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Travaux publics
Yokoyama Yuichi
MATIERE
10,20 €
Épuisé
EAN :9782952084215
L'oeuvre de Yokoyama est traversée par plusieurs thèmes. On connaît désormais quelques uns de ses "Travaux publics". Voici venir le temps des "Combats" : mêmes personnages costumés, masqués, inexpressifs, mêmes décors marqués par la géométrie, même dessin saturé de lignes droites. Simplement ce qui dans le précédent volume s'ourdissait entre le texte et le graphisme, entre la narration et la vision - à savoir la lutte des cases - explose ici au grand jour. Et dans cette lutte Yokoyama fait arme de toute chose comme d'autres font feu de tout bois : sabres, couteaux, fusils, roquettes, assiettes, robinets, fleur en pot ou livres sont placés au service de combats dont il est difficile de cerner la nature. Prenant tour à tour l'allure d'émeutes ou d'embuscades, d'échauffourées urbaines ou de missions commando, de guerre des gangs ou de simple baston ces combats paraissent avant tout, à l'image de la bande dessinée qui les porte, venir du futur.
Trois hommes costumés et masqués s'aventurent dans une ville inconnue. Tel un commando en mission secrète, ils sont à la recherche d'un lieu, d'un objectif qu'ils ne connaissent qu'approximativement. Au détour d'architectures oppressantes, ils sont vite confrontés à d'inquiétants groupes d'hommes en uniforme. La tension nouée entre les protagonistes, autant que la pesanteur des situations, laisse craindre l'imminence d'un drame. Que font ici ces milices urbaines ? Qu'est-ce qui justifie qu'elles se comportent en maîtres des lieux ? Quelles activités sont réellement les leurs ? Trafic ? Crime à grande échelle ? Déprédation ? Terrorisme ? Putsch militaire ? ... En dépit de ces rencontres, nos trois hommes parviennent à destination. Sans se départir de leur feinte nonchalance, ils se présentent au portail blindé d'une luxueuse villa. Le propriétaire des lieux, un dandy aux airs mystérieux, les laisse pénétrer au coeur de cette forteresse dont il semble avoir l'usage exclusif. Après leur avoir offert quelques verres d'alcool et les avoir menacés d'une arme à feu, il leur accorde cependant le privilège d'accéder à son très vaste jardin et à une bibliothèque unique en son genre : la salle de la mappemonde... Pour ce huitième volume, Yokoyama a souhaité s'inscrire à sa façon dans la filiation du gekiga...
La trame de cet opus de Yûichi Yokoyama est aussi linéaire qu'elle est claire : Voyage est la longue, et silencieuse, et cristalline description d'un périple ferroviaire entrepris par trois hommes. Le sujet embrassé par Yokoyama est moins ce trajet en train pourtant (les distances franchies, le territoire parcouru...) qu'un trajet dans le train. Un voyage dans le voyage. Sitôt le train parti, en effet, les personnages entreprennent de traverser le convoi. Les personnages sont alors confrontés à l'architecture, à l'aménagement de la machine. Ils sont confrontés par-dessus tout aux regards et aux corps des autres passagers : dans le train on s'observe, on se croise, on se regarde passer, on se gêne, on se rencontre parfois. Si bien que ce Voyage consiste d'abord, consiste avant tout à traverser des visages. Succession de portraits avec à la fin peut-être, tout au bout, mais tout au bout seulement, la promesse d'une ouverture, d'un paysage.
Extrait Exploration 1 Les éléments sonores sont omniprésents dans vos bandes dessinées. Quel est votre rapport au son, aux bruits ou à la musique ? Yûichi yokoyama - Je ne me suis jamais interrogé sur mon «rapport au son»... Vos cases sont pourtant souvent emplies d'énormes onomatopées. Et ces sons extrêmement bruyants en sont souvent le seul texte. C'est que l'onomatopée est une tradition dans la bande dessinée au japon : on dessine des onomatopées sans même y penser. Justement, on n'a pas cette impression en lisant vos récits. De votre côté, vous paraissez au contraire porter une grande attention à la présence et au tracé des onomatopées. Vous transformez quelque chose de conventionnel, quelque chose auquel on ne pense plus, en une chose radicale... Cette démarche-là est forcément consciente de votre part. Qu'est-ce qui la motive ? À vrai dire, j'utilise moi aussi les onomatopées sans trop y prêter attention. Ça m'est difficile de vous répondre. Je les dessine en caractères plus grands que les dialogues. J'ai tendance à utiliser toujours les mêmes, à en employer une variété limitée. Et enfin, je les trace avec une certaine régularité - en employant une règle, par exemple. Voilà le genre de choses dont je tiens compte. Avertissement de l'éditeur En préambule à chacune de ces trois «Explorations», on trouvera un bref extrait de l'entretien accordé par Yûichi Yokoyama entre février et mars 2011 à la revue collection (n° 2, avril 2011). Merci aux éditions En Marge et à Modèle Puissance d'autoriser la reproduction de ces extraits. Merci tout particulièrement à Sammy Stein et à Vanessa Dziuba qui ont souhaité cet entretien et l'ont conduit avec nous.
