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Le XXe siècle américain. Une histoire populaire de 1890 à nos jours
Zinn Howard
AGONE
20,30 €
Épuisé
EAN :9782748900019
De la guerre aux Philippines à la "croisade contre le Mal", dernier avatar de la domination mondiale de l'après-guerre, l'impérialisme américain n'a cessé de se renforcer. L'Union soviétique servit de prétexte aux interventions en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, interventions qui culminèrent avec la guerre meurtrière du Vietnam. À son tour, l'attentat du 11 septembre 2001 permit de justifier le bombardement de l'Afghanistan et la guerre contre l'Irak. Des guerres extérieures qui sont aussi des guerres intérieures. Ce livre raconte comment un siècle de politique expansionniste a pesé sur ceux que les histoires officielles ont toujours oubliés, leur résistance et leurs victoires, la permanence des luttes pacifistes et anti-impérialistes; de la naissance du féminisme à son intégration dans la lutte des classes, du développement du syndicalisme révolutionnaire au mouvement des droits civiques. Le XXe siècle américain est extrait de Une histoire populaire des États-Unis. Howard Zinn a enseigné l'histoire et les sciences politiques à l'université de Boston. Son oeuvre est essentiellement consacrée à l'incidence des mouvements populaires sur la société américaine
J'ai écrit cette pièce à une période où l'effondrement de l'Union soviétique provoquait dans les grands médias et chez les leaders politiques une jubilation quasi universelle : non seulement " l'ennemi " était mort, mais les idées du marxisme étaient discréditées. Le capitalisme et l'économie de marché avaient triomphé. Le marxisme avait perdu. Marx était vraiment mort. Je jugeais donc important de montrer clairement que ni l'URSS ni les autres pays qui, se disant " marxistes ", avaient installé des États policiers n'incarnaient la conception du socialisme de Marx. Je voulais montrer un Marx furieux que ses conceptions aient été déformées jusqu'à être identifiées aux cruautés staliniennes. Je pensais qu'il fallait sauver Marx non seulement de ces pseudo-communistes qui avaient instauré un ordre répressif dans différents coins du monde, mais aussi de ces essayistes et de ces politiciens de l'Ouest qui s'extasiaient alors devant le triomphe du capitalisme.
En 2007, le journaliste Ray Suarez a eu avec Howard Zinn une série d'entretiens autour de son oeuvre majeure, Une histoire populaire des Etats-Unis (1980 ; trad. fr. : Agone, 2002). Zinn revient sur divers épisodes, de la conquête du territoire à la "guerre contre le terrorisme" en passant par la révolution, la guerre civile, les luttes ouvrières des xixe et xxe siècles, les guerres mondiales, la guerre froide ; et explicite sa conception de l'écriture de l'histoire.
En faisant retour sur une vie d'engagement en faveur des grandes causes qui ont agité et bien souvent transformé la société américaine, Howard Zinn entend illustrer le principe qu'il a placé au coeur de son activité d'enseignant et de militant pendant près de quarante ans : ne pas rester neutre dans un monde en mouvement. Le livre s'organise en trois parties consacrées successivement au mouvement des droits civiques, à l'opposition à la guerre du Vietnam et, pour finir, à l'impact des injustices sociales sur la formation de sa personnalité. Au fil de son livre, Howard Zinn rend également justice à tous ceux dont il a partagé les luttes : des jeunes étudiantes noires des années 1950 aux opposants à la guerre du Vietnam en passant par les victimes du système carcéral américain et ses propres parents. Ainsi cette autobiographie trace-t-elle également le portrait de l'Amérique du XXème siècle au travers d'une multitude de militants anonymes ou célèbres, qui donnent à l'auteur la force de garder espoir en l'avenir et le confortent dans l'idée que "les actes les plus infimes, quand ils sont le fait de millions de personnes, peuvent transformer le monde".
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
Kraus Karl ; Deshusses Pierre ; Bouveresse Jacques
ET SI SURTOUT la perte de la culture n'était pasachetée au prix de vies humaines ! La moindre d'entre elles, ne serait-ce même qu'une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée. L'industrie intellectuelle bourgeoise se berce d'ivresse jusque dans l'effondrement lorsqu'elle accorde plus de place dans les journaux à ses pertes spécifiques qu'au martyre des anonymes, aux souffrances du monde ouvrier, dont la valeur d'existence se prouve de façon indestructible dans la lutte et l'entraide, à côté d'une industrie qui remplace la solidarité par la sensation et qui, aussi vrai que la propagande sur les horreurs est une propagande de la vérité, est encore capable de mentir avec elle. Le journalisme ne se doute pas que l'existence privée, comme victime de la violence, est plus près de l'esprit que tous les déboires du négoce intellectuel. Et surtout cet univers calamiteux qui occupe désormais tout l'horizon de notre journalisme culturel.
Fields Barbara J. ; Fields Karen E. ; Crépin Xavie
Les deux brillantes chercheures que sont Barbara et Karen Fields traitent ici de ce qu'elles appellent le «racecraft» et de son importance dans la société états-unienne. Lorsqu'une personne noire est tuée par un policier, les états-uniens s'accordent spontanément pour dire qu'il a été tué «à cause de sa couleur de peau». «Etrange causalité», constantent les deux auteures, qui s’attellent ici à l'âpre tâche de démêler les fils de ce raisonnement confus aux airs d'évidence. Cette causalité illusoire, c'est celle du «racecraft». Ce mot forgé à partir de «race» et de «witchcraft» (sorcellerie) désigne ici la croyance en une forme de performativité de la «race», semblable à la croyance en l'efficacité réelle de la «sorcellerie». Invoquant l’histoire et l’anthropologie, les sœurs Fields analysent avec sérieux l’idée sociale de « race », de sa genèse à sa reproduction, en passant par ses effets. Robin
« En août 1988, à la suite d'un concours de circonstances, je me suis inscrit dans un club de boxe d'un quartier du ghetto noir de Chicago. Je n'avais jamais pratiqué ce sport, ni même envisagé de le faire. Hormis les images stéréotypées que chacun peut s'en former à travers les médias, le cinéma ou la littérature, je n'avais eu aucun contact avec le monde pugilistique. Je me trouvais donc dans la situation du parfait novice. Trois ans durant, j'ai participé aux entraînements aux côtés des boxeurs du cru, amateurs et professionnels, à raison de trois à six séances par semaine. À ma propre surprise, je me suis pris au jeu, au point de passer mes après-midi au gym avant de passer entre les cordes disputer un combat officiel. Les notes consignées au jour le jour dans mon carnet de terrain (initialement pour m'aider à surmonter un profond sentiment de maladresse et de gêne physique, sans nul doute redoublé par le fait d'être le seul Blanc de la salle), ainsi que les observations, photos et enregistrements réalisés lors des tournois et "réunions" où se produisaient des membres de mon club ont fourni la matière des textes qu'on va lire. »