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Histoire de la Roumanie
Sandu Traian
PERRIN
23,50 €
Épuisé
EAN :9782262024321
La Roumanie, longtemps ballottée entre grandes puissances, est l'un des derniers pays européens à avoir réalisé son unité nationale au début du XXe siècle. Elle cherche aujourd'hui sa pleine et entière intégration au sein de l'Union européenne. Cioran se plaignait que le peuple roumain n'eût pas participé à la Grande Histoire: mais si les Roumains n'ont pas fait l'histoire, celle-ci s'est faite chez eux, sur l'isthme Baltique-mer Noire, là où se sont déversées migrations et invasions orientales depuis l'Empire romain jusqu'au déferlement de l'armée Rouge à l'été 1944. Tout en décrivant comment là Roumanie a été un enjeu entre puissants - Romains, Barbares, Hongrois, Mongols, Ottomans, Russes et Occidentaux -, l'auteur fait justice d'une certaine historiographie présentant complaisamment les Roumains comme d'éternelles victimes innocentes. Lire l'Histoire de la Roumanie, c'est donc suivre le destin sinueux de trois principautés hétérogènes - Valachie, Moldavie, Transylvanie - vers l'unité nationale, phénomène récent et non enraciné dans un passé lointain, largement mythifié. Pays émergeant, la Roumanie a encore à se débarrasser des pesanteurs d'une histoire mouvementée pour profiter de l'avenir que lui réserve son appartenance à l'Europe des Vingt-Sept. Biographie: Agrégé et docteur en histoire, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, Traian Sandu est professeur au Centre inter-universitaire d'études hongroises de l'université de Paris III-Sorbonne Nouvelle. Il a effectué sa thèse sur les relations franco-roumaines dans l'entre-deux-guerres et travaille aujourd'hui sur le fascisme roumain et l'élargissement européen à l'est.
C'est l'histoire d'une coopération étroite et fructueuse entre une grande puissance et un pays émergent. Or, en ce XXe siècle, l'aviation, objet politique, devenait l'arbitre des victoires. A nouveau, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, on croyait la paix acquise après de sanglants sacrifices. L'ONU succède à la SDN avec la même ambition. Hélas l'espoir irénique ne dure guère et dans la glaciation du monde en deux blocs antagonistes, la Roumanie et la France ne sont plus dans le même camp, et ce pour un long temps. L'Histoire, cependant, est allergique au "? Toujours ? ". Ce que nous racontent ces coopérations aéronautiques de la France et de la Roumanie avec leurs partenaires dans la deuxième partie du siècle reste révélateur des fils complexes qui tissent les relations entre Etats. Avec un peu moins d'épopée, de gloire, d'amitié, de sororité, et beaucoup plus ouvertement de Realpolitik.
Si la recherche historique française a été plus féconde pour les années trente, le traitement des années vingt pose de nombreuses questions. Comparant la production historiographique française sur l'Allemagne et la Russie, le champ de l'Europe médiane, sans être négligé, a été trop peu exploité pendant de nombreuses années, alors que les écoles historiques à l'étranger s'intéressaient plus précocement aux questions fondamentales posées en Europe centrale à l'issue de la Grande Guerre et des Traités de Paix. La quinzaine d'interventions du volume offre de nouvelles pistes méthodologiques et permet de croiser les approches avec le concours de nombreux auteurs issus des nouvelles écoles historiques d'Europe du Centre Est. Ces travaux remettent les acteurs dits " secondaires " au centre du jeu international. Ils permettent de sortir du schématisme franco-allemand, franco-britannique ou franco-soviétique. Rétablir ces Etats-nations - au mieux puissances " à intérêts limités " - comme des sujets et non plus comme des objet des relations internationales, voilà le mérite de cet ensemble. Au fond, cette Europe médiane a été bien plus décisive dans la tragédie des années trente qu'il n'y apparaissait dans l'historiographie, notamment française. Tous ces textes le démontrent. Ces jeunes chercheurs enrichissent non seulement l'histoire des relations internationales, mais aussi la connaissance de cet " entre-deux-meules " qu'a été l'Europe médiane au 20e siècle.
