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La question du pouvoir en Afrique du Nord et de l'Ouest. Volume 2, Affirmations identitaires et enje
Caratini Sophie
L'HARMATTAN
22,50 €
Épuisé
EAN :9782296101029
Depuis les années 1990, on assiste à une modification des rapports de domination entre les anciennes puissances coloniales et les pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest dont les gouvernements doivent composer avec l'émergence d'un pouvoir global mondialement structuré, essentiellement économique et financier. Une équipe de recherche pluridisciplinaire, financée par l'ANR a travaillé de 2005 à 2008 à mettre au jour les dynamiques endogènes qui recomposent aujourd'hui les structurations et les représentations construites par et pendant la colonisation. Dépassant le découpage classique Afrique de l'Ouest/Maghreb, les chercheurs se sont intéressés à la catégorie des intermédiaires occupant une place stratégique au sein des processus de modification ou de reproduction de ces rapports. Ils révèlent ainsi que les Africains bilingues qui sont aujourd'hui dans les "affaires" ont souvent intérêt à la reproduction du rapport colonial, ou mettent au contraire en lumière ceux qui luttent pour constituer une nouvelle "société civile", résistante et militante.
« Est-ce que c'était moi? Est-ce que vraiment j'ai vécu ça? Ou est-ce que c'est une autre, ou est-ce que c'est un rêve? Mon enfance dans le désert, les grandes traversées avec le Groupe Nomade, mon gavage, mes mariages avec... Est-ce que ça a existé? C est tellement loin de moi. Et puis si c était vraiment moi, qui suis-je maintenant? » La voix de Mariem s élève du pays au million de poètes, de ce désert mauritanien où le vent de sable efface toutes les traces, et voue la vie des hommes à l oubli. Portés par sa parole, magistralement mise en scène par Sophie Caratini, nous traversons le miroir du mythe pour atteindre fait rarissime à la vérité d un féminin saharien, bédouin, que le choc colonial va totalement bouleverser. Avec Mariem, reprennent sens des savoirs perdus, d autres manières d être au monde. Grâce à elle, nous accédons à la forme de vie et aux métamorphoses intérieures de tout un peuple.
Depuis le départ des Espagnols du Sahara Occidental, en 1976, la population de cette ancienne colonie lutte pour que soit appliqué le droit à l'autodétermination qui lui a été reconnu par les instances internationales. Une partie réside dans des camps de réfugiés établis sur le sol algérien dans la région de Tindouf, tandis que les familles restées dans les territoires occupés par l'armée marocaine et par les colons régulièrement implantés s'amenuisent sous les coups d'une violence physique et symbolique qui s'amplifie au cours des ans dans l'indifférence générale. De nombreuses publications ont été consacrées à l'histoire du conflit et aux questions de droit ou de politique qu'il soulève, mais fort peu informent sur la société et la culture sahraouie. Ce livre réunit un ensemble d'articles inédits ou publiés de manière dispersée dans des revues scientifiques sur les transformations internes développées par la population des camps de réfugiés. Echo de quinze ans de recherches menées par la spécialiste française des sociétés du Nord-Ouest saharien, ces textes restés difficilement accessibles permettent, pour la première fois, d'entrer à l'intérieur des réalités quotidiennes des réfugiés et de comprendre la teneur du processus révolutionnaire qu'ils ont mis en oeuvre pendant la guerre du Sahara Occidental. L'approche anthropologique de cette étonnante mutation que les Sahraouis des camps ont, en l'espace d'une génération, réalisée sur eux-mêmes met enfin au devant de la scène les personnes, des hommes, des femmes et des enfants dont le destin ne saurait laisser indifférent, même si leur poids politique parait insignifiant, du fait qu'ils sont traversés par toutes les grandes questions récurrentes du monde actuel : l'émergence de ce qui sera sans nul doute un mythe de fondation pour les générations futures, la naissance d'une nation, la construction identitaire qui l'accompagne et l'altérité comme lieu crucial de la revendication politique.
Résumé : Près de cinquante ans après son premier voyage en Mauritanie, Sophie Caratini revient sur cette expérience fondatrice de sa carrière d'anthropologue et de sa vie de femme. Cette nouvelle version de son récit autobiographique, largement remaniée et complétée, en accentue la valeur de témoignage historique. Elle éclaire en particulier l'effondrement du grand nomadisme chamelier et les débuts du combat pour l'indépendance des révolutionnaires sahraouis. C'est donc l'histoire d'une jeune fille inexpérimentée qui s'enfonce dans le désert à la recherche des bédouins Rgaybat " enfants des nuages ", et qui finira par y trouver des guerilleros. Le lecteur y découvre une civilisation fascinante, un art de vivre, une culture raffinée, en même temps qu'un monde en plein naufrage. "Vous avez un don rare, même parmi les ethnologues : vous savez voir. J'ai aimé votre livre auquel je souhaite tout le succès qu'il mérite. Il est vivant, il sonne vrai, ce qui n'exclut pas la réflexion qui nous vaut des remarques très fines, des pensées pénétrantes et de grands moments d'émotion." Claude LEVI-STRAUSS
Un an après être sorti de Saint-Cyr, en 1933, le lieutenant Jean du Boucher (1910-1998) est affecté en Mauritanie, aux confins du Sahara espagnol, comme méhariste des Groupes nomades de l'armée française en compagnie de 80 goumiers et 120 tirailleurs sénégalais. Leur. mission est d'en finir avec la "dissidence" de tribus de nomades guerriers du Sahara nord-occidental et d'occuper leur territoire. Nous suivons au jour le jour leurs déplacements à chameau dans un désert où il est toujours possible de s'égarer au risque de mourir de soif. Dans ce récit écrit à la première personne, Jean du Boucher raconte sa vie et celle de ses compagnons dont il a découvert et aimé les comportements, les modes de vie, le code de l'honneur, etc. Il apprend leur langue et se marie même deux fois selon leur coutume. Il témoigne aussi de la fragilité des équilibres entre les tribus chamelières et la nature, que la présence militaire étrangère menace de détruire. Mais c'est tout autant le surprenant fonctionnement de l'armée française, les relations entre Paris et les unités sur le terrain, les civils et les militaires, les rapports, enfin, avec la Légion étrangère qui sont racontés ici avec humour et ironie. Quand Sophie Caratini a recueilli Je témoignage celui qui était entre-temps devenu général, était en quête de données directes sur militaires français qui avaient vécu pendant la colonisation sur le territoire des chameliers Rgaybat du nord-mauritanien, cherchant à comprendre la nature de la relation coloniale dans cette région. Le récit de Jean du Boucher dont elle propose la retranscription littéraire va largement au-delà de cette ambition: c'est un vrai roman d'aventures. Biographie de l'auteur Sophie Caratini est anthropologue et écrivaine; directrice de recherche au CNRS, spécialiste des grands nomades du nord-mauritanien, elle est l'auteur de plusieurs articles et de nombreux articles qui allient avec talent la littérature à la science.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.