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La salle de la mappemonde
Yokoyama Yuichi ; Bruel Céline
MATIERE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782916383521
Trois hommes costumés et masqués s'aventurent dans une ville inconnue. Tel un commando en mission secrète, ils sont à la recherche d'un lieu, d'un objectif qu'ils ne connaissent qu'approximativement. Au détour d'architectures oppressantes, ils sont vite confrontés à d'inquiétants groupes d'hommes en uniforme. La tension nouée entre les protagonistes, autant que la pesanteur des situations, laisse craindre l'imminence d'un drame. Que font ici ces milices urbaines ? Qu'est-ce qui justifie qu'elles se comportent en maîtres des lieux ? Quelles activités sont réellement les leurs ? Trafic ? Crime à grande échelle ? Déprédation ? Terrorisme ? Putsch militaire ? ... En dépit de ces rencontres, nos trois hommes parviennent à destination. Sans se départir de leur feinte nonchalance, ils se présentent au portail blindé d'une luxueuse villa. Le propriétaire des lieux, un dandy aux airs mystérieux, les laisse pénétrer au coeur de cette forteresse dont il semble avoir l'usage exclusif. Après leur avoir offert quelques verres d'alcool et les avoir menacés d'une arme à feu, il leur accorde cependant le privilège d'accéder à son très vaste jardin et à une bibliothèque unique en son genre : la salle de la mappemonde... Pour ce huitième volume, Yokoyama a souhaité s'inscrire à sa façon dans la filiation du gekiga...
Extrait Exploration 1 Les éléments sonores sont omniprésents dans vos bandes dessinées. Quel est votre rapport au son, aux bruits ou à la musique ? Yûichi yokoyama - Je ne me suis jamais interrogé sur mon «rapport au son»... Vos cases sont pourtant souvent emplies d'énormes onomatopées. Et ces sons extrêmement bruyants en sont souvent le seul texte. C'est que l'onomatopée est une tradition dans la bande dessinée au japon : on dessine des onomatopées sans même y penser. Justement, on n'a pas cette impression en lisant vos récits. De votre côté, vous paraissez au contraire porter une grande attention à la présence et au tracé des onomatopées. Vous transformez quelque chose de conventionnel, quelque chose auquel on ne pense plus, en une chose radicale... Cette démarche-là est forcément consciente de votre part. Qu'est-ce qui la motive ? À vrai dire, j'utilise moi aussi les onomatopées sans trop y prêter attention. Ça m'est difficile de vous répondre. Je les dessine en caractères plus grands que les dialogues. J'ai tendance à utiliser toujours les mêmes, à en employer une variété limitée. Et enfin, je les trace avec une certaine régularité - en employant une règle, par exemple. Voilà le genre de choses dont je tiens compte. Avertissement de l'éditeur En préambule à chacune de ces trois «Explorations», on trouvera un bref extrait de l'entretien accordé par Yûichi Yokoyama entre février et mars 2011 à la revue collection (n° 2, avril 2011). Merci aux éditions En Marge et à Modèle Puissance d'autoriser la reproduction de ces extraits. Merci tout particulièrement à Sammy Stein et à Vanessa Dziuba qui ont souhaité cet entretien et l'ont conduit avec nous.
La trame de cet opus de Yûichi Yokoyama est aussi linéaire qu'elle est claire : Voyage est la longue, et silencieuse, et cristalline description d'un périple ferroviaire entrepris par trois hommes. Le sujet embrassé par Yokoyama est moins ce trajet en train pourtant (les distances franchies, le territoire parcouru...) qu'un trajet dans le train. Un voyage dans le voyage. Sitôt le train parti, en effet, les personnages entreprennent de traverser le convoi. Les personnages sont alors confrontés à l'architecture, à l'aménagement de la machine. Ils sont confrontés par-dessus tout aux regards et aux corps des autres passagers : dans le train on s'observe, on se croise, on se regarde passer, on se gêne, on se rencontre parfois. Si bien que ce Voyage consiste d'abord, consiste avant tout à traverser des visages. Succession de portraits avec à la fin peut-être, tout au bout, mais tout au bout seulement, la promesse d'une ouverture, d'un paysage.
Trois personnages ? hommes ? Robots ? Extraterrestres ? Mutants ? ? en cherchent un quatrième dans un pays de glace et de neige. Leur enquête les conduit à rencontrer d'autres personnages ? hommes ? Robots ? Extraterrestres ? Mutants ? ? aux moeurs étranges et aux goûts violents. Ce nouveau volume très attendu de Yokoyama est présenté par son auteur comme une suite possible de La Salle de la mappemonde. On retrouve en effet de l'un à l'autre quelques protagonistes qui pourraient nous être familiers s'ils n'étaient si taciturnes et la même ambiance sombre, une atmosphère épaisse de violence latente, de crime dissimulé sous la glace. Comme dans La Salle de la mappemonde, le dessin énergique, saturé, presque frénétique de Yokoyama établit une tension inouïe avec l'attitude distanciée et le calme apparent des protagonistes. Il n'est pas indifférent que la figure emblématique, presque totémique, de ce récit soit le requin...
Travaux publics présente une série de chantiers colossaux, énigmatiques, et pour tout dire impossibles. De ceux qui construisent on ne sait rien. De ceux qui commandent ou ordonnent les travaux moins encore. Yûichi Yokoyama ne donne à voir que la massivité des rochers, l'étendue des plaines et du ciel, le fracas des matériaux, le travail. Le dessin de Yokoyama aussi bien que ses personnages, leurs (absences de) motivations, les actions auxquelles ils se livrent restent étrangers aux codes et aux habitudes propres à la bande dessinée -? japonaise aussi bien qu'occidentale. Ici, la narration s'efface pour rendre à la bande dessinée son matériau, le dessin, et sa vocation ? : l'agencement des formes. Ce que Yokoyama met en scène n'est rien moins, et rien d'autre, que la création.
