Le terme d'" altermondialisme " - d'un usage très fréquent - recouvre des réalités différentes d'un pays à un autre. Tandis que dans les pays européens il est davantage lié à la lutte contre le néolibéralisme, dans certains pays du Sud de la Méditerranée, il reflète une forme de contestation des fondements du champ politique. Mais, dans tous les cas, on constate une prétention à l'universalité : ses protagonistes se proclament défenseurs des droits humains, de la paix dans le monde et de la justice globale. Certains points de divergences se retrouvent également de pays en pays. Le rapport entre le local et le global, le rôle de la religion, l'identité collective transnationale, les relations dichotomiques entre les militants du " Nord " et ceux du " Sud ", la crise de la " gauche " constituent en effet des sujets de controverses à l'intérieur même de ces mouvements. Or, après avoir tenu une place importante dans la recherche, l'altermondialisme semble ne plus représenter un sujet crucial dans l'analyse sociologique, et lorsqu'il est traité, ce n'est que sous l'angle des pays du Nord, dits " développés ". Quels sont les logiques et les enjeux de cet oubli ? Que peuvent nous apprendre les mouvements sociaux des pays du Sud ?
Les grands mouvements de contestation qui ont touché quasi-simultanément l'Europe centrale et orientale puis l'URSS, l'Afrique subsaharienne et l'Afrique australe, sont venus s'ajouter à ceux que connaissaient déjà l'Amérique latine, le sous-continent indien et le Maghreb-Machreq. Les années 1989, 1990 et 1991 auront donc été celles de la multiplication à l'échelle mondiale des contestations populaires ouvertes contre des pouvoirs en mal de légitimité. Les événements de 1989 obligent à se poser la question de la simultanéité des "vagues" de contestation et à ne pas envisager ces dernières uniquement comme des séries de coïncidences ou même, comme des réactions en chaine des politiques d'Etats, après l'effondrement soviétique et les transformations géopolitiques subséquentes. Il semble que le contexte mondial où la transnationalisation joue à plein, où la médiatisation réduit les temps de réaction et favorise les mécanismes mimétiques, produise certains effets analysables en terme de stratégies d'acteurs et de contraintes structurelles supplémentaires dépassant le cadre national et s'imposant aux contestataires comme aux dirigeants. L'ambition de ce numéro est d'essayer d'apporter quelques éclaircissements sur ce phénomène crucial de la transnationalisation de la contestation.
Dans le registre des frontières, le thème des marquages et des disputes fait référence à des situations brûlantes, fortement médiatisées : Israël et Palestine, Moyen-Orient, Berlin, Irlande du Nord, notamment. Ces marquages puissants constituent un paradoxe dans un monde d'interactions. L'échange sous-tend en effet comme jamais les relations entre les lieux et les acteurs de la planète ; mais dans un temps étonnamment court ont surgi des blocages d'une dureté rarement égalée dans l'histoire. Le marquage, les disputes ne sont pas seulement à observer dans l'instant, car les frontières sont constamment (re)construites. Des murailles visibles sont élevées pour engager la durée, mais cette matérialité est issue de la conjoncture et interagit avec les représentations qui l'ont mise en place. Ce numéro, à travers plusieurs études de cas, cherche à analyser le paradoxe intrinsèque des dispositifs de marquage, la profonde relation d'asymétrie qu'ils engendrent, ainsi que les liens étroits que ceux-ci entretiennent avec les technologies de contrôle qui cherchent sans cesse à prévenir, à anticiper, à transformer le futur des flux en futur antérieur. Les contributions réunies ici donnent à voir le monde de rapidité, de circulation et de liberté de mouvement qui est le nôtre comme une nouvelle geôle dont le contrôle est finalement moins spatial que temporel.
Ce numéro de Cultures & Conflits est particulier à double titre. Contrairement à nos habitudes, il ne s'agit pas d'un numéro thématique. Il regroupe des articles qui nous ont été envoyés séparément. Il ne faut donc pas y chercher une cohérence de problématique, même si un fil directeur relie plusieurs textes : celui des enjeux de protection des données au regard du développement des pratiques de surveillance et de renseignement à l'échelle transnationale. Ces articles rejoignent donc les analyses publiées dans les numéros 64 " Identifier et surveiller " (2006) et 68 " Circulation et archipel de l'exception " (2007). Et ils anticipent sur le numéro 76, qui portera sur les incidences de l'échange des données au niveau transnational pour les individus qui en sont la cible. Ce numéro est en outre un numéro de transition. L'équipe de rédaction a été remaniée, qui voit l'arrivée de nouveaux rédacteurs et d'un secrétariat de rédaction resserré. Ce dernier changement n'est pas sans lien avec la décision de différents ministères de ce gouvernement de couper les sources de financement des revues de sciences sociales, en particulier les plus critiques. Cultures & Conflits, qui va bientôt fêter ses vingt ans, aura besoin de l'enthousiasme et du soutien de tous ses lecteurs pour préserver les conditions d'un échange d'idées véritablement pluraliste et contradictoire dont la recherche universitaire a besoin.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.