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Dialogue avec un vieil arbre géant
Yi Ch'Ong-Jun ; Kim Jung-Sook ; Maurus Patrick
ACTES SUD
23,20 €
Épuisé
EAN :9782330001971
Yi Ch?ongjun frappe d?abord par son attachement à sa province d?origine, le Cholla. De l?histoire, cette province du sud-ouest a hérité d?une mise à l?écart, d?un ostracisme, d?un rejet, loin d?être oubliés aujourd?hui. L?élection du président Kim Dae-jung, opposant historique et originaire de cette province, a mis symboliquement fin à mille ans d?interdits, qui excluaient les habitants du Cholla des fonctions officielles. Malgré l?importance symbolique de cette élection, le racisme intérieur n?a pas disparu pour autant, et ces provinciaux-là sont toujours taxés de fourberie, de dissimulation, de malhonnêteté. On ne s?étonnera donc pas si, là comme ailleurs, les gens du Cholla se sont repliés sur eux-mêmes, développant des particularismes marqués, rejetant ceux qui les rejettent. En littérature, surtout chez Yi Ch?ongjun, cela donne une tentative d?exprimer le han, cette ranc?ur-rancune sans nom ni forme qui manifeste le poids des injustices accumulées depuis si longtemps qu?elles sont devenues une façon de vivre, sans pour autant désigner un coupable spécifique. Chacun des personnages de ces fictions brèves est porteur du virus, d?un mal de vivre effrayant, aux antipodes du romantisme. En même temps que d?une nécessité impérieuse de vivre, qui ne se laisse jamais céder au mal. D?où, semble-t-il, une nécessité tout aussi vive: transmettre. Dans chacun des textes, il est question de transmission ou d?éducation, mais jamais en termes pédagogiques ou de racines. Yi Ch?ongjun n?est pas un écrivain confucianiste. Le passage de relai entre générations est tout sauf heureux, créatif, épanouissant. Il nous parle de douleur. La métaphore de l?accouchement viendrait à l?esprit, si dans ce cas précis une autre encore ne s?imposait: il s?agit de chamanisme, et ce n?est pas une religion heureuse. Devenir chamane n?est pas une vocation ni un épanouissement, c?est une fatalité qui s?abat. Accéder à la voyance, à la capacité de lire le passé et l?avenir des autres, est une souffrance. Dialogue avec un vieil arbre géant, version française de Sigan yohaeng (littéralement, ?Les Portes du Temps?) explore ainsi le cirque, le tir à l?arc, la céramique, la peinture, la photo, non pas par un questionnement théorique, même si l?auteur frôle par instants la métaphysique, mais par une interrogation très concrète, privilégiant cet aspect précis de la création qu?est la transmission. Ce faisant, et sans infliger un cours d?histoire de l?art, Yi Ch?ongjun rejoint une ancestrale tradition extrême-orientale qui oppose apprentissage auprès des maîtres (et copie) et expression libre et individuelle. En le forçant à interroger la tradition, le maître place l?artiste dans une temporalité qui le dépasse, celle des générations précédentes, là où se trouve la source du sens ou de l?interprétation des ?uvres.
Parce qu'il a gardé un souvenir impérissable de ses années d'école primaire dans un lointain village côtier, M. Chongsôn ne cesse d'en parler à son fils, devenu instituteur au même endroit. Mais, au dire du fils, là-bas plus rien ne subsiste des anciens bâtiments scolaires. La vieille école a brûlé dans des circonstances mystérieuses, les professeurs ont été dispersés : la guerre civile a tout englouti. Et les questions se heurtent à un silence embarrassé. Un harmonium poussiéreux, symbole des chants d'espérance et de propagande "rouge", voilà ce que le père et le fils vont exhumer au cours de leur enquête sur une époque subversive, dont la mémoire même pourrait être dangereuse. Y a-t-il une Corée pour tous, un passé commun à revendiquer sans honte, malgré la division ? Telle est l'obsédante interrogation qu'oppose au refoulement collectif ce roman indiscret et opiniâtre, qui prend à rebours le nationalisme ambiant, et élève la nostalgie ordinaire d'un vieil homme aux dimensions d'un exorcisme douloureux mais crucial.
