold Zunz, le texte fondateur du courant de la " science du judaïsme ", formule qui dévoile l'ambition de tous les savants participant à cette entreprise : reconstruire, dans l'optique des Lumières, l'histoire d'un passé culturel dans toutes ses dimensions, archéologiques, scripturaires, politiques, spirituelles, sans s'inscrire dans la reconduite pure et simple de la tradition juive. Le courant moderniste s'appuie sur le formidable essor de l'histoire dans l'Allemagne du XIXe siècle, et fait sienne l'ambition de débarrasser le judaïsme de toutes ses adhérences jugées mythiques ou irrationnelles. En procédant ainsi à une objectivation radicale du passé juif, Zunz et ses partisans ont introduit une profonde coupure avec maints aspects de l'histoire juive qui restaient rebelles à cette représentation moderniste, et la " science du judaïsme " va ainsi livrer l'image, abondamment reprise par la suite, d'une culture juive commandée par la raison éclairée, parfaitement à l'aise dans la modernité à laquelle il s'agit aussi de l'adapter le plus rapidement possible. Zunz peut être considéré comme le premier " sociologue " du judaïsme.
Alexis de Tocqueville fut à plus d'un titre un homme de son temps. Grand penseur, ennemi de tous les despotismes, il refusa de se contenter de la théorie, prenant une part active aux événements politiques troublés de son époque. Dans cette biographie appelée à faire date, Olivier Zunz révèle comment ce jeune aristocrate français conçut, le premier, une théorie générale de la démocratie moderne. Son voyage aux Etats-Unis en 1831-1832, à l'âge de vingt-cinq ans, fut pour lui une révélation, la découverte d'une société où l'égalité est source de liberté. Le succès de son livre majeur De la démocratie en Amérique consolida son engagement. Député, ministre de la IIe République, il se mit au service de grandes causes : l'abolition de l'esclavage, la réhabilitation des criminels ou la liberté de l'enseignement avec l'espoir de réconcilier Etat et Eglise. Mais son nationalisme l'aveugla, jusqu'à soutenir la férocité du projet colonial en Algérie. Refusant de soutenir le Second Empire, Tocqueville consacra ses dernières années à repenser l'histoire d'une Révolution française " entreprise pour la liberté " mais " aboutissant au despotisme " , tragiquement. Une leçon pour comprendre le monde contemporain.
L'argent venu d'ailleurs a toujours l'odeur du scandale. Qu'on pense au rachat du club de football du Paris Saint-Germain par le Qatar, à l'acquisition des vignobles bordelais par les Chinois, à nos start-ups françaises que les firmes américaines comme Google s'offrent, c'est toujours le même refrain. Chaque intervention de capitaux étrangers dans notre économie entraîne le même discours, la même levée de boucliers : la France est dépecée, on la brade aux étrangers ! Mais qu'en est-il, en réalité ? Steven Zunz, en étayant son propos de faits concrets et de données solidement établies, démontre ici que les investissements étrangers sont bien souvent, à rebours des idées reçues, une chance pour notre pays et nos entreprises, et que la frilosité, voire l'aversion de certains envers les investisseurs étrangers, repose sur des fantasmes et des malentendus nés du manque de culture économique. A l'heure du monde globalisé, où les capitaux des uns financent les entreprises, la recherche, l'innovation et l'emploi des autres, il est donc urgent de repenser notre jugement sur les capitaux étrangers. Qu'il s'agisse de l'agriculture, de l'industrie, du luxe, de la recherche scientifique ou de l'immobilier, cet essai au ton clair et direct donne à voir aussi bien les atouts de la France que ce sur quoi nous devons absolument progresser.
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
Le commissaire Gradenne prend froid dans l?hiver du Jura. A la manière de Maigret, enquête « grippée », gendarmes trop « pressés » comme ce corps broyé par la machine?Quelle idée aussi de confier à des officiers de marine à la retraite le renflouement d?une usine, dans ce « port de mer » sous la neige, au milieu des forêts!Vous reprendrez bien de cette Morteau, mijotée dans la potée de la veille, accompagnée d?un Poulsard?? Avec un Comté de plus de dix-huit mois, on vous recommande ce jeune lieutenant de 30 ans d?âge sans beaucoup d?affinage à la PJ, mais avec du? nez, avisé et goûteux!
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).
