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ECRITS SUR LE THEATRE. Tome 4, La scène 1983-1990
Vitez Antoine
POL
23,20 €
Épuisé
EAN :9782867445439
Antoine Vitez n'a cessé de soumettre la pratique de son art à un constant effort d'élucidation par l'écriture. Il avait le projet de rassembler tout ce qu'il avait écrit en un livre "sur le théâtre et sur ce que l'on appelle la vie" intitulé Chronique. Théorie, rêves, inventaires, lettres, notes, manifeste : écrire anticipait, accompagnait et prolongeait sans cesse le mouvement de son théâtre. C'est donc à partir de l'intégralité des archives personnelles d'Antoine Vitez qu'a pu être établie cette édition. Les textes sont de nature très diverse : réflexions sur les projets en cours, journal de mise en scène, journal de cours, positions, propositions et projets à l'intention des collaborateurs, lettres à des proches ou à des acteurs de la vie politique et intellectuelle, à quoi s'ajoutent tous les textes déjà publiés, articles, programmes, déclarations publiques. On y suivra le voyage d'une pensée inquiète, exigeante, qui, partant toujours de la scène, lieu des simulacres, parcourt le monde, l'histoire, la société et dessine les figures mêlées de l'acteur, du metteur en scène, du maître mais aussi de l'écrivain, du traducteur, de l'intellectuel, du citoyen.
Antoine Vitez a su insuffler à la lecture qu'il a donnée en 1989 du Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire la rigueur rageuse de ce réquisitoire sans haine ni pathos, imprégné d'humour et d'amour. On y retrouve l'humanisme sans complaisance de Césaire et l'on redécouvre avec émotion la force d'un texte écrit au début des années 1950, qui pose encore aujourd'hui la question coloniale que l'Occident n'a pas su affronter. Vitez se fait l'écho du poète engagé dans le combat de la négritude, porte-voix de millions d'individus que l'hypocrisie européenne et le mensonge collectif ont littéralement écrasés. La décolonisation des esprits, comme le note Daniel Delas dans son commentaire, n'a pas encore eu lieu. Dans un contexte politique centré sur les questions d'identité nationale et d'immigration, cette lecture en rappelle l'urgence.
Je peux planter un bâton, il prendra", dit Tchékhov, parlant de ses dons de jardinier. De la même façon, il plante ses personnages autour d'une table et les voilà aussitôt qui jaillissent de la scène, comme d'un terreau. "Les gens dînent, ils ne font que dîner et pendant ce temps s'édifie leur bonheur ou se brise leur vie." La Mouette, par exemple, où le temps n'en finit pas de s'écouler, où l'amour n'est jamais payé de retour, s'achève même sur une tragédie. Jardinier des lettres, Tchékhov sème des mots simples, de petites graines grises, sans odeur ni saveur particulières et, ô miracle, nous les voyons fleurir comme en rêve, prendre des couleurs d'une tendresse surnaturelle. Et dans le silence, ce que nous entendons, c'est la musique de l'âme.
Celui qui écrit ce livre est un homme pressé. Son occupation est le théâtre. Aussi écrit-il la marge de sa vie, du temps, du théâtre et de l'histoire. Mais il n'est pas pressé d'écrire, et il arrive que la marge emplisse toute la page. Ce sont les fragments d'un grand livre, d'une mémoire générale. Mais ce ne sont point des souvenirs : tout ici est refait, comme dans un roman. On retrouvera presque partout la Grèce et ses poètes ; on reconnaîtra aussi la présence d'un continent inconnu, menaçant, un territoire loin de chez nous, ou bien chez nous, en nous, dans notre c?ur, le Grand Extérieur - dont est commencée ici la Chronique -, enfin des hommes, des femmes, des passants, des enfants et le théâtre. Plus tard, quand la chronique du Grand Extérieur sera finie, on pourra enfin parler longuement des insectes et des chiens.
Résumé : Automne 1952 : dans un château délabré de l'Eure, Eric Rohmer tourne Les Petites Filles modèles. C'est son premier long métrage. Presque achevé, jamais sorti au cinéma, il a disparu. Printemps 2016 : Sophie, une prof d'université à la retraite spécialiste de la comtesse de Ségur, et Paul, un jeune homme qui consacre sa thèse à des films introuvables, traversent ensemble la Normandie à la recherche de traces, de témoins, d'explications : Joseph Kéké, l'étudiant béninois qui a produit le film, a-t-il vraiment cassé une dent à une strip-teaseuse poétesse ? A quoi servent les châteaux en ruine ? Quel rapport entre la comtesse de Ségur, Eric Rohmer et le cinéma érotique des années 1970 ? Chemin faisant, c'est avant tout sur eux-mêmes que Paul et Sophie enquêtent.
Résumé : Augustin aime la propreté car il se rêve ordinaire et sain. Il collectionne les slips car il rêve de caresses. Mais ses élans d'affection sont généralement mal perçus et les femmes qu'il convoite peinent à consentir. Il lui faut donc forcer un peu le destin. La morale commune lui échappe et sa vie repose sur un malentendu : il ne veut pas faire de mal, juste se faire du bien.
Résumé : Tilliers, petite ville de France, à la fin des années soixante. Dans la famille Farkas, Claire (la mère) soutient et transmet ; Luciane (la fille) se révolte et s'émancipe ; Abraham (le père) écoute et soigne ; Franz (le fils) observe et (s')écrit. Ensemble et séparément, ils vivent et racontent les séquelles de la guerre d'Algérie et les conséquences de Mai 68 ; la cause des femmes et les silences des hommes ; l'acné juvénile et les cicatrices du colonialisme ; les mélodies des Beatles et les maladies d'amour.
On peut tout exposer : quelques bibelots du second Empire, un recueil de photographies, un boudoir d'outre-tombe, une héroïne célèbre pour sa beauté, sa fatuité et sa fin lamentable. On peut tout exposer : une femme à la place d'une autre, la peur de son propre corps, une manière d'entrer en scène, l'ivresse de la séduction, un abandon, des objets qui rassurent, une ruine.