Le " nouveau consensus " dégage depuis une vingtaine d'années les grands traits d'un " fascisme générique " commun à tous les radicalismes nationalistes autour de leur quadruple dimension de syncrétisme idéologique et social droite-gauche et interclasse, d'exacerbation de la religiosité politique, de révolution globale et de promesse de régénération nationale. Ces analyses, appliquées avec succès au fascisme et au nazisme, ont trouvé un large écho parmi les jeunes historiens roumains, pionniers dans un espace centre-européen riche en mouvements de droite radicaux. L'affichage d'une foi religieuse et d'une fidélité monarchique de la part de chefs charismatiques comme Codreanu en Roumanie, Szâlasi en Hongrie ou Pavelic en Croatie ne doit pas nous tromper : elles ressemblent souvent à des pétitions certes sincères, mais insatisfaites par l'Église et la royauté telles qu'elles interprètent l'identité nationale renouvelée par les bouleversements de la Première Guerre mondiale. Ce faisant, les analyses des tenants du new consensus s'enrichiront tout en se nuançant, puisqu'elles devront se confronter à des situations de mise en échec du fascisme par les conservatismes autoritaires, à de très résistibles ascensions donc dans le contexte de sociétés encore retardées d'Europe centre-orientale.
Sandu Traian ; Renaud Patrick ; Maar Judit ; Nyiko
Le choix de l'Europe comme objet d'étude ne relève pas d'une option autocentrée et téléologique visant à démontrer la supériorité du sous-continent à l'égard des autres civilisations. L'Europe est loin d'être un espace homogène, et stéréotypes, hiérarchisations et stigmatisations internes ont accompagné la mise en place des sentiments nationaux. Le couple centre-périphérie innerve à la fois la théorie des clivages politiques nationaux issus des révolutions nationale et industrielle de Stein Rokkan et de Seymour Martin Lipset et la théorie des dominations internationales issues du capitalisme commercial moderne de Fernand Braudel et d'Immanuel Wallerstein. Si ces deux théories semblent structurer des échelles géographiques et des champs axiologiques hétérogènes, elles sont en réalité liées par des ambitions heuristiques convergentes - une explication globale de la mobilisation des ressources européennes et de l'imposition du modèle européen au monde. Toutefois, Rokkan refuse les déterminismes mono-causaux, notamment d'ordre économique ; sa réflexion ne relève d'ailleurs pas de la relation, forcément inégale, mais du clivage, donc de la réaction toujours possible, y compris du faible au fort. Ainsi Rokkan, en ajoutant le critère politico-territorial et culturel au schéma explicatif de Wallerstein, aboutit à une tripartition de l'Europe selon sa culture politique liée au capitalisme somme toute assez proche des modifications apportées par Jenö Szücs à Braudel et à Wallerstein. Grâce à l'adoption de ces modèles multicritères de la tension entre centre et périphérie, les divers groupes qui ont participé à ce programme trisannuel - structuré par l'articulation des couples centre-périphérie et est-ouest européen à la lumière d'une approche multidisciplinaire - ont pu y développer librement leurs approches thématiques. Certains ont choisi la pluridisciplinarité convergeant autour d'un objet heuristique ; d'autres, à l'inverse, se sont rassemblés dans des équipes assez homogènes mais avec une diversité de sujets qui assure la variété des centres d'intérêt ; d'autres, enfin, ont combiné les deux attitudes, assurant l'unité de l'équipe par un dialogue plus subtil entre sujets et disciplines. Nous bouclons ainsi l'évolution de cette Europe au destin de centre mondial, passée par une phase de périphérisation durant la guerre froide et qui prétend aujourd'hui retrouver, au terme de l'échec des Etats-Unis à imposer une nouvelle centralité globale, un rôle de centre régional dans une configuration multipolaire. Dans ce retour à une certaine influence, la pluridisciplinarité vient à l'aide de la prise de décision, car la nouvelle figure de l'Europe, l'Union européenne, est une composition complexe qui doit autant définir une identité (con)fédérale qu'essayer de la proposer comme modèle d'influence à un voisinage par définition proche d'autres pôles et d'autres modèles identitaires.
