Préface de Guillaume Durand.Dans tous les voyages initiatiques de l'adolescence une place fondamentale est réservée à l'Italie: Rome, Florence, Naples, Sienne, Venise. Mais bizarrement dans ce passage obligé de la culture occidentale, Ferrare, la ville de l'Arioste, du Tasse, où oeuvrèrent les plus grands architectes et peintres de la Renaissance, est souvent ignorée, évitée, presque méprisée. Cette ville fut pourtant au XVe et au XVIe siècle un foyer artistique et culturel important de l'humanisme, elle accueillit Juifs expulsés d'Espagnes et Protestants pourchassés par l'Église, mais prise par les armées du pape Clément VIII en 1598, une chape de plomb s'abattit sur Ferrare qui fut oubliée.Or c'est une exception assez incroyable dans la constitution des grandes villes de la péninsule. À la Renaissance, le duc Hercule Ier d'Este inspira un plan d'urbanisme tout à fait original pour l'époque avec de larges avenues et de grandes places qui tranche totalement avec le reste de l'architecture italienne de l'époque et anticipe la modernité.De nos jours, plusieurs expositions de mise en valeur de son patrimoine se sont succédé tant au palais des Diamants qu'à la Galleria Estense de Modène, mais l'histoire de Ferrare et ses apports dans la construction de la culture européenne contemporaine sont encore méconnus d'un large public.Pourtant cette ville a inspiré Giorgio de Chirico pour ses peintures métaphysiques, et de nombreux écrivains dont Giorgio Bassani, en particulier dans son livre mis à l'écran, Le Jardin des Finzi Contini.
Chaisemartin Cécile de ; Lakkis Zaher ; Lefèvre Jé
Le cancer du rectum est une des pathologies pour laquelle les progrès en matière de stratégie thérapeutique depuis la dernière parution en 2009 ont été considérables. Ce rapport comporte une première partie théorique avec une réactualisation des données de pratique clinique oncochirurgicale mais également une proposition d'algorithme décisionnel de prise en charge de ces patients rédigés par des experts dans ce domaine. Nombre d'entre eux sont membres du Groupe de REcherche Chirurgicale sur le CAncer du Rectum et vous trouverez également dans ce rapport les différents essais prospectifs randomisés multicentriques menés par ce groupe de travail. La deuxième partie de ce rapport comporte les résultats de deux enquêtes menées auprès des membres de l'AFC : une enquête rétrospective visant à étudier les différents types de prise en charge des fistules anastomotiques après chirurgie rectale conservatrice, ainsi que le devenir à moyen terme de ces patients (chirurgie conservatrice pour cancer du rectum et ayant présenté une fistule anastomotique diagnostiquée entre janvier et juin 2023) ; une enquête prospective consistant en un "snapshot" de l'activité de chirurgie rectale et des pratiques de chacun sur le mois de septembre 2024 et octobre 2024.
Chaizemartin Julie ; Fourneaux Marie-Emilie ; Kamp
Découvrez Utopia, la 6e édition thématique de lille3000, qui se tient du 14 mai au 2 octobre 2022 dans la Métropole Européenne de Lille, l'Eurométropole et la Région Hauts-de-France. Expositions, métamorphoses urbaines, spectacles, Caps/randonnées artistiques, conférences et événements inédits : partez à la rencontre d'artistes et créateurs qui vous proposent leur réflexion sur les relations entre nature et vivants, le tout dans une vision positive et optimiste !
