
Par des langues et des paysages (1965-2022)
Sacré James
APIC EDITIONS
15,00 €
Épuisé
EAN :
9789969525106
| Nombre de pages | 144 |
|---|---|
| Date de parution | 10/01/2024 |
| Poids | 190g |
| Largeur | 140mm |
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| EAN | 9789969525106 |
|---|---|
| Titre | Par des langues et des paysages (1965-2022) |
| Auteur | Sacré James |
| Editeur | APIC EDITIONS |
| Largeur | 140 |
| Poids | 190 |
| Date de parution | 20240110 |
| Nombre de pages | 144,00 € |
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Même si je me définis comme écrivant en vers libre, sans tenir compte des formes régulières ou de la longueur des vers, je crois fermement aux rythmes du discours incluant les alternances de l'accentuation. Aujourd'hui, j'ai l'impression que la poésie se matérialise rarement dans le vers. Pourtant, le poète a intégré la prosodie ; il en connaît les règles, avant de les violer délibérément. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? Parfois, pour l'oeil, poésie et prose semblent ne faire qu'un. Ce qui les sépare néanmoins, ce sont les images et la musique ; et l'impression demeure que le lyrisme se ressent mieux dans le vers libre que dans la prose. Certes, ce genre de règles et de procédés n'est pas étanche car le son véhicule les images et le message. Hors de cela, pas de poésie. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. Le poème est un montage. Artificiel, il s'adresse au coeur et à l'esprit. La forme ne devrait jamais se contenter du rôle de lit de légumes. Oui, en période de crise nous demandons souvent au poème de chanter. Dans le cas présent, je pense plus précisément à la poésie des temps difficiles qui s'apparente au cantique, comme dans les poèmes traitant des horreurs du Onze Septembre. Sauf que la voix n'a nul besoin de tailler des paires de pentamètres iambiques pour se draper dans l'émotion authentique. 5/ Quel avenir pour la poésie ? La poésie s'est d'abord adressée aux mystères de notre monde : elle a fait apparaître tout un développement d'éventualités en ayant recours à la métaphore. J'espère qu'elle poursuivra son oeuvre dans les mondes intérieur et extérieur et que, désormais, avec ou sans l'usage d'aiguillons, elle sera peut-être à même de courir les galaxies biologiques du corps, de l'intellect et de l'esprit. Et faire, pourquoi pas, le grand saut intersidéral. Si nous nous attendons à trouver une prosodie dans les poèmes en prose, la poésie en vers libre se déclame, ces temps-ci, sur fond d'accompagnement musical. 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. Si un poème, qui est fabrication, prend de l'importance à la mesure du vaste monde, il reste porteur d'une musique propre à son époque. Sinon, ce ne sera jamais qu'un gadget sonore déconnecté de la vraie vie. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. La traduction ouvre le champ et la portée du poème. Le traducteur devient créateur associé. De nos jours, si nous parlons en termes de globalité, il existe des poèmes qui ont acquis une dimension internationale bien avant l'Internet et la mise en place des hautes technologies de communication. Les livres se transportent mais ils passent aussi de main en main et franchissent les frontières. C'est la raison pour laquelle certains soi-disant dirigeants surveillent toujours les poètes du coin de l'oeil. Et, codicille du traducteur : J'ajouterai que, pour ce qui est du passage de l'anglais au français (et vice-versa), le traducteur de poésie évolue nécessairement dans un système contraignant clairement paramétré. Si ces deux langues ont le même nombre de sons voyelles et diphtongues, pas un seul n'est identique, à l'infime exception près du 'U' français qui correspond à peu près à l'écossais dans True Scot, par exemple. Par ailleurs les rythmes nobles, instinctifs, diffèrent aussi : si le pentamètre anglais se retrouve, dans le miroir, en alexandrin français, ils n'ont rien en commun. Au rythme iambique anglo-saxon, porteur ou non de rime (5x 1+1) nettement accentué sur le mot, fréquemment monosyllabique, correspond le dactylique/anapestique, lesté de rime, qui n'est qu'accent de phrase (4x3). Je passe sur les variantes indispensables pour vaincre l'ennui naissant de l'uniformité. Mais cela débouche sur un rapport proportionnel incontournable : si l'on considère, théoriquement parlant, cela va de soi, que le sonnet, poème par excellence, vaut de façon très souple 14x10 syllabes en anglais, il en vaut très rigoureusement 14x12 en français, soit exactement 20% de plus. A différente musique, différente partition. Le traducteur se doit de re-composer : il est donc "créateur associé" comme vient de l'écrire Yusef Komunyakaa. La mauvaise traduction aura tendance à dépasser cette norme. La moyenne s'y tiendra, plus ou moins. La bonne descendra le plus possible. Quant à l'excellente, qui existe à l'occasion, il lui arrivera de faire plus court encore. Si ce n'est pas toujours possible, il y a très souvent mieux à faire, après réflexion. Tout ceci, bien sûr, ne concerne que l'écrit. Souvent, lorsqu'il s'entend pour la première fois en traduction, l'auteur a l'impression de se découvrir une face cachée. C'est la surprise du chef.ÉPUISÉVOIR PRODUIT13,00 € -
