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Le tourment de l'origine. Le malaise identitaire
Zimra Georges
BERG
19,00 €
Épuisé
EAN :9782917191453
L’homme occidental est hanté par le deuil d’une origine qu’il ne cesse de vouloir comprendre à travers les mythes, les fables et les religions qui en constituent le récit. Si chaque peuple a son identité, sa manière de vivre, de penser et de sentir, l’homme est-il pour autant prisonnier de sa culture, identifié à ses valeurs, aliéné à ses représentations, assigné à ses croyances ? Si toutes les cultures se valent sont-elles pour autant égales ?Aujourd’hui, le débat sur l’identité traduit un malaise dans la culture. Il s’agit de distinguer entre le pluralisme nécessaire à toute vie démocratique et un multiculturalisme qui peut en être la limite. L’effacement des repères symboliques, le décloisonnement des cultures, le brassage des populations ont favorisé l’émergence d’une identité cosmopolite, clanique. L’homme cosmopolite est un homme sans qualité, de toutes les mémoires mais d’aucune histoire, semblable aux autres mais ne ressemblant à personne. A l’inverse, et dans le même temps, les communautarismes revendiquent une identité inaltérable qui fait du Même l’organisateur du lien social, tandis que les fondamentalismes font des Ecritures le nouveau livre de sciences naturelles et de Dieu l’immense marché mondial des fanatismes. Une identité qui prétend à l’immuabilité ne menace pas seulement le corps social mais porte atteinte à l’idée même d’humanité.
La différence des sexes a institué le patriarcat comme la forme d'une domination théologico-politique, phallocentrique, principe de gouvernement et de contrôle des corps et des sexes. Invariant anthropologique, pour certains, histoire évolutive des normes, pour d'autres, la psychanalyse s'est écartée des évolutions et des normes, des fonctions et fictions sexuelles qui s'y rapportent, pour un ordre du discours et des signifiants qui inscrivent le "parlêtre" dans ses modes singuliers de jouissance. En ce sens, le sexe est un évadé de la langue, un évadé du réel, des conformismes et des assignations. Il appelle à penser une altérité irréductible, incommensurable. La vérité du sexe ne se réduit pas au "vrai sexe" , pas plus qu'elle ne se loge sous le scalpel du chirurgien, dans une pratique médicale dite de réassignation sexuelle, ou dans les arrêts d'une juridiction. La confusion en la matière est celle de l'organe et du signifiant, du sexe et de l'identité, de la norme et du désir. L'identité, comme la langue, n'est assignée à aucune place, pas plus que l'histoire n'est figée au cadran d'un passé indépassable. C'est à leurs débordements que nous sommes conviés, à leurs excès, à leurs évasions.
Résumé : Le quotidien chamboulé et touchant d'une petite orpheline qui doit réinventer sa vie avec sa poule rebelle qui rêve de voler et son golem nounou silencieux. Dans le monde où vit la petite Lytha et sa famille, il est possible de lier des enchantements à de l'argile crue grâce à la "margile" , la magie d'argile. Voilà pourquoi, quand elle se retrouve soudain orpheline, c'est un grand golem d'argile qui devient le gardien et le protecteur de Lytha (et de sa poule de compagnie caractérielle). Pas facile de retrouver ses marques quand toute notre vie est chamboulée... Heureusement grâce au golem la petite fille reprend doucement goût à la vie, et une belle amitié se développe entre eux. Mais la tristesse ne se laisse pas si facilement oublier, et Lytha se tourne vers la magie... au risque de tout perdre. Un récit touchant sur le deuil, l'amitié et les poules.