Baratte François ; Bejaoui Fathi ; Chaisemartin Na
La riche collection de sculptures du musée du Bardo, à Tunis, est largement méconnue. Un projet collectif tuniso-français s'est fixé pour objectif d'en donner le catalogue raisonné. Lensemble des oeuvres en ronde bosse (près de 800, de toute nature) a donc fait l'objet d'un examen attentif et, pour chacune, d'une notice commentée. Ce premier volume, 175 notices, est consacré aux portraits et aux statues qui, privées de tête aujourd'hui, représentaient néanmoins des personnages réels, en toge ou en cuirasse, et, pour les femmes, drapées suivant les différents types statuaires. Si quelques sites sont particulièrement bien représentés, Carthage (théâtre et odéon), Bulla Regia (temple d'Apollon et théâtre) et Thuburbo Malus (thermes d'été notamment), les oeuvres proviennent de l'ensemble du territoire tunisien ; la collection est donc tout à fait représentative de la sculpture dans l'Afrique proconsulaire. A l'exception de deux probables images de souverains hellénistiques, ces portraits appartiennent à l'époque romaine, d'Auguste à la fin de l'Antiquité, avec une forte présence des époques antonine et sévérienne. Certaines oeuvres, bien connues, ont bénéficié d'un examen renouvelé ; beaucoup d'autres sont inédites, et plusieurs identifications sont proposées. Sur le plan technique, ces oeuvres éclairent les procédés mis en oeuvre par les sculpteurs, parfois propres à l'Afrique ; une attention particulière a été portée aux traces de polychromie, conservées sur bon nombre de sculptures, permettant des observations nouvelles sur les procédés et les objectifs des peintres qui travaillaient sur les statues. Le catalogue apporte enfin des informations sur le commerce des marbres et des oeuvres d'art ainsi que sur l'éventuelle présence d'ateliers : si les importations en Afrique sont nombreuses, depuis la plupart des grands centres de la Méditerranée, il en existe aussi sur place, animés parfois par des artisans venus eux-mêmes des grands ateliers d'Asie mineure, de Grèce ou de Rome.
Héritiers du grand atelier de Pergame, les sculpteurs d'Aphrodisias de Carie, exploitant à l'époque impériale les marbres et le minerai de fer locaux, produisent pour diffusion autour de la Méditerranée des statues, mais aussi des éléments architecturaux, des panneaux et des frises historiés, les zôdia aphrodeisiaka attestés par l'épigraphie. L'ouvrage présente l'étude des 409 blocs de frise ionique sculptée découverts sur le site depuis les fouilles de G. Jacopi en 1937 jusqu'à celles de K. Erim au théâtre (30-27 a.C.), au temple poliade d'Aphrodite (milieu Ier s.), à la Basilique civile (dernier tiers du Ier s. p.C.), à l'Agora civique (1' quart du n` s. p.C.), à l'Agora Gate (milieu du u°s. p.C.) et surtout à l'Agora sud ou le Portique de Tibère septentrional (19-27 p.C.) déploie sur 200 m ne frise à 226 masques scéniques et têtes humaines, unique dans le monde gréco-romain. Elle offre des modèles de têtes statuaires des opera nobilia du classicisme grec de Polyclète à Lysippe, des masques liés aux trois genres du théâtre grec, enfin 42 têtes-portraits d'Alexandre et des souverains et chefs de guerre hellénistiques. L'ensemble révèle un programme iconographique lié à la thématique du gymnase, l'Agora sud étant identifiable au début de la période romaine à un terrain de sports muni d'une vaste piscine centrale et d'une piste de course couverte ou xyste selon Vitruve. La restitution séquentielle de la frise permet d'observer comment ce travail collectif était réparti et comptabilisé entre plusieurs équipes de sculpteurs, formant compagnons et apprentis à la reproduction de têtes du répertoire statuaire. Dans cette cité hellénisée étroitement liée depuis Sylla au pouvoir romain, le patronage d'Aphrodite identifiée à la mère d'Enée explique l'omniprésence des frises ioniques à guirlandes, emblèmes de la divinité garante de la cohésion et de la paix du monde selon l'idéologie du Principat d'Auguste. Sa valeur panégyrique manifeste la concorde de la communauté civique au sein de la paix romaine, mais la frise à guirlandes se diffuse aussi au sein du décor architectural de bon nombre des cités impériales de Grèce d'Asie.
La guerre de 1914-1918, dont on célèbre le centenaire, a mis aux prises 60 millions de soldats dans le monde, dont 9 millions sont morts et 20 millions blessés. A la Triple Entente, qui comprenait la France, le Royaume-Uni et la Russie (sans compter leurs puissances coloniales et les dominions, et sans parler de la Belgique et de la Serbie, envahies), vinrent s'ajouter, au long des combats, le Japon, l'Italie, le Portugal, la Roumanie, enfin les Etats-Unis d'Amérique. Pour leur part, les Empires Centraux étaient faits de l'Allemagne, de l'Autriche-Hongrie, puis de l'Empire ottoman et de la Bulgarie. Le fil conducteur de notre ouvrage, plus que la chronologie (dont il est néanmoins fait mention), c'est, au jour le jour et du matin au soir, la vie du soldat. Une existence qui, après quelques mois de combats au corps à corps hérités d'une autre guerre, se passe sous terre, dans la tranchée, dans la boue et avec la vermine. C'est surtout, en dehors de quelques assauts qui durent peu mais font nombre de victimes, l'inaction, qu'on tue en jouant aux cartes, en se racontant des histoires ou en fabriquant des objets avec ce qu'on a sous la main, bois ou métal. Réalisé à partir d'une documentation iconographique riche de 20 000 photos, dont plus de 6 000 sont de source allemande ce qui est rare, cet ouvrage, avec plus de 400 illustrations, installe, en vis-à-vis, les camps adverses. C'est la guerre vue des deux côtés : dans les pages paires, le camp des Alliés ; dans les pages impaires, les Prussiens et les Austro-Hongrois. Libre de tout parti-pris, ce livre propose une façon nouvelle et originale de raconter une guerre qui s'est inscrite dans la mémoire collective des peuples.
