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Poèmes
Vitez Antoine
POL
25,50 €
Épuisé
EAN :9782867445194
Celui qui écrit ce livre est un homme pressé. Son occupation est le théâtre. Aussi écrit-il la marge de sa vie, du temps, du théâtre et de l'histoire. Mais il n'est pas pressé d'écrire, et il arrive que la marge emplisse toute la page. Ce sont les fragments d'un grand livre, d'une mémoire générale. Mais ce ne sont point des souvenirs : tout ici est refait, comme dans un roman. On retrouvera presque partout la Grèce et ses poètes ; on reconnaîtra aussi la présence d'un continent inconnu, menaçant, un territoire loin de chez nous, ou bien chez nous, en nous, dans notre c?ur, le Grand Extérieur - dont est commencée ici la Chronique -, enfin des hommes, des femmes, des passants, des enfants et le théâtre. Plus tard, quand la chronique du Grand Extérieur sera finie, on pourra enfin parler longuement des insectes et des chiens.
Je suis une mouette. Non, ce n'est pas ça... Vous vous souvenez, vous avez tiré une mouette ? Survient un homme, il la voit, et, pour passer le temps, il la détruit... Un sujet de petite nouvelle... Ce n'est pas ça... (Elle se passe la main sur le front.) De quoi est-ce que je ? ... Je parle de la scène. Maintenant, je ne suis déjà plus... Je suis déjà une véritable actrice, je joue avec bonheur, avec exaltation, la scène m'enivre et je me sens éblouissante. Et maintenant, depuis que je suis ici, je sors tout le temps marcher, je marche et je réfléchis, je réfléchis et je sens que, de jour en jour, mes forces spirituelles grandissent. . ". Le motif de la pièce tout entière est contenu dans cette réplique de Nina : comme le soulignent les traducteurs, ce qui domine là, c'est "l'illusion, la déception, l'essor, la désillusion, le fait d'être tourné vers le futur et d'attendre l'irréel, ou de regarder vers le passé et d'attendre que ce passé découvre un espoir d'y voir ce qui n'y était pas, une réconciliation possible". C'est la version originale de la pièce, plus longue, écrite en 1895, qui est donnée ici. En annexe, la version académique, stanislavskienne, toujours jouée depuis 1896.
«Le Monde» est le dernier volume des Ecrits sur le théâtre d'Antoine Vitez.Sont rassemblés ici des textes très divers de 1964 à 1989, de son engagement auprès de la revue Théâtre Populaire jusqu'à sa nomination au poste d'administrateur de la Comédie-Française. C'est le Directeur de théâtre, le politique qui prend la parole, l'homme d'action et de terrain. L'ensemble retrace donc le parcours artistique et intellectuel témoignant d'une expérience audacieuse et exigeante, revendiquant très haut sa singularité et participant d'un engagement collectif.Vitez propose ses réflexions sur la politique culturelle, l'institution théâtrale, le rôle de l'artiste dans la cité. A l'heure où beaucoup s'interrogent sur un théâtre citoyen, où les manifestes et plaidoyers pour un théâtre populaire, engagé fusent il est sûrement bon de retourner à la source de ces textes qui, avant tout, défendent un théâtre d'art sans frontières.
Antoine Vitez n'a cessé de soumettre la pratique de son art à un constant effort d'élucidation par l'écriture. Il avait le projet de rassembler tout ce qu'il avait écrit en un livre "sur le théâtre et sur ce que l'on appelle la vie" intitulé Chronique. Théorie, rêves, inventaires, lettres, notes, manifeste : écrire anticipait, accompagnait et prolongeait sans cesse le mouvement de son théâtre. C'est donc à partir de l'intégralité des archives personnelles d'Antoine Vitez qu'a pu être établie cette édition. Les textes sont de nature très diverse : réflexions sur les projets en cours, journal de mise en scène, journal de cours, positions, propositions et projets à l'intention des collaborateurs, lettres à des proches ou à des acteurs de la vie politique et intellectuelle, à quoi s'ajoutent tous les textes déjà publiés, articles, programmes, déclarations publiques. On y suivra le voyage d'une pensée inquiète, exigeante, qui, partant toujours de la scène, lieu des simulacres, parcourt le monde, l'histoire, la société et dessine les figures mêlées de l'acteur, du metteur en scène, du maître mais aussi de l'écrivain, du traducteur, de l'intellectuel, du citoyen.
Quelle heure est-il ?" : est-ce là une manière de parler pour un roi ? Et au lieu qu'on lui réponde dignement : "Du haut de ma demeure, Seigneur, l'horloge enfin sonne la douzième", voilà qu'il s'entend dire tout bêtement : "Minuit"... Il n'en fallait pas plus pour que la bataille s'engageât. Passion racinienne, honneur cornélien, rien ne manquait à Hernani, fors le respect du majestueux alexandrin. Epluchures, balayures, ordures, injures se mirent à voler dans le sacro-saint Théâtre-Français, lancées par les tenants du classicisme sur la horde barbue et chevelue des romantiques. Un trognon de chou alla même atterrir sur la tête de M. de Balzac. Et soir après soir la bataille recommença, s'étendit jusqu'à la province où, à Toulouse, un jeune homme mourut en duel pour avoir pris la défense de Victor Hugo. Mort qui donne tout son poids de vérité à l'illusion théâtrale.
Résumé : "Quand je quitte la route principale, Hélène se relève et vient poser sa tête sur mon épaule, nos regards se trouvent dans le rétroviseur central, elle murmure : "Ici finit la civilisation ! " C'est elle qui le dit".
Résumé : "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps. Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras¿ Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition". Bertrand Schefer.
Résumé : Bertrand Schefer, qui est aussi cinéaste, a longtemps travaillé sur le scénario d'un film dans lequel il voulait raconter l'histoire d'un cher ami d'enfance qui s'était peu à peu coupé du monde et vivait en marge de la société, errant sans domicile fixe et sans travail. Son destin hantait Bertrand Schefer et sa figure grandissait en lui avec les années, absorbant ses forces. Il vivait avec ce qui était devenu comme un double obscur, une part d'ombre qui le dévorait de remord et de culpabilité. Grâce au cinéma il espérait en finir avec ce fantôme et se libérer du passé. Le film n'a pas pu se faire, mais de cet échec est sorti un texte, ce récit d'un homme hanté par un double dont la figure et les choix de vie radicaux ont fixé à jamais l'époque de la jeunesse. Entre le temps de l'éloignement et celui du retour, le narrateur retrace sous la forme d'un rapport factuel, comme pour donner de la réalité à sa mémoire trouée, l'histoire réelle et fantasmée d'une amitié fondatrice.
On peut tout exposer : quelques bibelots du second Empire, un recueil de photographies, un boudoir d'outre-tombe, une héroïne célèbre pour sa beauté, sa fatuité et sa fin lamentable. On peut tout exposer : une femme à la place d'une autre, la peur de son propre corps, une manière d'entrer en scène, l'ivresse de la séduction, un abandon, des objets qui rassurent, une ruine.