Kichinev 1903 raconte les journées des 6 et 7 avril 1903, dernier jour de la fête de Pessah et jour de la Pâque orthodoxe, théâtre d'un terrible pogrom à Kichinev, alors dans l'Empire russe. Pogrom qui a tué une cinquantaine de Juifs et en a blessé plusieurs centaines d'autres. Le monde en fut scandalisé.Haïm Nahman Bialik est envoyé sur place pour recueillir les témoignages des survivants. Bouleversé, le jeune poète, père fondateur de l'hébreu moderne, écrit Dans la ville du massacre, un cri de rage qui enjoint aux Juifs de prendre leur destin en main et de défendre leur dignité d'homme.Un siècle plus tard, Zohar Wexler fait ses premiers pas dans la ville de naissance de ses grands-parents. Du voyage naît un spectacle en deux parties, un récit intime et le poème légendaire, qui sera créé en 2010, à la Maison de la Poésie à Paris.Zohar Wexler est metteur en scène, comédien, acteur et traducteur. Né en 1971 en Israël, il entame sa formation théâtrale à Chicago et la poursuit à Paris, où il fonde en 1999 la compagnie Le Réséda. Il oeuvre entre autres à construire des ponts entre les différentes cultures qu'il porte en lui.Haïm Nahman Bialik (Radu 1873 - Vienne 1934) est considéré comme le «poète national» et l'un des chefs spirituels de sa génération. Son poème Dans la ville du massacre a fait date dans l'histoire de la littérature hébraïque.
Résumé : En dépit du caractère souvent fragmentaire des occurrences relevées chez les auteurs de l'Antiquité pour éclairer la monographie laissée par Pline l'Ancien, il est possible de cerner la place que le sel occupait alors dans la vie quotidienne. Cette place se mesure en particulier par la disponibilité géographique et technologique de cette ressource. Rares sont les régions du monde connu où le sel n'est pas accessible. Salins littoraux ou continentaux, mines de sel gemme, salines ignigènes s'y répartissent pour une production de proximité. Dans l'antiquité, les utilisations du sel sont déjà nombreuses. Les unes, pour l'alimentation animale et les produits dérivés de l'élevage (cuirs et peaux, fromages) sont antérieures à l'Antiquité. D'autres, jusque-là marginales, se développent à cette époque. Parallèlement aux applications domestiques (de l'usage de la salière aux préparations culinaires et conserves les plus diverses), l'essor des salaisons (poisson et viande) accompagne la croissance démographique et le développement des réseaux commerciaux terrestres et maritimes. Méconnu, mais loin d'être négligeable, le sel entre également dans la momification des corps, la fabrication de remèdes, de collyres, de fards, de teintures (pourpre), dans le traitement des minerais nonferreux, l'adoucissement de l'eau, la bonification du vin... Le sel est un don des dieux. La naissance d'Aphrodite explique pourquoi. Petit grain qui donne à la vie davantage de saveur, reflet de l'ingéniosité humaine, le sel témoigne d'un certain degré de culture au point de donner son piquant à ce qui relève de l'esprit et de la beauté.
Professeur de mathématiques, peintre et plasticienne, Jo Anger-Weller est aussi musicienne, auteure reconnue d'un ouvrage d'Harmonie. D'où viennent tous ces talents, signe de résilience pour reprendre le mot de Boris Cyrulnik ? Peut-être de la solitude intime qui accompagna sa vie : le 14 mai 1941, son père est raflé et assassiné à Auschwitz. Ceux de sa famille qui avaient réussi à fuir avaient fait souche ailleurs. Elle en avait quelques échos par sa mère : une sœur en Amérique du Sud, un oncle à Long Island ; et puis plus rien pendant si longtemps. Par-delà la souffrance longtemps étouffée s'est frayé le chemin de la volonté de survie et de création, son père adoptif lui en donna la force. Ensuite, arriva le temps de l'engagement politique puis le souci d'autres déshérités de la planète : les disparus d'Argentine, du Chili, d'Angola... Plus tard, elle a commencé à fouiller ici et là comme on peut aujourd'hui le faire grâce aux nouveaux outils électroniques. " Ces morts que j'allais découvrir dans la base de données de Yad Vashem allaient me faire parcourir une bonne partie de la planète et me permettre de rencontrer les vivants. " Ceux qui, comme elle, en avaient réchappé. Elle lit Les Disparus de Daniel Mendelsohn... et se met à écrire. Composition, contrepoint où se mêlent les voix des temps retrouvés : celle du présent, directe et incisive, réservée au récit de ses recherches, de son périple et de ses rencontres, entre en résonance avec les documents, les silences et les paroles resurgies de l'enfance.
Alors que la Guerre de Sécession fait rage, Bell Hood, jeune esclave noire en fuite, espère gagner le Nord en s'orientant grâce aux étoiles. Le périple vers la liberté est dangereux, entre chasseurs d'esclaves, combattants des deux armées et autres fugitifs affamés qui croisent sa route. Jeremiah Hoke, quant à lui, participe à l'horrible bataille de Shiloh dans les rangs confédérés, plus par hasard que par conviction. Il en sort mutilé et entame un parcours d'errance, à la recherche d'une improbable rédemption pour les crimes dont il a été le témoin. Deux destinées qui se révèlent liées par un drame originel commun, emblématique d'une Amérique en tumulte.
