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L'Afrique noire en vitrines. Lyon 1860-1960
Zerbini Laurick ; Prudhomme Claude
HEMISPHERES
26,00 €
Épuisé
EAN :9782377010523
A Lyon, à la fin du XIXe siècle, est créé un dispositif institutionnel destiné à faire connaître les colonies ; il suscite la constitution des premières collections africaines. Durant un siècle, les musées, missionnaires ou non, vont utiliser les objets pour nourrir leur propagande et affirmer leur rôle dans l'expansion de la France d'outre-mer. Les objets africains servent selon le cas de témoins du développement humain (salle d'anthropologie), d'indicateurs du savoir technique des populations (musées coloniaux), d'illustrations du paganisme (musées missionnaires) ou d'objets à valeur spéculative. Les expositions et les musées témoignent de cette histoire. S'ils ont contribué à ancrer stéréotypes et clichés, ils révèlent aussi l'évolution des regards au gré des intérêts ou des expériences. Quels liens la ville de Lyon a-t-elle entretenu avec le continent africain de la fin du XIXe siècle aux années 1960 ? Images d'un temps passé aux parfums exotiques de cet outre-mer lointain, l'histoire des collections africaines nous interroge à la fois sur notre rapport à l'objet et sur un héritage dont il ne reste aujourd'hui que peu de traces visibles, mais qui s'inscrit néanmoins dans le débat sur la question de la restitution du patrimoine culturel africain.
Résumé : Constituée depuis les années 1860, la collection du Musée Africain comprend aujourd'hui huit mille pièces qui proviennent en large majorité de l'Afrique de l'Ouest. Les objets rassemblés dans le musée montrent l'histoire d'une partie de l'Afrique et disent à la fois la diversité et l'universalité de certaines pratiques et croyances. Le Musée Africain a saisi l'occasion de son 150e anniversaire pour mettre en perspective sa collection, étudier sa formation et faire découvrir quelques-uns de ses points forts. Sous la direction scientifique de Laurick Zerbini et de Julien Bondaz, cinq auteurs se sont mobilisés pour donner forme à ce projet et proposer un livre qui est bien plus qu'un catalogue. Leur travail rejoint le coeur du projet du musée, à savoir oeuvrer au dialogue interculturel.
La civilisation Dogon réussit à préserver un patrimoine humain et culturel d'une richesse unique. Ces paysans vigoureux ont su créés un art raffiné et original dont les statuettes et masques sont l'expression la plus en Occident. Il ne faut cependant pas oublier l'architecture très particulière de leurs habitations, les peintures rupestres et l'artisanat. La structure sociale - hiérarchie distinguant les initiés des non-initiés, les hommes et les femmes, les groupes d'âge... - le mode de vie et les croyances des Dogon font de ce peuple l'un des plus étonnants de la planète. Aujourd'hui encore, la cosmogonie Dogon est bien vivante et s'exprime, au quotidien, dans chacun des gestes. Tableaux Dogon est aussi un voyage à travers les petits villages de huttes nichés au pied de la falaise de Bandiagara et des incroyables maisons troglodytiques des Tellem incrustées parfois à plus de cinquante mètres du sol.
Entre 2016 et 2020, l'artiste brésilien Luiz Zerbini a composé un répertoire végétal hors du commun : à partir de feuilles, de fleurs et de branches trouvées en ville ou au coeur même de la nature, il a conçu plus de 300 monotypes, estampes uniques obtenues par un procédé non reproductible. Offrant au regard des formes et des couleurs étonnantes, entre figuration et abstraction, cette série exceptionnelle est pour la première fois réunie par la Fondation Cartier pour l'art contemporain dans un ouvrage au format généreux. La beauté, l'architecture et la diversité de la flore tropicale combleront les amoureux de la nature et les admirateurs du travail de l'artiste. Avec des textes d'Emanuele Coccia et Stefano Mancuso.
Résumé : Ce livre souhaite revenir sur les enjeux autant que sur l'appropriation et le statut de l'?uvre africaine au sein des institutions et du marché de l'art occidental à partir des collections de la région Rhône-Alpes. Les auteurs, universitaires et conservateurs africains et européens, s'interrogent sur la relation faite de tensions, de rejet et de coopération avec l'Afrique, sur l'entrecroisement entre fait missionnaire et fait anthropologique, sur le rôle dans la reconnaissance des cultures et des arts africains de la figure de Madeleine Rousseau. Ils examinent également les multiples facettes que représentent ces productions et l'image que les musées entretiennent à leur sujet, et posent la question de l'art africain contemporain.
