Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Résister à la servitude
Zimra Georges
BERG
19,30 €
Épuisé
EAN :9782917191255
Cet ouvrage s'organise autour de trois modes de mondialisation. Le premier intervient lorsque Galilée et Copernic réalisent quela terre n est pas le centre de l'univers et que Christophe Colombdécouvre avec le Nouveau Monde l"altérité insoupçonnée desindiens qui furent asservis et exterminés. C" est au même momentque Machiavel enseigne au Prince l"art de dominer et de soumettrele peuple et que Luther se sépare de Rome parce qu" il s"insurgecontre une utilisation de la foi qui asservit les hommes. C" estalors que résonne la question toujours brûlante depuis La Boétie:Pourquoi les hommes libres deviennent-ils esclaves? Pourquoi legrand nombre est-il soumis au petit nombre? Pourquoi le pouvoir de l"Un est-il plus grand que ceuxdes uns?La deuxième mondialisation est celle qui déclare l" universalité de l"homme et de ses droits leproclamant libre. Elle assure le passage du monde de l" hétéronomie à celui de l autonomie. Mais lesanti-Lumières rejettent la vision universelle de l"homme pour célébrer la servitude, l" abnégation etla soumission de l"homme déterminé par sa naissance, esclave de sa tradition, de son peuple, de saterre. L" homme des foules n"est pas celui des masses. Ce dernier n" attend rien de personne et personnen"attend rien de lui. Il est le terreau sur lequel vont pousser les totalitarismes pour faire de lui unhomme de trop comme l" écrit Claude Lefort, superflu pour Hannah Arendt qui voit dans l"expériencedes camps une rupture anthropologique.La troisième mondialisation est celle du capitalisme qui a décloisonné les frontières et les culturespour faire du monde un vaste marché inaugurant une servitude inédite, ni volontaire ni contrainte maisdésirée, espérée, attendue. « On reste, écrit Michel Rocard, trop révérencieux à l" égard de l"industrie dela finance et de l" industrie intellectuelle de la science financière. Des professeurs de maths enseignentà leurs étudiants comment faire des coups boursiers. Ce qu"ils font relève, sans qu" ils le sachent, ducrime contre l"humanité. » Un nouveau mal totalitaire guette l" homme, celui de ne voir son avenirque dans ce qui est pesé, mesuré, évalué, calibré, répertorié, réduit à des pratiques homogénéisantes,livré à des machines neuronales, cognitives, moléculaires, économiques qui prétendent le définir et le déterminer.La servitude, c est aussi l"oubli du monde, l" oubli de soi, c"est n" être jamais allé plus loin que soi, êtreresté le même, l"identique, l" inaltéré face à la seule question qui vaille: qu"est ce qu" un monde?
La langue nous précède autant qu'elle nous succède. Nous ne parlons qu'en acceptant l'écart que les mots creusent en nous, creusent entre eux. Elle a instruit nos croyances, nos rêves, nos pensées, fabriqué notre conscience, infiltré nos désirs, instruit nos manières de parler, de penser et de vivre. Elle produit les discours, fabrique les pouvoirs, organise les luttes et les idéologies, s'insinue dans le corps social, forge des identités, dresse corps et les âmes, agence des dispositifs de contrôle. L'emprise opère une dépossession de soi, brutale ou insidieuse. Elle nous fascine, nous captive, nous aliène par le charme, la parole, le regard. Elle développe son pouvoir par les croyances religieuses, politiques, idéologiques, économiques qui lui sont attachées. Les manipulations, les manoeuvres, les charmes, les séductions, les sortilèges, s'inscrivent dans le champ libidinal du désir. Ce sont des pratiques d'assujettissement, de soumission, de docilité, et d'obéissance auxquelles on consent, et que l'on désire parfois. C'est à la langue qu'il nous faut toujours revenir, aux mots qui nous engluent, aux savoirs qui coagulent la pensée, à la parole devenue novlangue qui a substitué le désir de puissance à la puissance du désir.
Comment est-on passé d'une révolution artistique, culturelle et politique opérée par l'avant-garde européenne à un art totalitaire qui a conduit à une fabrique de l'homme nouveau des régimes fascistes, nazis et staliniens ? L'avant-garde a conduit à une révolution du regard qui a émancipé la peinture et la sculpture du carcan académique qui avait enseveli la beauté dans les musées. Ce sont les intensités fugitives, éphémères, singulières, et périssables qui sont célébrées. La tentation nihiliste qui traversait les différents mouvements d'avant-garde fut d'abord un immense cri de colère et de révolte contre la bourgeoisie qui avait figé le regard, éteint toute créativité par le conformisme de la pensée. Contre la raison, ce sont les forces intuitives, poétiques de la langue et de l'écriture, de l'inconscient mais aussi de la folie de l'érotisme et de la mort qui sont explorées. L'art est l'affaire de tous. Il est le principe d'une connaissance de soi. Les religions séculières ont formé le nouvel horizon politique. Mussolini est l'apôtre d'une religion de la patrie. Hitler "Christ führer", fondateur d'une nouvelle Weltanschauung. Et Staline, "jardinier du bonheur planétaire", est l'artiste suprême. L'art nazi fut un national esthétisme qui avait assigné le regard à des représentations sculpturales grandioses, des parades militaires, une architecture mégalomaniaque. La dialectique stalinienne de la révolution déclarait le dépérissement indistinct de la gestation. Rien qui n'ait commencé qui ne soit déjà mort. Plus les temps étaient difficiles, plus on s'approchait de la victoire finale. Plus la famine et la terreur décimaient la population, plus les tableaux débordaient de victuailles. Il faut rêver, disait Lénine. Rêver à la construction d'un homme nouveau. Rêver d'un monde nouveau. Rêver du rêveur, de Staline, qui maintient le rêveur dans son rêve.
