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On ne rentrera peut-être plus jamais chez nous
Zahy Soumya
PARIS MEDITERRA
12,37 €
Épuisé
EAN :9782842721183
Mais, c'est quoi, ce bruit, dans la rue ? On entend des cris, des gens qui courent. Les grands se précipitent aux fenêtres. Nous, les enfants, on monte à toute vitesse sur la terrasse. En bas, c'est l'effervescence. Ça hurle, ça gesticule. On dirait que certains se battent. Non, ils se donnent des claques dans le dos. Un gamin lance une pierre. Il ne se fait même pas engueuler. Un garçon, je crois que c'est le fils de la marchande de légumes, s'avance. Il lève bien haut un cahier rouge. Rouge. Et les hommes marchent derrière lui. Mon frère est déjà sur le mur. Je grimpe. Du mur, on voit la mer. Et le boulevard qui longe le port. Et des gens. Sur le boulevard, il y des milliards de gens... " A Casablanca, une fillette raconte. Elle dit les événements extraordinaires de sa ville, ce qu'elle observe au quotidien dans sa famille, dans sa rue, dans son quartier... Dans cette suite de tableaux, Soumya Zahy nous offre une vision intime du Maroc des années 86-90 ; au-delà de la voix enfantine de la narratrice, résonne le récit d'une femme qui parle de pauvreté, d'exploitation des fillettes, de répression, de répudiation, la voix d'une Marocaine qui dit son amour pour les siens, pour sa ville, pour son pays.
Dans la montagne " Jebel Lamsikh ", Pierre Delcourt, archéologue, fait la découverte sensationnelle d'un crâne d'enfant appartenant à la période paléolithique moyenne. Honneur et reconnaissance de tout un public de savants. Ce début de récit est banal et rationnel. Mais bientôt Pierre a des visions sur les lieux des fouilles. Le Paléolithique revit à travers lui. En jouant avec le temps, il finit par se perdre. Et le lecteur est entré dans une histoire mi-policière, mi-fantastique qui fonctionne à merveille et le tient en haleine en le transportant 25 000 ans en arrière.
Pour échapper au temps du massacre, Salim se réfugie dans un territoire inexpugnable, celui de la mémoire. En revisitant quelques personnages du passé, il s'aperçoit qu'il n'a lui-même jamais franchi les bornes de l'enfance. Délicieuse occasion alors pour voguer au gré de l'imagination et de la géographie : un rêve andalou qui ne se limite pas à la nostalgie, des aventures d'écolier où la "guerre des boutons" le cède très vite à la vraie guerre, le souvenir d'un beignet amer substitué à un vélo, le contre-pied de Ben-Nicolas, le seul petit roumi ami des Arabes... Jusqu'à cet ultime retour au pays où les massacres sont pudiquement évoqués, au passé. Évocation de l'exil, des racines, des gens du voyage. Loin de vouloir jouer les redresseurs de tort, Djilali Bencheikh comme son personnage Salim - son double -, souhaite simplement lancer un bouquet de fraîcheur à la face de ses contemporains. Juste pour dire que le bonheur est d'abord un acte de liberté.
Cela commence à la manière d'un journal de guerre intestine. Des voix se relaient, elles évoquent, elles s'incarnent, elles assaillent leur héros - l'homme, l'écrivain, l'amant, l'époux, le fils, l'ami, le père, le militant et même, qui sait, l'inconnu. Procès réel ou possible, il ne cesse de hanter Aïn. Comme ne le lâche pas d'une ombre un certain Hdiddane, aussi inventif que futé, caricaturiste impénitent, prompt à la réplique : faisant d'Aïn un personnage de son cru, il récrit des scènes, apostrophe, se prétend l'avocat obstiné de la fiction, cette grande tentatrice. Son " Epître sur la luxure " n'est pas la moindre de ses provocations. L'homme du journal, lui, a décidé, coûte que coûte, de mettre sa vie à l'épreuve de la vérité. Un pays peut-il en cacher un autre ? Un homme peut-il en cacher un autre ? De Paris à Rabat, sans oublier Fès, la ville natale, cette traversée des miroirs brise les images trop vite figées. Un bel exemple de littérature vécue comme aventure, une aventure dont la poésie est le diapason essentiel, relié aux convulsions du monde.
Qui ne connaît ta ville la Porte du Vent, passage obligé pour tous les égarés, les paumés ? Ouverte aux vents marins, aux vents de pluie, aujourd'hui fermée à l'avenir. Accueillante aux brises, elle l'était jadis également aux hommes. Au voyageur arrivé par l'Ouest, elle offrait en prélude un lacis de ruelles étourdissantes ; en titubant, le nouveau venu se mettait sous la protection de son marabout ; il pouvait se désaltérer à la fontaine de la cour intérieure de sa vieille mosquée et y reprendre son souffle. Neuf siècles inscrits dans la chaux et la pierre. Tant d'étrangers sont entrés par là, qui ne sont plus jamais repartis. " Du regard croisé de deux femmes à la fois différentes et très proches, l'une, Selma, rivée à sa ville, à l'emprise de laquelle elle rêve d'échapper, l'autre, Hélène, revenue recoller les " morceaux de sa vie " dans son pays natal dévasté par une guerre sournoise, et d'un narrateur qui prend leur relais pour s'adresser à elles, émerge l'histoire de Bab-Errih - dont on ne saura jamais si elle réelle et transfigurée ou lieu métaphorique - et des destins chaotiques de ceux qui la peuplent...
