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La Grande Roumanie alliée de la France. Une péripétie diplomatique des Années Folles ? (1919-1933)
Sandu Traian ; Bled Jean-Paul
L'HARMATTAN
26,00 €
Épuisé
EAN :9782738478726
La France a eu le projet d'intégrer la Roumanie à un dispositif centre-européen qui garantisse sa sécurité à l'issue de la Première Guerre mondiale. Néanmoins, cette volonté connut de sérieuses variations liées à l'incompatibilité des objectifs stratégiques français et roumains : Paris se souciait avant tout du danger allemand, alors que les Roumains craignaient principalement la Russie bolchevique. Le dysfonctionnement des projets de sécurité fut dès lors quasi constant, alors que la coopération anti-révisionniste plus anonyme à la Société des Nations fut plus durable. Ces documents, inédits pour la plupart, ont été sélectionnés dans les archives du Quai d'Orsay et du Service historique de l'armée de Terre, ainsi que dans les principaux fonds diplomatiques roumains. Ils illustrent le soutien de responsables français au remodelage des frontières qui aboutit à la Grande Roumanie lors de la Conférence de la Paix, dans un but avant tout stratégique. Mais l'apaisement de l'époque briandiste signifia le déclin des alliances de revers, qui ne connurent pas d'embellie avec le traité franco-roumain de 1926. En 1929, toutefois, la crise internationale obligea la France à presser Bucarest de s'entendre avec les Soviétiques pour leur offrir un pont diplomatique, voire stratégique, avec la France : la Roumanie et l'Union Soviétique tenaient-elles vraiment à jouer ces rôles anti-allemands esquissés à Paris ?
La sécurité de l'Europe pose le problème des conditions d'une puissance européenne globale, à la mesure de la richesse qu'elle a à protéger et de la nécessité de projection mondiale que toute puissance économique est amenée, dans le contexte de la mondialisation, à faire valoir. Dans ce champ de réflexion, la question des frontières intervient au premier abord comme une séparation géopolitique entre l'espace interne supposé sécurisé et l'espace extérieur plus ou moins influencé par la politique de la puissance étudiée. Dans un premier temps, nous constaterons que le vieux débat élargissement/approfondissement est enfin descendu au niveau des opinions publiques, donnant à la problématique centre-périphérie et à la question des frontières une vigueur, une légitimité et une urgence nouvelles. Par-delà la dialectique élargissement-approfondissement, c'est bien évidemment la question des liens entre identité territoriale et approfondissement institutionnel qui est posée. Les citoyens européens sont - et les débats référendaires de 2005 l'ont bien montré -, en quête de sécurité mise à mal par les bouleversements économiques et les peurs engendrées par la mondialisation et ses conséquences. La question de la délimitation des frontières est bien un sujet éminemment sensible puisqu'il conditionne l'émergence de cette introuvable identité européenne.
Depuis la fin de la guerre froide et la levée des tabous couvrant l'entre-deux-guerres, une demande de clarification sur les droites anti-communistes s'est fait jour, notamment dans leur rôle à l'égard de l'extermination juive durant la guerre, dans l'impact des élites intellectuelles concernant la formation de l'idéologie radicale et dans le poids acquis au sein des sociétés par ces mouvements. Ce colloque européen sur les fascismes de cette région compare ces synthèses idéologiques originales entre le fascisme moderne et athée dominé par les chefs populistes et charismatiques de l'Italie et surtout de l'Allemagne industrielles et urbanisées, et les traditions militaristes aristocratiques - en Hongrie -, fondamentalistes orthodoxes - en Roumanie - et régionalistes slovaques - en Tchécoslovaquie. Le travail théorique a parfois entraîné la jeune génération intellectuelle, surtout en Roumanie : fallait-il stabiliser la société autour d'une radicalisation des valeurs religieuses, agraires et autochtonistes - Eliade -, ou bien imposer par la force une modernisation brutale pour retrouver le cours majeur de l'histoire européenne - Cioran ? Sur le plan politique, les participants étudient la promotion des mouvements fascistes durant la crise multiforme des années trente et la dispute autour du pouvoir avec les conservateurs traditionnels. Ces derniers adoptèrent eux-mêmes le style mobilisateur et durcirent leur autoritarisme contre la gauche, contre les partis démocratiques, mais surtout contre les fascistes menaçants. Ceux-ci les concurrençaient à droite avec l'appui de plus en plus massif de classes populaires en crise et d'Etats fascistes à la recherche de leviers d'influence. Si en Hongrie Szalasi fut simplement emprisonné, le Croate Pavelic dut s'exiler en Italie et le Roumain Codreanu fut assassiné.