Penser l'hétérogène , c'est interroger le réel sur les questions relatives à l'altérité, au semblable, au même, à l'identique, à l'étranger, au singulier, à l'universel, à l'Autre. L'hétérogène est ce qui est le plus intime dans l'homme : ce qui lui échappe. Le nom juif a été en Europe le paradigme de l'hétérogène, l'Autre de la chrétienté. Quelle a été la place de ce nom dans l'Europe médiévale, l'Europe des Lumières et des Anti-Lumières, dans la Shoah ?
Ce livre nous initie aux bacchanales, ces fêtes scandaleuses et subversives où se concentrent les excès de Bacchus et de Dionysos, dieux antiques, terriblement actuels. De plus, il donne chair à l?orgie, radieuse soûlée des sens, qui non seulement conjure le destin, remet en question l?ordre social, mais s?affirme comme une sagesse inimaginée. Par sa composition fuguée, où s?entrecroisent les musiciens et les peintres, mais aussi les écrivains, les cinéastes, les philosophes, ce livre désenclave les arts et les techniques, nous assure ainsi, grâce à des oreilles nouvelles, grâce à des yeux nouveaux, une connaissance plus haute et une perception plus vive des évidences trompeuses de Bacchus et des brûlantes ambiguïtés de Dionysos. Traversant le temps, nous vivrons l?exubérance despotique de ces divinités, pour en partager le long cheminement : de l?Antiquité au XXIe siècle, dans l?Histoire (les mythes et les rites, les légendes, les religions), et les histoires (les coutumes, privées ou publiques, les courants esthétiques, les rêves, l?inconnu). Chaque oeuvre, chaque bacchanale commentée au fil de ces pages dévoilera un ordre mystérieux entre l?espace blagueur de Bacchus et celui, sauvage, insolent et sexuel de Dionysos.
François Noël Babeuf, né le 23 novembre 1760 à Saint-Quentin et mort guillotiné à Vendôme le 27 mai 1797, prit le prénom de Gracchus, prénom romain qui évoque le partage des terres et la répartition égalitaire des biens. Sa critique des Jacobins trop modérés et libéraux de la Convention girondine de 1793 se retrouve en 1795 mais cette fois-ci face à la Convention thermidorienne. En effet celle-ci après avoir exécuté Robespierre le 10 Thermidor, 28 juillet 1794, épure l'administration, démantèle les instruments de la Terreur et casse le réseau jacobin. Après la famine de l'hiver 1794-1795, une manifestation néojacobine réclame du pain et la Constitution de 1793. En prairial, une autre manifestation pénètre dans l'Assemblée et oblige la Convention à voter la mise en application de la Constitution de l'an I. Dans le Manifeste des plébéiens publié dans son journal Le Tribun du peuple en novembre 1795, Gracchus Babeuf attaque le régime en place et promeut l'idée de mise en commun des richesses : il expose tout ce qu'il compte démontrer par les faits et critique ainsi la Convention thermidorienne et le Directoire : il oppose son égalité à leur spoliation, sa mise en commun à leur propriété privée, ses vérités à leur valeurs bourgeoises.
Le Peuple forge ses chaînes de Jean-Paul Marat (1743-1793) fut publié à Londres en 1774, à l'occasion de la nouvelle élection du parlement d'Angleterre, ce qui valut à l'auteur bien des déboires. Vingt-cinq ans avant la Révolution française, le livre comportait cette déclaration en dos de couverture : "Le Mal est dans la chose même et le remède est violent. Il faut porter la cognée à la racine. Il faut faire connaître au peuple ses droits et l'engager à les revendiquer ; il faut lui mettre les armes à la main, se saisir dans tout le royaume des petits tyrans qui le tiennent opprimé, renverser l'édifice monstrueux de notre gouvernement, en établir un nouveau sur une base équitable. Les gens qui croient que le reste du genre humain est fait pour servir à leur bien-être n'approuveront pas sans doute ce remède, mais ce n'est pas eux qu'il faut consulter ; il s'agit de dédommager tout un peuple de l'injustice de ses oppresseurs."
Préface de Guillaume Durand.Dans tous les voyages initiatiques de l'adolescence une place fondamentale est réservée à l'Italie: Rome, Florence, Naples, Sienne, Venise. Mais bizarrement dans ce passage obligé de la culture occidentale, Ferrare, la ville de l'Arioste, du Tasse, où oeuvrèrent les plus grands architectes et peintres de la Renaissance, est souvent ignorée, évitée, presque méprisée. Cette ville fut pourtant au XVe et au XVIe siècle un foyer artistique et culturel important de l'humanisme, elle accueillit Juifs expulsés d'Espagnes et Protestants pourchassés par l'Église, mais prise par les armées du pape Clément VIII en 1598, une chape de plomb s'abattit sur Ferrare qui fut oubliée.Or c'est une exception assez incroyable dans la constitution des grandes villes de la péninsule. À la Renaissance, le duc Hercule Ier d'Este inspira un plan d'urbanisme tout à fait original pour l'époque avec de larges avenues et de grandes places qui tranche totalement avec le reste de l'architecture italienne de l'époque et anticipe la modernité.De nos jours, plusieurs expositions de mise en valeur de son patrimoine se sont succédé tant au palais des Diamants qu'à la Galleria Estense de Modène, mais l'histoire de Ferrare et ses apports dans la construction de la culture européenne contemporaine sont encore méconnus d'un large public.Pourtant cette ville a inspiré Giorgio de Chirico pour ses peintures métaphysiques, et de nombreux écrivains dont Giorgio Bassani, en particulier dans son livre mis à l'écran, Le Jardin des Finzi Contini.