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La comédie anglaise après Shakespeare. Une esthétique de la théâtralité (1660-1710)
March Florence ; Viviès Jean
PU PROVENCE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782853997645
Extrait de l'introductionQu'est-ce que la théâtralité? Y a-t-il une spécificité du phénomène théâtral? Peut-on aller jusqu'à postuler l'existence d'une essence qui permettrait de dégager des universaux, une structure fondamentale de l'oeuvre théâtrale, ou bien une conception essentialiste de la théâtralité relève-t-elle de l'utopie? Faut-il au contraire favoriser une approche relativiste et pragmatique de la notion, sachant que la présence de théâtralité dans une pièce est inévitablement fonction de facteurs socioculturels variables telles l'évolution des techniques scéniques, les modes esthétiques et la réception du public?Force est de constater à l'égard de la théâtralité ce que Saint Augustin disait du concept de temps: «Qu'est-ce donc que le temps? Si personne ne me pose la question, je sais; si quelqu'un pose la question et que je veuille expliquer, je ne sais plus» (299-301). Les théoriciens s'accordent en effet à reconnaître que la notion est floue, confuse, trop générale. À titre d'exemple, A. Ubersfeld déplore que le terme de théâtralité finisse «par être un cache-misère, et ne plus désigner que... le théâtre» (1996). Or le théâtre est un genre, un art, et la théâtralité, un concept. Faut-il considérer le théâtre comme une mise en forme de la théâtralité?Le problème se complique dès lors qu'il n'y a pas systématiquement concordance entre les deux. Ainsi le théâtre n'est pas toujours théâtral et la théâtralité concerne d'autres domaines que le théâtre. Le premier constat de M. Corvin n'est guère plus optimiste que celui d'Ubersfeld: «Si l'on parvenait à cerner les conditions minimales à la fois nécessaires et suffisantes, du fonctionnement théâtral, on saurait ce qu'est la théâtralité» (2008). P. Pavis allègue, quant à lui, que «le concept a quelque chose de mythique, de trop général, voire d'idéaliste et d'ethnocentriste» et «[qu'il] n'est possible (étant donné la pléthore de ses différents emplois) que de relever certaines associations d'idées déclenchées par le terme théâtralité» (2002). Faut-il mettre en doute l'existence d'un concept si difficile à appréhender?Pour tenter de cerner le problème, on s'efforcera dans un premier temps de localiser les manifestations de la théâtralité. Y a-t-il une théâtralité du texte? La théâtralité est-elle au contraire l'apanage exclusif de la scène? Faut-il d'ailleurs cantonner le concept dans les limites du théâtre en tant que genre littéraire et art du spectacle? La théâtralité ne définit-elle pas aussi un comportement social face au réel, comme tend à le suggérer la métaphore du théâtre du monde?Il s'agira ensuite de voir dans quelle mesure on peut parler de théâtralité à propos de la comédie anglaise après Shakespeare. Comment la notion se manifeste-t-elle dans le théâtre comique de la fin du XVIIe siècle en Angleterre? Quelles formes revêt-elle? Ce repérage permettra de dégager d'éventuelles constantes et de mettre en évidence, s'il y a lieu, une évolution au fil de la période dite de la Restauration et comprise entre 1660 et 1710.De par son ancrage à la fois conceptuel et historique, la démarche participe d'une double orientation pour explorer la théâtralité de la comédie de la Restauration dans la perspective d'une réflexion générale sur la spécificité du théâtre.
L'immigration et les relations entre citoyens et migrants ont toujours constitué des questions politiques vives, et pour le moins conflictuelles. Nombre d'acteurs se saisissent de la parole publique pour s'opposer à la venue de nouveaux migrants ou, au contraire, faciliter leur intégration et promouvoir le respect de leurs identités collectives. Le champ des migrations est aujourd'hui un des domaines politiques les plus contestés dans les démocraties libérales. Cet ouvrage se propose de comprendre l'organisation de cette politique protestataire et de rendre compte des mobilisations collectives qui ont été engagées dans les années quatre-vingt-dix en France et en Suisse. Nous verrons, et ce sera là la thèse centrale du livre, que la construction particulière de chaque Etat-nation a modelé une conception et un imaginaire de citoyenneté qui façonnent, aujourd'hui encore, les débats et les mobilisations politiques dans le champ des migrations. Ces conceptions collectives, qui définissent les contours symboliques de la nation, offrent aux acteurs politiques des ressources culturelles et des opportunités discursives qui facilitent-ou limitent-, leur entrée dans les débats publics. En comparant deux pays aux conceptions de citoyenneté distinctes, nous verrons que l'organisation de la politique contestataire de l'immigration en France et en Suisse est bien le reflet de la nation.
Oguntokun Wolé ; Drugeon Marianne ; March Florence
La pièce, créée à Lagos, au Nigéria, en 2015, propose une forme nouvelle de théâtre documentaire. Ecrite à partir des récits de personnes enlevées par Boko Haram et de membres de leurs communautés, elle raconte la violence qui sévit au Nigéria, l'enlèvement et l'asservissement des lycéennes, les enfants soldats, les massacres de villages entiers et la dispersion des survivants. Ce matériau brut est retravaillé par l'auteur : après une première partie proprement dramatique, composée de deux scènes qui rejouent l'enlèvement des lycéennes de Chibok et le situent dans le temps et dans l'espace, la deuxième partie consiste en un recueil de poèmes-monologues inspirés de témoignages. Ecrit en vers libres dons une langue percutante, extrêmement rythmée, qui joue des résonances et multiplie les images aussi surprenantes que saisissantes, ce texte dur, violent montre sans concession la barbarie dont l'homme est capable au nom d'une idéologie.
Coulon Claude ; March Florence ; Gonzalez Madelena
La problématique de "l'envers du décor" invite à explorer le domaine théâtral sous un angle original, insolite, voire subversif. Traquer l'envers du décor, c'est prendre le théâtre à rebours, démonter de l'intérieur les mécanismes spécifiques au texte et à sa représentation, dans un processus de déconstruction qui, poussé à l'extrême, aboutit parfois à une crise de la représentation. C'est aussi confronter le texte aux réécritures dramatiques et scéniques qu'il inspire, dans une mise en perspective qui en renouvelle le sens. C'est encore prendre en compte le contexte socioculturel et politique qui conditionne la production théâtrale, analyser la manière dont les problématiques sociales informent la création artistique ou, à l'inverse, s'interroger sur la place du théâtre dans la société. Les études réunies dans ce volume croisent les approches dramaturgiques et scéniques, littéraires et civilisationnistes, balayant le champ du théâtre anglophone selon une double logique, historique et thématique. De la Renaissance shakespearienne et des Lumières au nouveau théâtre anglais et au théâtre américain du XXe siècle, les auteurs passent en revue une vaste chronologie et des domaines culturels diversifiés, entre lesquels se tissent toute une série de correspondances. Ce cheminement collectif ne conduit pas seulement à contribuer à un état des lieux du théâtre anglophone à un instant t. Il participe à renouveler le questionnement sur le théâtre, à la fois genre littéraire et art du spectacle, le rapport qu'il entretient avec l'individu et/ou la société, la place du spectateur.