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Sacralité politique. Tome 3, Kafka devant l'immonde
Weinstein Marc
HERMANN
25,10 €
Épuisé
EAN :9791037010056
Immonde, donc répugnant. Mais est-ce le seul sens possible ? Pas sûr, car bien souvent les textes de Kafka paraissent réactiver le sens littéral du mot ou ce qui peut être interprété comme tel : l'immonde comme négation du monde. Quand on compare la langue française et la langue allemande, on constate que si cette dernière a des mots pour dire le répugnant et ses synonymes, elle n'en a pas pour dire l'immonde comme négation du monde. Or, ce que nous avons expérimenté - merveille de la littérature ? -, c'est que la prose simple et concrète de Kafka comporte assez d'idéalité internationale pour s'évader quelques instants de la langue allemande, suggérant alors aux esprits français le concept de l'immonde comme négation du monde. Une question ici ne peut manquer de se poser : quel est au juste le lien, chez Kafka, entre l'immonde comme immondice et l'immonde comme négation du monde ? Ou plutôt : peut-on vraiment parler de lien quand on remarque que l'immondice et la négation du monde sont le plus souvent mêlées ? Mieux : sous un certain rapport, ne sont-elles pas les deux faces de la même médaille ? C'est dire s'il devient impossible de confiner l'immondice dans la signification de déchet. Il faut élargir son champ sémantique. L'immondice : non plus seulement la saleté ou le déchet, mais encore l'état d'une chose ou d'un être qui nie le monde.
A la charnière des XVIIIe et XIXe siècles européens, le corps du poète, de l'orateur, du déclamateur se retire de la scène verbale (tribunes et chaires diverses). Mais le retrait est en trompe-l'œil. Ce qui s'efface, ce n'est pas le corps en général : c'est le corps naturel. La modernité est l'avènement du corps physicohistorique, dont l'écriture-monument n'est qu'un aspect. Ce monisme duel, cette sensation de la corporalité historique du mot sont si pressants que, dans leurs manifestes, les poètes ont parfois cru pouvoir se servir des termes de la célèbre querelle qui, au moyen âge, opposa les réalistes, pour qui les idées générales étaient réelles (au-delà et en dehors des mots qui les reflètent), et les nominalistes, pour qui les idées générales n'étaient que des mots. Mais les réemplois du " nominalisme " et du " réalisme " ne sont pas allés sans inconséquences terminologiques, interversions, confusions. C'est qu'en réalité la querelle médiévale est rendue caduque par le monisme de la chair historique : les idées générales n'ont pas de réalité autonome, mais elles ne se résument pas non plus à des mots. Les mots ne se contentent pas de porter des idées qui existent en dehors, sagement assises à leur place céleste, mais ils ne réduisent pas non plus les idées à eux-mêmes. Un certain fixisme naturaliste ou essentialiste prend fin en cet instant où non plus des mots isolés, mais un système-énergie verbal (e), mettons, une langue, un roman, un poème, vient non pas dire ce qui est, mais révéler ce qui devient. A ce travail de révélation la Russie et l'aire slave modernes apportent une contribution décisive et originale. C'est cette contribution que le présent ouvrage tente d'explorer - à travers les interventions majeures des poètes et philosophes de l'Age d'argent, de Mandelstam, Tsvétaïeva, Nabokov, Gombrowicz.
Nous assistons à la résurgence de la barbarie, de l'intolérance, des fanatismes économique et religieux, de l'extrémisme. Terrorisme ? Le mot de totalitarisme est peut-être le plus adéquat. Mais à condition de distinguer ce que la théorie politique confond souvent : totalitarisme et terrorisme d'Etat. Encore faudrait-il aussi se départir de cette même philosophie politique qui tend à figer le totalitarisme en "régime". A distance de cet héritage, le présent ouvrage propose six thèses originales sur le totalitarisme (y compris néolibéral) : ce n'est pas un régime mais une tendance - tendance moderne qui rend les hommes superflus sous forme de chômeurs ou de cadavres ; c'est, d'abord, non pas un phénomène de terreur militaro-policière extraordinaire, mais un phénomène de peur ordinaire ; c'est un mouvement technoscientifique illimité vers la superfluité humaine ; c'est un mouvement étatique illimité vers la superfluité humaine ; c'est un mouvement économique illimité vers la superfluité humaine ; il n'y a aucune parenté entre le totalitarisme et la démocratie : le premier est affaire de population passive, la seconde est affaire de peuple actif. Ce livre, étayé historiquement et philosophiquement, ouvre d'autres perspectives. Une issue se dessine : l'humanité n'est pas superflue mais inconditionnelle, c'est-à-dire sacrée, en un sens nouveau qui fait signe vers une sacralité non pas religieuse, mais politique, écologique et esthétique.
Notre époque chaotique a perdu tout repère social et humain. Une vision anthropologique large permet de retrouver une première balise : l'autotranscendance. L'autotranscendance est le fait que, dans les sociétés humaines avant le capitalisme industriel, la puissance horizontale du peuple montait spontanément en verticalité. Certains Amérindiens dressaient un totem, les Grecs honoraient la "cité-belle-et-bonne" . La thèse ou l'hypothèse de cette brève enquête est que l'autotranscendance est un invariant constitutif de toute société humaine. Aujourd'hui il est bloqué. L'heure est venue de le débloquer par une pratique large de l'esthétique sociale : le fanatisme économique ne refluera durablement que devant l'assaut du théâtre, de la musique, de la danse, et de toute autre esthétique collective à inventer. Il faut renouer avec le mot de Brecht : "Tous les arts contribuent au plus grand de tous les arts : l'art de vivre". "
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
Lapointe Pascal ; Dupont Christophe ; Boileau José
L'information est un service public essentiel. Sans information, comment prendre des décisions éclairées sur les enjeux de société de l'heure ? La question est devenue encore plus importante à l'heure des réseaux sociaux, qui fournissent de l'information en abondance, mais sans vérifications ni préférences pour des sources crédibles. Pour ce faire, il faut des journalistes et des médias dignes de ce nom. Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à se sortir de cette situation ? Comment trouver du travail et des contrats lucratifs tandis que les médias peinent à survivre et à trouver un "modèle d'affaires " ? Que signifie concrètement devenir journaliste indépendant, ou pigiste, ou entrepreneur, dans la crise actuelle des médias ? Quelles sont les habiletés dont un "nouveau journaliste " a besoin, au-delà des compétences de base qu'on enseigne dans les écoles de journalisme ? Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à maintenir la liberté de la presse à travers ce dédale ? S'ils peinent à trouver du boulot, qu'ils deviennent journalistes indépendants, les nouveaux journalistes tireront-ils leur épingle du jeu ? Cet ouvrage s'adresse aux journalistes indépendants, pigistes ou blogueurs ou aux équipes qui songent à créer un nouveau média. Il leur apportera ce temps essentiel de réflexion pour mieux saisir les enjeux de la profession et relever leurs manches, à l'heure de la communication planétaire, des algorithmes et des inquiétudes sur l'avenir de la profession.
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.