Yi Ch'Ong-Jun ; Maurus Patrick ; Montigny Arnaud ;
Un chanteur vagabond emmène avec lui deux enfants après la mort de leur mère. Il veut leur apprendre à pratiquer son art. Mais le garçon refuse le chant et, ne parvenant pas à tuer cet homme qui n'est pas son vrai père, il choisit la fuite. Alors le vagabond rend aveugle sa propre fille, et en fait une chanteuse. Trente ans plus tard, devenu adulte, le garçon est à la recherche de sa demi-s?ur.. En cinq épisodes d'une errance traversée de rencontres incertaines, la quête de ce personnage nous initie au p'ansori - ce très ancien chant incantatoire, empreint de douleur et d'un état d'esprit presque intraduisible: le ressentiment sans ranc?ur. Obsédant comme une mélopée, le roman de Yi Ch'ongjun évoque aussi les rémanences d'un temps où l'homme et le langage, l'esprit et le corps, la nature et le chant étaient intimement accordés. De cette ?uvre profonde et intimement coréenne, le cinéaste Im Kwônt'aek vient de tirer son centième film, Beyond the Years (Par-delà les années).
L'élève brutal qui, avec la complicité d'un maître, impose sa loi à ses condisciples et les contraint longtemps à la servilité avant d'être démasqué, ne serait qu'un mauvais souvenir d'enfance si, plus tard, dans la vie adulte, le même oppresseur ne refaisait surface. Il arrive de temps à autre que, de manière inattendue, un livre bref - petit roman ou grand récit - s'impose soudain, au-delà de ses qualités littéraires, avec une force symbolique irrésistible. Notre héros défiguré, du Coréen Yi Munyol, devrait être de ceux-là. Car, dans cette parabole de portée universelle, les souvenirs du narrateur dénoncent avec une impitoyable simplicité les vices de la tyrannie politique. Ce livre qui, en Corée du Sud, valut à son auteur la célébrité se lit d'un trait. Dans le plaisir et l'inquiétude.
A en croire la légende, on ne revient pas de l'île d'Iô, et c'est peut-être pour l'avoir contemplée que le journaliste Ch'ôn a disparu en mer. Accident? Suicide? Chargé d'enquêter sur cette affaire, un officier de marine se trouve bientôt confronté aux métamorphoses du mythe...
Chargé de l'enquête sur un assassinat commis à Édimbourg, Fin Macleod est envoyé sur son île natale de Lewis, en Écosse, quand un second cadavre apparemment exécuté selon le même modus operandi y est découvert. Persuadé que les deux affaires ne sont pas liées, Fin doit composer avec un décor et des gens qu'il a quittés dix-huit ans auparavant... Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May compose un roman palpitant parsemé de fausses pistes, de scènes glaçantes et de personnages aussi frustes que menaçants.Notes Biographiques : Né à Glasgow en 1951, Peter May habite dans le Sud de la France. Passionné par la Chine, il a été nommé membre honoraire de l'Association des écrivains de romans policiers à la section de Pékin. Il est notamment l'auteur d'une série publiée aux éditions du Rouergue qui met en scène le commissaire Li Yan et Margaret Campbell.
La Hague? Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu?il arrache les ailes des papillons. C?est sur cette terre âpre, ce bout du monde en pointe du Cotentin, que la narratrice en deuil de son compagnon est venue se réfugier depuis l?automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu?elle voit Lambert, c?est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d?un certain Michel. D?autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l?ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L?histoire de Lambert intrigue la narratrice et l?homme l?attire. En veut-il à la mer ou à ses semblables? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
Aurélien est nouveau dans son lycée. Il a déménagé. Ce n?est pas la première fois qu?il déménage. Pas facile de se faire des amis dans ces conditions. Mais justement, des amis, Aurélien semble ne pas en vouloir. Il est du genre solitaire; parfois il voudrait juste pouvoir se fondre dans le décor pour qu?on lui fche la paix. Pourtant, un garçon de sa classe, Thibaud, semble s?intéresser particulièrement à lui; il parvient même à convaincre Aurélien de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, dans la chaleur de cette amitié naissante, Aurélien arrive enfn à faire craquer la glace qui l?enserre et commence à se libérer du poids du secret, celui du deuil.