A l'origine de cet ouvrage, le recueil de témoignages lancé en 2011 par le Centre de documentation historique sur l'Algérie, le Maroc et la Tunisie (CDHA). Nicole Lenzini, responsable de cette collecte baptisée Histoire de paroles, recueille les récits mémoriels de personnes - Pieds-noirs, métropolitains, militaires, harkis - ayant vécu en Algérie pendant la période française, qui montrent qu'une cohabitation, qui peut surprendre ceux qui n'ont pas vécu dans le pays à ces moments, existait entre Français d'Algérie et Algériens. Prenant appui sur ces témoignages, Roger Vétillard a rencontré, en France et en Algérie, les derniers témoins de l'avant 1962 et réuni une vaste documentation pour mettre en lumière une réalité historique trop souvent tue : par-delà le déchirement, par-delà des décennies de crises et de propagande, les deux communautés n'ont pas rompu leurs liens - des liens qui ont bien souvent la couleur de l'amitié.
Cet ouvrage couvre presque cent années de l'histoire tourmentée de la péninsule coréenne, du début du XXe siècle à l'orée du nouveau millénaire. Témoignage exceptionnel, il a été écrit par la propre soeur de la compagne du Guide suprême, feu Kim Jong Il. Mais, du père héritier de propriétaires fonciers, choisissant très tôt le communisme contre ses intérêts de classe, aux enfants et petits-enfants éduqués au Nord, astreints à une vie de reclus avant de parvenir à fuir, les destins dramatiques de cette famille font largement écho aux tragédies individuelles de l'immense majorité des Coréens de l'époque. Cette émouvante narration à quatre mains – la première partie retranscrit le journal de la mère de l'auteure – est aussi un puissant manifeste : celui d'une lignée de femmes déterminées à s'arracher aux plaies de la misère et aux pesanteurs du patriarcat, et qui, au moins un temps, auront eu sincèrement foi en la société nouvelle qu'elles se proposaient de bâtir.
Ahmed Boumendjel (1908-1982) est l'une de ces grandes figures algériennes demeurées méconnues. Instituteur, puis avocat - il assure la défense de Messali Hadj en 1939 -, il entre au conseil municipal d'Alger où il sera le seul à condamner les lois anti-juives de Vichy. Après le débarquement allié en Afrique du Nord, il devient un des chefs de file du nationalisme fédéraliste. Partisan d'un Front algérien dès 1947, artisan d'une alliance durable entre l'UDMA) et les Oulama, on le retrouve à Manhattan avec les principaux acteurs de la diplomatie de guerre du FLN. Il est reçu en plénipotentiaire à la conférence franco-algérienne de Melun de juin 1960, avant de participer activement aux négociations publiques d'Evian I et de Lugrin. L'étude de ce riche parcours fait remonter aux origines du nationalisme algérien moderne et en revisite le processus. Et par-delà le seul parcours d'Ahmed Boumendjel, elle corrige plus d'une idée reçue de l'historiographie de l'Algérie.
Explicitant la philosophie et les critères de son approche, Zafrani écrit lui-même à ce sujet : "Nous nous sommes proposés, tout au long de nos études et de nos recherches, de réaliser à la fois une analyse raisonnée des situations et une synthèse équilibrée des phénomènes afin de servir la science et la conscience historique, la mémoire collective et un patrimoine culturel qui nous est cher, à mille égards. Cela, nous l'avons fait avec le projet d'une quête des lieux de dialogue, de rencontres des hommes et des idées, d'espaces de convergences entre cultures et civilisations qui sont autant d'espaces de fidélités, de liberté et d'universalisme." Haïm Zafrani, auteur notamment de Deux mille ans de vie juive au Maroc, Juifs du Maroc. Vie sociale, économique et religieuse. Etudes de taqanot et responsa, et de Juifs d'Andalousie et du Maghreb, a consacré toute son existence à ses recherches et à l'enseignement, en étant toujours soucieux de transmettre son savoir. Son engagement, en la matière, qui était une forme de militantisme, ne peut qu'inciter à la réflexion tous ceux qui se soucient aujourd'hui d'histoire, de culture, de patrimoine, de diversité, de paix et de fraternité en ces premières décennies du XXIe siècle. Une urgence d'autant plus vitale pour l'humanité que l'enracinement culturel est devenu un enjeu capital dans le monde ultra-connecté. L'on ne peut que saluer et se réjouir de l'initiative prise par Mustapha Saha de consacrer un ouvrage à ce "penseur de la diversité", et de présenter, avec sa belle plume et le sens de la formule qui le distingue, l'homme dont il était familier depuis fort longtemps, et une oeuvre féconde dont il a une connaissance intime et qu'il rappelle avec une remarquable précision. Mohammed Kenbib.