Comment est-on passé d'une révolution artistique, culturelle et politique opérée par l'avant-garde européenne à un art totalitaire qui a conduit à une fabrique de l'homme nouveau des régimes fascistes, nazis et staliniens ? L'avant-garde a conduit à une révolution du regard qui a émancipé la peinture et la sculpture du carcan académique qui avait enseveli la beauté dans les musées. Ce sont les intensités fugitives, éphémères, singulières, et périssables qui sont célébrées. La tentation nihiliste qui traversait les différents mouvements d'avant-garde fut d'abord un immense cri de colère et de révolte contre la bourgeoisie qui avait figé le regard, éteint toute créativité par le conformisme de la pensée. Contre la raison, ce sont les forces intuitives, poétiques de la langue et de l'écriture, de l'inconscient mais aussi de la folie de l'érotisme et de la mort qui sont explorées. L'art est l'affaire de tous. Il est le principe d'une connaissance de soi. Les religions séculières ont formé le nouvel horizon politique. Mussolini est l'apôtre d'une religion de la patrie. Hitler "Christ führer", fondateur d'une nouvelle Weltanschauung. Et Staline, "jardinier du bonheur planétaire", est l'artiste suprême. L'art nazi fut un national esthétisme qui avait assigné le regard à des représentations sculpturales grandioses, des parades militaires, une architecture mégalomaniaque. La dialectique stalinienne de la révolution déclarait le dépérissement indistinct de la gestation. Rien qui n'ait commencé qui ne soit déjà mort. Plus les temps étaient difficiles, plus on s'approchait de la victoire finale. Plus la famine et la terreur décimaient la population, plus les tableaux débordaient de victuailles. Il faut rêver, disait Lénine. Rêver à la construction d'un homme nouveau. Rêver d'un monde nouveau. Rêver du rêveur, de Staline, qui maintient le rêveur dans son rêve.
Au siècle des Lumières, la sécularisation du judaïsme avait permis le réinvestissement de l'histoire et du politique. Devenu citoyen, et non plus étranger ou apatride, le juif fut plus allemand que les Allemands. Le mythe du juif errant avait vécu et l'Allemagne devenait la " patrie de l'âme juive ". Au XIXe siècle, la psychanalyse a bouleversé les conceptions de l'homme sur la sexualité, l'identité, la temporalité. Le passé n'est pas révolu, il hante le présent, et le corps est l'espace d'une mémoire archivée à travers les symptômes où s'écrit l'histoire du sujet. Pour Freud, le signifiant juif ne fut pas seulement le signifiant de la révolte et de la résistance à l'antisémitisme, il fut aussi un signifiant éclaté, disséminé, excessif, " quelque chose d'essentiel " qui lui permit de s'extraire de " la majorité compacte ". Il refusa toujours de considérer la psychanalyse comme une science juive mais on ne peut ignorer que la judaïté de Freud regarde la psychanalyse. De la même manière, on ne peut méconnaître sa germanité, avec laquelle il entretenait des rapports ambivalents : " Ma langue est allemande... mais je préfère me dire juif. " L'assimilation fut la ligne de force du discours antisémite. Le nazisme consacra la rupture avec les idéaux de l'Aufklärung. La psychanalyse, considérée comme science juive, fut ravalée au rang de psychothérapie, sacrifiée sur l'autel de l'adaptation, du conformisme et de la soumission qui furent les valeurs d'asservissement de l'idéologie nazie. La race seule désormais suffisait à définir l'homme. Aux nazis qui avaient décrété la supériorité de la race aryenne, Freud répond, comme il répond à Jung, qu'il n'y a pas de race pure et dominatrice, pas d'humanité homogène mais le brassage, le mélange et le métissage des hommes et des cultures. Moïse devient pour Freud le passeur de l'universel, l'affirmation que c'est l'étranger qui habite l'homme. La véritable filiation ne concerne ni le sang, ni la terre, ni le nom propre, mais la puissance vivifiante du Nom-du-Père qui inscrit le sujet dans une généalogie des signifiants, lui permettant de produire l'héritage plus que de le recevoir.