La Roumanie, longtemps ballottée entre grandes puissances, est l'un des derniers pays européens à avoir réalisé son unité nationale au début du XXe siècle. Elle cherche aujourd'hui sa pleine et entière intégration au sein de l'Union européenne. Cioran se plaignait que le peuple roumain n'eût pas participé à la Grande Histoire: mais si les Roumains n'ont pas fait l'histoire, celle-ci s'est faite chez eux, sur l'isthme Baltique-mer Noire, là où se sont déversées migrations et invasions orientales depuis l'Empire romain jusqu'au déferlement de l'armée Rouge à l'été 1944. Tout en décrivant comment là Roumanie a été un enjeu entre puissants - Romains, Barbares, Hongrois, Mongols, Ottomans, Russes et Occidentaux -, l'auteur fait justice d'une certaine historiographie présentant complaisamment les Roumains comme d'éternelles victimes innocentes. Lire l'Histoire de la Roumanie, c'est donc suivre le destin sinueux de trois principautés hétérogènes - Valachie, Moldavie, Transylvanie - vers l'unité nationale, phénomène récent et non enraciné dans un passé lointain, largement mythifié. Pays émergeant, la Roumanie a encore à se débarrasser des pesanteurs d'une histoire mouvementée pour profiter de l'avenir que lui réserve son appartenance à l'Europe des Vingt-Sept. Biographie: Agrégé et docteur en histoire, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, Traian Sandu est professeur au Centre inter-universitaire d'études hongroises de l'université de Paris III-Sorbonne Nouvelle. Il a effectué sa thèse sur les relations franco-roumaines dans l'entre-deux-guerres et travaille aujourd'hui sur le fascisme roumain et l'élargissement européen à l'est.
Sandu Traian ; Renaud Patrick ; Maar Judit ; Nyiko
Le choix de l'Europe comme objet d'étude ne relève pas d'une option autocentrée et téléologique visant à démontrer la supériorité du sous-continent à l'égard des autres civilisations. L'Europe est loin d'être un espace homogène, et stéréotypes, hiérarchisations et stigmatisations internes ont accompagné la mise en place des sentiments nationaux. Le couple centre-périphérie innerve à la fois la théorie des clivages politiques nationaux issus des révolutions nationale et industrielle de Stein Rokkan et de Seymour Martin Lipset et la théorie des dominations internationales issues du capitalisme commercial moderne de Fernand Braudel et d'Immanuel Wallerstein. Si ces deux théories semblent structurer des échelles géographiques et des champs axiologiques hétérogènes, elles sont en réalité liées par des ambitions heuristiques convergentes - une explication globale de la mobilisation des ressources européennes et de l'imposition du modèle européen au monde. Toutefois, Rokkan refuse les déterminismes mono-causaux, notamment d'ordre économique ; sa réflexion ne relève d'ailleurs pas de la relation, forcément inégale, mais du clivage, donc de la réaction toujours possible, y compris du faible au fort. Ainsi Rokkan, en ajoutant le critère politico-territorial et culturel au schéma explicatif de Wallerstein, aboutit à une tripartition de l'Europe selon sa culture politique liée au capitalisme somme toute assez proche des modifications apportées par Jenö Szücs à Braudel et à Wallerstein. Grâce à l'adoption de ces modèles multicritères de la tension entre centre et périphérie, les divers groupes qui ont participé à ce programme trisannuel - structuré par l'articulation des couples centre-périphérie et est-ouest européen à la lumière d'une approche multidisciplinaire - ont pu y développer librement leurs approches thématiques. Certains ont choisi la pluridisciplinarité convergeant autour d'un objet heuristique ; d'autres, à l'inverse, se sont rassemblés dans des équipes assez homogènes mais avec une diversité de sujets qui assure la variété des centres d'intérêt ; d'autres, enfin, ont combiné les deux attitudes, assurant l'unité de l'équipe par un dialogue plus subtil entre sujets et disciplines. Nous bouclons ainsi l'évolution de cette Europe au destin de centre mondial, passée par une phase de périphérisation durant la guerre froide et qui prétend aujourd'hui retrouver, au terme de l'échec des Etats-Unis à imposer une nouvelle centralité globale, un rôle de centre régional dans une configuration multipolaire. Dans ce retour à une certaine influence, la pluridisciplinarité vient à l'aide de la prise de décision, car la nouvelle figure de l'Europe, l'Union européenne, est une composition complexe qui doit autant définir une identité (con)fédérale qu'essayer de la proposer comme modèle d'influence à un voisinage par définition proche d'autres pôles et d'autres modèles identitaires.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.