Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
LE CONTINU ET AUTRES ECRITS
WEYL
VRIN
36,00 €
Épuisé
EAN :9782711612192
Indifférent à la règle Ne sutor ultra crepidam, que Bourbaki mentionne, Hermann Weyl pense et raisonne tantôt à l'intérieur des mathématiques (dans son travail de professionnel), tantôt à l'extérieur (quand il réfléchit sur le sens de ce travail). Les douze textes du présent volume sont des produits de cette réflexion ; ils portent sur les sujets. suivants : l'imprédicativité, les ensembles définissables de nombres naturels, le continu et le discret, le programme de Hilbert, les modalités, l'intuitif et le symbolique... Cultivée par un grand esprit qui juge d'après l'expérience directe des questions, la "philosophie des mathématiques" peut être autre chose qu'un verbalisme superficiel. Et comment être insensible aux qualités esthétiques de l'intelligence d'Hermann Weyl ?
Vers la fin de sa carrière, l'auteur eut l'idée de publier un curieux "album d'images" (dessins géométriques, fleurs, monuments, coquillages, objets d'art,... ) qu'il présenta ainsi dans sa préface:"Mon but a été double: d'une part, montrer la très grande variété des applications du principe de symétrie dans les arts, la nature organique, la nature inorganique - ce que de nombreuses illustrations étayant le texte aident bien sûr à saisir - d'autre part, éclaircir pas à pas la signification philosophique et surtout mathématique de l'idée de symétrie. Ce dernier dessein m'a obligé à confronter les notions et théories de la Symétrie et celles de la Relativité.Dans ma pensée, ce livre s'adresse avant tout à un cercle plus large que celui des spécialistes qualifiés. Certes, il n'évite pas les mathématiques (ce qui irait àl'encontre de son but), mais l'étude détaillée de la plupart des problèmes abordés, en particulier leur étude mathématique complète, n'a pas été considérée comme de son ressort."
Comment le cinématographe Lumière, simple attraction foraine à l'origine, en vint-il si tôt à s'apparenter aux arts ? Il fallut que la modernité reconnaisse en ceux-ci la prépondérance du matériau pour que le film se révèle puissance d'extériorisation sensorielle d'aspirations inouïes. Il convient alors de repenser le statut du décor, de l'acteur, du costume, du cadre, du montage, de la lumière et du son, comme relevant d'une transformation du matériau émancipé de la contrainte discursive. De là le déplacement d'accent du rhétorique au poétique, et le dépassement du dualisme esthétique-éthique en faveur d'un jeu interne appelé écriture, où sont indissociables les composantes structurelles : matériau, technique, discours, éthique, rhétorique et poétique. L'action directe de l'esprit est donc requise, afin de plier le matériau à un dessein excédant les possibilités du logos : souffle sur matière, dont les effets surpassent toute prévisibilité de critère scénaristique. D'où pellicule ensorcelée, selon l'expression de Robert Bresson, qui a si bien su faire entrevoir l'enjeu de l'écriture cinématographique. Sont minutieusement interrogées à tous ces égards des oeuvres représentatives prélevées dans l'histoire mondiale du cinéma.
Le public francophone dispose déjà de traductions des chefs-d'oeuvre philosophico-scientifiques de Hermann Weyl : Le continu, Symétries et Espace, temps, matière. L'analyse mathématique du problème de l'espace s'inscrit dans cette série. La relativité générale remplace la structure rigide et uniforme de l'espace-temps par un espace-temps dynamique, dont la structure métrique dépend de la distribution de la matière. Cependant, prenant acte du fait qu'en relativité générale subsiste un cadre immuable, celui de la métrique euclidienne dans l'infinitésimal, Weyl s'attache à établir que ce cadre infinitésimal est a priori. Pour ce faire, il exploite les ressources de la géométrie contemporaine qui côtoient le (néo)kantisme, la phénoménologie husserlienne, et la réflexion historique sur la physique. La présente traduction est accompagnée d'un important apparat critique. En particulier, elle exploite des sources inédites du texte allemand original.
Le plus souvent galvaudée, la dénomination i art se trouve ici appropriée par exception, si l'on peut appeler art ce qui n'a guère pour fin d'imiter mais, de l'aveu même de Bresson, de se déployer en écriture, régime d'un langage émancipé du rôle utilitaire et représentatif. excédant discours et raison, propre à renverser toute valeur admise. De sorte que la figure historique de Jeanne d'Arc en son héroïsme inspiré n'est pas prise pour modèle mais source de questionnement en tant que principe d'incitation au dépassement. Ce qui suppose la problématisation du rapport entre le film et son référent historique. Il convient alors de considérer ce dernier comme matériau, lieu des profondes transformations. depuis la représentation jusqu'à l'écriture, de la mise en oeuvre filmique.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.