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Cahiers d'Etudes Hongroises et Finlandaises N° 20/2014 : L'Europe à contre-pied : idéologie populist
Sandu Traian
L'HARMATTAN
40,50 €
Épuisé
EAN :9782343059907
La récente victoire du parti de la gauche radicale Syriza en Grèce s'est accompagnée d'une alliance avec le parti des Grecs indépendants, souverainiste et eurosceptique - et a été accueillie avec satisfaction, tant par Jean-Luc Mélenchon que par Marine Le Pen en France, ainsi que par Vladimir Poutine. Ce choix peut s'interpréter de manière contradictoire pour la définition du populisme. Soit il serait toujours un simple style et une coquille vide accueillant n'importe quelle idéologie sous une forme d'appel direct et mobilisateur au peuple, ce que prouverait la ductilité d'alliances de circonstance sans grande importance quant au mélange des idées. Soit, dans un contexte de radicalisation politique, l'ethno-nationalisme de droite - y compris dans sa dimension transnationale - serait la seule solution de succès politique, donc de fonds idéologique du choix populiste. Plusieurs dimensions du populisme est-européen le rendent intéressant pour une définition plus générique par l'idéologie. La période de tolérance après 1989 lui a permis à la fois de puiser aux références ultranationalistes historiques et de postuler au pouvoir politique. De nombreux pays d'Europe centrale et orientale gardent et diffusent une expérience récente de la conflictualité. Ce même espace ajoute des tensions avec les minorités ethno-religieuses, surtout la minorité transnationale qui détrône le bouc-émissaire traditionnel juif, les Roms. Enfin, les exigences de l'intégration euro-atlantique ont imposé un gel de façade de ces tensions, qui ont éclaté après les adhésions dans une Europe (presque) sans frontières, facilitant donc les immixtions des pays comprenant des minorités chez leurs voisins.
Le " nouveau consensus " dégage depuis une vingtaine d'années les grands traits d'un " fascisme générique " commun à tous les radicalismes nationalistes autour de leur quadruple dimension de syncrétisme idéologique et social droite-gauche et interclasse, d'exacerbation de la religiosité politique, de révolution globale et de promesse de régénération nationale. Ces analyses, appliquées avec succès au fascisme et au nazisme, ont trouvé un large écho parmi les jeunes historiens roumains, pionniers dans un espace centre-européen riche en mouvements de droite radicaux. L'affichage d'une foi religieuse et d'une fidélité monarchique de la part de chefs charismatiques comme Codreanu en Roumanie, Szâlasi en Hongrie ou Pavelic en Croatie ne doit pas nous tromper : elles ressemblent souvent à des pétitions certes sincères, mais insatisfaites par l'Église et la royauté telles qu'elles interprètent l'identité nationale renouvelée par les bouleversements de la Première Guerre mondiale. Ce faisant, les analyses des tenants du new consensus s'enrichiront tout en se nuançant, puisqu'elles devront se confronter à des situations de mise en échec du fascisme par les conservatismes autoritaires, à de très résistibles ascensions donc dans le contexte de sociétés encore retardées d'Europe centre-orientale.