Salomon Thierry ; Jedliczka Marc ; Marignac Yves ;
Depuis toujours l'énergie sous-tend et structure l'histoire des sociétés humaines et celle des individus. Ceci est d'autant plus vrai aujourd'hui, dans nos sociétés mécanisées, industrielles, consommatrices de loisirs et de temps. Se chauffer, s?éclairer, se déplacer, faire fonctionner tous les appareils qui nous entourent: l'énergie est au c?ur de nos vies. Nous vivons encore l?illusion d?un monde aux ressources infinies. Pourtant, la fin prévisible des réserves disponibles, les bouleversements climatiques de jour en jour confirmés et Deep Water Horizon, Tchernobyl ou encore Fukushima, sont autant de signaux d?alerte, qui ne laissent plus la place au doute, quant à la nécessité de changer notre manière d?appréhender l?énergie aujourd?hui. En 2003, vingt-quatre ingénieurs engagés dans la recherche d?un avenir énergétique durable réalisaient le Scénario Négawatt, certainement la proposition la plus aboutie pour repenser la politique énergétique de la France. Ce travail repose sur une méthodologie rigoureuse constituée de trois piliers fondamentaux: la sobriété énergétique, l?efficacité énergétique, et le recours aux énergies renouvelables. Cette grille de lecture simple et efficace permet de repenser intégralement notre rapport à la consommation énergétique et d?envisager un futur positif, constitué d?énergies propres, où la société revoit tout à la fois sa manière de consommer et celle de produire l?énergie dont elle a besoin. A l?horizon 2050 ce scénario, qui a déjà été actualisé une première fois en 2006, prévoit de se passer totalement du nucléaire, de réduire la dépendance aux énergies fossiles, de développer les énergies renouvelables et de réduire considérablement les dépenses. Cet ouvrage présente, dans une approche pédagogique et intelligible par tous, la toute dernière actualisation de ce scénario. Un guide à la fois théorique et pratique destiné à tous ceux qui, par un changement de leur rapport à l?énergie, souhaitent contribuer à la préservation et au partage équitable des ressources naturelles. Ce « manifeste négaWatt » est aussi et surtout un appel à oser résister aux conformismes et aux habitudes, à s?engager, avec volonté et lucidité, vers un autre paysage énergétique.
Yi Sun Shin est condamné à mort. Lors de la première bataille de l'armée coréenne face à l'envahisseur japonais, il a désobéi au roi pour sauver ses hommes. Nous sommes en 1592, et lorsque la défaite menace le royaume peu de temps après, seul Yi Sun Shin paraît en mesure d'éviter le pire. Sa condamnation est levée, et il est nommé commandant en chef de la flotte coréenne. La guerre sera longue, et se jouera essentiellement sur la mer. Yi est un stratège hors pair; les batailles navales qu'il mène - et gagne - sont un modèle d'intelligence. Elles n'en sont pas moins exemptes de cruauté, et le commandant nous décrit autant ses doutes et ses angoisses que la violence du sabre: les succès militaires de chaque côté se mesurent en nombre de têtes tranchées. Comment échapper à la cruauté quand on doit faire son devoir? Et comment oublier la mort de son propre fils, ou le parfum d'une femme aimée, dans la solitude du pouvoir? Ce récit d'un homme qui affronte une mort certaine, et qui s'interroge sans cesse sur le sens de sa vie, est d'une beauté et d'une poésie bouleversantes. Les pleurs du sabre - ce sabre qui vibre au moindre mouvement intérieur de son maître - répondent aux pleurs silencieux du héros, pour devenir chant...
Park Hyoung-su a le génie de porter à leur paroxysme des situations ordinaires jusqu'à en faire des tragédies burlesques. Ses récits sont menés tambour battant avec un humour ravageur. Les héros de ses nouvelles - si l'on peut parler de héros - pratiquent volontiers l'autodérision et cachent sous une allure agressive teintée d'un complexe de supériorité une grande vulnérabilité née de profondes blessures intimes. En toile de fond se dessine l'injustice de la condition humaine.
Immigré coréen, Kim Junpyeong débarque à Osaka, au Japon, dans les années 1930, pendant la période d'occupation de la Corée. Brutal, cruel mais charismatique, il est hanté par la domination et l'argent. Ce colosse va plonger toute sa famille dans son obsession destructrice. Seul son fils, Seong-han - son sang et ses os -, parviendra à défier le monstre paternel puis à s'éloigner de sa funeste présence. Sa femme, Yi Yeong-hee, mère courage, n'aura de cesse de survivre et protéger ses enfants, aidée par ses voisines coréennes. Devenu un redoutable entrepreneur, Kim Junpyeong se condamne à la déchéance et à la solitude puisqu'il n'aime que ce qu'il a brisé. Sang et os retrace un drame sur soixante ans, celui d'un homme sans foi ni loi pris dans une page méconnue de l'histoire entre la Corée et le Japon.
Après une enfance rude mais enchantée auprès de ses grands-parents, à Wando, île du sud de la Corée (Je veux aller dans cette île, L'Asiathèque, 2013), le narrateur du présent livre, Le Phare, qui n'est autre que l'auteur, nous raconte son adolescence, plus difficile encore car il a fallu quitter l'île pour s'installer sur le continent dans un faubourg misérable, à la périphérie de Kwangju. Le père est absent et la mère lutte pied à pied pour faire vivre seule son jeune fils et ses deux filles, dont l'une est retardée mentale. Comme dans Je veux aller dans cette île, les tableaux se succèdent, dans une tonalité plus sombre, mais toujours empreints d'une grande humanité. Une galerie de personnages pittoresques et attachants s'anime sous nos yeux et ces récits de vie sont souvent très émouvants, notamment la mort de la grande soeur handicapée.