La puissance publique est-elle une entreprise comme une autre? L'usager des services de l'Etat, ou plus largement des services publics, est-il un consommateur ou un citoyen? On a beaucoup disserté ces dernières années sur la réforme nécessaire de l'administration. C'est donc le rapport entre bureaucrates et usagers qui fait l'objet de ce livre: tout un espace de médiations liant une organisation bureaucratique et un public, des innovations de management et des valeurs morales, des préoccupations gestionnaires et des principes de justice. Mais l'approche choisie n'a cette fois rien à voir avec une classique sociologie des organisations: l'auteur cherche en effet moins à appréhender les oppositions ultérieures entre gestion et politique, social et technique, qu'à ressaisir, dans le cours même de l'action, la construction de l'ordre social. On le voit, l'administration doit aujourd'hui redevenir une question politique.
Un homme raconte une journée de son existence, alors qu'il n'est plus. Est-il mort, est-il simplement absent au monde ? Qu'importe, il accompagne son propre personnage à travers une après-midi, lors de laquelle il tente de renouer le dialogue avec une jeune femme, qu'il a quittée sans explication, et son père, un vieil homme avec lequel il n'a jamais réussi à communiquer. "Dans ce périple minuscule, qui devient un chemin du dévoilement, ou de réparation, des leurres s'effondrent, des mensonges prennent l'eau. Se dévoile la fausseté de l'amour, le leurre de l'amour du père et de la mère, du père amoureux d'une autre femme, et de la relation de notre homme et de cette femme qu'il n'a jamais su aimer non plus. Ou jamais pu. La crudité, la cruauté du réel, on pourrait s'y enfoncer, s'y perdre facilement. Et quelque chose, alors qu'on ne s'y attendait pas, vient tout sauver..." (Eugène Durif)
Extrait de la préface de Gilles BoulanLes parents ont quitté la campagne pour venir s'installer à la ville. Ils se sont arrêtés sur la colline des anges et des djinns au-delà du périph, cette frontière infranchissable entre leur bidonville, la décharge, l'usine toxique de «Stop herbe» et la ville. Vingt ans plus tard, «leurs enfants sans nombril» rêvent de partir à leur tour. Cette fois beaucoup plus loin, où un autre périphérique les séparera de la belle ville. Une seule chose aura réellement changé, ces jeunes gens «mauvaises herbes» auront plutôt recours à la bonne fée marraine de la télévision qu'à la gitane et à sa magie.Avec une belle intelligence, une grande simplicité de moyens et beaucoup d'émotion, Sedef Ecer raconte la similitude des destins, l'éternité de cette misère qui reproduit les mêmes schémas dans les pays en développement comme dans les pays développés. L'exclusion, le recours à des travaux dangereux (l'usine de sablage des blue-jeans a remplacé l'usine de production d'herbicide), la seule force du rêve pour nourrir un quelconque espoir.
Hikmet Nâzim ; Cingöz Noémi ; Maupaix Nicole ; Sou
Ceci est un rêve est une surprenante opérette, dans laquelle l'auteur orchestre avec humour et fantaisie un vaudeville oriental, riche en impostures et quiproquos, intrigues amoureuses et situations burlesques. Les passagers d'une croisière, sous l'effet de quelques cigarettes très spéciales, sombrent dans un rêve tout aussi particulier... Ferhad et Sirin, écrit en prison, est une histoire d'amour inspirée d'une légende populaire. On y retrouve l'intérêt de l'auteur pour les contes et les thèmes épiques. Ferhad, peintre décorateur, doit, pour retrouver sa bien-aimée, la princesse Sirin, percer une montagne pour amener l'eau jusqu'à la ville, où le peuple meurt de soif. Ivan Ivanovitch a-t-il existé? était jusqu'à présent la seule pièce de Nâzim Hikmet à avoir été publiée en français. L'auteur explore le réalisme socialiste, mais toujours avec le même regard critique, contre le culte de la personnalité et le régime stalinien.
Beslan, 1er septembre 2004. Plus d'un millier d'enfants et d'adultes sont pris en otage le jour de la rentrée scolaire dans une école d'Ossétie-du-Nord, dans le Caucase, par un groupe de terroristes réclamant le retrait des troupes russes de Tchétchénie. Pendant trois jours, les otages sont entassés dans un gymnase, dans une chaleur étouffante, sans eau ni nourriture. Refusant toute négociation, les forces russes finissent par donner l'assaut en tirant à l'arme lourde. Le bilan sera de 334 morts, dont 186 enfants. Tous les preneurs d'otages sont tués, sauf un. Traduit en justice, il plaide innocent. Ce procès sera le seul mené concernant ces événements. Malgré les demandes des familles des victimes, aucun responsable politique ou militaire ne répondra de cet assaut devant la justice. Cette pièce de théâtre documentaire, commande de la Maison d'Europe et d'Orient, a été écrite d'après les minutes de ce procès, qui a permis un travail d'analyse du processus qui avait déjà mené à une tragédie similaire dans un théâtre de Moscou en 2002. Elle est une contribution à la recherche de la vérité et à la mémoire des victimes.