Résumé : "Messager de paix, artisan d'union, maître de civilisation, et, avant tout, héraut de la religion du Christ et fondateur de la vie monastique en Occident, tels sont les titres qui justifient la glorification de saint Benoît, abbé" : ainsi le pape Paul VI débute-t-il son bref par lequel, en octobre 1964, il proclame ce dernier "patron principal de toute l'Europe". De Benoît de Nursie, pourtant, né vers 480 en Italie centrale, souvent représenté vêtu d'une coule noire, tenant dans une main une crosse abbatiale et dans l'autre un livre, celui de la Règle dite "de saint Benoît", nous ne savons que peu de choses. Si depuis le VIe siècle des centaines de milliers d'hommes et de femmes, moines et moniales, ont vécu et vivent encore en suivant les principes émis dans ce texte qu'il a rédigé pour guider ses disciples dans la vie monastique communautaire, s'il a réformé le monachisme occidental et fondé plusieurs monastères bénédictins dont celui du Mont-Cassin, ce personnage clé du christianisme occidental demeure une figure mal connue. Odon Hurel , puisant aux meilleures sources et démêlant mythes et réalités, retrace l'histoire de cet homme couramment qualifié de "patriarche des moines d'Occident" et s'attache avec brio à cerner l'originalité de sa Règle et du modèle bénédictin.
Avec 1915, l'enlisement, second volume de sa série consacrée à la Grande Guerre, Jean-Yves Le Naour continue de retracer au plus près le quotidien des Français durant ces quatre années de malheur. Alternant les points de vue d'en haut et d'en bas, s'attachant aux rumeurs comme aux faits établis, au ressenti aussi bien qu'au vécu, l'auteur nous livre un récit haletant. En 1915, le conflit entre dans une phase particulièrement meurtrière, marquée par des offensives aussi terribles qu'inutiles, rendues plus cruelles encore depuis l'usage des gaz asphyxiants. La guerre est partout: à Londres ou à Paris, sous les bombardements des zeppelins, sur la mer, en Afrique et au Moyen-Orient où les Turcs ont lancé le djihad contre les Alliés, au nom du panislamisme, tout en se livrant au génocide des Arméniens... Tandis que les Allemands étrillent la Russie et écrasent la Serbie, les Alliés enchaînent les échecs. Sourd aux critiques, le général Joffre conduit la guerre comme il l'entend: 320 000 Français sont ainsi sacrifiés en pure perte. La crise politique et la lassitude grandissent sur les décombres d'une Union sacrée qui a vécu, comme en témoignent les archives des Renseignements généraux jusqu'ici inexploitées. Pour les Français, 1915 est bien l'année la plus dramatique de toute la guerre, celle des horizons bouchés.
Dans cette vaste synthèse, Michel Abitbol retrace l'histoire d'Israël, de sa naissance, en 1948, à nos jours. Après avoir analysé les origines du nationalisme juif et du sionisme, il décrypte l'arrière-plan historique de la déclaration Balfour de 1917 et la résolution de l'ONU du 29 novembre 1947 préconisant le partage de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe. L'auteur évoque ensuite les sources du conflit entre Juifs et Arabes, puis suit, pas à pas, l'évolution du mandat britannique dans ses atermoiements et ses contradictions, l'édification d'un Etat juif démocratique en même temps que l'émergence d'une " nation " israélienne et d'une culture hébraïque moderne nées du brassage des vagues successives d'immigrants. Le " retour des exilés ", marqué par des réussites exceptionnelles, aboutit à des clivages économiques, sociaux, religieux et culturels mettant à mal la cohésion de la jeune société israélienne dans un contexte de guerres meurtrières auquel ni la victoire de juin 1967 ni les accords d'Oslo avec les Palestiniens en 1993 ne mirent un terme. La montée des extrémismes rend plus incertaine que jamais l'établissement d'une paix durable dans la région. S'appuyant sur des sources variées et solides, Michel Abitbol apporte les éléments indispensables permettant d'appréhender dans toute sa complexité l'histoire sans pareille de l'Etat juif.
Loin, comme ses prédécesseurs, de décrire la bataille telle qu'elle est jugée d'en haut, à la manière de l'état-major, John Keegan la restitue par le bas, telle qu'elle est vécue par les soldats. Cette nouvelle approche de l'histoire militaire, qui va au-delà des récits factuels, révèle toute la dimension humaine du combat. Pour illustrer son propos, Keegan raconte et décortique trois batailles charnières: Azincourt (1415), Waterloo (1815) et La Somme (1916). Un livre fondateur devenu un classique servi par une nouvelle traduction.