Sandu Traian ; Renaud Patrick ; Maar Judit ; Nyiko
Le choix de l'Europe comme objet d'étude ne relève pas d'une option autocentrée et téléologique visant à démontrer la supériorité du sous-continent à l'égard des autres civilisations. L'Europe est loin d'être un espace homogène, et stéréotypes, hiérarchisations et stigmatisations internes ont accompagné la mise en place des sentiments nationaux. Le couple centre-périphérie innerve à la fois la théorie des clivages politiques nationaux issus des révolutions nationale et industrielle de Stein Rokkan et de Seymour Martin Lipset et la théorie des dominations internationales issues du capitalisme commercial moderne de Fernand Braudel et d'Immanuel Wallerstein. Si ces deux théories semblent structurer des échelles géographiques et des champs axiologiques hétérogènes, elles sont en réalité liées par des ambitions heuristiques convergentes - une explication globale de la mobilisation des ressources européennes et de l'imposition du modèle européen au monde. Toutefois, Rokkan refuse les déterminismes mono-causaux, notamment d'ordre économique ; sa réflexion ne relève d'ailleurs pas de la relation, forcément inégale, mais du clivage, donc de la réaction toujours possible, y compris du faible au fort. Ainsi Rokkan, en ajoutant le critère politico-territorial et culturel au schéma explicatif de Wallerstein, aboutit à une tripartition de l'Europe selon sa culture politique liée au capitalisme somme toute assez proche des modifications apportées par Jenö Szücs à Braudel et à Wallerstein. Grâce à l'adoption de ces modèles multicritères de la tension entre centre et périphérie, les divers groupes qui ont participé à ce programme trisannuel - structuré par l'articulation des couples centre-périphérie et est-ouest européen à la lumière d'une approche multidisciplinaire - ont pu y développer librement leurs approches thématiques. Certains ont choisi la pluridisciplinarité convergeant autour d'un objet heuristique ; d'autres, à l'inverse, se sont rassemblés dans des équipes assez homogènes mais avec une diversité de sujets qui assure la variété des centres d'intérêt ; d'autres, enfin, ont combiné les deux attitudes, assurant l'unité de l'équipe par un dialogue plus subtil entre sujets et disciplines. Nous bouclons ainsi l'évolution de cette Europe au destin de centre mondial, passée par une phase de périphérisation durant la guerre froide et qui prétend aujourd'hui retrouver, au terme de l'échec des Etats-Unis à imposer une nouvelle centralité globale, un rôle de centre régional dans une configuration multipolaire. Dans ce retour à une certaine influence, la pluridisciplinarité vient à l'aide de la prise de décision, car la nouvelle figure de l'Europe, l'Union européenne, est une composition complexe qui doit autant définir une identité (con)fédérale qu'essayer de la proposer comme modèle d'influence à un voisinage par définition proche d'autres pôles et d'autres modèles identitaires.
C'est l'histoire d'une coopération étroite et fructueuse entre une grande puissance et un pays émergent. Or, en ce XXe siècle, l'aviation, objet politique, devenait l'arbitre des victoires. A nouveau, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, on croyait la paix acquise après de sanglants sacrifices. L'ONU succède à la SDN avec la même ambition. Hélas l'espoir irénique ne dure guère et dans la glaciation du monde en deux blocs antagonistes, la Roumanie et la France ne sont plus dans le même camp, et ce pour un long temps. L'Histoire, cependant, est allergique au "? Toujours ? ". Ce que nous racontent ces coopérations aéronautiques de la France et de la Roumanie avec leurs partenaires dans la deuxième partie du siècle reste révélateur des fils complexes qui tissent les relations entre Etats. Avec un peu moins d'épopée, de gloire, d'amitié, de sororité, et beaucoup plus ouvertement de Realpolitik.
La France a eu le projet d'intégrer la Roumanie à un dispositif centre-européen qui garantisse sa sécurité à l'issue de la Première Guerre mondiale. Néanmoins, cette volonté connut de sérieuses variations liées à l'incompatibilité des objectifs stratégiques français et roumains : Paris se souciait avant tout du danger allemand, alors que les Roumains craignaient principalement la Russie bolchevique. Le dysfonctionnement des projets de sécurité fut dès lors quasi constant, alors que la coopération anti-révisionniste plus anonyme à la Société des Nations fut plus durable. Ces documents, inédits pour la plupart, ont été sélectionnés dans les archives du Quai d'Orsay et du Service historique de l'armée de Terre, ainsi que dans les principaux fonds diplomatiques roumains. Ils illustrent le soutien de responsables français au remodelage des frontières qui aboutit à la Grande Roumanie lors de la Conférence de la Paix, dans un but avant tout stratégique. Mais l'apaisement de l'époque briandiste signifia le déclin des alliances de revers, qui ne connurent pas d'embellie avec le traité franco-roumain de 1926. En 1929, toutefois, la crise internationale obligea la France à presser Bucarest de s'entendre avec les Soviétiques pour leur offrir un pont diplomatique, voire stratégique, avec la France : la Roumanie et l'Union Soviétique tenaient-elles vraiment à jouer ces rôles anti-allemands esquissés à Paris ?
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.