Baby boom est un recueil de récits animés par deux personnages récurrents, un "oiseau" (l'animal à tête noire sous le masque duquel l'auteur aime se figurer) et un "poussin" , engagés, à deux ou en groupe, dans toutes sortes d'activités propres à l'enfance : cerceaux, cubes, baignade, pliages, dessin, goûter, constructions, bacs à sable, sauts dans les flaques... Dessinant vigoureusement à l'aide de deux couleurs de feutres, Yokoyama a laissé à ses dessins leur fraîcheur d'esquisses. Par leur (apparente) rapidité d'exécution, par leurs contrastes colorés, ses planches sont de cette façon le prolongement évident et communicatif de la joie frénétique de l'oiseau, du poussin et de leurs camarades de jeux. Nouvelle clé d'accès à une oeuvre parfois injustement jugée austère, sérieuse et froide, Baby boom est le livre de l'enthousiasme par excellence. Il expose pour la première fois au grand jour l'un des ressorts les plus puissants de l'artiste : sa part d'enfance.
NUIT D'IVRESSE. Le pirate d'un soir. A la recherche de l'espoir, pour l'amour de vous, par un soir enchanté, la nuit est à nous, un amour insoupçonné, une surprise au rendez vous.
Par une brèche dans un mur, une foule de plusieurs centaines de personnes pénètre dans le "jardin" et découvre peu à peu ce vaste territoire interdit constitué d'une succession de paysages artificiels animés de mouvements automatisés. Le "jardin" est un décor désert, habité uniquement de dispositifs mécaniques, de cliquetis, de chocs et de grincements, un lieu sans orientation ni logique qui paraît généré au fur et à mesure de la curiosité qu'il suscite. Un lieu probablement sans fin, voué à l'inouï, à l'extraordinaire, à l'invention...
La trame de cet opus de Yûichi Yokoyama est aussi linéaire qu'elle est claire : Voyage est la longue, et silencieuse, et cristalline description d'un périple ferroviaire entrepris par trois hommes. Le sujet embrassé par Yokoyama est moins ce trajet en train pourtant (les distances franchies, le territoire parcouru...) qu'un trajet dans le train. Un voyage dans le voyage. Sitôt le train parti, en effet, les personnages entreprennent de traverser le convoi. Les personnages sont alors confrontés à l'architecture, à l'aménagement de la machine. Ils sont confrontés par-dessus tout aux regards et aux corps des autres passagers : dans le train on s'observe, on se croise, on se regarde passer, on se gêne, on se rencontre parfois. Si bien que ce Voyage consiste d'abord, consiste avant tout à traverser des visages. Succession de portraits avec à la fin peut-être, tout au bout, mais tout au bout seulement, la promesse d'une ouverture, d'un paysage.
Trois personnages ? hommes ? Robots ? Extraterrestres ? Mutants ? ? en cherchent un quatrième dans un pays de glace et de neige. Leur enquête les conduit à rencontrer d'autres personnages ? hommes ? Robots ? Extraterrestres ? Mutants ? ? aux moeurs étranges et aux goûts violents. Ce nouveau volume très attendu de Yokoyama est présenté par son auteur comme une suite possible de La Salle de la mappemonde. On retrouve en effet de l'un à l'autre quelques protagonistes qui pourraient nous être familiers s'ils n'étaient si taciturnes et la même ambiance sombre, une atmosphère épaisse de violence latente, de crime dissimulé sous la glace. Comme dans La Salle de la mappemonde, le dessin énergique, saturé, presque frénétique de Yokoyama établit une tension inouïe avec l'attitude distanciée et le calme apparent des protagonistes. Il n'est pas indifférent que la figure emblématique, presque totémique, de ce récit soit le requin...