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Revenir/devenir. Gulliver ou l'autre voyage
Viviès Jean
ULM
15,00 €
Épuisé
EAN :9782728805556
Classique inclassable, le récit célèbre de Jonathan Swift, Les Voyages de Gulliver (1726), parcourt les genres littéraires (récit de voyage, satire, conte philosophique) sans s'en laisser assigner aucun de manière homogène et stable. Depuis longtemps abondamment commenté, étudié et interprété, le texte a donné lieu à une immense bibliothèque critique. Jean Viviès se propose ici de verser au volumineux dossier des interprétations de Gulliver une lecture, certes documentée à la lumière de la recherche anglo-américaine et française, passée et contemporaine, mais aussi une lecture délibérément orientée. Il prend pour angle de réflexion la question bien moins souvent abordée des retours du voyageur, de son retour comme problème. Le texte-matrice des récits de voyage de la littérature occidentale, l'Odyssée d'Homère, est au fond l'histoire d'un retour : un retour à l'île d'où l'on est parti, un retour à l'origine, un retour à soi. Ce retour ouvre la réflexion sur l'identité et permet le geste narratif. Chez Swift, les retours des différents voyages, au nombre de quatre et qui scandent ainsi le texte en autant de parties, sont ces lieux du récit, en Angleterre d'où Gulliver, marin et médecin, est parti, et où se mesure à chaque fois l'écart entre Gulliver et lui-même. Ce voyage de retour se révèle bien plus hasardeux que les tempêtes de n'importe quel récit de voyage. L'essai se propose ainsi d'éclairer cet autre voyage, un texte qui garde toujours sa part de singularité, comme l'énigmatique géant que les Lilliputiens découvrirent un jour échoué sur leur rivage.
Extrait de l'introductionQu'est-ce que la théâtralité? Y a-t-il une spécificité du phénomène théâtral? Peut-on aller jusqu'à postuler l'existence d'une essence qui permettrait de dégager des universaux, une structure fondamentale de l'oeuvre théâtrale, ou bien une conception essentialiste de la théâtralité relève-t-elle de l'utopie? Faut-il au contraire favoriser une approche relativiste et pragmatique de la notion, sachant que la présence de théâtralité dans une pièce est inévitablement fonction de facteurs socioculturels variables telles l'évolution des techniques scéniques, les modes esthétiques et la réception du public?Force est de constater à l'égard de la théâtralité ce que Saint Augustin disait du concept de temps: «Qu'est-ce donc que le temps? Si personne ne me pose la question, je sais; si quelqu'un pose la question et que je veuille expliquer, je ne sais plus» (299-301). Les théoriciens s'accordent en effet à reconnaître que la notion est floue, confuse, trop générale. À titre d'exemple, A. Ubersfeld déplore que le terme de théâtralité finisse «par être un cache-misère, et ne plus désigner que... le théâtre» (1996). Or le théâtre est un genre, un art, et la théâtralité, un concept. Faut-il considérer le théâtre comme une mise en forme de la théâtralité?Le problème se complique dès lors qu'il n'y a pas systématiquement concordance entre les deux. Ainsi le théâtre n'est pas toujours théâtral et la théâtralité concerne d'autres domaines que le théâtre. Le premier constat de M. Corvin n'est guère plus optimiste que celui d'Ubersfeld: «Si l'on parvenait à cerner les conditions minimales à la fois nécessaires et suffisantes, du fonctionnement théâtral, on saurait ce qu'est la théâtralité» (2008). P. Pavis allègue, quant à lui, que «le concept a quelque chose de mythique, de trop général, voire d'idéaliste et d'ethnocentriste» et «[qu'il] n'est possible (étant donné la pléthore de ses différents emplois) que de relever certaines associations d'idées déclenchées par le terme théâtralité» (2002). Faut-il mettre en doute l'existence d'un concept si difficile à appréhender?Pour tenter de cerner le problème, on s'efforcera dans un premier temps de localiser les manifestations de la théâtralité. Y a-t-il une théâtralité du texte? La théâtralité est-elle au contraire l'apanage exclusif de la scène? Faut-il d'ailleurs cantonner le concept dans les limites du théâtre en tant que genre littéraire et art du spectacle? La théâtralité ne définit-elle pas aussi un comportement social face au réel, comme tend à le suggérer la métaphore du théâtre du monde?Il s'agira ensuite de voir dans quelle mesure on peut parler de théâtralité à propos de la comédie anglaise après Shakespeare. Comment la notion se manifeste-t-elle dans le théâtre comique de la fin du XVIIe siècle en Angleterre? Quelles formes revêt-elle? Ce repérage permettra de dégager d'éventuelles constantes et de mettre en évidence, s'il y a lieu, une évolution au fil de la période dite de la Restauration et comprise entre 1660 et 1710.De par son ancrage à la fois conceptuel et historique, la démarche participe d'une double orientation pour explorer la théâtralité de la comédie de la Restauration dans la perspective d'une réflexion générale sur la spécificité du théâtre.
Vivier Jean-François ; Parenteau-Denoël Régis ; Co
Résumé : Officier de marine et descendant d'une grande famille provençale, Honoré d'Estienne d'Orves est parmi les premiers à s'engager dans la Résistance. Il rejoint Londres et le général de Gaulle dès 1940. Organisateur du réseau Nemrod, il met en place la première liaison radio entre la France occupée et la France Libre. Son énergie, sa ténacité et son courage en font un modèle qui fera se lever de nombreux jeunes résistants.