Résumé : "Dogmatisme", voilà un mot que l'on n'aime pas. Et pourtant, aujourd'hui, le christianisme qui a le vent en poupe, celui des Eglises évangéliques, des fondamentalistes et des intégristes, est bien un christianisme dogmatique. Pourquoi les chrétiens confessent-ils un credo si déconcertant ? Comment s'articule ce qu'ils croient intimement avec ce qu'ils confessent collectivement et rituellement ? Quelle vérité peut-on encore reconnaître aux dogmes du christianisme ? Faut-il les voir comme une expression symbolique de notre croyance en "Dieu" ou plutôt comme un "jeu de langage" culturel qui s'est imposé par la coutume ? Cet ouvrage prend de front des questions que l'on voudrait taire. Pourquoi aimons-nous croire l'incroyable ? Les articles de foi que propose le christianisme auraient-ils va-leur de fétiches rassurants ou de slogans communautaires ? Y aurait-il en nous un goût pour les illusions volontaires, voire les idéologies totalitaires ? Et si oui, pourquoi ? L'auteur répond à ces questions avec les outils de l'anthropologie, de la sociologie et de la psychanalyse. Il rédige ainsi un essai décapant, tonique et limpide. Cet ouvrage est préfacé par Sophie Mijolla-Mellor, psychanalyste et professeur honoraire aux Universités.
La ville d'Amsterdam a été le laboratoire de l'argent dans sa modernité et celui des libertés dans leur diversité. Libertés gagnées au prix du sang, contre l'Espagne d'un Philippe II cupide et intolérant. Grâce au lien circulaire entre argent et liberté, la ville, après la première révolution européenne qui enfanta la République des Provinces-Unies à la fin du XVIe siècle, fut seule capable dans le monde d'éradiquer le despotisme, la tyrannie, le fanatisme, bien avant les exigences de 1789. Elle accueillit les Juifs fuyant l'inquisition, les Protestants pourchassés dans leurs pays et d'autres hétérodoxes. Elle a aussi permis de faire entendre les voix de Descartes et de Spinoza que nous ne cessons encore d'interroger. Mais doit-on pour autant confondre argent et liberté, fin et moyens ? Amsterdam a-t-elle été fidèle à cette volonté de liberté honnie par les rois et les prêtres mais qui a sauvé des milliers de victimes de la violence et de l'intolérance ? Il appartient au lecteur d'apprécier l'usage que la ville faisait de son argent et de sa liberté, à l'heure où la République vivait son siècle d'or, et de ne pas oublier que le regard sur le passé n'est jamais neutre.
L'auteur a étudié plusieurs cas d'enfants ayant commis des crimes majeurs qu'elle relate. Cela lui a permis de constater que le phénomène des enfants tueurs n'est pas récent et que la justice tout comme la société ont toujours été désarmées devant de tels phénomènes. Peut-on comprendre les motivations de ces enfants ? Diverses hypothèses sont explorées : familiale, sociologique et biologique. L'hypothèse familiale soutient qu'une enfance difficile et le vécu de l'individu peuvent expliquer son comportement criminel. La sociologique pour sa part implique que la société, par ses travers et ses difficultés, mène les jeunes à la délinquance et au crime. Cette théorie incite à explorer les cas d'enfants soldats et d'enfants recrutés par des groupes criminalisés. L'hypothèse biologique quant à elle suppose que le cerveau, ou tout autre élément physique tel une déficience ou un surplus hormonal chez les jeunes criminels, présente des variations et anomalies qui pourraient expliquer leur passage à l'acte. L'étude proposée, en soulevant le questionnement entre l'apport de l'inné et de l'acquis dans la construction de la personnalité humaine, permet d'aborder la notion de "criminel né". Existerait-il en effet des individus qui, dès leur naissance, seraient voués au crime et si oui comment les identifier ?