L'auteur a étudié plusieurs cas d'enfants ayant commis des crimes majeurs qu'elle relate. Cela lui a permis de constater que le phénomène des enfants tueurs n'est pas récent et que la justice tout comme la société ont toujours été désarmées devant de tels phénomènes. Peut-on comprendre les motivations de ces enfants ? Diverses hypothèses sont explorées : familiale, sociologique et biologique. L'hypothèse familiale soutient qu'une enfance difficile et le vécu de l'individu peuvent expliquer son comportement criminel. La sociologique pour sa part implique que la société, par ses travers et ses difficultés, mène les jeunes à la délinquance et au crime. Cette théorie incite à explorer les cas d'enfants soldats et d'enfants recrutés par des groupes criminalisés. L'hypothèse biologique quant à elle suppose que le cerveau, ou tout autre élément physique tel une déficience ou un surplus hormonal chez les jeunes criminels, présente des variations et anomalies qui pourraient expliquer leur passage à l'acte. L'étude proposée, en soulevant le questionnement entre l'apport de l'inné et de l'acquis dans la construction de la personnalité humaine, permet d'aborder la notion de "criminel né". Existerait-il en effet des individus qui, dès leur naissance, seraient voués au crime et si oui comment les identifier ?
Figure de proue de l'anarchisme français, Alexandre Marius Jacob (1879-1954) fut honnête cambrioleur, écrivain, journaliste et mécène de la presse libertaire. Le vol est pour Marius Jacob une arme politique : " Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend. " Ceux qu'on appelle les "travailleurs de la nuit" ne cherchent pas l'enrichissement personnel, mais l'effondrement d'un système inique. Le produit des cambriolages sert avant tout à soutenir la cause anarchiste et à venir en aide aux plus démunis, aux familles des anarchistes emprisonnés ou exécutés. Jacob garde à peine de quoi vivre. Il est très probable qu'il inspira le personnage d'Arsène Lupin à Maurice Leblanc.
Ce livre nous initie aux bacchanales, ces fêtes scandaleuses et subversives où se concentrent les excès de Bacchus et de Dionysos, dieux antiques, terriblement actuels. De plus, il donne chair à l?orgie, radieuse soûlée des sens, qui non seulement conjure le destin, remet en question l?ordre social, mais s?affirme comme une sagesse inimaginée. Par sa composition fuguée, où s?entrecroisent les musiciens et les peintres, mais aussi les écrivains, les cinéastes, les philosophes, ce livre désenclave les arts et les techniques, nous assure ainsi, grâce à des oreilles nouvelles, grâce à des yeux nouveaux, une connaissance plus haute et une perception plus vive des évidences trompeuses de Bacchus et des brûlantes ambiguïtés de Dionysos. Traversant le temps, nous vivrons l?exubérance despotique de ces divinités, pour en partager le long cheminement : de l?Antiquité au XXIe siècle, dans l?Histoire (les mythes et les rites, les légendes, les religions), et les histoires (les coutumes, privées ou publiques, les courants esthétiques, les rêves, l?inconnu). Chaque oeuvre, chaque bacchanale commentée au fil de ces pages dévoilera un ordre mystérieux entre l?espace blagueur de Bacchus et celui, sauvage, insolent et sexuel de Dionysos.
L'Espagne, au zénith de sa puissance, offre le spectacle d'une force sans raison. La conversion ou la mort, telle a été, le plus souvent, l'alternative offerte à l'Autre, à celui qui n'appartient pas au nouveau peuple élu, destiné par Dieu à accomplir ses desseins providentiels. La mentalité espagnole du Siècle d'Or se trouve confrontée à des êtres qu'elle méprise ou abomine. Comment réagit-elle, quelle idéologie la fait-elle s'ériger en juge et paladin de l'honneur de Dieu, honneur confondu avec la hantise de la pureté raciale ? Indiens massacrés, juifs pourchassés, morisques décimés et expulsés, où trouve-t-on la justification de tant de sang ? Mais le fanatisme est-il vraiment le prix de l'honneur de Dieu ? Nombreux furent les penseurs espagnols, connus ou méconnus, qui s'élevèrent avec courage contre cette perversion de l'amour d'autrui. Victimes et bourreaux changent sans que jamais s'achève cette farce grotesque et sanguinaire. Le Siècle d'Or n'est pas si loin ; il nous questionne encore. Les idéologies semblent se démoder, elles ne font que se travestir.