Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La vitesse de libération
Virilio Paul
GALILEE
27,00 €
Épuisé
EAN :9782718604589
Libération de la pesanteur (vitesse = 28 000 km/h), mise en oeuvre de technologies qui utilisent la vitesse de la lumière - télé-actions -, ces performances modifient notre regard sur le monde, sur ce qui nous entoure, sur l'environnement. Ainsi le pense P. Virilio qui explore les effets futurs ou à venir des moyens de traitement et de transmission de données à vitesse électronique. Le changement de perspective (celle du parachutiste - verticale et divergente - plutôt que celle du peintre - horizontale et convergente), de la perception du temps (l'interface supprime les intervalles : simultanéité et ubiquité), de conception de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire (le monde comme télécité interconnectée) introduit une nouvelle pollution dite dromosphérique (dromos = course) qui résulte de la disqualification de l'espace, de son homogénisation, la perte du trajet et de l'étendue éliminés par les téléactions en temps réel. Cette pollution dégrade notre habitat et abîme notre vision dans le virtuel. L'aventure spatiale émancipe l'homme de ses références usuelles en termes d'espace et de temps. "La pollution immatérielle nous contraint aussi à perdre les repères, le contact avec les surfaces de la matière, pour inscrire notre action interactive dans le hors-champ d'un espace sans gravité pour téléagir instantanément dans la trajectoire cybernétique d'une réalité seconde, provoquant dès lors cette catastrophe temporelle qui vient aujourd'hui redoubler l'ancienne catastrophe matérielle dont le temps profond de notre géologie conserve encore la trace".Ce livre est riche d'aperçus et d'analyses sur les techniques cybernétiques et informatiques, mais dans un langage truffé de mots savants, d'oxymorons, de dits paradoxaux et de néologismes. A vrai dire, il incite à réfléchir sur notre rapport au monde. L'écologie grise doit nous faire réévaluer la façon dont l'homme niche dans l'univers, selon le mode dont il le perçoit. Dans la perspective des distances abolies et des vitesses instantanées, l'écologie comme science des rapports entre habitants et milieu, vaut d'être examinée d'un oeuil neuf. Qu'est-ce que le milieu naturel pour un ordinateur ou pour un opérateur d'espace virtuel ? --Jean-Pierre Nicol--
Pour l'instant, seuls les faits comptent et encore, pas pour longtemps ". Cette phrase de Céline est aujourd'hui confirmée : Les faits sont défaits. L'information et sa médiatisation à outrance ont aboli les faits, le révisionnisme ne concerne donc plus seulement la Seconde Guerre mondiale et les camps d'extermination, mais l'ensemble des évènements et des faits quotidiens, un révisionnisme qui va bien au-delà de celui des historiens adeptes de la désinformation puisqu'il aboutit aujourd'hui aux prémisses d'une véritable industrialisation de l'oubli. " Vous devez tout voir, tout entendre et tout oublier ", ordonnait déjà Napoléon. En fait, dès l'immédiat après-guerre, s'installait le primat de la notion d'information au détriment de celles classiques de masse et d'énergie. On se souvient de la phrase de Norbert Wiener : " L'information n'est ni la masse, ni l'énergie, l'information est l'information ", autrement dit, la troisième dimension de la matière. On connaît la suite, le développement de l'Informatique et sa généralisation non plus seulement dans les domaines de la gestion mais également de la représentation, avec la numérisation de l'image et du son, les possibilités inouïes d'une manipulation de la forme et du contenu des messages. Ouvrage témoin du déclin de la réalité des faits, l'essai de Paul Virilio apparaît comme le premier manifeste d'une résistance nouvelle : celle de l'écrit contre l'écran.
Dans ce premier essai rédigé durant la phase critique de l'ère de la dissuasion nucléaire, entre 1969 et 1975, Patil Virilio introduit le lecteur au coeur du processus d'accélération de l'histoire qui devait vingt ans plus tard déboucher sur l'impasse, le chaos politique de l'après-guerre froide. Attaché à dénoncer les méfaits d'une sorte de "culture de la dissuasion" qui devait désarmer les esprits, les mentalités de nations prétendument protégées par la toute-puissance atomique, mais surtout, par les vertus de la "course aux armements", l'auteur désigne clairement les étapes qui ont mené finalement au déclin de la géopolitique européenne.
La publication d'un Carnet soviétique écrit lors d'un voyage effectué en URSS en 1983 est l'occasion de critiquer ce que je nomme la gauche bifide - l'une libérale, l'autre robespierriste -, au nom d'une autre gauche : celle de l'individualisme libertaire. Pour ce faire, il faut penser l'impensé de la gauche. Penser l'impensé de la gauche, est-ce vouloir la fin de la gauche ? C'est vouloir plutôt la fin de cette gauche bifide et promouvoir une gauche qui en est très exactement l'antipode : celle de l'individualisme libertaire, forte de singularités qui installent dans l'Histoire leur révolte et leur rébellion, leur insoumission véritable et leur indocilité concrète au nom de la liberté. Doline avait bien raison - c'était la leçon de sa Révolution inconnue qui fut mon livre de chevet lors de ce séjour en URSS, c'est son esprit libertaire qui m'a animé et m'anime encore jusqu'à cette heure où je vois les Gilets Jaunes mourir d'avoir été mordus par Macron puis étouffés par les anneaux constricteurs de Mélenchon.
Nous y sommes, elle craque, cette vieille peau du monde. Elle se dessèche, se desquame. On ne peut plus la toucher. Nous ne pouvons plus nous toucher. Les croûtes et les escarres de la lèpre... Non, Maldoror, tu ne savais pas à quel point serait vérifié ce que tu annonçais. Nous y sommes, nos cancers nous bouffent, nous bouffons des particules, partout on crève de faim et de peur, notre technologie vacille sous ses grands airs transhumains. Nous y sommes sans que personne sache où nous sommes. Nous nous touchons cependant tout en touchant à nos limites. Qu'est-ce que traverser un temps qui n'avance plus ? Quel est ce présent qui nous est fait, privé d'avenir comme de passé ? Il n'y a rien de catastrophiste ni d'apocalyptique à penser que l'existence comme telle peut se trouver exposée, violemment, à sa propre fugacité et finitude ? et même que ce soit là qu'elle prend sa valeur infinie, unique et insubstituable. L'homme passe infiniment l'homme : on peut dire que cette phrase de Pascal a ouvert la saison qui nous vient.