Qu'y a-t-il là-bas, de l'autre côté, où parle l'autre langue ? Cette interrogation lancinante est à la source de nombreux récits de voyage. Les différentes contributions s'attachent à relire un certain nombre de textes anglais et américains, les uns célèbres, de John Bunyan et Charles Dickens à Mark Twain et à D.H. Lawrence, d'autres emblématiques du genre (Bruce Chatwin), d'autres moins connus comme le récit du voyage en France de John Locke ou le journal de Kate Chopin. L'on suivra les pas de Salman Rushdie au Nicaragua et de Lawrence Durrell en Provence, en s'attachant aussi au réinvestissement poétique du schème de voyage chez les Romantiques (Byron, D. Wordsworth). Un essai sur le cinéma de Zemeckis complète l'ensemble, enrichi par un texte de J. M. G. Le Clézio lecteur de Joseph Conrad. Toutes ces lignes de fuites figurent autant de modalités du voyage compris comme un départ créateur.
Lady Mary Wortley Montagu est aujourd'hui considérée comme la première voyageuse à s'être rendue en Orient et à avoir relaté son expérience. Elle rejoint l'Empire Ottoman en 1716 pour ne retrouver son Angleterre natale qu'en 1718, après deux années passées au coeur de la culture turque. Cet ouvrage porte ainsi une attention toute particulière au récit du voyage qui chamboula sa vie, compilé en un recueil de cinquante-deux lettres, The Turkish Embassy Letters, qui permet d'en apprendre davantage à la fois sur la voyageuse elle-même, mais également sur le monde dans lequel elle vivait. Il aborde des questions concernant la culture orientale, le dialogue entre les cultures, la littérature et la place des femmes au XVIIIe siècle, en Europe mais également en Orient, et s'intéresse à la découverte par la voyageuse de la technique de l'inoculation contre la variole, ancêtre du vaccin. L'ouvrage s'intéresse ainsi à la figure de cette étonnante voyageuse, à ses idées proto-féministes et ses nombreux combats, et tente d'appréhender la riche personnalité de cette femme des Lumières aux multiples facettes, mue par un perpétuel désir de progrès.
Si la vie sociale est orientée par une diversité de valeurs, parfois conflictuelles, celles-ci deviennent visibles dans les choses que fabriquent, échangent et collectent les individus. Comment la diversité des valeurs s'insère-t-elle dans l'hétérogénéité de la matière pour lui donner une consistance sociale ? En quoi la matérialité d'un objet donne-t-elle prise à plusieurs formes de valorisation ? Ces questions ouvrent un champ d'étude au croisement de l'anthropologie des arts et de la culture matérielle. A partir d'enquêtes de terrain menées sur tous les continents, ce livre collectif élabore une réflexion commune dans le cadre du musée du quai Branly, en l'ouvrant à d'autres espaces dans lesquels les choses sont conservées et exposées avec des valeurs différentes. Les matérialités analysées dans ces études peuvent servir à la fabrication d'objets d'apparat (maisons, parures, statues) ou résulter de dégradations organiques (restes d'humains ou d'oiseaux) ou apparaître dans des infrastructures technologiques (séance de cinéma). En les inscrivant dans des biographies culturelles au cours desquelles les valeurs se transforment, l'étude de ces matérialités permet de suivre la genèse de valeurs que leur exposition dans un musée peut faire voir comme contradictoires. En revenant sur leur provenance, elle en dessine des futurs possibles.
Cauvet Marion ; Perrissin Fabert Baptiste ; Agliet
De nombreuses initiatives citoyennes de monnaies locales et complémentaires ont vu le jour à travers le monde en réaction à la crise des subprimes de 2007-2008 et à l'impuissance des gouvernements à prévenir la débâcle financière et économique qui a suivi. Ces initiatives veulent répondre à une incompréhension généralisée du fonctionnement du système monétaire et financier. Une quarantaine de monnaies locales sont aujourd'hui en circulation en France, autant sont en projet. Des milliers de citoyens ont choisi d'utiliser d'autres monnaies que la seule monnaie centrale pour effectuer leurs transactions et leurs échanges. Ce livre présente un panorama à la fois conceptuel et historique des expériences monétaires pionnières dans un monde en perpétuel mouvement. Après avoir exploré les réussites mais aussi les limites des modèles actuels de monnaies locales, il analyse les différents leviers qui peuvent permettre la montée en puissance de ces initiatives décentralisées afin qu'elles deviennent des vecteurs de la transition écologique et sociale des territoires.
Chacun a pu voir dans la presse ou à la télévision des images impressionnantes de Pékin asphyxié par la pollution. La croissance économique spectaculaire de la Chine s'est appuyée sur une industrie très énergivore. Placé face à une crise écologique inédite, l'Etat chinois a dû réagir, adoptant début 2018 une nouvelle loi fiscale sur la protection de l'environnement et annonçant son ambition de devenir un champion de l'écologie. Lors des accords de Paris, il s'est aussi engagé à réduire considérablement son intensité carbone d'ici 2030. Cette inflexion est toute récente. Pour évaluer la capacité de la Chine à réussir ce virage écologique, il faut tenter de comprendre tous les problèmes auxquels elle est confrontée. Les auteures passent en revue les évolutions politiques et sociétales qui donnent de l'espoir, tout en soulignant l'ampleur des résistances et des difficultés pratiques. L'empire du Milieu s'est-il réellement engagé dans une transition écologique exemplaire ou n'est-ce qu'un mirage ?