Vincent Michelot est professeur d'histoire politique des Etats-Unis à Sciences-Po Lyon. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d'anglais, il est l'auteur d'une thèse de doctorat sur les nominations à la Cour suprême des Etats-Unis et de deux essais sur la présidence américaine, L'Empereur de la Maison blanche (Armand Colin, 2004) et Le président des Etats-Unis: un pouvoir impérial? (Découvertes Gallimard, 2008). Spécialiste des questions électorales, institutionnelles et constitutionnelles, fréquent commentateur de la vie politique américaine, il a récemment co-dirigé Le Bilan d'Obama (Presses de Sciences-Po, 2012), un recueil d'essais sur le 44e président des Etats-Unis.
4e de couverture : Oublions les westerns. Durant trois siècles, l'Amérique du Nord a été sillonnée, à l'échelle continentale, par des aventuriers de langue française. Coureurs de bois, trappeurs, interprètes, ces hommes, en quête de fourrures, se sont constamment mêlés aux Amérindiens. En partant sur la piste de dix voyageurs, natifs de la France ou du Canada, Gilles Havard fait surgir des scènes saisissantes : adoption d'un jeune Français par des Iroquois du XVIIe siècle, pirogues chargées de peaux de castor ou de bison descendant la rivière Missouri, fêtes du nouvel an empruntant aux cérémonies indiennes, retrouvailles lors des grandes haltes de caravanes... À travers ces destins hors du commun se dessine une autre histoire de la colonisation européenne, occultée par le récit américain de la conquête de l'Ouest : une histoire d'échanges, de métissages, mais aussi de violences, dont les têtes d'affiche sont des Français et des Amérindiens. Cet ouvrage explore une Amérique oubliée, fantôme - effacée des mémoires, absente des livres d'histoire. S'appuyant sur des récits de voyage, les archives des deux continents et les témoignages de descendants, enrichi de cartes et d'images inédites, il donne vie à un monde jusqu'ici invisible.Notes Biographiques : Gilles Havard est historien, directeur de recherche au CNRS. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Histoire des coureurs de bois (Les Indes Savantes, 2016), Grand Prix des Rendez-vous de l'histoire de Blois 2016, et Histoire de l'Amérique française (Flammarion, 2003), Grand prix de la SGDL.
Résumé : "L'homme de l'Ouest [...] savait voir et entendre autour de lui ; il était à l'affût d'innombrables indices qui signifiaient pour lui la sécurité ou le danger, c'est-à-dire la vie ou la mort. Et ces longues chevauchées solitaires, qui, sans doute, auraient paru désespérément monotones à un homme de la ville, restent pour moi les moments les plus exaltants de ma vie". William Frederick Cody, dit Buffalo Bill (1846-1917), est la figure emblématique d'un monde, le Far West, dont il a célébré la nostalgie. Illustrant l'ambiguïté d'une société qui détruit ce qu'elle exhibe, il arpente la frontière entre plaines de l'Ouest et monde industrialisé mais aussi réalité et imaginaire. Éclaireur, chasseur de bisons engagé par la compagnie de chemin de fer du Kansas Pacific, Buffalo Bill est également le directeur d'une troupe théâtrale populaire qui compose la légende de l'Ouest. Figure contradictoire, passeur de frontière, centaure moderne immortalisé par la peintre Rosa Bonheur, il métamorphose l'univers de la Prairie en spectacle de cirque. Aventurier contradictoire qui traduit nos déchirures et nos revirements, il est l'une des figures mythiques, célébrée puis contestée, de l'histoire américaine.
Ce livre raconte «une autre histoire» : parcourant cinq siècles, il présente, à partir aussi bien de textes d'une actualité proche que de récits plongeant dans les temps immémoriaux du mythe, la résistance d'un peuple à la négation de son existence. Le récit de leur résistance tenace à la colonisation et à la tentative d'extermination permet d'entendre directement leur parole, de les observer dans l'action, de les retrouver comme les partenaires d'une histoire commune où Euro-Américains et Amérindiens ont chacun joué leur rôle. Vus sous cet angle, les Amérindiens paraissent exemplaires : ils se sont opposés avec constance au vol de leurs terres, à la violence exterminatrice, à l'anéantissement de leurs structures sociales et de leurs cultures, saisissant les armes les plus propices - guerre, guérilla, recours légal, usage inversé de l'acculturation, ressourcement aux racines de la spiritualité ancestrale. Exemplaires dans leur refus de séparer la lutte pour la survie du combat pour l'identité, les Amérindiens concrétisent, par l'affirmation de leurs propres valeurs, le doute qui saisit le monde actuel sur le bien-fondé des civilisations technologiques, l'exploitation abusive des ressources naturelles, l'enfermement de l'homme blanc dans une vie consacrée au seul profit matériel.