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Karl Marx, le retour
Zinn Howard
AGONE
9,20 €
Épuisé
EAN :9782910846800
J'ai écrit cette pièce à une période où l'effondrement de l'Union soviétique provoquait dans les grands médias et chez les leaders politiques une jubilation quasi universelle : non seulement " l'ennemi " était mort, mais les idées du marxisme étaient discréditées. Le capitalisme et l'économie de marché avaient triomphé. Le marxisme avait perdu. Marx était vraiment mort. Je jugeais donc important de montrer clairement que ni l'URSS ni les autres pays qui, se disant " marxistes ", avaient installé des États policiers n'incarnaient la conception du socialisme de Marx. Je voulais montrer un Marx furieux que ses conceptions aient été déformées jusqu'à être identifiées aux cruautés staliniennes. Je pensais qu'il fallait sauver Marx non seulement de ces pseudo-communistes qui avaient instauré un ordre répressif dans différents coins du monde, mais aussi de ces essayistes et de ces politiciens de l'Ouest qui s'extasiaient alors devant le triomphe du capitalisme.
En faisant retour sur une vie d'engagement en faveur des grandes causes qui ont agité et bien souvent transformé la société américaine, Howard Zinn entend illustrer le principe qu'il a placé au coeur de son activité d'enseignant et de militant pendant près de quarante ans : ne pas rester neutre dans un monde en mouvement. Le livre s'organise en trois parties consacrées successivement au mouvement des droits civiques, à l'opposition à la guerre du Vietnam et, pour finir, à l'impact des injustices sociales sur la formation de sa personnalité. Au fil de son livre, Howard Zinn rend également justice à tous ceux dont il a partagé les luttes : des jeunes étudiantes noires des années 1950 aux opposants à la guerre du Vietnam en passant par les victimes du système carcéral américain et ses propres parents. Ainsi cette autobiographie trace-t-elle également le portrait de l'Amérique du XXème siècle au travers d'une multitude de militants anonymes ou célèbres, qui donnent à l'auteur la force de garder espoir en l'avenir et le confortent dans l'idée que "les actes les plus infimes, quand ils sont le fait de millions de personnes, peuvent transformer le monde".
Notre manière de penser n'est pas un sujet de controverseintellectuelle mais une question de vie ou de mort. Si ceuxqui tiennent les rênes de la société - politiciens, chefsd'entreprise et magnats de la presse - se montrent capables de contrôler nos idées, ils sont à peu près assurés de conserver leur pouvoir. Nul besoin de soldats dans les rues. Nous nous contrôlerons nous-mêmes. On est moins tenté de protester quand on pense vivre dans une société " pluraliste ". Nous avons bien deux grands partis, mais les autres ne sont pas encouragés et encore moins financés. Nous avons bien une " presse libre ", mais elle est dominée par l'argent. Nous vivons dans une société où le catalogue des idées disponibles se trouve limité quand certaines autres dominent le débat. La prédominance de cette idéologie n'est pas le fait d'un groupe de conspirateurs diaboliques qui aurait réussi à imposer à lasociété un point de vue particulier. Il s'agit d'un processus de sélection non naturelle au cours duquel certaines idéesorthodoxes sont promues, financées et mises en avant par le biais des plus puissantes machines culturelles du pays. Nous devons réexaminer ces croyances et réaliser qu'elles ne sont pas le produit de nos v?ux les plus chers, qu'elles ne naissent pas d'une réflexion indépendante et qu'elles ne correspondent pas à l'expérience que nous avons du monde réel. Nous serons alors en mesure de questionner et de contester l'idéologie dominante. C'est ce que je me propose de faire dans ce livre.
Membres des forces de police, pourquoi êtes-vous là ? Avez-vous entendu dire que nous sommes des adeptes du désordre ? C'est faux ! Qui raconte que nous croyons au chaos et au désordre ? Les capitalistes et les faiseurs de guerre, les promoteurs du chaos économique, les architectes du désordre mondial ! Ces mêmes hommes qui tiennent l'industrie, choisissent les présidents, nomment les juges, possèdent les journaux, dotent les universités. Chaque année, des milliers d'ouvriers meurent dans leurs mines et leurs usines. À chaque génération, les fils des ouvriers sont massacrés dans leurs guerres. Et ils nous accusent d'être violents ! Que les choses soient claires. La violence contre des innocents ? Jamais ! La violence contre l'oppresseur ? Toujours ! . . Howard Zinn a notamment écrit Une histoire populaire des États-Unis et la pièce Kart Marx, le retour (Agone, 2002). En suivant la vie d'Emma Goldman (1869-1940), l'auteur revient sur plus d'un demi-siècle d'histoire sociale, occasion d'invoquer ce qu'il tient pour un invariant anthropologique la résistance de l'humanité à l'oppression et son goût immodéré pour la justice.
« En août 1988, à la suite d'un concours de circonstances, je me suis inscrit dans un club de boxe d'un quartier du ghetto noir de Chicago. Je n'avais jamais pratiqué ce sport, ni même envisagé de le faire. Hormis les images stéréotypées que chacun peut s'en former à travers les médias, le cinéma ou la littérature, je n'avais eu aucun contact avec le monde pugilistique. Je me trouvais donc dans la situation du parfait novice. Trois ans durant, j'ai participé aux entraînements aux côtés des boxeurs du cru, amateurs et professionnels, à raison de trois à six séances par semaine. À ma propre surprise, je me suis pris au jeu, au point de passer mes après-midi au gym avant de passer entre les cordes disputer un combat officiel. Les notes consignées au jour le jour dans mon carnet de terrain (initialement pour m'aider à surmonter un profond sentiment de maladresse et de gêne physique, sans nul doute redoublé par le fait d'être le seul Blanc de la salle), ainsi que les observations, photos et enregistrements réalisés lors des tournois et "réunions" où se produisaient des membres de mon club ont fourni la matière des textes qu'on va lire. »
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?
Thomas Frank écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique des articles d'analyse sociale et politique de la situation américaine. Déjà paru en français: Le Marché de droit divin (Agone, 2003).