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Dans le poème qui conclut ce livre, on peut lire : le langage a dit / "ceci est un papillon" / "j'aime le papillon" / "y a-t-il un papillon ? " // un mot /celui-ci /qui n'est pas (mais n'est pas étranger) /un sens /un corps /un monde /un je /le lieu où l'espèce résout les problèmes /qui l'assiégeaient. Ces vers offrent une définition cachée de la poésie. Le poème est cet usage de la langue qui diffère des usages communs qui ont pour sujet un moi et qui décrivent le monde ou raisonnent dans un champ conceptuel. La langue du poème n'est pas étrangère au sens, ni au concept, ni aux désirs d'un moi, mais elle se dirige vers ce temps et ce lieu où l'humanité résout les problèmes qui l'assiègent et qui sont souvent impossibles à articuler. La langue de la poésie est celle qui surgit d'un langage dévasté : par la guerre, par un événement personnel, par ce qui nous fait taire et nous laisse sans voix. Même ainsi, un. e poète écrit un poème. La langue dévastée n'est jamais pleinement dévastée, il reste toujours quelque chose. Un. e poète écrit ce reste. C'est toujours un nom qu'on n'est pas capable de dire. Le poème connaît l'impossibilité, connaît l'échec ; même ainsi, il écrit ce nom. Un ou une poète est un être dont le métier est de disparaître, de céder sa place à la langue du poème. La langue d'un poème se prononce à la troisième personne. Cette troisième personne peut être un cheval, un bâtiment, un océan, un arbre, une intrigue, par l'amour, la naissance, la mort ou les morts... . Le poème ne parle pas d'un bâtiment, ni de chevaux, ni de papillons, ni des intrigues, ni des morts. C'est le cheval linguistique qui écrit le poème. C'est l'océan linguistique qui écrit le poème. C'est le papillon linguistique qui écrit le poème... . Un poème est toujours un être de langue, il s'écrit avec des mots et avec la syntaxe ou l'absence de syntaxe qui articule les mots. Définir la poésie, c'est comme vouloir traverser un arc-en-ciel ou tracer une asymptote. Nous ne traverserons jamais l'arc-en-ciel, nous ne serons jamais assez proches. 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ? Un poème peut frôler le conte, l'histoire, l'essai. Il s'arrête toujours de tel ou tel côté de la frontière, ne la franchit jamais. Pourtant nous savons que rien n'est plus poreux qu'une frontière. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise. Une fois qu'une forme existe, l'entropie la saisit. Et soudain l'incertitude règne. Ensuite, la forme disparaît et une nouvelle forme fleurit. Le chaos et l'incertitude sont les matrices de la forme, la crise de la forme. Aucune forme n'est stable, les formes sont comme les eaux d'une rivière ; ils chantent dans un même lit, sans jamais être les mêmes. 5/ Quel avenir pour la poésie ? J'aime dire, en espérant qu'on ne me mécomprenne pas, que la poésie n'a pas d'avenir. La poésie est strictement contemporaine. Je comprends le contemporain comme opposé à l'actuel. Contemporain, c'est le moment où une lectrice ouvre un livre et lit le poème. Contemporain, c'est le moment où une poète écrit un poème. Ceci est le temps de la poésie. 6/ La part de la prosodie dans l'élaboration du poème. En bref, je dirais que la poésie occidentale a choisi de se détacher du chant et de la ligne mélodique pour se lier au silence de l'écriture et être lue avec les yeux et non chantée ou récitée par une voix. Disons que le point sans retour est le poème de Mallarmé "Un coup de dés" . En bref je dirais qu'au 21e siècle tout est possible, même récupérer la mélodie. En bref, et de façon un peu cryptique, je propose ce qui suit : imaginons que la poésie a la forme d'un papillon ou d'un scarabée. L'insecte étend ses ailes. La gauche est la prosodie, la droite est le chiffre, la pensée mathématique. La gauche est l'un des rêves limites du poème, celui de disparaître dans la sonorité de la langue, de manquer de sens. La droite est un autre des rêves limites, celui de disparaître dans l'abstraction d'un nombre. Ce qui soutient ces rêves est le corps central du papillon, du scarabée. Sans ce corps il ne peut pas voler. 7/ La place de la traduction dans l'écriture poétique. Un pain est un pain, mais à chaque four son pain. Quand nous voyageons et mangeons du pain, nous reconnaissons que ce qu'on met dans la bouche est du pain, mais en chaque pays le pain est différent. En chaque langue, le mot pour pain signifie un pain, mais les lettres du mot diffèrent. Le pain est un nutriment, mais en même temps, un infini. Répétition et différence. C'est ça la traduction, ce mot qui nous nourrit se répète et dans sa répétition est la différence. C'est ça la nutrition. D'autre part, l'écriture poétique est déjà en soi une traduction. Si celui qui écrit le poème est le cheval, nous devons reconnaître que lorsque le cheval du monde devient un cheval linguistique, on traduit. 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