La Révolution culturelle a eu les Citations du président Mao Tsé-toung. En un temps qui fut le nôtre, nous avons cru bon de réunir ces Citations pour le président Sarkozy : une mise en regard de citations d'images et de citations de textes formant dispositif, celui, tout symbolique, d'un miroir tendu et d'un contrepoint offert, afin moins d'organiser l'instruction d'un individu, à charge ou à décharge, que de servir la fonction qu'il occupe, de lui être d'un certain usage, non dans le registre mondain du supplément de lustre et de prestige mais dans l'ordre subjectif, axiomatique et institutionnel, mélancolique et théâtral auquel l'ont convoqué la sentence du suffrage universel et le libre jeu de la démocratie-marché. Son Petit Livre rouge à lui. Les citations d'images, réalisées à l'aquarelle par Juan Pérez Agirregoikoa, présentent, à partir d'images de presse, le président seul, nettoyé de toute compagnie parasite - un art du portrait qui tout à la fois renoue avec un antique réalisme-socialiste et inaugure l'ère très contemporaine d'une peinture nettoyée "au Kärcher" . Les citations de textes, propositions détachées d'oeuvres contemporaines pour la plupart, ont été choisies par Gilles Grelet en fonction d'une exigence : que leur montage, entre elles et avec les images, articule une proposition de théorisme - d'enfance de la théorie, comme on dit d'enfance de l'art - à l'occasion de monsieur Nicolas S. et pour le timonier Sarkozy. Celui qu'on a eu. Celui qu'on méritait, disent les urnes.
Au début des années 1930, dans la petite ville industrielle de Thaon-les-Vosges, un groupe de jeunes vierges secrètement consacrées au Christ - les "soeurs Bernadette" - mettent au point une saisissante méthode de catéchisme basée sur l'usage de dessins au pochoir : des silhouettes noires sur fond blanc. ? Ainsi débute l' "épopée Bernadette" : l'aventure inouïe d'une communauté de femmes qui, durant trente ans va penser, s'exprimer, agir et combattre en images. Car l'aventure est guerrière. Il s'agit de faire pièce aux dépravations intellectuelles, morales, politiques et artistiques du monde moderne. Sur le plan des images, il s'agit de lutter pied à pied "contre l'art matérialiste, cubiste et communiste" . Il s'agit, autrement dit, d'allumer, au coeur du XXe siècle, un contre-feu à la modernité. Blanc contre noir. Images contre images. ? "L'enseignement par silhouette offre le maximum d'impression photographique sur la rétine" : les soeurs Bernadette dessinent au pochoir des images d'une singulière efficacité. Images découpées au couteau et aux ciseaux. Images tranchées. Près de soixante-dix ans après leur invention, les Editions Matière ont retrouvé ces centaines d'images et en ont (re)monté l'essentiel sous la forme d'une bande dessinée. L'extraordinaire puissance visuelle et narrative des silhouettes Bernadette est là, intacte. Par l'effet de ce montage inédit, la Méthode se raconte elle-même, met au jour le récit de son invention, dévoile ses enjeux, ses ambitions, son ascension et sa chute : l'interdit jeté sur elle par l'Eglise, ses vaines tentatives d'autocensure, et enfin la longue occultation dont elle a fait l'objet jusqu'à aujourd'hui... Préface par François Cheval, directeur du musée Nicéphore Niépce (Chalon-sur-Saône). Postface par Sonia Floriant, docteur en sciences du langage, enseignante en école d'art.
La trame de cet opus de Yûichi Yokoyama est aussi linéaire qu'elle est claire : Voyage est la longue, et silencieuse, et cristalline description d'un périple ferroviaire entrepris par trois hommes. Le sujet embrassé par Yokoyama est moins ce trajet en train pourtant (les distances franchies, le territoire parcouru...) qu'un trajet dans le train. Un voyage dans le voyage. Sitôt le train parti, en effet, les personnages entreprennent de traverser le convoi. Les personnages sont alors confrontés à l'architecture, à l'aménagement de la machine. Ils sont confrontés par-dessus tout aux regards et aux corps des autres passagers : dans le train on s'observe, on se croise, on se regarde passer, on se gêne, on se rencontre parfois. Si bien que ce Voyage consiste d'abord, consiste avant tout à traverser des visages. Succession de portraits avec à la fin peut-être, tout au bout, mais tout au bout seulement, la promesse d'une ouverture, d'un paysage.
Travaux publics présente une série de chantiers colossaux, énigmatiques, et pour tout dire impossibles. De ceux qui construisent on ne sait rien. De ceux qui commandent ou ordonnent les travaux moins encore. Yûichi Yokoyama ne donne à voir que la massivité des rochers, l'étendue des plaines et du ciel, le fracas des matériaux, le travail. Le dessin de Yokoyama aussi bien que ses personnages, leurs (absences de) motivations, les actions auxquelles ils se livrent restent étrangers aux codes et aux habitudes propres à la bande dessinée -? japonaise aussi bien qu'occidentale. Ici, la narration s'efface pour rendre à la bande dessinée son matériau, le dessin, et sa vocation ? : l'agencement des formes. Ce que Yokoyama met en scène n'est rien moins, et rien d'autre, que la création.