L'immigration est devenue en France un objet essentiel de controverse politique. Cet ouvrage, dirigé par Benjamin Stora et Enfile Temime, rassemble les contributions de quatorze des meilleurs spécialistes des questions migratoires. Il présente l'état de la recherche aujourd'hui, selon trois grandes parties: les politiques de l'immigration, les problèmes économiques et sociaux rencontrés par les immigrés et enfin les représentations de l'immigration. La succession des statuts, lois et décrets définissant la place des étrangers n'a cessé de scander les politiques suivies, ne permettant pas toujours d'accueillir dignement les immigrés. La place croissante des femmes dans l'immigration, l'accélération des migrations du travail, la mondialisation du marché ont profondément transformé, en France comme en Europe, les flux et les modalités des mouvements migratoires. En ce début du XXIe siècle, les notions comme "intégration" ou "assimilation" sont remises en question. Ces débats révèlent les tensions entre modèle républicain français et dérives communautaires, réelles ou supposées.
Premier ouvrage du genre, le Dictionnaire de l'immigration en France est un recueil critique de mots et de concepts que le droit, le discours politique, le propos ordinaire véhiculent pour nommer et qualifier des personnes et des groupes n'appartenant pas à l'ordre national, ou n'étant pas perçus comme lui appartenant naturellement. Il y a peu de domaines de la vie sociale, économique, politique et culturelle où les mots employés vont de soi. Le débat public sur l'immigration et les immigrés, quelle que soit leur nationalité, est celui qui, sans aucun doute, permet toutes les approximations et les inexactitudes. Cet ouvrage se propose donc d'être un répertoire rigoureux de mots à enjeux, ceux qui soulèvent des difficultés de définition et des problèmes de compréhension. Expliquer et faire le point sur un thème au carrefour d'une pluralité de disciplines en sciences humaines, telle fut notre ambition. Ce dictionnaire était plus que nécessaire. Il était devenu une urgence intellectuelle et scientifique.
On parle aujourd'hui de l'intégration des immigrés comme s'il s'agissait d'une nouveauté menaçante pour l'intégrité nationale. Ce n'en est une que dans la mesure où la France, vieille terre d'immigration qui s'ignore, a entretenu sa cécité sur les apports étrangers de sa population jusque dans ses observatoires scientifiques. La spécificité de l'immigration récente et des problèmes qu'elle pose appelle une double réflexion sociologique : sur le procès de la modernisation depuis les Trente Glorieuses d'une part, sur la formation et l'évolution de l'idéologie nationale depuis le XIX ? siècle d'autre part. Tant que la France se donnait pour ambition explicite d'"assimiler" tout immigré, ni la réalité sociale ni la politique des gouvernements n'étaient différentes. Aujourd'hui encore comme il y a un siècle, du temps de Renan, la nation à la française ne se définit que comme une machine à intégrer des populations diverses autour d'un projet politique commun. L'intégration reste à la fois un fait, une valeur et une nécessité. C'est la modernité qui, en privilégiant l'activité économique et le modèle marchand des relations sociales, est venue menacer la réalité et la tradition nationales, tout particulièrement en France. Si les démocraties modernes perdent tout principe religieux, dynastique et même national, n'est-ce pas le lien social qui risque de s'affaiblir jusqu'à se dissoudre ?
Un bureau de préfecture, une file d'attente, un espoir - obtenir des papiers. Désormais banale, cette image de l'immigration occulte l'essentiel: ce qui se joue de l'autre côté du guichet. Là, des fonctionnaires examinent les dossiers, jaugent les candidats, statuent sur leur sort. C'est à eux que l'État délègue la mise en ?uvre de sa politique d"" immigration choisie". Mais qui sont ces hommes et ces femmes qui décident d'attribuer des papiers ou, au contraire, de reconduire à la frontière? Comment tranchent-ils? De quelle latitude disposent-ils dans l'interprétation des règlements? Au terme de plusieurs années d'enquêtes dans les coulisses des consulats, des préfectures et des services de la main-d'?uvre étrangère, Alexis Spire dévoile la face cachée de cette machine à trier les étrangers. Ceux qu'on éloigne, et ceux qui rejoignent la main-d'?uvre bon marché réclamée par les employeurs. Situés au bas de l'échelle administrative, les personnels chargés de l'immigration sont sommés de" faire du chiffre "et de" traquer les fraudeurs ". Cobayes de la" modernisation de l'Etat ", ils s'enrôlent dans cette croisade en croyant défendre le modèle social français."